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Premier remords
Au temps
où je portais des habits de velours
Eparses sur mon col roulaient mes boucles brunes.
J'avais de grands yeux purs comme le clair des
lunes;
Dès l'aube je partais, sac au dos, les pas lourds.
Mais en route aussitôt je tramais des détours,
Et, narguant les pions de mes jeunes rancunes,
Je montais à l'assaut des pommes et des prunes
Dans les vergers bordant les murailles des cours.
Etant ainsi resté loin des autres élèves,
Loin des bancs, tous un mois, à vivre au gré des
rêves,
Un soir, à la maison craintif comme j'entrais,
Devant le crucifix où sa lèvre se colle
Ma mère était en pleurs !... O mes ardents regrets !
Depuis, je fus toujours le premier à l'école.
Émile
Nelligan
Ce
poème est du domaine public. |
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