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Le
robin des bois
Pendant
que nous lisions Werther au fond des bois,
Hier s'en vînt chante un robin dans les branches;
Et j'en saisi vos mains, j'ai saisi vos mains
blanches,
Et je vous ai parlé d'amour comme autrefois.
Mais vous êtes restée insensible à ma voix,
Muette au jeune aveu des affections franches;
Quand soudain, vous levant, courant dans les
pervenches,
Emue, et m'appelant, vous m'avez crié: "Vois !"
Voici qu'était tombé du frissonnant feuillage
L'oiseau sentimental, frappé dans son jeune âge,
Et qui mourrait, sitôt, pauvre ami du printemps.
Et vous, vous le pleuriez, regrettant sa romance,
Pendant que je songeais, fixant l'azur immense:
Le Robin et l'Amour sont morts en même temps !
Émile
Nelligan
Ce
poème est du domaine public. |
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