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Pages personnelles de l'auteur François Girard   1   2

Ces Gens-Là

Roman, 204 pages.

 

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Un roman qui raconte l'histoire d'une famille: le père, la mère et cinq enfants, trois garçons et deux filles. Totoche, le personnage principal, se dit le mal-aimé. Lors d'une escapade en forêt, du côté de Remiremont, il entend le chant du coucou. Cette découverte déclenche de belles pages remplies de poésie.
 

Sous sa verve, nous traversons la période de la deuxième guerre mondiale. D'une grande imagination l'enfant invente les situations les plus rocambolesques pour embêter sa famille. Il collectionne les bêtises et les anecdotes insolites sont racontées avec beaucoup d'humour.
 

Les études, les vacances, les voyages donnent lieu à des réflexions qui ne manquent pas d'à-propos. Pour tenter de mettre fin à la tyrannie familiale son imagination entre en ébullition. Le conflit permanent entre la mère et son fils nous fait pénétrer dans le monde secret des enfants. Un livre qui retient le lecteur.
 

Un régal tant par le croustillant de l'histoire que par la finesse des jeux de mots.
 

A découvrir, à lire !
 

 

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Chapitre I


Un été caniculaire. La Lorraine écrasée par la chaleur. Père, mégot aux lèvres, conduisait. Prisonniers de l’atmosphère irrespirable de la voiture, on étouffait. Enfin, nous arrivâmes, à l’orée du bois, dressé en couronne sur la vallée vosgienne, où s’alanguissait la ville de Remiremont. Pourtant la joie n’éclairait pas mon visage. Ah ! Non !
 

Selon un scénario immuable, Mère, planquée sous une oasis de fraîcheur, se délecterait dans la lecture d’un de ses romans à l’eau de rose. Tinou en profiterait pour batifoler autour d’elle, jouerait à la poupée, ou s’égarerait à la recherche d’un trèfle à quatre feuilles. Père, allongé sur un tapis de mousse , se perdrait dans les rêves d’une longue sieste. Nanard et moi, armés de seaux, devrions encore nous plier au ramassage de baies sauvages. C’était imparable. Inutile d’invoquer la chaleur, une prétendue migraine, ou on ne sait quoi, pas d’échappatoire possible. Les confitures, ça n’attend pas. Et puis, pour les faire, il ne faut pas que du sucre. Alors, les garçons, cueillez, cueillez... Cueillez ! Si l’épine vous griffe quelque peu, la confiture n’en sera que meilleure. - Quelle vacherie !
 

Il n’y a pas à dire, ces instants avaient un goût d’amertume. Un arrière goût de rancœur et de haine enfantine tenace contre cette autorité. Une saloperie à laquelle nous n’échappions que lorsqu’elle était remplacée par celle de nos infects moniteurs de colonies de vacances. Exceptée la benjamine. La chère petite, on ne pouvait la sevrer du giron maternel. Qui serait capable de tresser sa chevelure en deux magnifiques nattes aux reflets d’ébène que j’avais tant de plaisir à tirer ?
 

Dès que, d’un pied autoritaire, Père eut fini d’écraser la bordure du roncier, nous fûmes contraints de cueillir. Cueillir ces cochonneries de baies, jusqu’à en avoir nos mains juvéniles rouge sang. Aussi sanguinolentes que celles que je voyais à notre boucher-charcutier, quand mère lui commandait le rôti dominical. Des mains écarlates, d’une horreur ! A leur vue, on s’imaginait rencontrer l’ogre de mes contes. Pourtant des mains desquelles, ma gourmandise d’enfant acceptait régulièrement la belle tranche de saucisson tendue comme un appât de pêcheur au poisson. Il était si alléchant ! Chaque fois, j’y succombais.
 

Avec, en bouche, le souvenir de ma dernière tranche de saucisson, j’étais impatient d’en terminer avec ces abominables petites boules gorgées de leur sirupeuse substance. Leur cueillette épineuse m’énervait. Ma sueur et parfois quelques gouttes, d’un sang pur, arrachées à un doigt persécuté par un traître piquant, se mêlaient au fruit capricieux écrasé dans ma paume. Je rageais, avant de tout laisser tomber dans mon seau. Un seau sans fond. Il n’en finissait pas de ne pas vouloir se remplir. Je m’affairais à ma besogne, quand ! Insolite et narquois, sorti on ne savait d’où, de quelque part là-bas, de sous le feuillage touffu de la forêt proche, il perça le silence recueilli de la nature. Cristallin comme le son de l’angélus, il me caressa doucement le tympan. A intervalles réguliers, pareil au balancier d’une horloge plongée dans la litanie de ses tic-tac monotones, il scandait les battements du temps.
 

C’était un son si pur, si clair ! Il me berça d’une douce euphorie. D’un rêve de future bonne fortune. Et, plongé dans la recherche aléatoire d’une pièce à serrer au fond d’une poche de mes culottes courtes, j’écoutai. J’écoutai ce chant de liberté. Un chant aussi agréable à mon oreille que le tintement de la cloche de l’école destiné à mettre un terme à mes angoisses d’écolier. Douce mélopée, il semblait m’annoncer la fin prochaine d’un pensum jugé immérité... J’écoutai les cou cou..., cou cou insolents d’un coucou caché par une épaisse futaie.
 

Ravi, j’étais comme le pêcheur ensorcelé par la sirène. La triste apparence du volatil, objet de rebut pour l’ornithologue et l’oiseleur ne comptait pas. J’oubliai la livrée couleur de deuil, le plastron strié comme une tenue de bagnard, de ce virtuose de la note. Seule, la pureté du chant retint mon attention. Résolu à tromper la surveillance de Père, ma cueillette de baies devint aléatoire. Bientôt, elle me rapprocha d’un espace où je pus me dissimuler.
 

Hors du champ visuel paternel, je n’hésitai pas longtemps. Pour mieux capter les notes de la mélodie, je me glissai avec promptitude entre la haie des troncs de chênes et de hêtres. Sans me soucier de la barrière de ronces belliqueuses et d’herbes folles, je m’éloignai à pas furtifs de la bordure du pré. J’abandonnai sans regret Nanard à sa précieuse cueillette. Dévoré par la pénombre du sous bois, je partis à la recherche du chanteur inconnu.
Tous mes sens en éveil, afin de débusquer mon maître chanteur par surprise, mes pas foulaient le sol sans le moindre bruit. Sur mon passage, les espiègles touffes de broussailles retombaient avec malice, pour effacer toute trace, tout repère. Comme un Apache, j’avançais avec certitude vers un petit promontoire d’où je pourrais le découvrir. Je saurais alors si la leçon de chose de mon maître d’école nous contait la vérité, ou si ce n’était qu’un tissu de mensonges.» - Il était difficile de croire qu’un oiseau doté d’un aussi beau chant puisse n’être qu’un usurpateur, un profiteur aux dépens de son hôte. »
 

En l’épiant, je saurais enfin...
 

Pour atteindre mon but, mon approche surpassa en ruses celle de Geronimo. Avec soin je scrutai les interstices du feuillage. J’espérais découvrir le joyeux drille. En charmant mon oreille, il m’avait donné le courage et assez de témérité pour m’affranchir du joug familial. Posté à l’affût, j’écarquillai les yeux, usai mes cordes vocales immatures avec mes trilles maladroites, pour imiter le chant du coucou et capter son attention. Rien ! Mes vocalises ne reçurent pas d’écho. Rien, je n’entendis rien. Je ne vis rien ou presque ! Le coucou semblait s’être volatilisé.
 

Aucun doute. Un Merlin, échappé de sa forêt de Brocéliande, de son pouvoir magique et avec un malin plaisir, venait de me jouer un tour. A l’arbre de ma connaissance, là-haut dans ses branches, la scène resta désespérément vide. Sourd au ban de mes vocalises l’artiste ne réapparut pas. Le récital ne fut pas bissé. Il ne me restait plus qu’à retourner à mon buisson, ma cueillette et les épines. Je tournai talons. Soudain, parmi quelques morceaux de coquilles brisées, parsemées sur le tapis d’humus autour de l’arbre, un rai de soleil égaré dans la pénombre, joua de son or. Il offrit à mon regard un petit œuf tout tavelé de gris posé à terre. Ce gris ne pouvait être que le même que celui d’une jaquette de coucou. Aussitôt, il capta tout mon intérêt : - Dans sa bonté, l’Enchanteur, plutôt que de me laisser rencontrer maître coucou, préférait me donner un véritable trésor. A coup sûr, un œuf de coucou tout prêt à éclore. Plus besoin de partir à la découverte d’un oiseau insaisissable. Inutile de me casser le cou pour essayer de l’apercevoir perché, entre les branches, au seuil d’un nid. En parachevant la couvaison j’aurai un coucou pour moi tout seul.
 

Ce raisonnement enfantin entraîna un geste incontournable : ma poche de culottes courtes, déjà trop lourde de secrets, s’enrichit d’un nouveau trésor. Nanti de ma nouvelle richesse, je réalisai que si je voulais éviter les foudres de Père et Mère, il était temps de regagner le cercle familial et mon seau. Plus facile à dire qu’à faire ! Les traces de ma progression vers ce lieu enchanté avaient disparu. Encerclé par une enceinte d’arbres devenus muets, j’étais perdu. Dans ma prison de verdure, prostré au pied de mon arbre, je me mis à regretter les ronces et leurs épines. Je tentai de retenir à grand peine de grosses larmes, prêtes à perler sur ma joue. Soudain, filtrant à travers l’opacité de la végétation, le salvateur tûuut... tûuuuut asthmatique de la voiture de Père troua l’air. J’oubliai coucou, son chant, l’œuf tout neuf dans ma poche. Un train d’enfer ramena le poussin égaré vers une aile courroucée mais protectrice. Ce fut l’apothéose : la fragile coquille du petit œuf blotti, confrontée à l’agressivité de mes petites richesses, cessa de leur opposer toute résistance. Vaincu, il s’éparpilla, en mille morceaux. Un cloaque, jaune et visqueux s’étala en fleurs sur la toile de ma culotte comme un champ de coucous.
 

Mon retour, sous l’œil narquois de mon frère, et devant le sourire angélique de ma petite sœur, n’eut rien de glorieux. Sous les : - Tu n’es qu’un vaurien, un sale petit cochon ! Je me demande quand tu arrêteras de faire des bêtises, d’une mère irritée à la vue d’une culotte sur laquelle elle allait devoir s’user les mains, mon derrière reçut la caresse cuisante de la main de Père. Et dans la voiture, des bouh... bouh..., bouh... bouh..., entrecoupés de quelques hoquets, montèrent en écho aux cou... cou..., cou... cou... d’un coucou moqueur... caché au fond de la forêt.
 

Sur la route des “ Glycines ”, un coucou venait d’entrer secrètement dans mon existence.
 

 

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Originaire de Langres, j'ai grandi en Lorraine, pour émigrer à Paris pour ma vie professionnelle, puis je me suis fondu dans la douceur angevine. Avant de m'adonner pleinement à l'écriture, j'ai attendu ma complète maturité. Et, dans le tumulte d'une existence mouvementée, sans cesse, j'ai emmagasiné souvenirs sur souvenirs au fond de ma mémoire. Ces souvenirs, aujourd'hui, se décantent peu à peu jusqu'au moment, où, je les assemble pour vous offrir de magnifiques feux d'artifices.

 

En janvier 1995, j'ai publié, à compte d'auteur, PSYCHOSES Ou Les Droits De L'Esprit , un recueil de 196 pages où, à travers des poèmes, des réflexions, des maximes et des chansons, agrémentés de mes illustrations, tout lecteur, de 7 à 77 ans, peut trouver sa part de rêve, d'humour.

A partir de cette période, comme un torrent trop longtemps retenu, un flot de mots fuse de mon esprit. Ils s'enchaînent, se marient, les images s'ordonnent, brossent des tableaux. Pour couronner le tout, parallèlement à une cascade de poèmes, contes pour enfants, nouvelles, je me lance dans la grande aventure du roman.

Que ce soit il y a 10, 20, 30 ans et plus, ou maintenant, tout ce que l'on vit au fil des pages de mes romans, est toujours d'actualité.

Ecrivain Romancier, Poète, Je n'ai pas été, ne serai pas, Je suis !

Mes écrits dans leurs élans de vérité ont des éclats d'éternité, ils ne vieilliront pas.

Des informations complémentaires concernant mes ouvrages, couvertures, extraits..., ou moi, sont disponibles sur mon site web :

http://www.planetexpo.fr/fgirard/ 

 

 

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François Girard se fera un plaisir de lire
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Bonjour,

 

Auteur, (lauréat de nombreux prix littéraire), avec un deuxième roman prêt à être édité : "Le Chant du Coucou" dont le manuscrit fut primé trois fois, désireux de faire connaître mes écrits au-delà des mers, dans les pays francophones je dis :

"Bravo ! Enfin, une méthode inédite pour porter des oeuvres littéraires, dignes d'intérêt, à la connaissance de lecteurs lointain."
 


François Girard, Mozé sur Louet, France.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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