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Chopin
Fais, au
blanc frisson de tes doigts,
Gémir encore, ô ma maîtresse !
Cette marche dont la caresse
Jadis extasia les rois.
Sous les lustres aux prismes froids,
Donne à ce coeur sa morne ivresse,
Aux soirs de funèbre paresse
Coulés dans ton boudoir hongrois.
Que ton piano vibre et pleure,
Et que j'oublie avec toi l'heure
Dans un Eden, on ne sait où...
Oh ! Fais n peu que je comprenne
Cette âme aux sons noirs qui m'entraîne
Et m'a rendu malade et fou !
Émile
Nelligan
Ce
poème est du domaine public. |
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