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L'IMPASSE


DENYSE DÉCARIE

 

ROMAN

 

Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2017, 124 pages.
ISBN 978-2-89612-538-8
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Couverture souple couleur

Format 6 X 9 pouces

Reliure allemande

 

 

Exemplaire papier : 24.95$ (Canada) Tout inclus

 

Exemplaire numérique (PDF): 7.00$ (Partout)

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L'impasse, roman, Denyse Décarie,

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

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PRÉSENTATION

 

L'impasse, roman, Denyse Décarie,

Fondation littéraire Fleur de Lys

Dix ans dans la vie d'Hannelore Bertrand. Une histoire plutôt banale.


Le récit prend forme au moment où la Deuxième Guerre est devenue inévitable.


À cette époque, Hannelore est une enfant qui, en plus d'avoir l'âge d'entrer à l'école primaire, doit refaire sa vie dans un nouvel environnement. Elle se retrouve dans un village inconnu, en compagnie de sa mère et de sa sœur Rosamonde. Toutes les trois, elles cherchent à recréer une certaine normalité.


Dix ans plus tard, Hannelore écrira:


Sacrifiées, on a vécu, sans amis, sans famille, sans argent. Bannies de la société, toutes seules au bout de notre petite rue de gravelle. Toute notre enfance s'est déroulée dans un monde inventé.


Durant ces années de réclusion, son seul confident sera Framouche, son ami invisible.


Hannelore est une bonne enfant, vive et autonome, pour qui la rencontre avec son père se révélera difficile, voire discordante. Aussi bonne enfant qu'elle soit, sa tolérance ne sera pas sans limites.


J'aurais voulu que la fin de ce récit soit différente, mais je pense qu'en pareilles circonstances, toute personne, adulte ou adolescente, aurait eu le réflexe de ne pas se laisser démolir.

 

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EXTRAIT

L'impasse, roman, Denyse Décarie,

Fondation littéraire Fleur de Lys

EXTRAIT DU CHAPITRE 1


LA MAISON BLEUE


Depuis le jour de leur arrivée, c’était l’inertie.


Par la porte-fenêtre, au sud, parfois une goélette ouvrait un sillon sur le fleuve. Du côté de l’ouest, quelques oiseaux en chamaille se cognaient à la vitre. Comme pour venir se chauffer. Mais à l'intérieur, il faisait froid. Marie-Claire et ses enfants avaient boutonné leurs manteaux de printemps. Mais elles ne se plaignaient pas, gelées dans l’inaction. Sur la table sans nappe, le pain, les patates refroidies et le jambon cuit s’offraient aux bactéries, engourdies elles aussi.


Les événements du printemps submergeaient Marie-Claire, égarée dans ces pièces désertes. Dénuées du nécessaire. La première journée, irréelle et fébrile, avait été consacrée à l’installation : ranger les effets scolaires, les quelques vêtements, les jeux de cartes, d'osselets et de Parcheesi. Inventorier le contenu des armoires de la cuisine : des poudres, essentiellement. Farines, épices, sucre. Aussi, du savon en paillettes. Des produits pris en pain, pour la plupart.


Le lendemain, elles étaient sorties explorer les alentours de la maison bleue. Attenante à la face nord, une remise. Quelques brassées d'érable pour le poêle y séchaient, auprès de châssis doubles qu'on ne s'était pas donné la peine d'installer depuis longtemps. Aussi des outils de jardinage, une table et d'autres meubles de jardin à restaurer.


— C’est ici qu’il faudra corder le bois quand il y en aura, songea Marie-Claire, s’interdisant d’entrevoir le jour où le mobilier bancal permettrait de prendre le thé sous la frondaison.


La cour dessinait un “L” de part et d’autre du carré de la maison, chaque bras du “L” donnant accès à une petite rue gravelée. La plate bande de la façade dénotait un stade d’abandon avancé, mais quelques rameaux aux bourgeons sirupeux se promettaient de dérouler leurs feuilles, la chaleur revenue. Marie-Claire et ses filles franchirent la barrière. Elles arpentèrent le passage, posant leurs pas partout. Ici, les règles de sécurité s’avéraient superflues.


— Il y a zéro trafic, Maman! Pas trop besoin d’être prudentes!


Cette promenade leur donna une meilleure idée de l’emplacement de leur nouveau logis. En fait, c’était la dernière adresse de cette impasse, bloquée à l’ouest par la course d’un ruisseau qui du même coup bornait la propriété.


— On dirait que c’est un autre petit fleuve, han Maman?


Au-delà, le paysage se fondait en broussailles indécises dont certaines n’avaient pas le réflexe de se redresser. Les marcheuses se dirigèrent ensuite vers l’est, où à une centaine de mètres, la maison la plus rapprochée se révéla inoccupée. Leur nouveau domicile se campait en plein isolement.


— Y a pas à dire, ils nous ont bien larguées toutes seules ici, songea Marie-Claire.


Ayant rebroussé chemin, elle trouva son prix de consolation en contemplant le fleuve immobile. Si beau. Un luxe dont elle ne savait que faire.


C’est la nuit que la pauvreté trouvait son comble. Les couvertures apportées par l’Officier recouvraient à peine le matelas de plumes sur lequel elles devaient dormir toutes les trois. Il n’avait su préciser quand au juste, mais L’Officier avait promis des lits pour garnir les chambres du haut.

* * *

L’allocation consentie à la famille ne permettait d’acheter que le nécessaire, et encore.


De plus, il fallait accorder ses sorties aux caprices de la saison. Autrement, la pluie d’avril qui battait et rebattait le ciel interdisait toute marche à l’extérieur et laissait les trois occupantes confinées à des jeux de charades. Parfois, Rosamonde et Hannelore s’adonnaient à une circulation tous azimuts à travers les pièces, lieux ouverts et passifs. Sur la tablette d’une garde-robe, elles avaient découvert cette collection de boîtes de pilules, laissées par un précédent résidant. Certaines même renfermaient encore quelques échantillons qu’elles réservaient à leurs "cas" plus sérieux: "Madame Courtemanche" téléphonait à la "Pharmacie au coin de St-Joseph" et décrivait la maladie de sa petite Suzanne qui n’arrêtait pas de s’étouffer.


— Madame, il vous faut des pastilles au miel tout de suite, sinon votre bébé va mourir.


— Heille, pas mourir?


— Ça va en prendre une douzaine pour commencer. Je vous envoie mon livreur à l'instant.


— Merci, Monsieur St-Joseph. J’attends. Dépêchez-vous, là!


Et le messager de parcourir les chambres, hem hem hem, s’arrêter à de fictifs feux rouges, descendre l’escalier et stationner sa camionnette. Remonter les marches, frapper à la porte et remettre sa commande: un contenant pastel un peu écrasé, dûment rempli d’une dizaine de comprimés roses, sur lequel étaient griffonnés les hiéroglyphes de la posologie. On échangeait des papiers découpés en guise de factures et de billets de banque. Le livreur, crayon sur l’oreille, ratifiait la transaction et le téléphone du pharmacien sonnait à nouveau. Au bout de quelques tournées, le timbre détraqué résonnait sans fin et les deux enfants entamaient des poursuites échevelées qui, après un certain temps, étourdissaient Maman :


— Les filles, vous allez finir par vous faire mal. Arrêtez ça, là. Vous êtes toutes essoufflées. C’est pas bon pour toi, ça, Rosamonde.


Marie-Claire craignait vraiment qu’elles ne se blessent, car si un accident survenait, sa pharmacopée personnelle se limiterait à des compresses.


— Mais, Maman, on vient de jouer à la pharmacie, ça se peut pas qu’on soit malades!

 

 

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AU SUJET DE L'AUTEURE

 

Denyse Décarie

Je suis une professeure retraitée du CEGEP de Trois-Rivières où j'ai enseigné principalement la géographie. J'y ai aussi donné des cours en arts plastiques, en sociologie et même en méthodes quantitatives.


Depuis longtemps je m'intéresse à l'écriture et j'ai rédigé plusieurs nouvelles. J'ai tenté de les faire éditer mais sans succès. Deux de mes textes cependant ont été publiés sur le site du défunt Escargot magazine. C'était il y a plus de dix ans.


Les textes que j'écris se passent au milieu du siècle dernier. Ils mettent en scène des enfants vivant dans un milieu villageois. Ce sont des histoires simples qui conviennent à tous les publics.


Bien sûr, ces récits ont été lus par mes proches, qui évidemment semblent les apprécier. Mais aucune maison d'édition ne les a acceptés. Peut-être sont-ils trop naïfs.
 

 

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