 |
|
Les
angéliques
Des
soirs, j'errais en lande hors du hameau natal,
Perdu parmi l'orgueil serein des grands monts roses,
Et les Anges, à flots de longs timbres moroses,
Ebranlaient les bourdons, au vent occidental,
Comme un berger-poète au coeur sentimental,
J'aspirais leur prière en l'arôme des roses,
Pendant qu'aux ors mourants, mes troupeaux de
névroses
Vagabondaient le long des forêts de santal.
Ainsi, de par la vie où j'erre solitaire,
J'ai gardé dans mon âme un coin de vielle terre,
Paysage ébloui des soirs que je revois;
Alors que dans ta lande intime, tu rappelles,
Mon coeur, ces angelus d'antan, fanés, sans voix:
Tous ces oiseaux de bronze envolés des chapelles !
Émile
Nelligan
Ce
poème est du domaine public. |
|
|
 |
|
 |
|
|
Télécharger gratuitement
les oeuvres du poète
sous la forme
d'un fichier
Word

Cliquez
ici
|
|
|
|
|
 |
 |

|
|
 |