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Apprentissage 1938-1970, Joseph Pestieau

Autobiographie, Fondation littéraire Fleur de Lys, Lévis, Québec, 2012, 342 pages.

ISBN 978-2-89612-416-9

 

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Apprentissage 1938-1970, Joseph Pestieau, autobiographie,

Fondation littéraire Fleur de Lys

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PRÉSENTATION

 

Apprentissage 1938-1970, Joseph Pestieau, autobiographie,

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

L'auteur travaille aux confins de l'anthropologie sociale, de la philosophie et de la politique. Dans ce livre, il raconte l'histoire de ses premières années au sein d'une famille originale et nombreuse, il se remémore sa découverte du monde et ses nombreux apprentissages, il souligne la solidarité qui l'unissait à ses parents et à ses frères et sœurs.

 

 

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TABLE DES MATIÈRES

 

Apprentissage 1938-1970, Joseph Pestieau, autobiographie,

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Introduction
1 Maman, grands-mères et compagnie
2 La famille durant la guerre
3 Sœurs et frères – I
4 L’école et le catéchisme
5 Une rivalité de 60 ans
6 Turpitudes et cocasseries d’une éducation sexuelle
7 Bonne-Espérance
8 La ferme paternelle
9 L’Institut supérieur de philosophie et la découverte du monde
10 Caroline
11 Saint-Laurent et la Révolution tranquille
12 Sœurs et frères – II
13 Nos parents
14 Gasconnades
Tableaux généalogiques
Album de photographies
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EXTRAIT
 

Apprentissage 1938-1970, Joseph Pestieau, autobiographie,

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

INTRODUCTION

 

Ce livre est né à la suite d’un autre qui décrit le village de Froidchapelle durant la première moitié du XXe siècle et raconte l’histoire de la maisonnée de mes grands-parents maternels au sein de ce village[1]. C’est dans celui-ci que j’ai grandi et commencé à découvrir le monde. Dans les pages qui suivent, je raconte mes trente deux premières années, celles de mes études et apprentissages. J’insiste particulièrement sur celles que j’ai partagées avec mes frères et sœurs. Nous n’avons pas seulement vécu ensemble, nous avons vécu les uns pour les autres. La concorde n’était pas parfaite entre nous, loin de là, nous avions de fortes têtes et n’étions pas accommodants les uns avec les autres, mais nous étions liés par une espèce d’orgueil tribal et notre insertion dans les entreprises familiales. Il y avait la ferme que dirigeait notre père, dont nous vivions et dans laquelle ont travaillé les garçons. Il y avait les tâches ménagères auxquelles les filles collaboraient. Nous contribuions sans rechigner, dans la mesure de nos forces et de nos compétences, à ce qui nous apparaissait des travaux nécessaires à notre bien-être commun. Les aînés, et surtout la sœur aînée, ont pris soin des cadets ; très tôt, les plus grands comprenaient qu’ils avaient des responsabilités vis-à-vis des plus petits ; ils les chérissaient, mais les disciplinaient sans hésitation. Nous partagions naturellement les préoccupations et les projets de nos parents, nous collaborions volontiers dans les tâches requises de nous, ce qui ne nous empêchait nullement de cultiver un individualisme farouche et de soutenir des opinions opposées. Notre père nous imposait une discipline rigoureuse et incontournable ; elle nous pesait, mais nous paraissait fonctionnelle et justifiée. Elle assurait l’ordre de la famille à laquelle nous appartenions et nous nous identifiions. Nous y trouvions amour, réconfort et des devoirs qui allaient de soi. Nous avons accompli des tâches adaptées à nos âges, qui semblaient découler de l’affection et de l’esprit de corps qui unissaient la famille. Nos vies prenaient valeur et sens dans ces tâches. Cette expérience d’enfance semble nous avoir mené plus tard à adopter des perspectives tiers-mondistes et de gauche, comme si la solidarité familiale s’était élargie à l’humanité. Ces propos peuvent sembler grandiloquents, ils expriment pourtant une évolution que nous avons suivie tout naturellement et que favorisaient les idées politiques de l’époque.

 

Mes frères, mes sœurs et moi, nous avons été influencés par un idéal de fraternité internationale, par la contestation généralisée qui culmina en 1968, par la critique de l’impérialisme ou du néocolonialisme. Nous voulions refaire le monde et rien ne nous semblait impossible. Nous avons aussi profité de la croissance économique qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale, nous avons bénéficié de l’accès aux études qui était encore une nouveauté à cette période. Nous avons eu de la chance d’autant plus que les études menaient alors facilement à un emploi. Nous n’avons pas la foi religieuse de nos parents, nous ne vivons plus comme eux dans un milieu rural, mais nous partageons leurs exigences morales et leur volonté de mener une vie à la fois sensée et cohérente. Nous sommes bien leurs héritiers à cet égard et notre mère a vécu assez longtemps pour le comprendre et s’en réjouir.

 

En écrivant ces mémoires, je me méfie évidemment des transformations que le souvenir fait subir au passé, des enjolivements, justifications et rationalisations qu’il lui ajoute subrepticement. Nous reconstruisons sans cesse notre histoire en fonction de nos valeurs ou de nos intérêts actuels, en fonction de ce que nous devenons ou voulons devenir. C’est inévitable, il faut le reconnaître et en tenir compte autant que possible. Il faut aussi accepter que chacun au sein d’une même famille cultive ses propres souvenirs et qu’ils ne concordent pas nécessairement avec ceux des autres. La reconstruction de notre histoire n’est cependant pas que déformation et falsification, elle est aussi découverte, mise en perspective nouvelle parce que nous mûrissons, parce que nous pouvons voir les choses autrement ou avec les yeux des autres. Parlant du récit que fait et refait sa mère du déménagement de ses parents dans l’Ouest canadien, Gabrielle Roy écrit ce qui suit.

 

Ce vieux thème de l’arrivée des grands-parents dans l’Ouest, ç’avait donc été pour ma mère une sorte de canevas où elle avait travaillé toute sa vie comme on travaille à une tapisserie (…). En sorte que l’histoire varia, grandit et se compliqua à mesure que la conteuse prenait de l’âge et du recul. Maintenant, quand ma mère la racontait encore, je reconnaissais à peine la belle histoire de jadis qui avait enchanté mon enfance ; les personnages étaient les mêmes, la route était la même, et cependant plus rien n’était comme autrefois.

 

Quelquefois, nous l’interrompions :

 

– Mais ce détail ne figurait pas dans tes premières versions. Ce détail est nouveau, disions-nous avec une pointe de dépit, peut-être, tant nous aurions tenu, j’imagine, à ce que le passé du moins demeurât immuable. Car si lui aussi se mettait à changer !...

– Mais justement il change à mesure que nous-mêmes changeons, disait maman[2].

 

Le temps crée une distance qui nous permet de mieux comprendre le passé. Enfant, j’avais parfois l’impression d’appartenir à un clan élu par Dieu pour donner au monde un exemple de rectitude morale. Cette impression se confondait avec un sens prononcé du devoir, mais entraînait aussi une irrépressible envie de ruer dans les brancards. Je me devais d’être à la hauteur d’une destinée manifeste, celle de ma famille, mais aussi d’être un diable pour secouer un tel fardeau. Si je devais m’en charger, ce ne serait qu’à mes propres conditions. Je faisais donc l’ange et la bête, des tours pendables et de beaux gestes, ce qui provoquait la perplexité des adultes. J’étais à la fois fier et embarrassé de l’ambition morale de mes parents, de celle qu’ils avaient pour moi comme pour eux. Ils me paraissaient détonner au sein du village et cela me pesait parfois parce que je voulais être accepté par mes compagnons d’école comme un des leurs. Il me fallut beaucoup de temps pour prendre la mesure du rigorisme familial, m’apercevoir qu’il n’était pas extraordinaire, gagner une certaine liberté à son endroit et en reprendre une partie à mon compte. Le recul des années entraîne l’oubli ou la transformation de ce que nous nous rappelons, mais il favorise aussi la sagesse, la pondération et une certaine objectivité. Cependant, dans les pages qui suivent, je ne veux pas seulement tracer un tableau du passé qui soit objectif et impersonnel, je veux aussi retrouver le garçon que je fus, ni sage ni pondéré, à la fois honoré de faire partie des justes et à l’étroit dans leur compagnie. Découvrir le passé, c’est aussi découvrir comment il fut vécu subjectivement.

 

Si la mémoire est habitée par l’oubli et les modifications, ne risque-t-on pas de faire une trop grande place à l’imagination alors qu’on prétend se souvenir ? Toute tentative de raconter son passé ne tourne-t-elle pas à l’affabulation ?

 

(…) Celui qui se souvient, qui se souvient de soi, en est réduit à reconstituer un roman, son propre roman, à partir des débris dépareillés du passé, acceptant l’invérifiable hypothèse qu’une intrigue doit pourtant exister qui unit tous ces moments et les intègre à la cohérence d’un récit à peu près suivi et sensé, prêtant sa psychologie présente, pour autant qu’il est capable d’en savoir quoi que ce soit, au personnage qu’il a été autrefois et dont il ne connaît plus rien. Et dès lors, le roman se lit fatalement à l’envers puisque ce sont les dernières pages à l’aide desquelles on invente les premières, donnant un tour mélancolique à l’histoire car, ainsi qu’on s’en avise alors, c’est toujours par la fin qu’en fait elle commence.[3]

 

Ce texte suggère à tout le moins qu’il faut se méfier des reconstructions de la mémoire. Il faut les vérifier et les comparer aux reconstructions de la mémoire des autres si possible. La divergence entre les souvenirs de différentes personnes et la confrontation entre ces souvenirs peuvent raviver une mémoire défaillante ou l’inciter à la prudence. Ce texte soulève aussi une question plus large. Ce n’est pas seulement le passé qui est menacé de s’émietter. Toute existence peut n’être qu’un amas de moments épars ou de débris dépareillés si elle ne se définit pas et ne se rassemble pas dans des projets, si elle ne se tient pas responsable de son avenir en poursuivant jour après jour des fins cohérentes. Notre passé lui-même nous apparaît uni et sensé dans la mesure où il est traversé par des desseins que nous avons voulu mener à bien. Ce n’est pas seulement un fait que nos existences sont plus ou moins unifiées et sensées du fait de nos projets, poursuivre ces projets est aussi un devoir. La façon dont on s’en acquitte définit l’existence, mais il s’ensuit que la tâche de la mémoire est plus délicate encore qu’il ne paraît. Ce que nous retenons de notre histoire est inévitablement dominé et faussé par ce que nous avons voulu hier ou par ce que nous voulons aujourd’hui. Nous oublions ou voulons oublier ce que nous avons fait effectivement pour ne retenir que ce qui se conforme à nos desseins passés ou présents. Nous sommes ici ramenés à la difficulté que je notais plus haut : nous reconstruisons sans cesse notre histoire en fonction de nos valeurs, de ce que nous visons ou de l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes. D’une part, les projets que nous poursuivons donnent unité et sens à nos vies ou du moins à des tranches de vie, et cela facilite le récit qu’on peut en faire après coup[4]. D’autre part, ils influencent fatalement ce qu’on retient et raconte de son passé. On parle davantage de ce qu’on veut ou de ce qu’on a voulu, que de ses échecs. Il vaut mieux en être averti avant d’écrire ou de lire une autobiographie.

 

Aujourd’hui, je suis grand-père et même arrière-grand-père. Je ne puis imaginer que je suis encore un gamin parce que je ne peux plus gambader ou grimper dans les arbres, mais je me souviens de mes jeunes années alors que je suis le témoin des jeux de mes petits-enfants et de mon arrière-petite-fille. C’est pour eux, pour mes enfants, mes neveux et nièces, mes petits-neveux et mes petites-nièces que j’écris ces pages.


 

[1] Joseph Pestieau, Froidchapelle, Paris, Economica, 2012.

[2] Gabrielle Roy, pp. 218-9 in La Route d’Altamont, Montréal, HMH, 1966.

[3] Philippe Forest, p.27 in Le Siècle des nuages, Paris, Gallimard, 2010.

[4] On reviendra sur ce sujet au dernier chapitre.


 

 

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