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L'étreinte

du papillon

Roman Jeunesse

Diane Jalbert Labelle


Fondation littéraire Fleur de Lys
Lévis, Québec, 2018.

ISBN 978-2-89612-557-9
 

 

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L'étreinte du papillon, roman, Diane Jalbert Labelle
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

 

 

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PRÉSENTATION

 

L'étreinte du papillon, roman, Diane Jalbert Labelle
Fondation littéraire Fleur de Lys
 

 

J’ignorais que le corps pouvait contenir autant de larmes. En fait, l’être humain est un océan.

Pendant que la vie change de cap vers une destination encore inconnue, dans sa tête le soleil éclate en mille fragments de poussière de larmes. Au cœur d’un dimanche maussade où les nuages hachuraient grossièrement le ciel dont les lueurs d’été s’estompaient graduellement, la nouvelle s’est répandue, comme une gifle qu’on reçoit.

S’il n’y avait pas eu autant de pilules dans la pharmacie, Maude-Élaine aurait choisi la lame à rasoir. Mais partir sans faire de bruit, couler dans un sommeil éternel s’était révélé l’unique solution. Il ne restait plus de place dans son cœur pour la vie, car tout l’espace était occupé par son impénétrable chagrin ; Frédérique n’était plus là.

Mais voilà que l’arrivée de Chopin et de Kévin change tout.


 

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EXTRAIT

 

L'étreinte du papillon, roman, Diane Jalbert Labelle
Fondation littéraire Fleur de Lys
 

 

CHAPITRE I

Je venais à peine de sortir de la douche quand, assise sur mon lit et m'interrogeant sur ce que j’allais porter samedi pour aller au Mousqueton, ma mère entra dans ma chambre sans frapper ; ce qui n’est pas dans ses habitudes.

— Maude-Élaine, j’ai quelque chose de très important à te dire, amorce-t-elle, en se tenant contre le chambranle de la porte.

— Je voudrais me sécher les cheveux, je n’ai pas le temps, maman.

— Maude, c’est très sérieux, ajoute ma mère avec un léger tremblement dans la voix.

Je comprends alors, qu’elle ne peut retenir davantage le secret qui lui monte au bord des lèvres et qui, je le perçois, lui chavire le cœur.

— Vous voulez divorcer, toi et papa ?

— Non ! Où es-tu allée pêcher une idée pareille ? C’est...

Sans terminer sa phrase, Michelle vient s’asseoir à mes côtés, sur mon lit jonché de vêtements.

Soudain, une armée de papillons chatouille mon abdomen. Souvent, cette sensation m’envahit lorsqu’un événement tragique plane à l’horizon.

Puis, ils se mettent à tourbillonner à travers tout mon corps ; ma mère va m’annoncer qu’elle a un cancer.

— Que se passe-t-il, maman, c’est ta santé ?

— C’est à propos de...

Je perçois au fond de son regard, le reflet de la plus grande inquiétude et, j’imagine les images qui se déversent dans sa tête, comme un torrent. J’ai l’impression d’entendre le rythme des battements de son cœur qui s’accélère graduellement.

— Mais parle, maman !

— Frédérique, lance-t-elle seulement.

— Quoi, Frédérique ?

— Elle est morte, Maude-Élaine.

Malgré elle, Michelle éclate en sanglots, comme si un énorme nuage venait d’exploser dans son cœur. Comme seule réaction je prends mère dans mes bras en tentant de la consoler, persuadée qu’elle perd les pédales et ne sait plus très bien ce qu’elle dit. Dans quelques secondes, le téléphone sonnera et Frédérique se trouvera à l’autre bout du fil et comme chaque soir, on passera une heure à jaspiner.

— C’est vrai Maude, un chauffard l’a heurtée à mort ! Les médecins ont confirmé son décès dès son arrivée à l’urgence de l’hôpital. Ses parents nous ont dit que si elle avait survécu, elle aurait été paralysée pour le reste de sa vie.

Soudain, tout s’embrouille. Mes projets d’avenir s’écroulent lentement et ma vie bascule en cette soirée pluvieuse d’automne.

Aucune explication ne peut justifier une telle horreur. Je refoule un tremblement, empêchant la tempête de déferler dans mes entrailles. Seul un long silence habite ma chambre qui revêt, tout à coup, un nouvel aspect sous le regard du déchirement.

Pendant que la vie change de cap vers une destination encore inconnue, dans ma tête le soleil éclate en millier de fragments.

Perdue au milieu d’un océan déchaîné qui menace à tout moment de me submerger dans le flot de ses vagues, je louvoie contre la tornade dans mon cœur.

— Ça ira, maman. S’il valait mieux qu’elle ne survive pas à cet accident, c’est préférable, je suppose.

D’un seul trait, j’avale les millions de projets que j’avais planifiés avec ma meilleure amie, Frédérique. Et je me sens grisée comme si j’avais ingurgité toute une bouteille de téquila. Ma tête tourne, égarée dans le tourbillon de mon chagrin qui se love tranquillement au fond de moi.

Subtilement, un profond calme s’empare de mon corps, tel un moment d’indifférence. Puis, le silence s’élève dans la pièce, intolérable et obscure.

— Ça va maman, ne t’en fait pas, dis-je à ma mère pour la rassurer.

Le tumulte dans mon cœur se repose de la contorsion qu’il vient de subir. Il sommeille temporairement.

* * *

J’ai dormi par à-coups, jusqu’à ce que l’alarme stridente du réveil me propulse dans la réalité du jour.

C'est ma dernière année scolaire et j’ignore complètement ce qui se passera après, simplement parce que Frédérique et moi avions projeté de parcourir le monde avec comme seul bagage, un sac à dos et quelques dollars en poche. Mais voilà que ce lundi matin pluvieux d’automne me replonge brusquement dans la triste réalité.

Je m’arrache de mon lit pendant qu’il fait encore nuit. J’ouvre l’interrupteur et l’éclat de la lumière m’aveugle momentanément. Quelques secondes suffisent pour que mes yeux absorbent le choc et je me dirige vers la fenêtre dont les rideaux sont tirés. Je les entrouvre, et j’observe tout en bas les rares voitures qui circulent à travers la pluie dense.

Comment une journée peut-elle être aussi moche ? Et pourquoi continuer la route si le chemin qu’on a tracé se dérobe sous nos pieds ?

Je hais la Terre entière de même que mes quinze ans. L’âge ingrat, pour reprendre les termes de mon père quand il tente d’expliquer mes sautes d’humeur.

Tout était minutieusement planifié. L’an prochain, Frédérique et moi avions rendez-vous au pied de la tour Eiffel et de l’Arc de Triomphe. Voilà qu’aujourd’hui, tout s’évanouit. Je m’imagine devant la Fontaine de Trévi lançant une pièce de monnaie en souhaitant que ma meilleure amie revienne.

Les derniers vestiges du sommeil me jouent des tours et je suis la proie d’un cauchemar abominable. Comme d’habitude, j’irai à l’école rejoindre Frédérique et l’on se racontera notre weekend.

Nous avons un rituel ; tous les samedis soir, on se donne rendez-vous au Mousqueton pour danser jusqu’à minuit. Ce samedi, Frédérique devait aider une tante à préparer le vingt-cinquième anniversaire de ses parents.

Mon amie est la benjamine d’une nombreuse famille de neuf enfants. Elle a un an de plus que moi.

— « Comment se sent-on à seize ans ? » lui avais-je demandé, le jour de sa fête.

— « Comme la veille, quand j’avais quinze ans ! Voyons Maude, c’est juste un an de plus ! »

— « On est considérée comme une vraie personne à seize ans, pas une empêcheuse de tourner en rond qui tombe sur les nerfs des parents ! »

— « Tu exagères Maude. Rien ne change, tu verras ! »

Je n’ai pas envie d’attendre, car à mes yeux, la vie n’a plus d’intérêt. J’ouvre mon petit écrin dont l’intérieur est orné de velours rouge et l’Hymne au printemps de Félix Leclerc se met à envouter mon cœur. Je ramasse mes boucles d’oreilles perle d’eau douce reçues en cadeau de mes parents pour mon quinzième anniversaire deux semaines plus tôt et les accrochent à mes lobes percés.

Tout au fond de cette minuscule boîte musicale, je voudrais entasser ce chagrin qui me monte au bord des yeux ainsi que la colère qui lentement commence à naître en moi.

Vivement, je referme le couvercle du coffret et disparaissent aussitôt, les dernières notes de la chanson de Félix.

En retard, comme chaque matin depuis quelque temps, je cours pour rattraper le bus scolaire. D’un seul bond, je grimpe à bord. Cynthia, Jean-Luc et Alexis me fixent, le regard perdu derrière l’incertitude de leurs sentiments. Je comprends qu’ils ignorent comment franchir la barrière qui retient ma révolte naissante.

Au cœur d’un dimanche maussade où les nuages hachuraient grossièrement le ciel dont les lueurs d’été s’estompaient graduellement, la nouvelle s’était répandue dans leur famille, comme une gifle qu’on reçoit.

Je m’installe à ma place habituelle. À côté de moi ; l’espace inoccupé de Frédérique. Demain peut-être. Mon amie déteste les lundis, surtout quand il pleut. Son réveil n’a sûrement pas sonné, et en plus elle doit avoir ses règles. La première journée du déluge est toujours pénible pour Frédérique. Voilà l’explication de son absence.

Dès mon retour à la maison, je lui téléphonerai pour prendre de ses nouvelles et nous irons passer la soirée au Café étudiant.

Le bus termine sa course devant l’école où descendent les étudiants presque silencieux. Avant de pénétrer à l’intérieur des murs qui me garderont prisonnière, mes yeux frôlent à travers les épais nuages, le ciel zébré d’un bleu cobalt.

Tel un fruit âpre, j’engloutis la boule d’amertume tapie au fond de ma gorge avant de disparaître à l’intérieur de cet endroit, là où le bourrage de crâne trône au premier rang.

La vie est vraiment exécrable.

* * *

D’habitude, le mercredi est ma journée préférée, mais pas cette fois, parce qu’il représente le premier mercredi depuis la mort de Frédérique. Elle repose là, étendue dans cet écrin de satin blanc, un chapelet entre ses doigts, sa chevelure brune étalée sur l’oreiller, les yeux clos pour toujours. Elle ne les ouvrira pas pour me voir me noyer dans mes larmes pour la première fois depuis qu’elle a quitté ma vie. Elle ne les ouvrira plus ses grands yeux verts que toutes les filles de la classe de maths et de français lui enviaient.

— « Comment as-tu pu me faire ça ? Tu n’avais pas le droit de partir sans moi ! On s’était promis de ne jamais se laisser, et que si l’une de nous décédait, l’autre irait la rejoindre ! Attends-moi, Frédérique, j’arrive ! » voudrais-je lui crier alors qu’une rafale de sanglots étouffe ma voix.

Je me précipite à l’extérieur du salon bondé et dévale la rue en cinquième vitesse. Au bout de ma course, je m’arrête et respire à pleins poumons l’air frais de l’automne, le parfum des feuilles mortes, la pluie à peine séchée, la terre humide et l’odeur des quelques fleurs qui s’accrochent encore à la vie. Soudain, il y a trop d’air dans ma poitrine et mon cœur se met à trembler autant que mon corps.

Puis, la tempête se calme.

Je n’irai pas voir Frédérique descendre au fond d’un univers souterrain, enfouie sous un manteau de terre humide.

La vie revêt encore son costume de parfaite emmerdeuse.

* * *

Rien n’a changé. Le Mousqueton joue les succès du jour et les jeunes se trémoussent avec exaltation sur la piste de danse.

Me voilà au premier samedi depuis le départ de Frédérique pour le plus long des voyages.

Je danse sans même m’arrêter pour reprendre mon souffle. Avec toute notre fureur de vivre, Frédérique et moi aimions vider le trop-plein. Évacuer la rage accumulée, parce qu’incomprises des adultes qui nous rebattent sans cesse les oreilles, en nous disant combien nous avons de la chance, nous les jeunes, d’avoir plus d’opportunités qu’eux dans leur temps. Décharger l’excès d’un manque d’amour, parce qu’incapable de faire le grand saut et d’aller jusqu’au bout avec Jean-Luc. Vidanger toute l’accumulation d’amertume enfouie au fond de nous. Tout chasser de ma tête pour oublier que je me sens nulle en tout.

Lentement, je sens que je décroche. Je suis persuadée qu’une fois sur le marché du travail, les choses rentreront dans l’ordre.

En ce premier samedi depuis la mort de Frédérique, je rentre chez moi toute seule. Personne à qui confier ma rencontre avec un gars super spécial et extraordinairement beau.

Finalement, ce garçon ne m’intéresse pas. Je ne veux pas qu’il vienne bouleverser davantage ma détresse, parce que dans mon cœur, tout l’espace est destiné à Frédérique et à mon infini chagrin.

Un jour, sans que je m’y attende, le téléphone sonnera et mon amie me parlera à l’autre bout du fil et me lancera : — « Je suis revenue. J’étais en visite chez une tante à l’extérieur de la ville et je ne pouvais pas t’appeler à cause des frais d’interurbain. Que fais-tu ce soir, nous pourrions marcher jusqu’au Café étudiant si tu veux ! — « Oui, Frédérique ! Je croyais que tu étais fâchée après moi ! » me dis-je dans ma tête.

Il nous arrive souvent de nous asticoter et parfois, on ne s’adresse plus la parole durant une semaine.

Frédérique me téléphonera demain pour m’annoncer qu’elle a abandonné l’école pour voyager à travers le monde.

Je me précipite pour ramasser le sans-fil qui sonne à tout rompre sur le comptoir de la cuisine. À coup sûr, l’appareil sera monopolisé pour toute la soirée, comme chaque soir d’ailleurs.

Le responsable ? Mon hyper nono de frère, Sébastien. Sébaste le fish poisson, comme je le surnomme quand il me sort par les oreilles. Le plus chouchouté de la planète. Monsieur le nombril du monde et l’aîné adoré. Voilà précisément pourquoi je n’ai plus de nouvelles de Frédérique.

— Maman, il va passer la soirée enfermé dans sa chambre avec le téléphone !

Ma mère fait le budget du mois, assise à la table de la cuisine. Mon père lit les petites annonces. Sa passion.

— Sébastien, une demi-heure et c’est terminé, m’entends-tu ? lance, Paul Berthiaume.

Du haut de son insensibilité, mon frère me poignarde du regard et s’engouffre dans sa piaule.

La rage et un sentiment d’impuissance se débattent dans mes tripes. Je quitte la maison pour me rendre au Café étudiant, Frédérique m’y attend peut-être.

Je sais que cette vérité, que je refuse d’affronter, est cachée derrière la porte du Café, telle une saleté, une mocheté. Je voudrais la briser en mille éclats entre mes doigts, comme s’il s’agissait de fin cristal, jusqu’à ce qu’elle devienne de la poussière et soit emportée par le vent.

Je me contente de rebrousser chemin alors que la noirceur et la pluie habitent l’atmosphère dans laquelle je pénètre doucement.

Je monte l’escalier de la maison jusqu’à ma chambre et je me lance, tête première, dans mon lit où j’enfouis mon visage dans mon oreiller pour étouffer le son de mes sanglots.

Je n’ai pas vu Frédérique ce soir, encore.

La vie est une ignoble ordure.
 

 

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AU SUJET DE L'AUTEUR

 

Diane Jalbert Labelle

 



Pour décrire l’auteure, nous citerons les paroles d’une chanson de Félix Leclerc : « Moi mes souliers ont beaucoup voyagé »!

Déjà à l’âge de 13 ans, elle écrivait des poèmes sous l’influence de Lamartine, Rimbaud et Nelligan. Mais le roman jeunesse retient son attention et lui vaudra plus tard, une publication en 1989, La Trottinette jaune, auprès des Éditions Fidès. Puis elle apprendra par elle-même les rudiments de la guitare.

Plongée rapidement dans le monde du travail, elle occupera un emploi au service des prêts budgétaires du siège social d’une grande banque où elle fera ses premières armes. Elle travaillera ensuite dans le monde de la protection du droit d’auteur pour les auteurs et compositeurs de musique, pour ensuite acquérir deux baccalauréats ; Le premier, un baccalauréat ès arts en enseignement de la danse et des arts plastiques. Le deuxième, un baccalauréat en éducation en information scolaire et professionnelle, tout en poursuivant ses cours de danse classique, contemporaine et jazz, tantôt avec des professeurs des Grands ballets canadiens et les Ballets jazz de Montréal.

Puis un grand saut dans le monde gouvernemental pour œuvrer en réadaptation et plus tard dans la sphère médico-légale.

Mais le monde des arts retient toujours son attention. Tout en poursuivant l’écriture et la danse, mais plus particulièrement la danse à claquettes, elle s’inscrira à une formation en percussion africaine qui durera neuf ans.

Elle a à son actif plus de 42 représentations publiques, dont le Festival des percussions de Longueuil, des prestations bénévoles auprès de différents organismes. En décembre 2016, elle participe en tant que percussionniste, à trois représentations du Noël métissé serré avec Boucar Diouf et l’orchestre symphonique de Montréal, dans la belle salle de l’OSM. Le 19 août 2017, elle fait partie du grandiose spectacle symphonique de Montréal sur la montagne pour le 375e anniversaire de la ville.

Puis, changement de cap et elle s’inscrit à des cours de guitare acoustique, son premier instrument de musique, avec lequel elle confie avoir partagé bien des secrets à l’âge de13 ans.

Et ses petits souliers l’amènent dans un club de ukulélé où elle apprendra un vaste répertoire.

À la retraite depuis 2011, elle fait beaucoup de vélo, des cours de guitare et de ukulélé en groupe et toujours l’écriture. Ses souliers l’ont aussi amenée partout dans la belle région du Québec et en Europe. Depuis l’hiver 2017, elle va user ses souliers sur la grande piétonnière de Torremolinos en Espagne. Elle fait le plein de soleil, de vent marin et de vagues de la mer, surtout lorsque la mer se déchaîne un peu, démontrant sa force et sa puissance, précise-t-elle.

Elle souligne en ces termes : « C’est là que je me rends compte que nous sommes bien petits devant cet univers qui nous entoure et qu’il faut profiter de chaque jour qui passe, comme un précieux cadeau de la vie ».

 

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