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Les livres de Jean-Claude Dupuis, Ph.D.

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Un combat identitaire

L’Action française

de Montréal

(1917-1928)

ESSAI

Le Cardinal Taschereau

et le catholicisme libéral

(1820-1898)

Condensé - Thèse de doctorat

Le Siècle de

Mgr Bourget

(1840-1960)

Recueil d’essais sur l’histoire politico-religieuse du Québec

Au temps de

Jeune Nation

Les écrits polémiques

d'un contre-révolutionnaire tranquille

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AU TEMPS DE

JEUNE NATION

 

Les écrits polémiques

d'un contre-révolutionnaire tranquille

 

Jean-Claude Dupuis, Ph. D.

Histoire - Recueil de textes

Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2017, 298 pages.
ISBN 978-2-89612-528-9

 

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Au temps de Jeune Nation - Les écrits polémiques d'un contre-révolutionnaire tranquille,
Histoire, Jean-Claude Dupuis, Ph.D.,
Fondation littéraire Fleur de Lys.

 

 

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RÉSUMÉ & PRÉSENTATION

 

Au temps de Jeune Nation - Les écrits polémiques d'un contre-révolutionnaire tranquille,
Histoire, Jean-Claude Dupuis, Ph.D.,
Fondation littéraire Fleur de Lys.

 

 

RÉSUMÉ

 

Jean-Claude Dupuis a dirigé, de 1992 à 1995, les Cahiers de Jeune Nation, une publication qui se présentait comme la “revue de la droite nationale au Québec”. Le Cercle Jeune Nation voulait faire renaître l’école de pensée nationaliste canadienne-française du chanoine Lionel Groulx pour combattre les valeurs dominantes de la société québécoise contemporaine : l’individualisme libéral, l’étatisme social-démocrate, l’égalitarisme pédagogique, le relativisme moral et le multiculturalisme mondialisant. Ce petit groupe d’intellectuels marginaux et anticonformistes osait ramer à contre-courant en critiquant les paradigmes de la sacro-sainte Révolution tranquille. Il s’attaquait notamment au “nationalisme officiel” du Parti Québécois, qui commettait l’erreur de dissocier le projet indépendantiste du nationalisme identitaire canadien-français. Les organisations d’extrême-gauche et certains médias ont accusé Jeune Nation de “racisme” et de “fascisme”, par la tactique de l’amalgame, propre au néo-maccarthysme de la rectitude politique. L’Affaire Jeune Nation a soulevé un âpre débat au sein de la prestigieuse Ligue d’Action Nationale. En réalité, le Cercle Jeune Nation se composait surtout de nationalistes canadiens-français traditionnels, plus ou nostalgiques du Québec duplessiste. Mais les bien-pensants paraissaient déstabilisés par son discours à la fois conservateur et intelligent.


L’ancien directeur des Cahiers de Jeune Nation, qui se qualifie de “contre-révolutionnaire tranquille”, a rassemblé dans cet ouvrage ses écrits polémiques pour défendre et illustrer une certaine idée du Canada français : un nationalisme intégral fondé sur l’union de la foi catholique et de la culture classique française. L’auteur invite les Québécois à “reconstituer la plénitude de leur vie française” et à s’opposer à l’idéologie mondialiste, qui cherche à supprimer les patries pour instaurer une gouvernance planétaire de type orwellien. Le retour au réel par l’enracinement culturel pourrait libérer l’humanité de la tyrannie du matérialisme et du relativisme, qui prétend faire de nous des “esclaves heureux”.
 

 

 

 

PRÉSENTATION

 

Wikipédia décrit le Cercle Jeune Nation de la manière suivante : “Le Cercle Jeune Nation est un ancien groupe ultranationaliste du Québec, classé à l'extrême-droite selon des militants antifascistes. Il a été fondé en 1986. Le groupe est disparu en 1996. Le Cercle Jeune Nation se revendiquait de la droite dite nationale, dans une optique de défense de l'identité canadienne-française. Cercle de réflexion contre l'avortement, l'immigration de non-européens, anti-multiculturaliste, antimaçonnique, antilibéral, le Cercle s'inspirait à sa fondation des droites radicales européennes, autant par anticommunisme que par antilibéralisme .”


Les informations sont relativement exactes, bien que le texte soit court et péjoratif. Les références montrent que les auteurs de la notice se sont appuyés uniquement sur l’opinion des groupes d’extrême-gauche. Quelques années auparavant, Wikipédia avait publié un article beaucoup plus élaboré sur le même sujet. Le texte n’était certes pas favorable au nationalisme de droite, mais il présentait le Cercle Jeune Nation comme un mouvement intellectuel sérieux et articulé. J’étais plutôt satisfait de la manière dont il exposait mes propres idées politiques et religieuses. Mais Wikipédia a ensuite supprimé cet article, que je n’ai malheureusement pas sauvegardé, pour le remplacer par la brève notice citée plus haut. Certains collaborateurs de l’encyclopédie numérique, soi-disant “libre”, affirmaient que le seul fait d’exposer impartialement notre idéologie revenait à faire la “promotion de l’extrême-droite”.


En revanche, le chercheur Ivan Carel (UQAM) a publié dans le Bulletin d’histoire politique une étude succincte, mais plus professionnelle . Il conclut que les Cahiers de Jeune Nation ont réussi à “produire un discours certes non unifié mais globalement cohérent, et qui surtout offrait un espace respectable, jusque dans une certaine mesure, à différentes voies de la droite québécoise, mais aussi étrangère”.


Le discours de Jeune Nation avait irrité les bien-pensants dans les années 1990, et il semble encore agacer les dévots de la rectitude politique vingt-cinq ans plus tard, puis¬qu’ils veulent toujours le censurer. Comment se fait-il que les idées “réactionnaires” d’un obscur groupuscule de “pelleteux de nuages”, nostalgiques du Québec de la “grande noirceur duplessiste”, et sans aucune influence politique, aient pu soulever tant de controverse? C’est sans doute parce que l’image du Cercle Jeune Nation ne correspondait pas à celle du Cro-Magnon raciste et inculte que les organisations “antifascistes” veulent associer au nationalisme identitaire. Les moralistes de la rectitude politique sont déstabilisés par un discours qui est à la fois conservateur et intelligent.


Voyons plutôt la présentation officielle de notre organisation, qui apparaissait sur la page d’abonnement de la revue, que j’ai dirigée de sa fondation en 1992 jusqu'à sa disparition en 1995 :


“Le Cercle Jeune Nation est un mouvement d’action intellectuelle qui vise à définir et à promouvoir une pensée nationale canadienne-française fondée sur nos traditions politiques, culturelles et religieuses. Nous luttons contre l’idéologie mondialiste qui en¬tend détruire les particularismes nationaux, priver l’humanité des richesses de la diversité des peuples et des cultures, et créer un homo oeconomicus américanisé, uni¬forme, sans idéal social et spirituel. Les Cahiers de Jeune Nation publient des textes de réflexion politique, historique, culturelle et religieuse en accord avec les principes de la droite nationale.”


Les Cahiers de Jeune Nation avaient adopté la maxime suivante: “Notre doctrine, elle peut tenir tout entière en cette brève formule : nous voulons reconstituer la plénitude de notre vie française.” - Lionel Groulx, L’Action française, 1921.


Notre but était de redécouvrir l’authentique culture canadienne-française, qui avait été, à notre avis, profondément altérée par le libéralisme et le laïcisme de la Révolution tranquille. On nous a qualifiés à tort de “racistes” et de “fascistes”. Nous étions tout simplement des nationalistes fidèles à l’esprit de nos pères. Notre combat était une sorte de quête intérieure, la recherche de notre “âme collective”, une réponse contemporaine à ce que Lionel Groulx avait appelé, dans son célèbre roman, L’appel de la race . Nous n’avions aucune hostilité envers les étrangers. Nous faisions plutôt une critique radicale des valeurs du Québec “moderne et ouvert”, qui produisaient une sorte d’acculturation volontaire de la nation canadienne-française.


Le Cercle Jeune Nation n’a eu, bien sûr, aucun rayonnement politique. Mais il mérite néanmoins de figurer dans l’histoire intellectuelle du Québec parce qu’il a formé en son temps la seule école de pensée qui osait remettre en question le paradigme de la Révolution tranquille. J’ai donc cru utile de rassembler dans cet ouvrage mes écrits polémiques publiés dans les Cahiers de Jeune Nation, ainsi que dans quelques autres revues militantes.


L’étiquette de “contre-révolutionnaire tranquille” me convient bien; d’une part parce que je combats effectivement les valeurs de la Révolution tranquille : individualisme, matérialisme, laïcisme et multiculturalisme; d’autre part parce que je suis un homme plutôt tranquille, dans le sens que je n’aime pas l’agitation sociale, l’anarchie intellectuelle, la violence politique. Je suis instinctivement un défenseur de “la loi et de l’ordre”, mais également une sorte d’anticonformiste de droite, un “libre réactionnaire” à la manière de Léon Daudet. Parfois, je me demande si le Bon Dieu ne m’aurait pas fait la grâce de vivre dans une société libérale et laïque pour que je devienne, par réaction, un “catholique intégriste”. J’avoue qu’il y a peut-être un soupçon d’orgueil intellectuel dans mon cheminement. Mais les voies de la Providence sont impénétrables… Deo gratias!


Au Collège de l’Assomption, je soutenais dès mon secondaire IV (1977-1978), et au grand scandale de mon professeur d’histoire, que Maurice Duplessis avait été un excellent premier ministre. Au Cégep de Saint-Jérôme (1978-1980), je m’opposais aux élèves qui contestaient l’autorité des professeurs, je votais toujours contre les grèves étudiantes et je discutais vigoureusement avec les militants marxistes qui infestaient l’institution. Au département d’histoire de l’Université de Montréal (1980-1983), je me suis fait connaître, et détester, pour mes positions anticommunistes et reaganiennes. Je militais aussi dans le parti conservateur (1982-1985), où j’avais la réputation d’être un “Blue Tory”. J’ai finalement quitté le PC parce que Brian Mulroney me paraissait trop libéral. À la Faculté de droit (1984-1987), j’ai délaissé le néo-conservatisme à la Ronald Reagan pour m’aligner sur le nationalisme identitaire à la Jean-Marie Le Pen. À la même époque, la lecture de Charles Maurras me fit découvrir les erreurs philosophiques de la démocratie. Sa défense de la culture classique et de l’ordre catholique m’a ouvert les yeux sur la crise de la civilisation moderne : le problème remontait à la Révolution française de 1789, voire à la Réforme protestante de 1517. J’ai ensuite lu la Lettre ouverte aux catholiques perplexes de Mgr Marcel Lefebvre (1985). À ce moment, je n’avais pas encore la foi, mais j’avais été attiré par la réputation d’anticommunisme que les médias accolaient à Mgr Lefebvre. J’ai compris que le Concile Vatican II avait été une sorte de révolution libérale à l’intérieur de l’Église. C’est pourquoi le clergé catholique, qui était autrefois si conservateur, était devenu si progressiste. Je me suis alors dit que si je me convertissais un jour à la religion catholique, ce serait au catholicisme traditionnel, et non pas au catholicisme moderniste, qui se faisait l’écho de tous les slogans de gauche que j’abhorrais. J’ai finalement adhéré à la foi catholique en 1990, après avoir abandonné la profession d’avocat pour revenir à l’étude de l’histoire. Simple coïncidence ou signe du ciel?


À 30 ans, mes convictions étaient fixées. Je me suis alors engagé dans un militantisme intellectuel qui m’a fermé bien des portes sur le plan professionnel, mais qui m’a ouvert de vastes horizons sur le plan spirituel. Ce fut d’abord l’aventure des Cahiers de Jeune Nation, qui secoua au passage la vénérable Ligue d’Action nationale. Ce fut ensuite le Cercle d’étude des jeunes catholiques traditionalistes (CEJCT) de l’Université Laval, qui fit beaucoup de bruit sur le campus en dénonçant entre autre la “croisade du condom”. Ce sont maintenant les Journées québécoises du Christ-Roi (Fraternité Saint-Pie X), où l’on enseigne la doctrine sociale de l’Église fondée sur l’union du nationalisme et du catholicisme : “La langue gardienne de la foi.”


Mais la plus grande satisfaction de ma vie militante reste mes cours d’histoire. Quel plaisir que d’éveiller les âmes des adolescents aux grandeurs du passé. Le réflexe naturel de l’homme de droite, c’est de prendre le parti des Anciens contre les Modernes. L’Âge d’Or se trouve dans le passé, et non pas dans le présent ni dans l’avenir. Nous le savions depuis Hésiode et Homère. Le sombre Siècle des Lumières nous l’a fait oublier. Il faut redécouvrir cette vérité essentielle. On nous répondra sans doute qu’il est impossible de “revenir en arrière”. Voilà un argument qui démontre l’étroitesse de vue des progressistes. Il ne s’agit évidemment pas de faire revivre le passé, mais de s’inspirer du passé pour construire l’avenir, au lieu d’idolâtrer le présent pour pétrifier l’état de la société, avec toutes ses injustices et ses immoralités. L’histoire est le pire ennemi du totalitarisme.


Jésus-Christ était lui-même un “réactionnaire” puisqu’il voulait restaurer l’esprit de la Loi de Moïse, qui avait été défiguré par les “novateurs” de l’école pharisaïque. Mais il déclencha la plus grande révolution de tous les temps. La Vérité n’est donc ni de droite ni de gauche : elle est d’en Haut, comme l’indiquait le logo du Cercle Jeune Nation.
 

 

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SOMMAIRE

 

Au temps de Jeune Nation - Les écrits polémiques d'un contre-révolutionnaire tranquille,
Histoire, Jean-Claude Dupuis, Ph.D.,
Fondation littéraire Fleur de Lys.

 

 

RÉSUMÉ
 

SOMMAIRE
 

PRÉSENTATION
 

PARTIE I - AU TEMPS DE JEUNE NATION
 

PARTIE II - LES MOTS DU DIRECTEUR
 

LA RÉACTION NATIONALISTE
 

CRITIQUER LA RÉVOLUTION TRANQUILLE
 

LE RÉFÉRENDUM DE CHARLOTTETOWN
 

L’ANTICAPITALISME
 

LE POUVOIR DES BANQUES
 

L’ÉCOLOGISME TOTALITAIRE
 

LE SIDA ET JEAN-JACQUES
 

À PROPOS DE LUCIEN BOUCHARD
 

LA SCIENCE ÉCONOMIQUE
 

LE RÉFÉRENDUM SUR LA SOUVERAINETÉ
 

PRO-VIE ET PRO-MORT
 

LA FIN DES CAHIERS DE JEUNE NATION
 

PARTIE III - LE NATIONALISME INTÉGRAL
 

CHAPITRE 1 - LE RETOUR DE CITÉ LIBRE
 

CHAPITRE 2 - AMALGAMES D’ESTHER DELISLES
 

CHAPITRE 3 - RÉPONSE À FRANCINE PELLETIER
 

CHAPITRE 4 - -JEUNE NATION : LES HÉRITIERS DE LIONEL GROULX
 

CHAPITRE 5 - LE NATIONALISME DU CERCLE JEUNE NATION
 

CHAPITRE 6 - L’ACTION NATIONALE ET L’AFFAIRE JEUNE NATION
 

CHAPITRE 7 - LETTRE À L’ACTION NATIONALE
 

CHAPITRE 8 - BILAN DES CAHIERS DE JEUNE NATION
 

PARTIE IV - LA PRIMAUTÉ DU SPIRITUEL
 

CHAPITRE 9 - POLITIQUE ET RELIGION
 

CHAPITRE 10 - DIEU PREMIER SERVI
 

CHAPITRE 11 - GAUDIUM ET SPES
 

CHAPITRE 12 - -HISTOIRE DE LA FRATERNITÉ SAINT-PIE X
 

CHAPITRE 13 - -CHARITÉ BIEN ORDONNÉE…
 

PARTIE V - LES TRAVAUX ET LES JOURS
 

CHAPITRE 14 - RENÉ DE LA TOUR DU PIN ET LE CORPORATISME
 

CHAPITRE 15 - L’ACTION FRANÇAISE ET LE PROBLÈME ÉCONOMIQUE
 

CHAPITRE 16 - LE PÈRE FAHEY ET LE SYSTÈME FINANCIER
 

CHAPITRE 17 - L’ÉCONOMIE CHRÉTIENNE SELON TAPARELLI D’AZEGLIO
 

PARTIE VI - L’HISTOIRE MAÎTRESSE DE VIE
 

CHAPITRE 18 - L’HISTOIRE ET LA CONSCIENCE NATIONALE
 

CHAPITRE 19 - DOLLARD DES ORMEAUX
 

CHAPITRE 20 - D’IBERVILLE LE CONQUÉRANT
 

CHAPITRE 21 - MGR FRANÇOIS DE LAVAL
 

CHAPITRE 22 - MAURICE DUPLESSIS UN GRAND CATHOLIQUE
 

PARTIE VII - LE PROBLÈME CONSTITUTIONNEL
 

CHAPITRE 23 - UN VOTE STRATÉGIQUE POUR LE PARTI QUÉBÉCOIS?
 

CHAPITRE 24 - LE NON DE LA DROITE NATIONALE
 

CHAPITRE 25 - OUI MALGRÉ TOUT
 

PARTIE VIII - LA VOIX DE L’AMÉRIQUE
 

CHAPITRE 26 - LA MENACE SOVIÉTIQUE PENSER LA GUERRE NUCLÉAIRE
 

CHAPITRE 27 - OMBRE ROUGE EN AMÉRIQUE CENTRALE
 

CHAPITRE 28 - DONALD TRUMP VU DE DROITE
 

PARTIE IX - DES LIVRES ET DES IDÉES
 

LA DÉMOCRATIE CLÉRICALE
 

L’ACTION FAMILIALE ET SCOLAIRE
 

NOTRE-DAME DE FATIMA
 

LA MESSE LATINE
 

LE SAINT SUAIRE DE TURIN
 

LES TRADITIONALISTES À L’UNIVERSITÉ LAVAL
 

LE SIÈCLE DE L’ABBÉ GROULX
 

LE NATIONALISME ÉCONOMIQUE
 

LE DÉSORDRE ÉCONOMIQUE MONDIAL
 

UN ÉLOGE IMMÉRITÉ DU CAPITALISME
 

UN GUIDE POUR LES CHEFS D’ÉTAT
 

SA MAJESTÉ FÉLIX 1er DE CÔTE D’IVOIRE
 

LA CORRESPONDANCE DE LIONEL GROULX
 

LE LIBÉRALISME CANADIEN-FRANÇAIS
 

L’AUTRE VISAGE D’ISRAËL
 

LA GÉOPOLITIQUE AFRICAINE
 

JUAN CARLOS D’ESPAGNE
 

QUE PENSER DE PIERRE KARL PÉLADEAU?
 

UN REGARD FRANÇAIS SUR LE NATIONALISME QUÉBÉCOIS
 

AU SUJET DE L’AUTEUR
 

DU MÊME AUTEUR
 

COMMUNIQUER AVEC L’AUTEUR
 

TABLE DES MATIÈRES
 

ÉDITON ÉCOLOGIQUE

 

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EXTRAIT
 

Au temps de Jeune Nation - Les écrits polémiques d'un contre-révolutionnaire tranquille,
Histoire, Jean-Claude Dupuis, Ph.D.,
Fondation littéraire Fleur de Lys.

 

 

PARTIE I - AU TEMPS DE JEUNE NATION  (1992-1995)
 

Entretien avec Le Harfang
 

HARFANG : Il existe aujourd’hui très peu de sources parlant de l’aventure de Jeune Nation. Si l’extrême-gauche en donne une version biaisée, sur laquelle l’article de Wikipédia se base, il n’y a pas de source autre que les Cahiers du Cercle Jeune Nation, que l’on ne peut maintenant trouver qu’à la Bibliothèque nationale du Québec. Pourriez-vous nous dresser un portrait de ce qui fut une des principales organisations nationales de l’après Révolution tranquille?

 

C’est un peu excessif de qualifier le Cercle Jeune Nation de “l’une des principales organisations nationales de l’après Révolution tranquille”. C’était simplement un groupe d’une dizaine d’intellectuels qui publia, de 1992 à 1995, une revue trimestrielle photo­copiée de 44 pages, diffusée à une centaine d’exemplaires. Nous étions avant l’internet. Aujourd’hui, nous ferions un blog qui rejoindrait plus de lecteurs, mais qui n’aurait pas nécessairement plus d’influence. Cependant, il faut souligner que Jeune Nation était alors le seul mouvement qui se réclamait encore du nationalisme groulxien ou de ce que l’on appelait la “droite nationale”, une expression empruntée au Front national de Jean-Marie Le Pen.

 

Le Cercle Jeune Nation avait été fondé en 1986 par François Dumas et Rock Tousignant. Pendant quelques années, ils ont publié un bulletin militant de 8 pages. Ils avaient pris le nom d’un mouvement français d’extrême-droite qui avait été fondé en 1949 par d’anciens pétainistes, les frères Jacques et Pierre Sidos, et qui avait été interdit en 1958 dans le contexte de la Guerre d’Algérie. Jeune Nation France existe toujours sous forme de site internet. Dumas et Tousignant voulaient faire de l’action politique plutôt qu’intellectuelle. Ils avaient établi quelques contacts avec les jeunes du parti conservateur. J’avais d’ailleurs vaguement entendu parler de Jeune Nation au temps ou je militais dans le parti conservateur (ô folle jeunesse!). Ils avaient également des contacts avec le Ralliement provincial des parents catholiques du chanoine Achille Larouche et l’Action familiale et scolaire (France) d’Arnaud de Lassus. Je me souviens d’avoir assisté, en 1990, à une intéressante conférence de l’amiral Michel Berger (AFS) sur la crise du Koweït. Ce fut mon premier contact avec Jeune Nation.

 

En 1991, je faisais à l’Université de Montréal une maîtrise en histoire sous la direction de Pierre Trépanier. Mon sujet de recherche était Nationalisme et catholicisme : L’Action française de Montréal (1917-1928). Cette revue, dirigée par Lionel Groulx, avait été le fer de lance du nationalisme canadien-français dans l’entre-deux-guerres. Je voulais faire des Cahiers de Jeune Nation une sorte de nouvelle Action française. Mon enthousiasme de jeunesse aurait pu être modéré par la lecture de la fable de Lafontaine, La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Le Québec avait changé depuis les années 1920, et les collaborateurs des Cahiers Jeune Nation n’étaient pas du niveau de ceux de L’Action française. Mais au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Nous étions alors les seuls nationalistes à remettre en question la social-démocratie, le multiculturalisme et le laïcisme issus de la Révolution tranquille. Dans les années 1980, la revue L’Analyste avait fait quelques critiques intéressantes de l’État-Providence, mais d’un point de vue néolibéral plutôt que traditionaliste. Jeune Nation prenait le taureau par les cornes en disant clairement que le Québec de Maurice Duplessis était supérieur au Québec de René Lévesque, pour prendre des figures emblématiques.

 

Pierre Trépanier m’a présenté les gars de Jeune Nation : François Dumas, Rock Tousignant et Gilbert Gendron. Mes amis du département d’histoire, Jacques Léonard et Sylvain Boudreault, assistaient également à la rencontre. Nous avons immédiatement sympathisé. Nos divergences idéologiques n’apparaîtront que plus tard. Trépanier voulait fonder une revue de droite sous le nom de “Doctrines”. J’ai suggéré de l’appeler plutôt “Jeune Nation” pour obtenir la collaboration des trois gars, qui étaient remarquablement cultivés et brillants. Le truc a marché. François Dumas restait le président du Cercle, et moi je devenais le directeur de la revue. Nous l’avons baptisée “Cahiers de Jeune Nation” pour lui donner une allure plus “académique”. À vrai dire, je n’aimais pas vraiment le nom de “Jeune Nation”. À mes oreilles, ça sonnait trop français et trop fasciste. Ça me rappelait les mouvements libéraux du XIXe siècle, comme Jeune-Italie ou Jeune-Turc, voire le Jeune-Canada du traître André Laurendeau dans les années 1930. J’aurais préféré un titre qui nous aurait davantage rattachés au natio­nalisme canadien-français traditionnel. Néanmoins, j’ai proposé de garder ce nom pour unir nos forces, et en me disant que le titre n’était pas le contenu. L’Action française de Lionel Groulx portait le même nom que le journal de Charles Maurras, sans être ni royaliste ni positiviste. Je me suis donc rallié au nom de Jeune Nation, même si les frères Sidos ne me disaient absolument rien. J’ai pris ma revanche en faisant adopter, comme devise de la revue, une citation de Lionel Groulx : “Notre doctrine, elle peut tenir tout entière en cette brève formule : nous voulons reconstituer la plénitude de notre vie française.” L’idée maîtresse des Cahiers de Jeune Nation, c’était que le Québec avait été dénationalisé par la Révolution tranquille, que les Canadiens français avaient été assimilés par l’intérieur, américanisés par l’idéologie libérale. Il fallait, et il faut encore, reconstruire notre identité nationale, redécouvrir notre authentique personnalité collective. Le Cercle Jeune Nation employait le terme “Canadien français” au lieu de “Québécois”. Ça résumait notre vision identitaire. Mais ce fut mal compris par certains groupes nationalistes, comme le Mouvement pour une immigration restreinte et francophone (MIREF) et le Comité pour le réveil indépendantiste (CRI).

 

HARFANG : Jeune Nation rassemblait des gens représentant plusieurs tendances, que ce soit au plan religieux (traditionalistes et catholiques dits culturels), politique (certains ont appuyé le NON, d’autres le OUI au référendum de 1995). Qu’est-ce qui unissait les membres du Cercle?

 

Le terrain commun, qui ne fut jamais discuté, c’était la nation canadienne-française. Nous voulions défendre le peuple qui avait colonisé la vallée du Saint-Laurent au temps de la Nouvelle-France et qui luttait pour sa survivance depuis la Conquête anglaise. Les idéologies que nous entendions combattre étaient la social-démocratie à la suédoise du Parti québécois et le néolibéralisme à l’américaine du Parti libéral. Nous rejetions également le multiculturalisme et “l’immigration-invasion”. Nous étions tous en faveur de l’indépendance du Québec, à l’exception de Gilbert Gendron.

 

Cependant, il n’y avait pas une parfaite unité entre nous. Il y eut, bien sûr, des conflits de personnalités, comme dans toute organisation : c’est humain, trop humain, disait Nietzsche. Mais c’est surtout la question religieuse qui nous divisait. Nous avions tous de l’admiration pour le Canada français catholique d’autrefois, mais nous ne voulions pas tous rétablir dans le présent l’union de la langue et de la foi. En outre, une divergence d’ordre “stratégique” se profilait derrière la question religieuse. Le Cercle Jeune Nation devait-il privilégier l’action politique ou l’action intellectuelle? Rock Tousi­gnant appelait cela le conflit entre les “politiques” et les “religieux”. L’expression vaut ce qu’elle vaut, mais je peux l’accepter.

 

Pierre Trépanier était, à mon avis, un libéral conservateur plutôt qu’un véritable contre-révolutionnaire. C’était un nostalgique du duplessisme, mais il ne croyait ni possible ni souhaitable de revenir à une société intégralement catholique. Trépanier avait la foi, mais sa vision du monde restait marquée par un certain scepticisme voltairien. Il se disait sincèrement démocrate. C’était en quelque sorte un démocrate-chrétien de tendance conservatrice, comme il y en eut beaucoup entre 1930 et 1960. Il restait imprégné par le substrat idéologique qui avait préparé, plus ou moins consciemment, la Révolution tranquille. Il se moquait de mon intégrisme catholique.

 

L’article de Pierre Trépanier, Une doctrine pour la droite?, qui parut dans le premier numéro des Cahiers de Jeune Nation, souleva une tempête médiatique à cause d’une phrase : “Le Front national de Jean-Marie Le Pen fournit un modèle à imiter.” Jeune Nation subit alors un lynchage médiatique en règle, comme tous ceux qui osent contester la rectitude politique. L’Affaire Trépanier nous a fait connaître, mais à quel prix! Trépanier a été démis de sa fonction de directeur de la prestigieuse Revue d’histoire de l’Amérique française et il a été “brûlé” dans le milieu universitaire, tout comme moi d’ailleurs. Jeune Nation fut étiquetée “extrême-droite”, et plus personne ne s’intéressa à notre discours, en dehors des milieux, fort restreints, qui résistaient encore à l’esprit de la Révolution tranquille.

 

Le professeur Trépanier n’a jamais écrit d’autres articles dans les Cahiers de Jeune Nation. Il a quitté soudainement le Cercle, en 1993, pour d’obscures raisons personnelles. Je pense qu’il voulait être considéré comme le “maître à penser” du groupe. Mais chacun d’entre nous avait déjà des idées bien arrêtées. Nous n’avions nul besoin de maître à penser. En pratique, c’était plutôt mon leadership qui s’imposait. J’ai le sens de l’organisation, ce qui est rare pour un intellectuel. J’avais démontré cette qualité lorsque je militais au parti conservateur (1982-1985). Mon discours était plus radical, et donc plus mobilisant que celui de Trépanier. Le Cercle Jeune Nation semblait être devenu “mon” affaire, ce qui déplut non seulement à Pierre Trépanier, mais aussi aux fondateurs du groupe, François Dumas et Rock Tousignant. Les querelles de “chefs-singes” divi­sent trop souvent les mouvements politiques, et surtout les groupuscules radicaux, de droite ou de gauche, qui ne peuvent aspirer à prendre le pouvoir et à se consoler par le patronage.

 

Par ailleurs, je dois avouer que je n’avais pas toujours la diplomatie requise dans les rapports avec mes collaborateurs. Ma personnalité cassante a pu en froisser plus d’un. On me trouvait trop autoritaire. Les gens de droite sont curieux. Ils pourfendent la démocratie, tout en restant foncièrement démocrates. On me reprochait de prendre des décisions sans convoquer de réunions formelles, après avoir simplement consulté les membres par téléphone. Je ne respectais, disait-on, ni la lettre ni l’esprit des statuts du Cercle. Il aurait fallu délibérer, voter, trouver un consensus. La mentalité démocratique nous imprègne jusqu’à la moelle.

 

François Dumas était, lui aussi, un conservateur plutôt qu’un réactionnaire. C’était un catholique pratiquant qui préférait, avec raison, la messe de rite byzantin à l’insipide messe moderne. Mais sa critique de l’Église postconciliaire manquait de profondeur. Il condamnait la Révolution tranquille, sans comprendre que cette dernière n’était que l’application québécoise du Concile Vatican II. Il combattait l’effet sans remonter à la cause. Il admettait le principe de la séparation entre l’Église et l’État. Par conviction ou par opportunisme? Je ne sais pas. Au fond, il rêvait d’un engagement politique concret, de type électoral. Il aurait aimé que le Cercle Jeune Nation devienne le laboratoire d’idées (Think Tank) d’une imaginaire “aile droite” du Parti québécois. Il ne s’opposait pas foncièrement à mon discours catholique, mais il craignait qu’il ne nous marginalise trop pour que l’on puisse exercer la moindre influence où que ce soit. Il était laïciste par opportunisme politique; un opportunisme qui ne me semblait pas très opportun puisque nous étions déjà irrévocablement marginalisés à cause de notre discours sur l’immigration.

 

Rock Tousignant avait les idées plus claires, et à ce titre je crois qu’il a été mon principal “adversaire” au sein du Cercle Jeune Nation. Sur le plan religieux, il était athée ou du moins agnostique. Il respectait l’héritage patrimonial de l’Église catholique, mais sans plus : le curé au musée. Sur le plan politique, je le qualifiais de “fasciste de gauche”, et il ne récusait pas l’étiquette. Il se présentait comme la “conscience ouvrière” de Jeune Nation. À cette époque, il travaillait dans une usine. Il s’intéressait à l’histoire de tous les groupuscules européens d’extrême-droite. Je me demande s’il n’était pas au fond un peu anarchiste, un passionné de la révolution, qu’elle soit de droite ou de gauche, ou mieux encore ni de droite ni de gauche, suivant l’expression de Zeev Sternhell. Tousignant était résolument “moderne”, à la manière des fascistes des années 1930. Il n’était pas, comme moi, un “passéiste”, nostalgique de l’Ancien Régime. C’était surtout un activiste qui rêvait de fonder un parti politique.

 

Gilbert Gendron était un catholique traditionaliste qui assistait à la messe latine à l’église Sainte-Cunégonde, à Montréal. Il ne se faisait pas d’illusions sur nos possibilités d’action politique, mais c’était, lui aussi, un activiste plutôt qu’un intellectuel. Il se démarquait des autres membres du Cercle par son option fédéraliste. Il n’a jamais vraiment exposé ses motifs, sans doute parce qu’il était seul de son camp. Il estimait que le problème de la dénatalité était plus pressant que celui du statut constitutionnel du Québec, et je ne saurais lui donner tort sur ce point. Il était parfaitement bilingue et il avait plusieurs contacts au Canada anglais. C’était certes un défenseur de la langue française, mais son nationalisme ressemblait un peu à celui d’Henri Bourassa. Gendron m’a soutenu lorsque Dumas et Tousignant ont explosé à cause d’un texte que j’avais écrit au sujet des apparitions mariales de Fatima. Il estimait qu’un article purement religieux pouvait avoir sa place dans les Cahiers de Jeune Nation, contrairement aux deux autres qui trouvaient cela trop bigot.

 

François Dumas et Roch Tousignant ont d’ailleurs présenté leur démission, en octobre 1994, après la publication de cet article sur Notre-Dame de Fatima. “Ton fils sera un signe de contradiction”, disait le vieillard Siméon. Ce fut le cas pour le Cercle Jeune Nation. Les démissionnaires affirmaient que “la ligne réactionnaire et contre-révolutionnaire, à peine épurée de ses archaïsmes historiques”, que je représentais, était incompatible avec le “nationalisme moderne”, qu’ils représentaient. “L’œcuménisme de droite”, qui avait théoriquement présidé à la fondation du Cercle Jeune Nation, devait donc se comprendre ainsi : les catholiques pouvaient soutenir un mouvement nationaliste, mais pas le diriger.

 

Tous les autres membres du Cercle on appuyé ma position. Sylvain Boudreault, Jacques Léonard, Gilbert Gendron, Martin Langevin, Pierre Saint-Ours et Jean Santerre étaient tous catholiques, avec une tendance “guénonienne” pour Santerre. Ils étaient d’accord avec moi sur le fait que nous n’avions pas les moyens de mener une action politique concrète, et que nous devions, en conséquence, nous contenter de faire une action intellectuelle en défendant la pure vérité, sans tenir compte de la moindre “stratégie”. La vérité était notre seule arme, et nous n’avions aucun intérêt à l’émousser. Les Cahiers de Jeune Nation n’étaient pas fermés aux non-catholiques, mais les non-catholiques ne devaient pas demander aux catholiques de taire leurs convictions religieuses, d’autant plus qu’ils étaient maintenant minoritaires dans le groupe.

 

Cependant, je dois souligner que les catholiques du Cercle Jeune Nation n’ont pas approuvé mon adhésion, vers 1993, à la Fraternité Saint-Pie X, fondée par Mgr Marcel Lefebvre. Je consacrais beaucoup de temps au Cercle d’étude des jeunes catholiques traditionalistes (CEJCT) de l’Université Laval, où je faisais ma thèse de doctorat. Je ne me désintéressais pas de Jeune Nation, mais je commençais à m’orienter ailleurs, à passer à une autre étape de ma vie intellectuelle et militante. Mon évolution n’a pas soulevé de débat entre nous, mais elle a fait en sorte que je me suis senti un peu isolé dans le groupe que je dirigeais. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé, en accord avec les autres membres, de cesser la publication des Cahiers de Jeune Nation, en septembre 1995. Mais la principale raison, c’était surtout la fatigue du directeur et de toute l’équipe.

 

HARFANG : Quels étaient les objectifs et les actions du Cercle Jeune Nation?

 

Les divergences d’opinion entre les membres du Cercle Jeune Nation ne nous ont pas empêchés de produire un travail remarquable pendant trois années. Nous avions malgré tout plus d’affinités que d’oppositions. Nos discussions étaient conviviales et d’un niveau élevé. J’ai gardé un bon souvenir de cette époque d’intense vie intellec­tuelle. Nous refaisions le monde autour d’un bon pichet de bière, et parfois deux ou plus! Un jour, François Dumas nous fit remarquer qu’à notre époque, une telle liberté de pensée ne se voyait qu’à droite, et il avait raison. Je n’ai jamais retrouvé par la suite un pareil groupe d’amis, capables de critiquer aussi profondément l’idéologie dominante de la société contemporaine. Une fois, nous avons soupé avec le philosophe français Claude Polin à la Taverne Magnan, la seule taverne de Montréal qui était encore réservée aux hommes : ce qui n’était pas politiquement très correct. Polin avait été impressionné par la qualité de notre discours. On tenait bien la route.

 

L’objectif du Cercle Jeune Nation était de “former, informer et regrouper”, pour reprendre l’expression de nos statuts. Nous voulions préparer le terrain intellectuel d’un futur parti politique de droite, dans le style du Front national. Mais j’envisageais cette préparation sous une forme plus doctrinale, moins immédiatement militante. Il fallait élaborer une “pensée nationale”, redécouvrir les fondements de notre identité collective, appliquer au Québec d’aujourd’hui les principes du nationalisme canadien-français traditionnel. Il s’agissait finalement d’actualiser la doctrine groulxiste, de moderniser le discours de L’Action française. Pas besoin de réinventer la roue ou de concevoir une cité utopique. Il suffisait de rappeler et de répéter les vérités politiques intangibles, mais en les situant dans le contexte actuel avec un langage contemporain.

 

La revue, les conférences et les rencontres personnelles ont été nos moyens d’action. Malgré nos efforts, nous n’avons jamais réussi à percer le mur médiatique. Les journalistes parlaient parfois de nous, mais pour nous utiliser comme repoussoir plutôt que pour rapporter nos prises de position. C’était la méthode habituelle de l’amalgame avec d’autres groupuscules comme le Ku Klux Klan, les Skin Head ou les néo-nazis. Je me souviens d’un journaliste de Radio-Canada qui avait laissé entendre que nous encoura­gions les jeunes à commettre des actes criminels. Quel manque de professionnalisme! Et l’on ne nous donnait jamais la parole. Vers 2000, un recherchiste de l’ONF m’a téléphoné pour une entrevue dans le cadre d’un film consacré à l’extrême-droite au Québec. J’ai refusé de participer à ce montage de propagande gauchiste. Le réalisateur de ce pseudo-documentaire aurait été trop heureux de m’instrumentaliser pour mettre un “visage” sur le “fascisme québécois”. Il ne faut s’attendre à aucune honnêteté de la part des journalistes, un point c’est tout. Évitons de tomber dans leurs pièges.

 

Les meilleurs textes des Cahiers de Jeune Nation ont sans doute été notre dossier sur l’économie (septembre 1994) et nos analyses des référendums de 1992 sur l’Accord de Charlottetown (Le NON de la droite nationale) et de 1995 sur la souveraineté-partenariat (OUI malgré tout). Le grand économiste François-Albert Angers (1909-2003) nous a fait l’honneur de participer à notre séminaire sur la pensée économique d’Esdras Minville (1896-1975). Il voyait en Jeune Nation les dignes successeurs du combat natio­naliste qu’il avait lui-même mené depuis les années 1930. Nous avons organisé plusieurs activités en collaboration avec le Centre d’Information nationale Robert Rumilly du chanoine Larouche, le Cercle d’étude des jeunes catholiques traditionalistes de l’abbé Keith Roscoe (Fraternité Saint-Pie X) et L’Action familiale et scolaire d’Arnaud de Lassus. Je garde un souvenir impérissable du baron de Lassus, grand catholique et grand patriote de la Vieille France. Il fut pour moi un véritable “maître à penser”. Le profes­seur Dimitri Kitsikis (Université d’Ottawa) a accepté de nous faire une conférence sur le nationalisme, sans craindre les réactions hystériques du milieu universitaire. Nous avons publié les articles de quelques prestigieux collaborateurs comme Thomas Molnar (Uni­versité de Budapest), Jean-Pierre Brancourt (Université de Tours), Claude Polin (Univer­sité Paris IV-Sorbonne) et l’abbé Benoît Lemaire (Cégep de Drummondville).


 

 

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Histoire, Jean-Claude Dupuis, Ph.D.,
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AU SUJET DE L'AUTEUR - BIOGRAPHIE
 

Jean-Claude Dupuis, Ph.D.

 

 

Né en 1961, Jean-Claude Dupuis a étudié au Collège de L’Assomption, au Cégep de Saint-Jérôme, à l’Université de Montréal et à l’Université Laval. Diplômé en histoire, en droit et en pédagogie, il fut procureur de la couronne pendant quelques années avant de faire une maîtrise sur L’Action française de Montréal (1917-1928), sous la direction de Pierre Trépanier, et un doctorat sur Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau et le catholicisme libéral au Canada français (1820-1898), sous la codirection de Brigitte Caulier et Nive Voisine. Spécialisé en histoire intellectuelle et religieuse du Québec des XIXe et XXe siècles, boursier du Fonds FCAR et du CRSHC, il a présenté plusieurs communications dans les sociétés savantes et publié des articles dans diverses revues, notamment la Revue d’histoire de l’Amérique française, L’Action nationale, Études d’histoire religieuse et Le Sel de la Terre. Il a remporté le Prix Guy-Frégault (1994), décerné par l’Institut d’histoire de l’Amérique française, pour son article sur “La pensée économique de L’Action française”. Il enseigne présentement l’histoire et la géographie, ainsi que l’éthique et culture religieuse à l’École Sainte-Famille (Lévis), une institution catholique traditionnelle liée à la Fraternité Saint-Pie X. Se considérant comme un héritier du nationalisme groulxien, il n’hésite pas à critiquer le bilan de la Révolution tranquille et les valeurs matérialistes du Québec contemporain. En accord avec la doctrine sociale de l’Église, il prône un humanisme chrétien fondé sur l’enracinement national et communautaire dans un esprit d’ouverture aux différenciations culturelles. En tant qu’historien catholique, il entend défendre la mémoire de l’Église, qui est si malhonnêtement discréditée par un certain anticléricalisme médiatique. Résolument hostile au modernisme de Vatican II, il pense qu’il faut “tout instaurer dans le Christ”, suivant le mot du pape saint Pie X (Omnia instaurare in Christo).

 

 

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DU MÊME AUTEUR - BIBLIOGRAPHIE
 

Jean-Claude Dupuis, Ph.D.

 

 

Ouvrages numériques


 

Le Siècle de Mgr Bourget. Recueil d’essais sur l’histoire politico-religieuse du Québec, Lévis (Québec), Fondation littéraire Fleur de Lys, 2016, 492 p. Téléchargement gratuit.


http://manuscritdepot.com/a.jean-claude-dupuis.3.htm


 

Le cardinal Taschereau et le catholicisme libéral (1820-1898), condensé de thèse de doctorat, Lévis (Québec), Fondation littéraire Fleur de Lys, 2014, 316 p. Téléchargement gratuit.


http://www.manuscritdepot.com/a.jean-claude-dupuis.2.htm


 

Un combat identitaire: L’Action française de Montréal (1917-1928), Lévis (Québec), Fondation littéraire Fleur de Lys, 2013, 118 p. Téléchargement gratuit.


http://www.manuscritdepot.com/a.jean-claude-dupuis.1.htm#suivi


Thèse et mémoire

“Histoire de la Ligue: le nationalisme de L’Action française”, L’Action nationale, vol. 82, no 2 (février 1992), p. 229-234.

“Histoire de la Ligue: nationalisme et catholicisme”, L’Action nationale, vol. 82, no 4 (avril 1992), p. 526-532.

“Histoire de la survivance canadienne-française”, Civitas, no 34 (décembre 2009), p. 47-51.

“Lionel Groulx (1878-1967) et le combat identitaire canadien-français”, Civitas, no 38 (janvier 2011), p. 61-65.

“Entrevue : Le Québec en crise d’identité”, L’Action française 2000, no 2875, 5-18 décembre 2013, p. 16.

“Entrevue : La pensée du chanoine Groulx”, Le Harfang, magazine de la Fédération des Québécois de souche, décembre 2013-janvier 2014, p. 9-12.

“Entrevue : La pensée politique de l’abbé Groulx”, Présent (France), 6 février 2016, p. 6-7.

“Entrevue : Au temps de Jeune Nation”, Le Harfang, magazine de la Fédération des Québécois de souche, vol. 6, no 4, août-septembre 2016, p. 13-18.

Articles numériques

“Que penser de Pierre Karl Péladeau?”, Blogue Tradition Québec, 17 février 2015.

“Le chanoine Lionel Groulx et le combat identitaire canadien-français”, Blogue Tradition Québec, 23 mars 2015.

http://www.tradition-quebec.ca/2015/03/le-chanoine-lionel-groulx-et-le-combat.html

“Donald Trump vu de droite”, Blogue Tradition Québec, 15 novembre 2016.

Conférences vidéo en ligne sur You Tube

Les Patriotes de 1837 et le nationalisme canadien-français, 11 avril 2015.

https://www.youtube.com/watch?v=hBm-pEzgUhs&feature=youtu.be

La Révolution tranquille et la destruction de la société canadienne-française, 15 mai 2015.

Le Christ-Roi dans l’histoire du Québec, 5 septembre 2015. Lien

Libéralisme et antichristianisme, 5 septembre 2015.

Qu’est-ce qu’un Canadien français?, 21 novembre 2015.

Dollard des Ormeaux, 23 mai 2016.

Charles Maurras : Nationalisme et monarchie, 18 juin 2016. Lien

Entrevue sur Duplessis avec Louis Champagne, CKAJ Saguenay, 23 août 2016.

Maurice Duplessis : grande noirceur ou âge d’or du Québec?, 29 août 2016.

L’épopée de Ville-Marie, 8 octobre 2016.

Le cardinal Léger: de l’Église triomphante à l’apostasie tranquille, 9 octobre 2016.

Conférences sur DVD et CD en vente aux Éditions Nova Francia :

http://leseditionsnovafrancia.ca/content/3-notre-maison-d-edition

DVD : Journées québécoises du Christ-Roi 2015 (Québec) et 2016 (Longueuil).

DVD : Dollard des Ormeaux – Révolution tranquille – Qu’est-ce qu’un Canadien français?

CD : Histoire du Canada français, série de 10 conférences, 1997-1998.

 

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Jean-Claude Dupuis, Ph.D.

 

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Adresse de courrier électronique: jeanclaude.dupuis.1660@sympatico.ca

 

Nouvelle adresse électronique à compte du jeudi 7 novembre 2013 :

 

jeanclaudedupuis@videotron.ca

 

 

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