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La victoire de la femme
 

Gabriel Deeh Segallo

 

Roman


Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2016, 232 pages.

ISBN 978-2-89612-508-1

Format 8,5 X 11 pouces (Lettre)

 

Disponible en format numérique uniquement

 

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La victoire de la femme, roman, Gabriel Deeh Segallo,

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

 

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RÉSUMÉ

 

La victoire de la femme, roman, Gabriel Deeh Segallo,

Fondation littéraire Fleur de Lys

La Victoire de la femme ou le tourbillon des amours… Ce roman est en effet l’histoire des aventures et mésaventures du cœur d’Emmanuel Nta’mbu, à la recherche d’une âme sœur. Malheureusement il sera le « l’éternel cocu, le ‘porteur’ de tous les méfaits des hommes », comme le dit l’auteur lui-même. Voilà bien le plus vertueux des hommes, le mari idéal, qui ne trouve pas la femme idéale, qu’il cherche désespérément tout au long de sa vie. À part la rencontre avec Kwonsi – proposée par son père et d’abord rejetée – toutes les autres relations avec la femme seront des échecs, les uns plus dramatiques que les autres : Simay Monape a des parents tribalistes ; Blandine Kengne prétend vouloir faire de longues études ; Sabine revient avec un bébé conçu d’un autre homme ; Kama joue à l’intello et lui lance : « C’est inutile de vous tracasser pour moi ; ça ne vaut vraiment pas la peine » ; Nyame, l’inconstante, « colle maintenant dernière l’adjoint » administratif ; son épouse Georgette Azola, la « mbenguiste » en langage camerounais, lui écrit d’Europe : « Ne perds pas ton temps à m’attendre » ; Hortense Mafone, l’ingrate, la traîtresse de bas étage, est en même sa femme et la femme de son planton, en son absence comme en sa présence… Conclusion et leçon aux enfants : « Quand tu grandiras, tu verras comment une femme n’est qu’un diable en puissance ».


Unique exception, Kwonsi, la seule femme qui l’a véritablement aimé, mais la Mort la lui a arrachée … Ô Dieu, était-ce un destin ?

Dr Ndé, Université de Douala, Purdue University, Indiana, USA

 

 

PRÉSENTATION

 

— Elle s’est moquée de moi tout le temps que nous vivions ensemble, et je ne m’en suis rendu compte que bien tard.


— À tel point que tu ne peux pas fermer l’œil dessus ? Tu me surprends beaucoup, à vrai dire. Tu as toujours été assez lent à la colère. Tu as toujours aisément pardonné à ceux qui te causent du tort. Mais je ne comprends pas comment tu ne peux pas pardonner à ta propre femme.


— Ce n’est plus au niveau du pardon, Silas. Tu ne peux pas comprendre la gravité de la situation.
— Qu’est ce qui s’est donc passé au fait ?


— Tu ne peux tout de même garder une femme qui en plus de toi son mari se permet la bassesse de sortir avec un planton, ton propre planton !


— Et ça, Hortense se l’est permis ?


La jeunesse est le temps de folie par excellence pour la jeunesse, temps où chacun ne poursuit que celui qui ne l’aime pas, et où la, puberté pousse à beaucoup d’erreurs.


La petite cohorte autour de Nta’mbou, Oussina et Mbounde subit les affres de tous les abus connus dans les républiques bananières : trafic d’influence, abus d’autorité, népotisme, tribalisme, incompétence, méchanceté. La femme jusque là connue comme casanière et être de seconde zone se découvre ici comme étant le centre du monde, le nombril du Pape. A cause de ses atouts elle peut faire la pluie et le beau temps à sa guise ; les petits parvenus sont à son service, prêts à tout pour décrocher une portion de son soleil. C’est donc finalement la femme qui gouverne le monde ? Mais le fer coupe le fer, et la pierre écrase la pierre.


 

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EXTRAIT

La victoire de la femme, roman, Gabriel Deeh Segallo,

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

Commencement du chapitre 1


« Celui qui veut être craint ne doit montrer de faiblesse qu’à Dieu. »
« La beauté du monde est faite de sa misère.» Proverbe chinois.


Mbounde et Oussina firent leur entrée dans les locaux du commissariat du sixième arrondissement. Leurs voitures qui les attendaient dans le parking disaient à qui pouvait bien les entendre que ce n’étaient pas de ces va-nu-pieds qui ne connaissent même pas leur droit. Pour l’occasion, ils avaient laissé de côté leurs vêtements traditionnels dans lesquels ils se sentaient vraiment vivre, pour mettre des costumes qu’ils avaient tous les deux fait coudre chez Pierre Cardin à Paris quand ils étaient allés se perfectionner en métropole. Les cravates non pincées sur les chemises volaient au vent dans leur pas pressé. Ils étaient vraiment pressés, et la situation l’exigeait. Oussina qui se trouvait en week-end à Douala pendant que ce qui était arrivé était arrivé, avait reçu un coup de fil de Mbounde et s’était immédiatement mis en route, dans sa Mercedes 230 noire. Il avait voyagé toute la nuit, et n’avait regagné Yaoundé qu’aux dernières heures de l’aube. Juste le temps de prendre un bain tiède et un peu de repos avant l’heure d’ouverture des services. Sa femme avait téléphoné à Mbounde pour l’informer de l’arrivée de son mari. Mbounde à son tour ne s’était pas fait prier et, sans attendre l’arrivée de son chauffeur, il s’était lui-même mis au volant de sa Renault 16 TS. C’est chez Oussina qu’il avait déjeuné. Ensuite, les deux hommes avaient mis le cap sur le commissariat. Il fallait au moins sauver les meubles avant que le feu n’atteigne les poutres.


L’agent de garde somnolait dans un vieux fauteuil de rotin qui ne gardait de fauteuil que son cadre jadis vernis mais alors usé par le temps et noirci sur les bords du dossier et sur les bras. Dès qu’il constata l’entrée des deux gentlemen, il sursauta de son sommeil et, comme une marionnette, se trouva au garde-à-vous.


— Bonjour, chef, lui dit Mbounde en lui tendant la main qu’il serra et en fit autant pour Oussina qui gardait tout son calme.


— Bonjour, m’sieu. Qu’y a-t-il à votre service dans nos bureaux aujourd’hui ? C’est bien la première fois que nous vous recevions ici.


— Et peut-être la dernière aussi, lança Oussina, désintéressé.


— C’est au sujet de notre frère Nta’mbu que vous détenez ici depuis hier.


— Ah, c’est votre frère, patron ? Je n’ai même pas constaté la ressemblance.


— C’est notre grand frère à tous les deux.


— Ouais ! Et le Commissaire n’est même pas encore là.


— Pas possible. À huit heures trente qu’il est, le Commissaire n’est pas encore là ?


— Parfois jusqu’à neuf heures il n’est pas toujours là.


— Et combien d’heures travaille-t-il par jour ?


— Ha, ha, ha, ha, vous me posez là une question bien difficile. Il est le patron, et il peut venir au travail quand ça lui plaît !


— C’est une bonne chose. Il va s’expliquer sur sa conduite. Passons. Pouvez-vous lui téléphoner à domicile ?


— Volontiers, patron. L’agent forma le numéro et engagea une conversation :


— C’est l’agent de garde, mon Commissaire.


— Il y a deux messieurs ici qui veulent vous voir.


— …


— Oui ils sont importants, et leur visite est importante.


— …


— Oui mon Commissaire.


Il raccrocha.


— Il arrive, patron.


— Mais peut-on en attendant s’entretenir avec celui que nous venons voir ? Demanda Oussina, avec un air de défi, sans gêne.


— Oui, oui, oui. Pour vous c’est possible, même comme le patron n’est pas là. Il sortit de sa poche un grand trousseau de clefs et se dirigea vers le fond de la salle de réception et d’attente.


— Venez avec moi, m’sieu. Mbounde et Oussina le suivirent dans un couloir tumultueux sinueux et puant, le long duquel s’alignaient des portes sombres et barricadées.


— Vous dites qu’il est venu hier ?


— Oui, répondit Mbounde.


— Comment il s’appelle ?


— Emmanuel Nta’mbu de Bamougoum. L’agent s’arrêta devant une porte et, par le trou de la serrure qui lui fit office de judas, il appela : « Monsieur Nta’mbu ! Monsieur Bamougoum !


— Qui me veut ? Répondit une voix de l’intérieur. L’agent ne dit rien. Il enfonça une clef dans le trou de la serrure et tourna deux fois, en faisant force bruits avec le choc des autres clefs se cognant les unes contre les autres. La porte s’entrebâilla et Nta’mbu se plaça dans son embrasure, les yeux rouges, les cheveux ébouriffés et les vêtements sales comme ceux d’un porc qu’on aurait eu la maladresse d’habiller.
 

 

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La victoire de la femme, roman, Gabriel Deeh Segallo,

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Gabriel Deeh Segallo

 

Gabriel DEEH SEGALLO est né à Bonabéri (Douala IVème) au Cameroun, membre de l’APEC (Association des Poètes et des Écrivains Camerounais) depuis 1980. Il est licencié ès lettres bilingues option Traduction-Interprétariat. Ancien élève de l’E.N.S. de Yaoundé, il est aussi titulaire d’un DIPLEG bilingue option linguistique, avec un travail sur René Philombe et la langue française : essai d’une étude linguistique de ses œuvres. Ayant la musique comme violon d’Ingres, il est en outre ancien musicien de cabaret et à ce titre, il a accompagné la plupart des grands musiciens camerounais en concert et en orchestre. Il et est affilié à la SACEM depuis 1976.


Comme chercheur, il est le pionnier dans l’enseignement du ŋgêmbà, sa langue maternelle dans laquelle il publie aussi beaucoup. Il enseigne le français, l’espagnol, le latin et l’anglais dont il était encore récemment Inspecteur Pédagogique Régional pour le Littoral camerounais. Gabriel DEEH SEGALLO produit des œuvres de création dans tous les genres et fait aussi de la critique littéraire. Co-fondateur avec Joseph TAGNE et Alex David LONGANG de la troupe théâtrale Les Anges de la Scène à Yaoundé dans les années 76, il fait aussi dans le théâtre et le cinéma. Comme acteur il a joué dans Ces femmes-là d’Adolphe Claude Mballa et dans Les Amours impériales de Marie Julie Nguetse. Comme écrivain, il est membre de plusieurs associations comme le CLA (Cercle de Littérature et des Arts), le Cercle Littéraire Affo Akkom, l’Association Nationale des Écrivains Camerounais… Il a publié des poèmes et des études critiques dans plusieurs revues, nationales et internationales.


Notable de son village, Gabriel DEEH SEGALLO est aussi depuis le 20 mai 2004, Chevalier du Mérite Camerounais.

 

 

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DU MÊME AUTEUR

 

Gabriel Deeh Segallo

 

RADIO-TROTTOIR
précédé de
IL ÉTAIT UNE FOIS…
(nouvelles)
Gabriel Deeh Segallo

Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2017, 114 pages.
ISBN 978-2-89612-532-6
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