Chapitre 1
La
liberté
Je me souviens… tout
cela a débuté… il y a si longtemps… déjà.
Nous étions au début
du mois de novembre 1969. Ce soir là, la lumière de la pleine lune brillait de
toute sa splendeur. Il me semblait ne l’avoir jamais vue aussi grande, gracieuse
et lumineuse.
J’étais seul et je
marchais sur la plage au sable fin. Je m’amusais à laisser derrière moi, les
traces de mes pieds finement dessinées sur la grève. J’aimais me retrouver à cet
endroit lorsque je voulais réfléchir sur ma vie, prendre des décisions ou
lorsque la tristesse envahissait mon cœur. Dans cet espace naturel, je me
sentais libre et en sécurité.
Il était aux environs
de vingt et une heures. La température commençait à se refroidir et les cris des
goélands résonnaient au-dessus de ma tête.
Comme d’habitude, je
me suis assis sur un rocher pour observer la mer et écouter le chant des vagues.
Je me sentais bien. L’immensité du fleuve me rappelait mon besoin de liberté,
cette liberté qui m’oxygénait.
Depuis mon jeune âge,
je m’étais toujours demandé ce que je pourrais découvrir sur ma route si je
partais à la dérive sur un radeau.
J’avais cette soif de
tout savoir et de tout connaître. J’avais toujours peur de manquer une occasion
qui m’aurait permis d’apprendre de nouvelles connaissances.
Soudain, je sentis une
présence… comme si quelqu’un m’observait. Je regardai autour de moi.
Je remarquai que les
rayons de la lune qui se projetaient sur le sable, éclairaient de façon très
précise, un voilier blanc d’environ quarante-cinq pieds et amarré à ma droite.
J’étais convaincu qu’il y avait une personne debout sur la proue car je
percevais l’ombre d’une silhouette.
Était-ce un homme, une
femme ou un enfant ? De l’endroit où je me trouvais, il m’était impossible de le
déterminer.
Je trouvais la
situation un peu bizarre car les violents vents d’automne rendaient dangereuse
toute navigation sur le fleuve. Je n’avais jamais vu ce genre d’embarcation
durant cette période de l’année.
Fidèle à moi-même, je
retournai rapidement à mes rêveries d’adolescent et j’oubliai l’événement.
J’étais là… sur la
plage. Je rêvassais à ma vie présente et future.
Je savais que l’heure
était venue de prendre des décisions importantes sur le choix de mes études. Ce
passage entre l’enfance et l’âge adulte me perturbait profondément et était la
source de plusieurs de mes angoisses. Je me sentais si seul et dépourvu face aux
choix que je devais faire dans la vie. Il me semblait ne pas être capable d’y
parvenir.
C’était l’époque où je
lisais et écrivais de la poésie. J’avais toujours un livre de littérature à la
main. J’étais un poète dans l’âme et le théâtre me passionnait au plus haut
degré. Je passais de longues heures à discuter de ce sujet avec mes amis :
Julie, Claudine et Christophe. Nous partagions les mêmes passions.
Je les enviais
beaucoup car ils savaient exactement ce qu’ils allaient faire dans la vie, sauf
moi. Claudine rêvait de devenir traductrice et Christophe, journaliste. Quant à
Julie, celle chez qui nous passions le plus souvent notre temps, elle voulait
enseigner aux enfants.
J’aimais beaucoup me
retrouver chez cette dernière. Elle demeurait sur le bord du fleuve dans une
immense maison noire et blanche. De grandes fenêtres éclairaient les différentes
pièces. En entrant, nous arrivions dans un salon très chaleureux avec un tapis
tressé et déposé au centre de la place, sur un vieux plancher de bois franc. Le
foyer de pierres grises réchauffait constamment l’atmosphère durant les longs
hivers de neige. C’est là que j’aimais me retrouver avec mes amis pour discuter
et transformer le monde. Derrière la maison, se trouvaient les cuisines d’hiver
et d’été où nous pouvions voir passer les immenses paquebots au large de la
côte.
Le sous-sol, vaste
mais peu profond, se transformait en salle de spectacles lorsque certains
chansonniers étaient de passage. C’était l’époque des « Boîtes à chansons ».
Nous passions de longues heures à les écouter réciter, chanter et jouer de la
guitare.
Souvent, je me
surprenais à me voir sur une scène devant des milliers de gens qui
m’applaudissaient. Ces moments étaient magiques, merveilleux, fantastiques !
Mon plus grand rêve
était de devenir un poète et un comédien. Dans mon coin de pays et dans ces
années là, un artiste était considéré comme un marginal. Je n’étais pas prêt à
cela et je ne voulais pas décevoir mes parents. J’avais peur que leurs attentes
soient d’un tout autre ordre.
La rencontre
C’est à ça que je
réfléchissais, assis confortablement sur mon rocher.
Soudain, je sentis un
frisson parcourir la peau de mon corps quand j’entendis une petite voix me
dire :
–
Salut !
–
Salut !, répondis-je.
Il était là… à mes
côtés. Un drôle de petit bonhomme ! C’était bien lui, la silhouette que j’avais
vue sur le voilier. Il était sorti de l’ombre pour venir me rejoindre. C’était
un enfant d’une dizaine d’années environ. Ses cheveux, ses yeux et ses vêtements
étaient bruns. Il me regardait et souriait. J’aurais dû être surpris mais je ne
l’étais pas. J’aurais dû avoir peur mais je demeurais calme comme si je le
connaissais depuis longtemps.
Plus je le regardais
et plus je réalisais que je l’avais déjà vu quelque part. Où et quand ? Je ne le
savais pas.
Subitement, j’ai
plongé dans le monde du passé et me suis retrouvé dans l’univers de mes
souvenirs.
Nous étions en mai
1959. J’avais sept ans. Entouré des membres de ma famille, nous prenions un
repas dans la salle à manger de la maison. Soudain, à l’extérieur, nous vîmes un
petit garçon d’une dizaine d’années, habillé avec des vêtements bruns, passer
devant la fenêtre et jeter un regard vers nous. Nous l’avons tous vu en même
temps. Rapidement, mon frère sortit de la maison pour voir qui il était. Rien !
Personne ! Disparu !
Comment un enfant
pouvait-il regarder par cette fenêtre alors qu’elle se situait à une hauteur de
huit pieds de terre ? Je me souviens… ma mère avait soulevé cette question, sans
réponse.
Mon enfance s’est
passée en compagnie de ce drôle de petit bonhomme qui ne vieillissait jamais et
qui, occasionnellement et promptement, passait devant la fenêtre de la salle à
manger.
En aucun moment, il
n’avait communiqué verbalement avec nous. En aucun moment, il n’avait osé
pénétrer dans la maison. Il se contentait de nous observer de loin. Ce n’est
qu’en ce jour de 1969 sur la plage, qu’il eut sa première rencontre avec moi.
C’était bien lui.
Enfin, j’allais savoir.
–
Qui es-tu ? lui dis-je.
–
Je suis un peu toi.
–
Moi ?
–
Bien sûr ! Cela ne peut être autrement puisque je suis une partie de
toi-même et que tu fais aussi partie de moi. Sans toi, je ne suis rien et sans
moi, tu ne peux rien.
–
Tu veux rire !
–
Pas du tout ! Attends ! Je vais te prouver que je sais. Te souviens-tu du
jour de tes 15 ans ? L’horloge indiquait 23 heures. Tu étais assis dans ta
chambre, devant ton bureau de travail. Elle était située au premier étage de la
maison, côté sud. Comme éclairage, il y avait une petite chandelle que tu avais
allumée et déposée près de toi. Tu disais que cela t’inspirait.
–
J’aimais beaucoup écrire à la lueur d’une chandelle.
–
Ce soir là, tu étais très triste. Les yeux humectés de larmes, tu
relisais un texte que tu venais d’écrire et que tu avais intitulé : « Folidouce ».
Te rappelles-tu ?
–
Je ne me souviens plus de l’histoire mais je me rappelle avoir écrit ce
texte. Pourquoi me parles-tu de cela ?
–
J’étais avec toi quand tu écrivais.
–
Avec moi ! Je ne m’en souviens pas.
–
Tu ne m’as pas vu mais j’étais là. Le petit garçon qui a déposé le miroir
sur le sable de la plage, c’était moi.
–
Le miroir ? Toi ?
–
Rappelle-toi ! Il y avait un miroir. Tu ne t’en souviens pas ? À cette
époque, tu aimais écrire des histoires un peu terrifiantes. J’aimais beaucoup te
lire. Chaque fois, je me disais que tu avais tout pour devenir écrivain.
–
Pourquoi ne pas me l’avoir dit à ce moment-là ?
–
Tu n’avais pas besoin de moi pour le découvrir et t’en convaincre. Depuis
ta naissance, tu as au fond de toi, tout ce qu’il faut pour parvenir à ta
réussite.
–
Parvenir ? Comment ?
–
Un jour, tu comprendras. Dis ! Aimerais-tu que je te lise un extrait de
la « Folidouce »… celui où j’ai déposé le miroir sur le sable ?
–
Oui ! Tu as une copie de mon texte ?
–
Non !
–
Alors, comment feras-tu ?
–
N’oublie pas que je fais partie de toi. Tout ce qui se cache dans
l’univers de tes souvenirs, dans ton subconscient et même ton inconscient… je le
connais.
–
Ah !
–
Ça te dérange ?
–
Non ! Pas du tout ! Tu sembles en savoir beaucoup plus sur moi que je
peux en connaître sur toi.
–
Tu as raison mais… il n’en tient qu’à toi de me découvrir. J’ai toujours
été là et serai toujours à tes côtés.
–
En parlant de découvrir… pourquoi es-tu arrivé sur un voilier ?
–
Qui t’a dit que je suis arrivé de cette façon ?
–
Je t’ai vu ! Tu étais debout sur la proue du bateau. Regarde là-bas !
C’est celui que l’on voit avec les grandes voiles blanches.
–
Peut-être ! Moi… je n’ai pas besoin de ça pour me déplacer. Je peux
comprendre que c’est plus sécurisant de m’imaginer en train d’arriver sur un
bateau plutôt que de me voir apparaître subitement. N’est-ce pas ?
–
Tu as sûrement raison.
–
Tu sais… je t’écoutais réfléchir tout à l’heure. Tu sembles très
préoccupé.
–
Tu commences à me faire peur. Comment sais-tu ? Tu devines aussi mes
pensées ?
–
Je sais tout sur toi. Tu ne peux rien me cacher. Si tu le désires, je
peux te guider dans la vie. Tu ne devras jamais oublier que : « Toi seul a le
pouvoir de changer le courant des choses et que la décision de le faire
n’appartient qu’à toi. Tu es le Maître de ta propre destinée. Tout dépend de
toi ».
–
J’aimerais bien que tu médites sur ces mots. Tu verras… cela t’aidera à
faire tes choix de vie.
–
Comment puis-je être le seul à avoir ce pouvoir ?
–
Puise dans ton cœur et tu trouveras la réponse. Ce n’est pas la mienne
qui importe mais la tienne. Si tu passes ton temps à me poser des questions, je
ne pourrai pas te lire un extrait de la « Folidouce ». Nous reparlerons de tout
ça plus tard. Nous avons la vie devant nous pour le faire.
–
La vie devant nous ?
–
Chut ! Tais-toi ! Écoute ! Je vais te raconter l’histoire du miroir
déposé sur le sable.
FOLIDOUCE
(Extrait, avril 1967)
Tandis que se
brisent les chaînes de la terreur, je m’élance dans l’espace à la recherche de
la folie, la « Folidouce ».
Je m’étendis sur le
sable et mes pensées se perdirent au-delà de l’horizon. Soudain, je sentis une
présence près de moi. Je me retournai et vis un enfant qui dormait à mes côtés.
Comment était-il
arrivé ici ? Avait-il pris la même route que la mienne ?
Il avait environ
dix ans. Il était très petit pour son âge mais son visage portait déjà les
traces de la sagesse et de la paix intérieure.
Il se réveilla et
sans me regarder, partit creuser un trou dans le sable. Il y déposa un miroir.
Pourquoi faisait-il
cela ? Je ne le savais pas. Doucement, je m’approchai de lui.
–
D’où viens-tu petit ?
–
De partout et de nulle part.
–
Comment es-tu arrivé ici ?
–
Toi ?
–
Moi... c’est sans importance. Comment es-tu arrivé ici ?
–
Par le même chemin que toi. Celui du rêve.
–
Alors, tu m’as suivi ?
–
Peut-être ! Qui sait !
–
Dis-moi ! Tu n’étais pas ici quand je suis arrivé ?
–
Bien sûr que j’y étais car je viens de partout et de nulle part. Je te
l’ai dit tout à l’heure. Tu ne m’écoutes pas quand je parle?
–
Je ne t’ai pas vu à mon arrivée.
–
Parce que ton cœur et tes yeux ne peuvent me voir que si tu le désires
réellement. Regarde!
Il me montra le
trou qu’il venait de faire dans le sable et le miroir qu’il y avait déposé.
–
À quoi sert ce miroir ?
–
Approche-toi! Regarde-le!
–
Non! Je ne veux pas.
–
Pourquoi? Tu as peur du reflet de toi-même?
–
Non!
–
Alors, pourquoi ne veux-tu pas le regarder?
Je n’ai pas su quoi
lui répondre. Avait-il tort ou raison?
–
Vas-tu finir par me le dire à la fin? À quoi sert ce miroir?
–
Ne te choque pas ! Si tu le regardes, il reflétera ce que tu es
réellement. Si ton intérieur est beau, tu seras beau. Dans le cas contraire…
–
Dans le cas contraire… termine la phrase que tu voulais me dire.
–
Non ! Non ! Non ! Je ne t’en dis pas plus. A toi de découvrir.
–
S’il te plaît, dis-le-moi.
–
D’accord ! Je vais te dire le secret du miroir. Dès qu’une personne le
regarde, il prend une photo de son intérieur et lui transmet une image fidèle de
son appréciation d’elle-même. Jour après jour, mois après mois, année après
année, utilise ce miroir car il conduit sur les chemins de la paix intérieure.
–
Tu me parles de l’estime de soi ?
–
Bien sûr ! N’oublie jamais que les comportements sont souvent le
reflet de l’image que nous avons de nous-mêmes. À toi de décider ce que tu veux
en faire. Maintenant, je repars par le chemin d’où je suis venu. Quand tu auras
retrouvé un certain équilibre en toi-même, je reviendrai te visiter. Écoute la
voix de ton cœur.
Sur ces mots, il
disparut.
Un peu inquiet, je
m’approchai du miroir pour me regarder. Oh ! Quelle horreur ! Je percevais
vaguement une image à travers un épais brouillard. C’était donc ça la perception
de moi-même ?
Il fallait que
j’améliore l’estime de moi. Je devais chasser le brouillard qui recouvrait mon
visage. Je savais qu’un jour… je finirais par voir une image agréable.
C’est la confiance
en cet enfant qui me fit rester sur cette plage au miroir. Combien d’heures, de
jours et de nuits y suis-je demeuré ? Je ne sais pas. Peut-être... dix ou vingt
ans. Qui sait !
Un matin, alors que
le soleil se levait sur la grève au sable fin et que les vagues chantaient
doucement en caressant les rochers, je vis un rayon de lumière apparaître dans
la glace. Je compris que tout n’était pas perdu et que le succès appartient à
celui qui sait ce qu’il veut, qui le désire profondément et qui prend les moyens
pour y parvenir.
En quelques jours,
le miroir devint clair et brillant. J’étais en paix avec moi-même et convaincu
que : « Moi seul ai le pouvoir de changer le courant des choses et que la
décision de le faire n’appartient qu’à moi ».
Puis un jour…
l’enfant revint.
–
Salut ! Tu vois… j’ai réussi.
–
Je sais. Je suis content et fier de ta réussite car tout ce qui est
bon pour toi, l’est aussi pour moi. Ici… sur cette plage, tu es loin de la
réalité. Maintenant, il te faudra apprendre à vivre heureux parmi les tiens.
Reste ici quelques jours et après, retourne chez toi.
–
Bien sûr ! Chez moi ! Où ?
–
C’est à toi de le découvrir. Maintenant, je te dis adieu. Je t’ai
donné certains outils pour trouver la voie du bonheur. Il n’en tient qu’à toi de
les utiliser. Tu ne devras plus revenir sur cette plage. Promets-le-moi !
–
Je te le promets.
Je le vis partir,
sans se retourner. Progressivement, son image disparut à l’horizon. Après
quelques jours passés sur la plage, je suis retourné par le chemin d’où j’étais
venu.
J’étais seul… assis
dans le fauteuil du salon. Tout était calme à l’intérieur. Dehors, il pleuvait.
Était-ce
l’automne ? Je ne le savais pas. J’étais perdu comme si je venais de sortir
subitement d’un rêve.
Derrière les
fenêtres, les rayons de la pleine lune dansaient sur les ombres de la nuit. Tout
cela me semblait si beau. (Fin de l’extrait)
–
C’est un beau texte… tu sais. J’ai eu beaucoup de plaisir à te le lire.
Puis ? Tu t’en souviens maintenant ?
–
Bien sûr ! Je t’écoutais et c’est comme si… je l’avais écrit hier. C’est
un beau cadeau que tu m’as fait car je l’avais oublié. Si je comprends bien, tu
es un ange ?
–
C’est une façon de me voir. Tu es à l’aise avec cette perception de moi ?
–
Je ne sais pas. Je n’y ai pas encore réfléchi.
–
Je me décrirais plutôt comme ton guide, ta force intérieure et qui peut
te conduire, si tu le désires, à la source même de ton être, lieu de ta vérité.
–
Je ne sais pas pourquoi… j’oublie souvent de mettre en pratique certaines
choses que j’apprends de la vie et qui pourraient me rendre plus heureux.
–
Je ne comprends pas. Explique-toi !
–
Je ne sais pas comment te dire cela. Je ne veux plus dire « Oui » aux
autres quand mon cœur répond « Non ». J’ai toujours peur de les décevoir et
souvent, je regrette ma décision. La plupart du temps, je suis choqué contre moi
et me dis que la prochaine fois, je ferai connaître ma vraie position. Quand
l’occasion se présente, je dis encore « Oui ». Depuis mon enfance, j’agis comme
cela avec mes amis.
–
Si tu leur dis « Non », tu crois qu’ils ne t’aimeront plus ? Moi, je te
dis que l’amour va au-delà d’un simple « Non ». Fais connaître ta décision mais
aussi les arguments qui la justifient. Ainsi, tu seras en paix avec toi-même. Tu
sais… être en harmonie avec soi-même est essentiel dans la vie. Si tu es
vraiment leur ami, ils comprendront. Dans le cas contraire… à toi de décider ce
qui sera le mieux pour toi. La prochaine fois, essaie-le. Tu verras… tu seras
peut-être surpris par leurs réactions positives.
Rappelle-toi que tant
que tu n’auras pas intégré tes nouvelles attitudes et nouveaux comportements, tu
risqueras de tomber dans le piège de tes anciennes habitudes. C’est comme le
miroir sur la plage. Jour après jour, tu as amélioré l’estime de toi-même et tu
revenais constamment te voir dans la glace. Tu vérifiais les résultats. Si tu
n’intègres pas les choses, c’est peut-être dû au fait que tu n’y crois pas ou
que tu ne te laisses pas suffisamment de temps pour y parvenir. Sois patient !
Tu sais, vouloir
changer demain… commence par soi, aujourd’hui. Compte tenu que chaque jour a un
demain, il faut intégrer ce vouloir dans sa vie. Pour ce faire, il faut
travailler durement… mais se laisser du temps. Certains résultats seront rapides
et d’autres moins.
–
Tu as sûrement raison.
–
Le temps file… je dois maintenant partir.
–
Moi aussi !
–
Je le savais. C’est pour cette raison que je viens de t’annoncer mon
départ. N’oublie jamais que je suis ton ami. Je l’ai toujours été et le serai
toujours. Je suis la lumière qui brille en toi et la voix de ton cœur.
–
Me permets-tu de te poser une dernière question ?
–
Bien sûr ! Chez moi, le temps n’existe pas. Vas-y ! Je t’écoute.
–
Comment faire pour prendre la meilleure décision concernant le choix de
mes études ? Chaque fois que je consulte les autres, ma décision de choisir se
complique.
–
Je te comprends ! Ton problème ne serait-il pas dû au fait que tu es
constamment branché sur les autres ? Reprends vite contact avec toi-même car les
solutions sont déjà en toi. Cherche au fond de ton cœur et tu trouveras la
réponse car c’est là que se trouve le royaume de ta vérité, la source de ton
être.
–
Merci pour tes conseils ! Dis… quel est ton nom ?
–
Comment aimerais-tu que je m’appelle ?
–
Je ne sais pas. Quand je te regarde, il me semble que tu pourrais
t’appeler Claude.
–
Voilà ! Mon prénom est Claude.
–
Salut Claude ! Je suis content de t’avoir rencontré.
–
Moi aussi, je suis content. Il y a longtemps que je voulais te parler. Je
te faisais souvent des signes mais tu m’ignorais. Quand tu en sentiras le
besoin, appelle-moi. Je serai toujours là sur le voilier… à t’attendre.
Maintenant, pars sur le chemin de ta vérité.
Et… sur ces derniers
mots, il disparut.
|