Personnages
1-
Sonagnon : Fonctionnaire d’Etat
2-
Gbètoda : Commissaire de police
3-
Le ministre de la fonction publique, ami d’enfance de
Sonagnon
4-
Evêmon : Femme de Sonagnon
5-
Agnonwa : Juge et ex premier ministre, opposant juré de la
primature et fonctionnaire émérite de l’ONU
6-
Le premier ministre
7-
Le gardien de monsieur Sonagnon
8-
Gbètognon : Capitaine et admirateur de Sonagnon
9-
5 gardes de corps
Scène I - Acte I
(Sonagnon sur la véranda de sa maison et aperçut
Gbètoda sur le portail. Il courut à sa rencontre et lui ouvrit la
porte)
Sonagnon : Quelle surprise ! D’où sortez-vous ce
matin de bonheur ?
Gbètoda : La tradition a voulu que la salutation
soit tout au moins au début de la première rencontre de la journée.
Sonagnon : (Etonné) Qu’est-ce qui ne va pas
monsieur Gbètoda ? Je ne vous ai jamais vu aussi nerveux !
Gbètoda : (Condescendant) Vous l’avez bien
constaté. Notre déontologie exige qu’en face d’une personne de
moralité douteuse, l’autorité soit sévère à l’extrême.
Sonagnon : Comment une personne de moralité
douteuse ?
Gbètoda : Vous êtes soupçonné être l’autre d’un
meurtre. Et si je suis ici ce matin, c’est pour en avoir le cœur
net.
Sonagnon : (Nerveux) Moi accusé de meurtre ?
Gbètoda : Oui monsieur Sonagnon. Vous n’êtes pas
tout de même sans savoir que deux jeunes ont été retrouvés morts sur
la voie principale qui mène à votre quartier.
Sonagnon : J’avoue n’y rien savoir.
Gbètoda : Vous ne pouvez rien savoir surtout que
vous êtes le présumé assassin.
Sonagnon : (Un peu rassuré) Présumé ?
Justement je n’ai aucune raison de vous en vouloir car il n’est pas
interdit de se tromper sur la vraie identité des hommes.
Gbètoda : Vous n’avez pas menti. Je m’étais toujours
trompé sur votre identité votre croyant être un homme vertueux. Mais
hélas ! Ma déception est au comble depuis que nos investigations
nous ont révélé vos réelles dimensions.
Sonagnon : Mes réelles dimensions !
Gbètoda : Oui, vous ne valez pas plus qu’un
hypocrite.
Sonagnon : Vous exagérez monsieur le commissaire.
Gbètoda : (Hautain) Apprenez qu’en tant qu’un
homme de confiance du gouvernement et surtout en tant que maître de
ma fonction, j’ai procédé à plusieurs investigations avant d’arriver
à cette conclusion. Tenez que je n’entreprends jamais rien sans
l’avoir analysé de fond en comble. A la nouvelle des soupçons qui
pèsent sur vous, comme un bon commissaire de police soucieux de
préserver l’intégrité morale de chaque citoyen, je n’ai pas hésité à
interroger vos voisins. Certains ont avoué avoir entendu de votre
chambre deux détonations successives. Votre voisin d’à côté a même
soutenu qu’il avait été témoin des événements. Monsieur Sonagnon,
vous connaissant comme homme de parole, je n’ai pas tardé à remettre
en doute toutes ces déclarations. Mais j’ai été beaucoup plus
convaincu de votre culpabilité quand l’autopsie des corps a révélé
que les individus avaient été sérieusement molestés avant d’être
achevés par l’arme. Ce qui suppose que le meurtrier voulait leur
prendre quelque chose de précieux, l’argent par exemple. D’ailleurs,
leurs parents ont révélé que tous sont boursiers à l’université. Ces
jeunes détenaient sur eux leurs bourses de fin de mois. A analyser
toutes ces déclarations et surtout en recourant à votre actuel état
dans la société, c’est-à-dire vivant en pénurie d’argent depuis que
votre compte bancaire a été bloqué, nous avons été obligés de
remettre en doute votre personnalité. Les preuves étant donc
établies, votre innocence est du coup remise en cause.
Sonagnon : Monsieur Gbètoda…
Gbètoda : Ce n’est pas le moment propice pour
démontrer par je ne sais quel théorème votre innocence. Nos enquêtes
ont tout prouvé. Vous avez certainement commis le meurtre.
Sonagnon : Croyez-vous réellement à cette machine ?
Moi Sonagnon assassiner ? Pour quelle raison encore ? Je trouve trop
amplifiée la situation de dire que j’ai tué à cause de l’argent.
Quel argent encore ? Les bourses des étudiants ? Monsieur Gbètoda !
Soyons objectifs ; pensez-vous effectivement que les sous de ces
pauvres universitaires pourraient servir à améliorer ma situation ?
J’en disconviens énormément. Même s’il me faut voler pour me
nourrir, ce n’est pas aux pauvres étudiants que je vais m’attaquer.
Gbètoda : Vous pouvez donc le faire dans d’autres
cas ! Monsieur Sonagnon, vos déclarations confirment davantage votre
réelle identité.
Sonagnon : Ce n’était qu’une manière de parler ! Je
n’ai jamais dit que je pourrai voler. Ne me comprenez pas de
travers, je vous en prie. Au lieu de chercher en moi votre bouc
émissaire, vous ferez mieux de vous vouer à d’autres saints.
Gbètoda : Soyez tout de même un peu poli envers
l’autorité devant vous ! Vous êtes en erreur et vous voulez aggraver
votre situation par des blâmes à l’égard de l’autorité. D’ailleurs
où étiez-vous dans la nuit du samedi dernier ?
Sonagnon : J’étais chez moi.
Gbètoda : Quelle activité principale avez-vous faite
cette nuit ?
Sonagnon : J’ai passé mon temps à finir le deuxième
tome de mon livre intitulé « Développement de l’Afrique : Les
métropoles doivent se retirer définitivement ».
Gbètoda : Avez-vous reçu un coup de fil ?
Sonagnon : Oui, deux successivement.
Gbètoda : Qui étaient ceux-là ?
Sonagnon : Ma mère et l’un de mes amis.
Gbètoda : Qui sont ceux qui vous ont visité ce
jour ?
Sonagnon : Ma tante. Mais bien avant elle, deux
jeunes étaient venus m’absenter. Selon le message qui m’a été livré,
ils devraient revenir le soir. Pour quel but, je ne pus le dire.
Gbètoda : Vous voulez nier que vous avez tué ces
étudiants ! N’est-ce pas ? Vous gagnerez à être honnête.
Sonagnon : Je vous le répète, vous m’accusez à tort.
Pourquoi voulez-vous que j’accepte d’endosser la responsabilité d’un
acte que je n’ai pas commis ? Vous ferez mieux d’aller chercher
votre coupable ailleurs.
Gbètoda : Monsieur Sonagnon. Je vous ai beaucoup
estimé mais vous me dégoûtez maintenant. Vous n’êtes que comme ces
oranges qui donnent de la saveur à la vue mais qui, en réalité, sont
plus amères que le citron. Vous n’êtes qu’un hypocrite. Et je vous
assure, vous payerez jusqu’au centime l’acte que vous venez de
commettre.
Vous méritez la peine capitale. Pour le moment, je
me garde de faire au-delà de ma compétence. La justice se chargera
du reste puisque nous sommes dans un Etat juste et équitable.
Sonagnon : Monsieur le Commissaire, je ne tolère pas
toute cette plaisanterie.
Gbètoda : Elle a d’ailleurs trop duré.
Sonagnon : Vous pouvez donc vous retirer. J’ai
besoin d’être plus tranquille.
Gbètoda : Je vous rappelle que je n’ai pas d’ordre à
recevoir d’un criminel.
Sonagnon : Sortez donc s’il vous plaît.
Gbètoda : Je vous apprends que vous serez bientôt
arrêté. Pour le moment vous êtes en observation. Lorsque les choses
seront clarifiées, vous tomberez dans ma main. (Il sort)
Sonagnon : Voilà encore un autre problème ! Ah le
Salaud ! Il m’a pris tout mon temps.
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