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Meilleurs vendeurs
depuis 2003
Le jardin du coeur - La culture du
bonheur,
psychologie, Lise Morin.
Fondation littéraire Fleur de Lys, Montréal, 2003,
188 pages.
ISBN 2-89612-004-1
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La
jardinière du bonheur
vous
livre ses secrets
La psychologie moderne a fait un bond si prodigieux
au cours des dernières décennies qu’on est en droit
de s’interroger sur la nécessité d’en publier une
nouvelle approche. Le jardin du Cœur, une invitation
à la pratique renouvelée de l’art de la pensée,
répond à cette question par l’affirmative.
Tout en nuances et en parallèles, le Jardin du Cœur
ouvre les portes de l’imaginaire au lecteur désireux
d’améliorer sa condition. Un guide sans formules
compliquées ni contraintes, davantage pratique que
théorique, à la portée de tous.
Puisant son inspiration dans ses multiples
expériences et pour répondre au besoin grandissant
de démystification, Lise Morin simplifie les termes
et les exercices, facilite et rend accessible la
démarche essentielle de tout être humain : la
réussite de sa vie.
Le jardin du Cœur, un livre dynamique qui propose un
pas décisif vers l’abondance et le bonheur, un ami
dont on ne voudra plus se séparer.
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Table des matières
Avant-propos
PREMIÈRE PARTIE
UN JARDIN À TA MESURE
CHAPITRE 1
Un terrain vague?
Où et quand commencer?
Comment commencer?
Créer le climat idéal
CHAPITRE 2
La préparation
CHAPITRE 3
La qualité du sol
CHAPITRE 4
Les semences
CHAPITRE 5
Le soin des plants
CHAPITRE 6
Les intempéries
Les insectes
Les maladies des plantes
DEUXIÈME PARTIE
LA MOISSON DU BONHEUR
CHAPITRE 7
Pourquoi le «Jardin du coeur»?
Amélioration du site
CHAPITRE 8
Les cultures spécialisées
Les échecs
Enfin, La récolte
CONCLUSION
Annexe A- Visualisation guidée
Annexe B- Banque d'autosuggestions
Annexe C- Plan de jardin
Annexe D- Citations
Extrait
Avant-propos
Il
y a à peine vingt ans, lorsqu'on abordait la question du Subconscient et des
fabuleux miracles de la Pensée, les écrits sur le sujet n'obtenaient encore la
faveur que d'une minorité qu'on qualifiait, bien à tort, d'illuminés ou
d'initiés. Il n'était pas rare non plus que les personnes, enclines à croire au
prodigieux pouvoir de la pensée créatrice, se voient affublées de qualificatifs
peu flatteurs, cela constituant une menace pour leur intégrité mentale ou pour
leur réputation intellectuelle, et les empêchant de communiquer à leurs
semblables leurs expériences et leurs approches du royaume de l'Esprit.
Fort heureusement, grâce aux occultistes du début du xxe siècle qui ont
introduit parmi nous les fruits de leurs recherches, le courant de pensée
philosophique qui s'est infiltré, depuis, dans notre monde occidental, a pris de
vitesse les aveugles entêtés qui n'ont plus eu d'autre choix que de s'y pencher
et de s'y intéresser.
Depuis quelques décennies, surgissent de toutes parts une profusion de livres
dont les auteurs, venus de toutes les couches de la société, témoignent des
miracles accomplis par la puissance de la pensée. Tous tendent à nous indiquer
une seule et même voie à suivre pour améliorer notre vie, augmenter nos
capacités mentales et réaliser nos plus chers désirs. Bien qu'ils semblent tous
animés d'une même foi en ces pouvoirs de la pensée, la multitude d'ouvrages
qu'ils nous proposent et la diversité de leurs langages peuvent parfois devenir
source d'une confusion à laquelle je m'en voudrais d'ajouter.
J'ai donc été encouragée à écrire ce livre pour les gens simples, pour ceux que
les termes sophistiqués et teintés d'ésotérisme peuvent inquiéter ou ennuyer.
C'est mon expérience personnelle qui va se raconter et se deviner entre les
lignes, expérience que j'ai amorcée au début des années quatre-vingt, alors que
je vivais à la campagne, dans un rang isolé du Bas du Fleuve.
À cette époque, après avoir épuisé toutes mes ressources, je me suis retrouvée
dans une situation si désespérée, à tous points de vue, que j'ai cru que tout
était perdu. Je me suis alors réfugiée dans la lecture. Avec fébrilité, j'ai
rassemblé tous les livres que je possédais et j'en ai empruntés en quantité :
Joseph Murphy, Ernest Holmes, Martin Gray, K.O. Schmidt, Marcelle Auclair,
Louise L. Hay et plusieurs autres. Dans mon extrême confusion, j'éprouvai le
besoin de prendre des notes. Après quelques semaines, je me rendis compte que
tous ces livres parlaient de la même chose! Presque tous leurs auteurs
admettaient être passés par où je passais. Ce qui était possible pour eux devait
l'être pour moi! Au point où j'en étais, je ne risquais rien à entreprendre la
démarche intérieure qu'ils proposaient.
J'ignorais vraiment par où commencer. En révisant mes notes, j'ai remarqué que
j'avais copié des formules diverses qui tendaient à m'assurer que je possédais
en moi tout ce qu'il me fallait pour transformer ma vie. Tout semblait si
désastreux dans mon existence que je ne voyais pas ce que cela signifiait.
J'étais vraiment aveugle! Je me demandai alors comment je pouvais rendre mes
actions positives alors que tout allait de mal en pis dans mon petit quotidien,
si banal.
Un jour, je m'approchai de la fenêtre sud de la maison et je laissai errer mon
regard sur l'étendue de mon potager. J'aimais vraiment mon jardin, il était
magnifique; je partageais tout mon temps entre lui et mes lectures. C'était
bien, me disais-je, la seule chose positive qui existât dans ma vie. Alors, me
vint une idée : je me souvins avoir lu quelque part que le Subconscient pouvait
être comparé à la terre d'un jardin. Puisque je réussissais si bien dans la
culture de mes fleurs et de mes légumes, ne pouvais-je obtenir les mêmes
résultats en appliquant toutes les règles du jardinage à la culture du Bonheur?
Chez moi, il y avait un autre livre que je consultais beaucoup. Il traînait
toujours, non loin de moi, sur la table de la cuisine, sur le comptoir, sur la
table de chevet et je ne lui accordais, en réalité, qu'une importance relative
et plutôt pratique. C'était un traité de jardinage. En l'apercevant, ce jour-là,
je décidai de me livrer à un petit exercice que je considérai d'abord comme un
jeu amusant: j'allais adapter les termes contenus dans ce livre au jardinage
mental. Ce livre est devenu ma bible! Pendant des jours et des jours, je me suis
consacrée à la fascinante modification de mon espace mental. Imperceptiblement,
ma vie s'est mise à changer et elle n'a pas cessé de s'améliorer depuis lors.
Quand on me demandait comment j'avais réussi à régler tous mes problèmes, les
uns après les autres, je n'osais pas révéler ma méthode, je demeurais évasive en
répondant que j'avais lu, que j'avais compris que j'étais née pour le Bonheur
mais, par peur du ridicule, je me taisais sur mes activités mentales. Jusqu'au
jour où une personne qui m'était très chère vint me confier un grave problème
qu'elle ne savait pas comment affronter. Mue par la grande affection que je lui
portais et par mon désir sincère de lui venir en aide, je lui parlai du Jardin
du Cœur. Elle obtint des résultats fulgurants! Plus tard, elle m'amena un ami,
puis cet ami en dirigea un autre vers moi, tant et si bien que je ne compte plus
les personnes pour lesquelles j'ai contribué à dresser un plan de jardin.
Ce sont ces personnes, qui sont parvenues à la maîtrise de leur vie grâce au
jardinage mental, qui m'ont conseillé d'écrire un livre à la portée de tous.
J'écris donc ce livre pour toi qui soupçonnes les innombrables richesses qui
sommeillent en toi, pour toi qui désires, mais n'oses passer à l'étude des lois
qui régissent l'Univers et à la pratique de la pensée constructive.
Si tu es de ceux* qui cherchent à adopter l'attitude mentale juste tout en
demeurant à l'abri des formules compliquées, je t'invite à un exercice naturel,
biologique et organique de la pensée positive. Je t'offre une méthode facile
dont tu finiras par faire une habitude et qui te permettra de changer ta vie
pour en retirer le meilleur.
Je ne me réclame d'aucune autorité ni d'aucun prestige, je ne vais non plus rien
inventer, je me limiterai à condenser les expériences vécues qu'on a bien voulu
me raconter et à tenter de te rendre plus compréhensibles les informations
glanées parmi les ouvrages qui m'ont fourni l'idée maîtresse, véritable mine
d'or dans laquelle j'ai moi-même découvert un filon inépuisable d'inspiration.
J'ai choisi le thème du « jardin » pour sa simplicité, me gardant bien de verser
dans le simplisme – je l’ai aussi préféré par passion pour la Nature –, tout en
sachant que la comparaison entre le Subconscient et un jardin n'a rien de neuf
et j'écris ce livre comme je le ferais pour un traité de jardinage.
À partir de maintenant, tu dois considérer ton Subconscient comme ce qui n'est
encore qu'un terrain vague dont, probablement, tu n'as jamais su que faire et
que tu vas apprendre à défricher, étape par étape, pour le convertir en un
chef-d’œuvre de botanique. Cet apprentissage ne requiert ni une intelligence
exceptionnelle ni aucune connaissance particulière.
Peut-être as-tu déjà lu sur le Subconscient. Il existe de passionnants volumes
pouvant t'aider à différencier les parts consciente et inconsciente, subjective
et objective, de l'être. Je leur laisse le soin de t'en faire une description
plus ou moins complexe; sache seulement que ton Subconscient est plus près de
toi que les cheveux qui poussent sur ta tête et que tu ne dois laisser à
personne d'autre que toi seul le pouvoir de lui commander.
Sache aussi que ce livre qui se trouve actuellement entre tes mains n'est rien
d'autre que le fruit réel d'une simple semence tombée un jour dans un sol bien
préparé à la recevoir. Il en a toujours été ainsi pour tous les événements de ta
propre existence et il en sera toujours ainsi: tout ce que tu finis par récolter
résulte invariablement de ce qu'un jour tu as semé.
* * *
Chapitre 1
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UN TERRAIN VAGUE?
Par droit de naissance, tu possèdes, toi qui lis ces lignes, sans avoir eu à le
négocier ou à le payer, ton propre terrain. Tu l'as reçu en cadeau. Et c'est au
cœur de cette vaste étendue, dans les limites que toi seul voudras bien lui
donner, que se déroulera le reste de ta vie.
Peut-être as-tu cru que le terme « terrain vague » ne désignait qu'un quelconque
bout de terre, ravagé et impropre à la culture, dont personne ne voudrait. Sois
persuadé qu’il n'en est rien.
Lorsque tu es né, la Grande Puissance Créatrice de tout Bien, Dieu selon ta
conception, n'a pas fait de distinction pour toi. Elle n'a pas jugé que tu
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méritais plus ou moins que tout autre individu, de quelque race
ou couleur qu'il soit, habitant cette planète. Cette Puissance miraculeuse t'a
octroyé, sans aucun favoritisme ni aucune discrimination, le même droit à une
vie prospère et pleinement heureuse qu'à n'importe qui d'autre. Tu as hérité,
par le seul fait de naître, d'un terrain parfait qui, à l'origine, n'avait rien
de vague. Il était, comme il l'est encore et le sera toujours, de dimension
infinie et le sol en était riche et fertile. Seules y pointaient les pousses
fraîches et tendres de ton innocence. Il faisait éternellement beau dans cet
espace qui était un reflet du plus parfait paradis que tu puisses concevoir.
Au cours de tes premières années, ignorant encore les règles essentielles du
jardinage mental, ne pouvant toi-même prendre grand soin de ton lot, tu as dû
permettre à d'autres d'y implanter leur propre culture. Tu ne fus autorisé à y
semer toi-même que les fleurs naïves de tes rires d'enfant et de tes joies tout
empreintes de pureté.
À mesure que ta capacité de penser grandissait, tu t'en tenais rigoureusement
aux préceptes dont on te gavait et que, telle une éponge, tu absorbais. Peu à
peu, les mauvaises herbes ont, malgré toi, envahi ton terrain. Le sol, peu ou
pas entretenu, s'est appauvri et n'a bientôt plus rendu à maturité que les
plants les plus robustes, capables d'étouffer les plus fragiles.
Il ne faut pas comprendre qu'il soit plus aisé de cultiver le malheur et la
souffrance. La première graine tombée en terrain propice s'alimente à même la
richesse de la terre et la plante qui en résulte acquiert avec le temps son
endurance. Si rien ne vient contrer ce processus, cette plante, tirant du sol sa
substance, étendra toujours plus loin ses racines et finira par régner en maître
sur une étendue de plus en plus vaste.
Il est alors facile de concevoir que si la graine originelle en est une de
misère, elle s'épanouira dans ton jardin aussi librement qu'une graine
d'aisance, de joie ou de satisfaction. Ton éducation et les croyances qu'on t'a
transmises, les enseignements que tu as reçus t'ont, jusqu'ici, fourni multitude
de graines que tu as dispersées aux quatre vents sans te soucier de l'inévitable
récolte. Ta propre ignorance ainsi que celle de tes éducateurs, a, plus que
tout, été la cause de tes lamentables résultats. Car l'ignorance des règles
n'affranchit personne de leurs effets, bons ou mauvais. C'est ainsi que,
découragé, tu as abandonné cette terre devenue un amoncellement de branchages et
de débris de toutes sortes.
Symboliquement, tu as peut-être « vendu » ou « loué » ton terrain à d'autres
jardiniers plus ou moins expérimentés ou désireux de l'améliorer. Si, parvenu à
l'âge adulte, tu comptes encore démesurément sur les autres pour te procurer ton
bien, si tu crains exagérément les jugements et les critiques des autres, si tu
crois que ton bonheur se trouve entre les mains d'une autre personne, si tu
recherches sans cesse l'approbation de tes actes par les autres, alors, oui, tu
as momentanément cédé ton lot à des gens qui ne possèdent pas les mêmes outils
que toi et qui, malgré leur bonne volonté, ne réussiront que dans une faible
mesure à satisfaire tes besoins. Chacun a la responsabilité de son propre
jardin. Tu ne dois jamais en livrer la moindre parcelle à des mains étrangères.
Je ne dis pas que tout ton entourage est malintentionné, je dis : personne ne
peut atteindre tes objectifs à ta place! Car la bonne volonté n'est pas un outil
efficace dans le jardin des autres. Les autres peuvent vouloir ton bien, mais
ils seront toujours incapables de te le fournir. Ceci est également vrai pour
toi-même : tu ne pourras jamais procurer aux autres la qualité de vie à laquelle
ils aspirent. La raison en est fort simple : tu ne possèdes pas plus le bonheur
des autres qu'ils ne possèdent le tien. Le Bonheur se cultive en soi-même!
Tu n'oses plus, après ces précisions, considérer ton bien comme une valeur
rentable? Tu te dis que ta vie est un véritable gâchis? Ton terrain te semble
irrécupérable? Tu as l'impression de patauger ou de t'enfoncer dans un bourbier?
Tu ne crois plus qu'un changement soit possible ou tu crains que les choses
n'empirent?
Quelle que puisse être ta situation actuelle, dans quelque marasme physique ou
économique que tu te trouves, il te faut dès cet instant réaliser que, même si
tu t'es détourné de ton terrain, la terre continuera inlassablement à produire
ce que, dans ton inconscience, tu persistes à semer étourdiment.
Car la terre, si elle contient d'incalculables richesses, n'est pas responsable
de la récolte, la terre ne prend jamais de décision ni ne choisit, la terre s'en
tient à son rôle unique et impersonnel qui est de produire exactement ce que
contient la semence. La terre est par essence disponible et généreuse; elle
obéit aveuglément à tes ordres, quels qu'ils soient.
Je sais que tu n'as pas voulu ou souhaité tes malheurs, tes maladies, tes échecs
et qu'il peut être difficile de croire que tu en es l'auteur, autant que de
croire qu'il t'est possible d'être immédiatement l'artisan d'un concept tout à
fait différent.
Tu es né avec le « pouce vert » et, grâce aux outils extraordinaires que tu
possèdes en toi, tu vas acquérir la certitude que tu n'es limité ni dans le
temps, ni dans l'espace. Tu as le pouvoir de commencer dès cet instant à
améliorer l'état de ton terrain et, infailliblement, tu pourras, dans le plus
complet ravissement, le voir se transformer. Suivant l'intensité de ton désir et
à la mesure de tes talents personnels, il se convertira en un frais potager d'où
émergeront tes plus belles qualités, un verger luxuriant où, à perte de vue, tes
projets menés à bien feront ployer les arbres du succès, une rocaille embaumant
l'air du parfum des joies multipliées qui rehausseront des plus éclatantes
couleurs les précieux arbustes de tes désirs réalisés. Ou en toutes ces choses à
la fois.
Il ne te suffit que de le vouloir et ce terrain dévasté, où tu ne distingues à
présent que les chardons de la désespérance et les orties de la misère, pourra,
sous la magie de tes efforts, se convertir en une véritable splendeur.
Il n'existe aucune différence entre la culture du Bonheur et celle du Malheur.
Les deux sont des états d'esprit et elles utilisent exactement la même Loi pour
se manifester dans ta vie. Le fait d'avoir ouvert ce livre prouve ton désir
conscient de mieux connaître cette Loi et celui, plus subtil, de te connaître
toi-même. Ce désir te lancera dans une merveilleuse aventure, à la découverte de
tes trésors cachés. Il ne te reste qu'à franchir le premier pas en ramenant sans
cesse ta pensée vers cette simple vérité : on récolte inéluctablement ce que
l'on sème.
Il importe donc de passer immédiatement à l'action en acceptant l'idée que ta
situation actuelle ne dépend que de toi-même et en t'identifiant sur-le-champ au
maître-jardinier que tu es capable d'être.
Ne te laisse surtout pas décourager par le désordre qui règne là où tu poses le
regard, car ce bouleversement n'est qu'apparent. Ferme plutôt les yeux et
commence dès maintenant à élaborer des plans, à concevoir ton jardin de
l'intérieur, à le concevoir comme une réalité immuable qui existe déjà.
OÙ ET QUAND COMMENCER?
Ce qu'il y a de merveilleux avec le Subconscient que, tout au long de ce livre,
j'appellerai le « Jardin du Cœur », c'est que tu n'as pas à te préoccuper du
lieu physique ni du temps le plus propice pour te mettre à l’œuvre. Le meilleur
endroit, c'est là même où tu trouves à cet instant et le meilleur moment, c'est
maintenant.
Pour agir dans l'« Ici et Maintenant », il ne te faut rien de plus que la
conscience immédiate d'une agréable activité à laquelle tu vas désormais te
consacrer dans la joie.
Il ne sert à rien de contempler davantage ce qu'est devenue ta vie si tu n'en
retires pas la satisfaction à laquelle tu as droit. En même temps que le pouvoir
de diriger tes pensées, tu possèdes celui de changer ta vie, de le faire ici et
maintenant. Le passé, qui n'appartient qu'au souvenir et l'avenir, qui n'existe
pas encore, ne sont garants de rien. Ils ne peuvent donc rien t'apporter. Tu
peux sans doute espérer un avenir meilleur, mais l'espoir, s'il n'est pas
condamnable en soi, n'est qu'une subtile illusion; il se porte sur un futur qui
n'est pas encore là, mais dont les composantes résulteront de ton attitude
mentale d'aujourd'hui. En apprenant à vivre ton existence au présent, tu peux
consacrer chaque minute qui t'est accordée à la réalisation d'une existence à la
mesure de tes ambitions.
Que dirais-tu d'un jardinier qui refuserait de semer au printemps par crainte de
la froidure des mois d'hiver? Il te serait facile de lui prédire une récolte
décevante; il se rendrait compte au cœur de l'été que les mauvaises herbes,
elles, n'ont pas eu peur du froid et il regretterait amèrement de ne pas avoir
au moins profité des beaux jours, irrémédiablement perdus. Il n'y a aucune
différence entre le jardin qui pourrait exister dans ta cour et le Jardin du
Cœur. Tous deux sont bien réels et obéissent aux mêmes lois.
Ici, c'est là où tu es dans l'instant présent
et maintenant, c'est aujourd'hui même.
Toi seul, tu possèdes le privilège de créer les saisons favorables à tes
cultures et ces saisons n'ont rien à voir avec l'âge que tu as. Les années que
tu as derrière toi ne comptent plus. Je ne te dirai pas de les oublier, je sais
que ta mémoire a emmagasiné tous les événements de ta vie, mais t'y complaire ne
te servira à rien. Je te dis seulement laisse-les derrière toi et regarde en
avant! Il te faut seulement établir l'ordre mental de tes saisons et comprendre
que certaines semences hâtives devront être jetées en terre au printemps alors
que l'automne se prête davantage à la plantation de bulbes nécessitant les
apports d'une terre engourdie par le froid. Je veux dire par là qu'il te faut
dresser l'échéancier de tes désirs et de tes buts tout en consentant à respecter
les délais qui s'y rattachent.
Si tu as déjà visité le Biodôme de Montréal, tu as certainement été confondu par
l'ingéniosité de ses concepteurs. En quelques instants, il t'a été possible de
passer d'une forte chaleur tropicale au froid rigoureux de l'Arctique ou au
climat des régions plus tempérées. Il ne s'agissait pas d'une illusion, tu as
ressenti toi-même ces variations de température qui, pourtant, ont été créées
par des procédés scientifiques très poussés. Considère le Jardin du Cœur comme
un immense biodôme dans lequel tu peux, toi aussi, faire varier l'intensité de
la température.
Réalise la grandeur de ton pouvoir sur le paysage de ta vie, toi qui peux déjà
en décider les cycles et les saisons.
COMMENT COMMENCER?
Il n'existe en fait qu'une seule et unique façon de commencer : c'est en faisant
appel à ton ESPRIT DE DÉCISION. Je n'hésite pas à t'affirmer que sans cet
élément essentiel, il t'est bien inutile de rêver à ta récolte. L'esprit de
décision est à la base de tout le processus. Tu pourras accumuler quantité de
connaissances sur le sujet, si tu ne décides pas de passer à l'action, personne
ne le fera à ta place. Tu pourras t'asseoir sur une roche, ton sac de graines à
la main, si tu ne prends pas la décision de les mettre en terre, tu continueras
à n'être que le témoin impuissant, le spectateur du déroulement de ta vie; tu
seras un simple touriste visitant ce jardin inconnu qui, pourtant, t'appartient.
L'esprit de décision pourrait se comparer à la « vocation ». Quelqu'un peut
passer sa vie à dévorer des livres de médecine, il peut emmagasiner un maximum
d'informations sur l'anatomie et sur le rôle de chaque cellule du corps humain,
s'il n'a pas la vocation, il ne sera jamais médecin. D'égale façon, tu peux lire
et mémoriser ce que contient ce livre, si tu demeures sourd à l'appel de ta
vocation de jardinier, tu risques de perdre définitivement le contrôle de ton
terrain qui finira par s'amalgamer à la densité de la forêt. Ta vocation est
innée, n'y résiste plus.
Décide-toi ici et maintenant!
IMAGINATION
Jusqu'à ce point de ta lecture, tu n'as sans doute pris qu'une conscience très
furtive de ce que tu es en droit d'attendre de la Vie. Déjà, tu utilisais sans
t'en rendre compte l'irremplaçable outil qu'est ton IMAGINATION. Grâce à ton
imagination, tu as entrevu les prodiges dont tu es capable.
Je te demande de t'arrêter un instant pour constater combien il t'a été facile
jusqu'ici de cultiver ce qui fait ta moisson actuelle. Pense un peu à toutes les
fois où tu as craint quelque chose et où ta peur est devenue obsession.
Réfléchis bien sur les occasions qui t'ont été offertes de choisir entre la
victoire et la défaite du seul fait que tu te croyais vainqueur ou perdant. Il y
a sûrement des souvenirs en toi, des souvenirs que tu préfères chasser dès
qu'ils frappent à la porte de ta mémoire, parce qu'ils te plongeraient dans les
regrets de ne pas avoir agi correctement.
Je ne te suggère pas de revivre les moments désagréables de ton existence mais
seulement de te rendre compte que souvent, tu as marché vers l'échec avec
beaucoup de facilité. Combien de fois as-tu effectué une démarche en te répétant
qu'elle n'avait aucune chance de réussir? Combien de fois t'es-tu abstenu de
poser un geste, ton manque de confiance en toi te faisant croire qu'il était
inutile? Tel emploi qui aurait pu te convenir que tu as sacrifié simplement
parce que tu ne croyais pas à ton potentiel, telle personne dont tu aurais
souhaité te rapprocher mais que tu as laissé passer parce que tu ne te croyais
pas à la hauteur, tel objet que tu aurais voulu posséder mais auquel tu as
renoncé croyant que ta bourse n'était pas assez bien garnie. Tu admettras que,
chaque fois, tu imaginais d'avance des résultats négatifs.
Tout prend naissance au creux de ton imagination. Mon rôle consistera, bien
humblement, à t'aider à en faire un usage plein de discernement et de subtilité
afin que ce ne soit jamais l'imagination qui te domine mais au contraire, que
toi, tu la maîtrises parfaitement. Elle jouera un rôle prépondérant dans
l'accomplissement de tes tâches journalières.
Je te demande donc de réfléchir un instant sur ce qui t'entoure et de prendre
conscience que rien de tout cela n'aurait jamais été sans l'imagination des
créateurs et des inventeurs qui en ont eu l'idée. Les vêtements que tu portes
ont premièrement été conçus dans la pensée d'un dessinateur; la tasse dans
laquelle tu bois a été imaginée par son fabricant; le crayon dont tu te sers; le
lit dans lequel tu dors; la fenêtre que tu peux ouvrir ou refermer; le banc
public sur lequel tu te reposes; les feux de signalisation qui t'évitent les
accidents; l'avion qui te permet de voler comme un oiseau... Tout, de la plus
petite à la plus grande des créations, est d'abord né dans l'imagination.
Maintenant que tu es décidé à améliorer ton terrain, sers-toi de ton imagination
pour élaborer toute transformation que tu désires apporter à ta vie. Tout ce qui
prendra place dans ton jardin naîtra d'abord dans ton imagination créatrice.
L'imagination est une aptitude innée à créer des scénarios dans lesquels
évoluent des acteurs. C'est un immense réservoir de semences, un magasin où
toutes les sortes de graines sont entreposées. Ton imagination est un parfait
symbole de liberté et, parce qu'elle ne connaît aucune limitation, tu dois
éviter de lui lâcher la bride; si tu ne la diriges pas correctement, elle
t'emportera bien au-delà des frontières de la réalité. Il en résultera une
vision exagérée de ce que tu appelles tes malheurs. Si au contraire, tu lui
imposes une discipline, tu céderas de moins en moins à la tentation de
l'éparpillement, tu ramèneras à leurs véritables dimensions les événements de ta
vie qui te sont représentés aujourd'hui comme grossis à la loupe.
Tu as le droit d'utiliser ton imagination pour rêver à l'impossible, mais tant
et aussi longtemps que tu persisteras à le croire impossible, tu ne feras que
perdre un temps précieux, emprisonné dans la membrane hermétique de l'illusion.
Comprends que ton imagination doit te servir à créer ce que, toi, tu crois
possible et tu te rendras compte qu'avec de la pratique, tu repousseras toujours
plus loin les limites de l'impossible.
Si tu le désires, offre des aides visuels à ton imagination. Ne contemple rien
qui ne soit en relation avec la beauté de l’œuvre que tu t'apprêtes à exécuter.
Affiche des images sur les murs de ta chambre, de ta cuisine, de ta salle de
bain; écris le plus clairement et le plus brièvement possible ce que tu
entrevois comme résultat de ta démarche actuelle. Et surtout, établis un ordre
de priorité dans tes désirs.
Je te reparlerai de cette échelle de désirs. Pour l'instant, efforce-toi de
donner à ton terrain la forme et la dimension que tu souhaites.
CRÉER LE CLIMAT IDÉAL
Tu sais maintenant que tu te trouves exactement au bon endroit et au bon moment
pour te lancer dans l'art du jardinage intérieur. Il te reste toutefois à
comprendre que ta réussite dépend d'un autre facteur tout aussi important : la
température. Quelles que soient tes connaissances en jardinage, tu ne peux
ignorer l'influence du climat sur les résultats. Tu ne songerais certainement
pas à planter des palmiers en Antarctique ou du riz sauvage dans le sable du
désert; tu n'hésiterais pas à qualifier d'illogiques pareilles tentatives. Il
apparaît donc évident que cette logique intervienne également pour tout autre
genre de culture.
En suivant chacune des étapes que je vais décrire plus loin, il te sera aussi
facile de créer le climat idéal dans lequel baignera ton jardin que d'en
déterminer les saisons. Agis le plus souvent possible dans le silence de ton
environnement intérieur pour élever un rempart entre toi et tout ce qui pourrait
te décourager dans tes projets. Le silence ne doit pas être synonyme de solitude
et de désolation pour toi. Si tu tends bien l'oreille, tu te rendras compte que
la nature n'est jamais tout à fait silencieuse. Mets-toi à l'écoute de ta voix
intérieure; elle est parfois si ténue qu'elle a besoin de silence pour se faire
entendre.
Te voilà maintenant prêt pour une nouvelle approche de ton espace mental.
VISUALISATION
La visualisation est une énergie créatrice émanant directement de ton
imagination. Inconsciemment, tu t'en es toujours servi pour créer tout ce que tu
es devenu et tout ce qui t'est arrivé. Jusqu'ici, tu en ignorais peut-être les
pouvoirs et n'exerçant aucun contrôle sur ton imagination, tu as fait surgir
dans ton jardin des plants que tu ne désirais pas vraiment. Il est bien qu'il en
soit ainsi, car tu comprendras mieux la toute-puissance de ta pensée lorsque tu
en analyseras honnêtement les produits. La visualisation n'est pas seulement
souhaitable, elle est inévitable. Tout comme l'imagination, elle a besoin d'être
contrôlée.
Prenons un exemple : Admettons que ta mère t'ait toujours dit que si tu exposais
des cheveux mouillés à l'air frais, tu attraperais la grippe. Ta mère n'avait
certes pas l'intention de te nuire en te donnant cet avis. Sa pensée, bien que
provenant des meilleurs sentiments, constituait une mauvaise graine qu'elle
semait dans ton jardin. Déjà, elle te voyait malade et se voyait, elle, en train
de te soigner. Ta pensée, gagnée par la confiance que tu avais en ce que ta mère
énonçait comme étant une vérité incontestable, s'abandonnait et donnait le feu
vert à ton imagination qui, à son tour te transmettait clairement l'image de
l'enfant malade que tu te préparais à devenir. Tu cultivais cette graine avec
beaucoup de soin, prenant garde de bien te sécher les cheveux avant de sortir.
Admettons aussi qu'un jour, tu aies pu être obligé de passer outre à cette
recommandation et qu'après t'être lavé la tête, tu aies dû sortir. Cette pensée
du danger auquel tu t'exposais, graine semée par la croyance de ta mère et
arrosée par ta foi, avait eu le temps de germer dans ton jardin et que s'est-il
passé? Tu as effectivement contracté le virus. La grippe était la seule récolte
que tu étais en droit d'attendre.
Changeons seulement le scénario. Ta mère te prévient du danger de t’enrhumer si
tu sors les cheveux mouillés. Cet avis de ta mère représente toujours la même
graine qu'elle sème dans ton jardin. Seulement, conscient que toi seul peux
décider de ce qui poussera dans ton jardin, tu te hâtes de retirer cette graine
du sol et d'y jeter à la place une pensée de santé parfaite en toute
circonstance. Qu'arrivera-t-il? Tu sortiras les cheveux mouillés et jamais la
moindre grippe ne t'affectera. Au contraire, tu jouiras d'une excellente santé
en tout temps.
Il en va de même pour toutes tes pensées et la visualisation en est le
complément.
Reprenons notre exemple du conseil de ta mère. Lorsque tu retires la graine de
la terre, tu peux te voir agir dans l'imagination. Tu peux voir tes doigts
s'enfoncer dans la terre, fouiller pour retrouver la graine, la saisir et la
jeter au feu. Tu peux te voir en train de semer la graine de la santé parfaite,
de la recouvrir d'un peu de terre, de l'entretenir, de la voir grandir et tu
peux, par surcroît, te voir jouissant d'une éclatante santé. La visualisation
t'aidera à concrétiser tes pensées et tes désirs. En visualisant correctement,
tu hâteras la production des meilleures variétés de semences.
Il me faut insister sur le fait que tu ne dois te laisser bousculer par aucune
urgence. Ni les fleurs ni les légumes ne pousseront plus vite parce que tu auras
tiré sur la tige. Prends tout ton temps. Établis ton propre plan de travail et
installe ton propre rythme. Tu peux par exemple diviser ton plan en étapes
successives et consacrer un jour, une semaine, un mois à l'obtention de l'image
parfaite de ce que tu désires accomplir. C'est ton jardin, tu en es le maître
absolu. Pour que les résultats soient à la hauteur de ton application, il
importe que tout t'apparaisse dans un ordre impeccable.
Je parlais récemment avec un jeune homme qui pratique la visualisation depuis
quelques mois. Il me confiait qu'en cours d'exercice, il lui arrivait d'entendre
et de sentir ce qu'il visualisait. « Je me vois debout sur une haute falaise,
face à la mer. Le vent souffle fort et me fouette le visage. J'en viens à
entendre le bruit des énormes vagues qui viennent se briser au pied des rochers,
le sifflement du vent et le cri des mouettes; je reconnais même l'odeur du
varech », me décrivait-il.
Chacun d'entre nous possède à différents degrés des capacités visuelles,
auditives et olfactives. Chez certains, ces énergies peuvent se révéler avec
beaucoup plus de puissance. Sers-toi de ce que tu as!
Voir ce que ton imagination crée, entendre les sons et reconnaître les parfums
sont autant de facteurs favorables à la réussite du Jardin du Cœur.
Tu trouveras à la dernière partie de ce livre une visualisation guidée que tu
pourras utiliser et transformer selon tes désirs.
RESPIRATION
Nous vivons dans une atmosphère de plus en plus viciée et les agriculteurs
déplorent les méfaits des pluies acides et de la pollution sur leurs récoltes.
Je ne possède pas la solution à ce problème planétaire, mais je peux t'assurer
que tu as le privilège de créer l'environnement le plus pur et le plus sain qui
soit pour le Jardin du Cœur.
La respiration constitue l'exercice le plus naturel de tes fonctions vitales.
Tous les êtres vivants respirent, mais tous ne savent pas tirer de cet acte les
bénéfices qui peuvent en résulter. Bien respirer est aussi important que de bien
s'alimenter. La respiration permet d'emmagasiner le fluide vital, elle fournit à
l'organisme son oxygénation et le débarrasse des substances nuisibles à la façon
d'un filtre.
Puisque tu dois nécessairement respirer pour vivre, puisque tu y es contraint
par la nécessité de t'oxygéner, pourquoi te priverais-tu d'utiliser cette
fonction pour faciliter ton jardinage?
Sers-toi maintenant de ton imagination et en adoptant une technique simple de
respiration profonde, pense à l'air pur, vibrant de puissance, dont tu
enveloppes le paysage de ta vie. Pense aux nombreux bienfaits que cet air
fournira à tes cultures.
Respire et imagine que ton souffle imprime une harmonieuse cadence aux arbres de
ta forêt, écoute son doux sifflement, entends le bruissement du feuillage et
vois l'ondulation régulière du blé. Imagine que tu es couché sur l'herbe et
regarde ton ciel qui redevient bleu sous la poussée de cette brise; imagine
qu'elle chasse au loin les lourds et sombres nuages pouvant peser sur ta vie.
Il existe plusieurs techniques de respiration profonde et toutes sont
excellentes. Je te recommande cependant de choisir la plus simple, celle que tu
peux pratiquer partout et en tout temps. Plus tu contrôleras ta respiration,
plus ton cerveau sera bien oxygéné, plus tes idées deviendront claires et
limpides. Elles se fixeront plus facilement dans ton Subconscient, et, comme le
pollen transporté par le vent participe à la multiplication de son espèce, tu
verras s'accroître dans ta vie les occasions de même nature que tes pensées.
Il est naturellement recommandé, pour bien respirer, de s'étendre
confortablement sur le dos, jambes légèrement écartées, bras le long du corps et
paume des mains tournées vers l'extérieur, mais dans quelque circonstance ou
posture que ce soit, tu peux sans crainte t'exercer à la respiration profonde.
Tu découvriras par cette simple discipline les délices du mieux-être procuré par
un esprit lucide.
Vas-y à ton propre rythme, ne force jamais. Il ne s'agit pas de battre des
records. Plus le rythme est naturel, plus il est efficace. En très peu de temps,
si ton exercice est fait de façon régulière, tu pourras augmenter le nombre de
secondes. Tu réaliseras bientôt que ta respiration s'amplifie, s'approfondit et
se régularise. Et si cette paisible façon de respirer devient chez toi une
habitude, tant mieux!
Tu pourras, si tu le désires, te procurer des ouvrages spécialisés sur le sujet
pour approfondir ou perfectionner ton mode de respiration, mais je t'ai donné
une technique simple et facile qui, si tu l'exécutes régulièrement, devrait
t'aider à résoudre plusieurs problèmes physiques et te débarrasser de la
nervosité et des crispations.
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Technique
de respiration profonde
Fais d'abord le vide, en expulsant le plus d'air possible de tes poumons,
jusqu'à ce que ton abdomen se rétracte. Respire toujours par le ventre.
Inspire par le nez, le plus lentement possible, pendant 4 ou 5 secondes
(ou le nombre de secondes que tu peux, sans forcer).
Bloque ta respiration pendant un nombre équivalent de secondes avant
d'expirer lentement.
Important
Commence par exécuter trois de ces respirations, à la suite l'une de
l'autre (l'oxygénation soudaine du cerveau pouvant occasionner des
étourdissements). Reviens à un rythme régulier et profond, sans blocage de
la respiration.
Après quelques minutes, tu peux reprendre la technique.
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RELAXATION
La relaxation représente l'état le plus souhaitable pour élever ton niveau de
concentration et pour bien diriger ton imagination. La respiration profonde,
pratiquée régulièrement au lever et au coucher, te conduira sans problème à ce
bien-être merveilleux.
La détente va te prémunir contre les agressions du stress en neutralisant la
tendance à l'angoisse, en abolissant la fatigue et en levant les diverses
tensions qui occasionnent des blocages au niveau de tes facultés. Lorsque tu
seras bien détendu, ton imagination te projettera les images bien réelles de tes
progrès.
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Technique de
relaxation rapide
Après avoir atteint le rythme respiratoire le plus commode pour toi,
inspire et bloque ta respiration. À ce moment, ferme les poings, serre tes
mâchoires et autant qu'il t'est possible de le faire, crispe tous les
muscles de ton corps.
Garde cette tension pendant quelques secondes et relâche-la d'un seul
coup.
Revenant à une respiration bien rythmée, concentre-toi maintenant sur
chacune des parties de ton corps en t'efforçant d'en sentir la lourdeur et
le relâchement.
Répète-toi mentalement, par exemple, que ton talon droit est très lourd et
détendu, qu'il s'enfonce de plus en plus dans la matière. Bientôt, tu ne
sentiras plus ton talon droit et cela voudra dire que tu peux l'oublier et
passer au gauche, ou à ton mollet droit. Tu peux choisir de détendre tout
ton côté droit d'abord et ensuite le gauche ou tu peux vouloir détendre ta
tête en premier lieu. Ne te hâte pas, car il n'est pas indispensable que
tu parviennes immédiatement à passer tout ton corps en revue.
Peu à peu, la lourdeur fera place à la légèreté. Tu te sentiras tellement
bien que tu auras l'impression de flotter sur un nuage et il est possible
que dès les premiers essais, tu glisses dans un sommeil réparateur dont
les bienfaits te surprendront. |
Le mot relaxation ne doit en aucun cas t'effrayer. Tu n'as à
démontrer aucune performance particulière. Quelques minutes seulement chaque
jour et ton jardin baignera dans le climat qu'il lui faut.
Avec le temps, d'une séance à l'autre, tu contrôleras davantage ta pensée et tu
parviendras très rapidement à éviter le sommeil jusqu'au moment souhaité pour
t'endormir.
Peut-être peux-tu faire ta relaxation au son de la musique, en faisant brûler de
l'encens, en prenant un bain chaud dans lequel tu verseras quelques gouttes
d'huile essentielle aux propriétés apaisantes. L'important est de te sentir en
harmonie avec ce qui t'entoure. Lorsque tu respires bien, que tu es détendu, les
images se présentent tout naturellement à ton esprit et tu peux en contrôler la
qualité.
Surtout, ne désespère pas si tes pensées se bousculent dans un flot
ininterrompu, difficile à endiguer. Tu peux contrôler ce phénomène sans forcer.
Dès que tu t'aperçois que ton imagination s'égare, ramène-la doucement à ce qui
t'intéresse. Bientôt, planeront sur tout ton territoire les ondes bénéfiques du
silence et de la paix distribuées par ta relaxation.
* * *
Chapitre 2
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LA PRÉPARATION
Te voici en imagination, debout, devant l'espace infini dont tu disposes pour te
lancer dans la culture du Jardin du Cœur. Tu sais probablement déjà ce que tu
désires voir pousser chez toi et tu meurs d'envie de semer les graines que tu
possèdes. N'en fais rien! Tout bon jardinier te le dira : le sol, pour être
ensemencé, a besoin d'être soigneusement préparé.
Semer parmi les immondices ne servirait à rien, ou à bien peu. Exerce-toi
davantage à la visualisation. Reprends chaque étape du début jusqu'à ce que
toutes les images soient précises, jusqu'à pouvoir faire apparaître ton site
intérieur à tout instant. À la manière d'un peintre, brosse le tableau de ton
paysage, fais-toi plaisir! Ne franchis les étapes suivantes que lorsque tu
sentiras que tu maîtrises suffisamment ton imagerie mentale.
|
Tout va merveilleusement bien, tu es parvenu à créer pour ton jardin, le climat
idéal dans le cadre idéal. Tu progresses, sois-en certain!
Avant d'aller plus loin, laisse-moi te présenter un personnage qui pourra
t'accompagner en tout temps et qui te transmettra sa suprême sagesse. Selon
leurs croyances propres, certains l'appelleront le guide, l'ange gardien, l'ami
intérieur ou l'aide spirituel. Quel que soit le nom que tu lui donneras, c'est
le Grand Maître Jardinier. Il s'agit d'un être de lumière qui habite ton jardin
et dont la mission consiste à veiller sur toi. Il agit comme conseiller avec une
infinie bienveillance. Cet ami secourable est entièrement disponible, c'est un
reflet supérieur de toi-même et tu peux le rencontrer en ce lieu intime qu'est
le Jardin du Cœur. Pour répondre à l'idée que tu te feras de lui, il pourra
revêtir plusieurs formes et se manifester sous les traits de plusieurs
personnalités.
Lorsque tu te retires dans la paix de ton paysage intérieur, tu peux susciter sa
présence à tout instant. Commence par te convaincre de sa réalité, par
l'imaginer venant à ta rencontre. Établis une communication avec lui, bavarde
avec lui, parle-lui de tes projets de culture, soumets-lui tes idées et écoute
attentivement ses réponses. Il te comprendra mieux que quiconque parce qu'il
fait partie de toi. Il a tout son temps quand il s'agit de toi, il est ton
allié. Alors que, moi, je te livre les rudiments du jardinage mental, il t'en
enseignera les raffinements.
S'il ne t'est jamais arrivé de l'apercevoir, tu croiras peut-être que je te
raconte des fables? Je ne saurais t'en blâmer. Je sais que cela peut paraître
étrange. Cependant, tente l'expérience, fais-le pour toi! Marche doucement dans
ton jardin afin de localiser le Grand Maître Jardinier... N'aie pas peur! Il est
toute bonté, toute compréhension. Il te démontrera que tu possèdes en toi toutes
les réponses, toutes les solutions, toutes les connaissances dont tu as besoin.
Plusieurs personnes se sont prêtées volontiers à cet exercice de visualisation;
très sceptiques au début, elles sont, malgré tout, parvenues à provoquer cette
heureuse rencontre. Elles admettent aujourd'hui ne retirer que des bienfaits de
l'enrichissant échange auquel elles s'adonnent avec le Grand Maître Jardinier.
Il m'est toujours agréable d'entendre ou de lire ce genre de témoignage; la
diversité des descriptions me plonge dans une fascination sans cesse renouvelée.
Après avoir lu les quelques extraits qui vont suivre, tu voudras certainement
apprivoiser ce compagnon familier qui vit en toi. Peut-être m'écriras-tu, un
jour, toi aussi, pour me faire partager ces instants uniques!
CAROLE:
« C'est extraordinaire! Je l'ai rencontré après seulement trois ou quatre
tentatives. Je n’y croyais absolument pas et pourtant, c'est vrai, ça marche! Je
me suis juste laissée aller et soudain, il était là. Je crois que j'avais un peu
peur... mais ça n'a pas duré longtemps. Son sourire était si bienveillant! Je
lui ai demandé son nom et il m’a dit : Nassim. Ça n’a vraiment rien à voir avec
un rêve, je sais que je ne dormais pas. Je le rencontre souvent maintenant, à
vrai dire, chaque fois que j'en ai envie. »
DIANE :
« Dans mon cas, c’est une femme, qui m'est apparue. Une femme tout à fait
semblable à moi, comme une sœur jumelle ou un reflet de moi-même dans un miroir.
Chaque fois que je la rencontre, elle porte des vêtements semblables aux miens
mais ils ont plus de transparence. Elle m'a dit qu'elle personnifiait ce qu'il y
de plus beau en moi, qu'elle était mon double; elle m'aide beaucoup à rehausser
mon estime de moi et ma confiance en moi, car, voyez-vous, je la trouve vraiment
très belle. Partout où je vais, je sais qu'elle m’accompagne.
Avec le temps, j’ai développé un petit truc et je suis convaincue que l’idée me
vient d’elle : quand je dois faire face à un client qui m’intimide ou dès que
j’éprouve la moindre crainte de ne pas être à la hauteur d’une situation, je
charge cette partie de moi de régler le problème à ma place (je la surnomme DD
pour double-Diane). C’est donc DD qui rencontre ce client ou qui s’acquitte des
tâches qui me pèsent. Elle ne refuse jamais! Le plus cocasse, c’est que
lorsqu’une transaction réussit, c’est elle qui me félicite!
Chose certaine, plus question de solitude pour moi. »
DOMINIQUE:
« Quand je visualise mon jardin, je me vois souvent assise sur l'herbe, au bord
d'un étang. Il est arrivé à mes côtés, tout doucement, sans même que je l'aie
cherché. Il est vêtu d'une tunique blanche et porte une barbe. Ses yeux sont
magnifiques. Ce qui me fait le plus de bien quand il est là, c'est la sérénité
qu'il dégage. Il est d'une patience! Je n’arrête pas de lui dire que je l'aime
parce qu'il m'a expliqué que l'aimer, lui, c'était m’aimer moi-même. Je me
demande comment j'ai pu l'ignorer aussi longtemps. »
JEAN-LUC:
« Il a l'apparence d'un très vieil homme, sa sagesse est incomparable. Il sait
vraiment tout. Quand je lui soumets un problème, il me sourit et il pointe son
doigt vers quelque chose de beau dans le jardin. Chaque fois, c'est exactement
la solution que je cherchais. C'est difficile à expliquer, il ne parle pas avec
des mots, il s'exprime par les images qu’il me désigne ou par des expressions
faciales, mais je le comprends très facilement. Il m’a, en outre, fait découvrir
les délices du silence que j’avais toujours fuis jusqu’ici. »
VICTOR:
« J'étais tellement incrédule lorsque je l'ai vu, la première fois, que j'ai
quitté les lieux en abandonnant ma séance de visualisation. Puis, j'ai essayé de
nouveau quelques jours plus tard. Il était toujours là. J'ai eu l'impression
qu'il n’avait pas bougé. Il se tenait à une extrémité du jardin alors que je me
trouvais à l'autre. J'étais comme paralysé par la surprise. Il a attendu que je
lui fasse un petit signe de la main avant de marcher lentement vers moi. Il est
exactement comme mon grand-père, discret, généreux, à l'écoute… avec quelque
chose en plus. Depuis que je l'ai accepté, ma vie a changé. Je lui fais
confiance à cent pour cent. Il y a tant d’amour dans son regard! »
HÉLÈNE:
« J'ignore de quel sexe il est, mais c'est un être tout à fait charmant! Un
elfe, un petit génie très espiègle, qui m'aide à combattre ma peur du ridicule.
Il gesticule et fait des pirouettes comme un clown. Nous rions ensemble, assis
sur une grosse roche, les pieds dans l’eau du ruisseau. J'étais en brouille avec
mon frère depuis très longtemps, je n’arrivais pas à lui pardonner certaines
choses du passé. Sur le conseil de mon bon génie, j'ai invité mon frère dans mon
jardin et pendant que je lui exprimais franchement mes sentiments, il est
demeuré avec nous. Je n’avais jamais eu une telle conversation avec mon frère.
Je suis certaine qu'il m’a dicté les mots. J'ai répété ce scénario de nombreuses
fois avant de parler à mon frère dans la "réalité". Tout s'est arrangé, comme si
mon frère avait su à l'avance ce que j'avais à lui dire. C'est formidable de
pouvoir s'exercer de la sorte. On découvre les énormes capacités qu’on possède
et ça devient plus facile de devenir soi-même. J'adore ce personnage! Il
s’appelle Naoko. »
CLAUDE:
« Elle ressemble à une fée… elle se déplace silencieusement, comme si ses pieds
ne touchaient pas le sol. Elle est accueillante, douce et très gentille. J'ai
compris qu’elle représentait ce que je suis en profondeur. C'est un peu ma face
cachée ou mon ange gardien. Je vis en symbiose avec elle, je n'ai pas besoin de
parler, car elle sait absolument tout de moi. C'est incroyable tout ce qu’elle
m'a aidé à éclaircir dans ma vie! Oui, c'est véritablement un ange. »
GENEVIÈVE:
« Oui, je l'ai rencontré, plusieurs fois. Il est... comment dire? Il est
majestueux! C'est un chef indien superbement coiffé d'un long panache en plumes.
Un vrai géant! Il incarne la force et la maîtrise de soi. Il est si calme aussi!
Avec lui, je n’ai plus peur de rien. Tout me réussit depuis que je m'en suis
remise à lui. Je sens qu’il m'aime et qu'il veut mon bien. Il me parle
longuement parfois, puis il s'en va dans la forêt par un petit sentier.
Pourtant, je sais que si je le rappelais, il reviendrait aussitôt. »
Dès que le Grand Maître Jardinier se sera révélé à toi, dès que tu auras pris
l'habitude de le consulter et de suivre ses directives, tu ne pourras jamais
plus te sentir seul. Ouvre-lui bien grande la porte de ton cœur. Il est là, il
ne demande qu'à te servir. Il sera ton secours, ta sécurité, ta consolation et
ta délivrance.
DÉTERMINER LA SURFACE
Ton jardin, pour répondre à ton désir personnel, peut être minuscule ou immense.
Les symboles de la qualité de vie peuvent varier d'un individu à l'autre. L'un
délimitera un espace aux dimensions modestes et y cultivera tout ce qu'il
désire, l'autre aura des aspirations moins nombreuses qui exigeront plus de
surface. Prends exemple sur le producteur de fines herbes qui peut récolter
plusieurs variétés à l'intérieur d'un tout petit jardin ou sur celui qui se
spécialise dans la culture du mais dont la production s'étale sur tout un champ.
Les deux réussissent parfaitement et obtiennent ce qu'ils désirent. Or, si l'on
tente d'inverser leurs méthodes, on verra que le mais ne parvient pas à maturité
dans un espace trop restreint et que les fines herbes, si elles ne sont pas sans
cesse défendues contre les assauts d'une végétation plus robuste, se perdront
dans l'immensité d'un terrain trop vaste.
Je te recommande toutefois de voir grand même dans un espace limité. Je connais
des mères de famille qui ne veulent réellement rien d'autre dans la vie que la
réussite de leur mariage et une éducation valable pour leurs enfants. On peut
dire qu'elles possèdent plus ou moins d'espace à cultiver mais que leur culture
est spécialisée. Ces femmes, parce qu'elles atteignent leur véritable but,
connaissent le bonheur.
Par ailleurs, il est des gens qui ont commencé avec un jardinet et qui l'ont
agrandi avec le temps. D'autres encore qui ont préféré se lancer en grand dès le
premier jour. Pensons seulement aux détenteurs des plus grosses fortunes du
monde : les uns, partis de rien, ont amassé progressivement ce qu'ils possèdent
aujourd'hui et les autres ont décidé de prendre des risques énormes pour accéder
du jour au lendemain au monde de la haute finance. Qu'ont-ils en commun? Ils ne
sont ni plus intelligents, ni plus habiles, ni plus chanceux les uns que les
autres et certainement pas davantage que toi. Ils ont tout simplement su voir
grand dans leurs espaces respectifs.
Toi seul peux décider de la fraction de ton terrain devant servir à ton premier
jardin. Sachant qu'il t'est loisible de le doubler, de le tripler ou de le
centupler, tu n'as pas à craindre d'avoir pris la mauvaise décision. Je le
répète : tu disposes d'un champ infini.
Ce qui importe avant tout, c'est de visualiser avec netteté la surface à
cultiver. Imagine-la le plus clairement possible. Donne-lui une forme carrée,
rectangulaire, circulaire ou d'allure plus ou moins fantaisiste. Pense à
l'incliner sur une pente légère pour en faciliter le drainage, à le protéger du
nord par une forêt de grands conifères ou par une montagne qui se découpera très
haut à l'horizon.
Ajoute à ce décor tous les éléments susceptibles de te réjouir le cœur. Ton
pouvoir en ce domaine est illimité et tu peux en user à volonté.
Si les images sont floues au début, n'abandonne surtout pas. Peu à peu, elles se
préciseront; elles deviendront si claires qu'elles t'apparaîtront tangibles. Tu
croiras peut-être, alors, avoir pratiqué une sorte de magie… en définitive,
c'est bien de cela qu'il s'agit!
LE COMPOST
En jardinage, le compost est un humus dont l'apport organique est des plus
bénéfiques.
Il est très étonnant d'apprendre que le compost résulte d'un bon recyclage de
diverses matières décomposées. Il contribue à la régénération du sol et agit
directement sur la vitalité de toutes les plantes en libérant des
micro-organismes dont les bienfaits durent très longtemps.
Dans l'Univers, rien ne se perd jamais non plus, tout est récupéré et régénéré.
Lors de ta visualisation, prévois un emplacement commode pour la fabrication
d'un grand tas de compost. Comme tu l’as fait pour le jardin, détermine une
surface aux dimensions qui te semblent appropriées. Implante ce nouvel élément à
peu de distance du jardin car tu en auras souvent besoin.
Lorsque tu imagineras parfaitement ces deux emplacements dans ton esprit,
dis-toi que tu es sur la bonne voie et que tu es prêt à passer à l'étape du
grand nettoyage qui consiste à débarrasser ton jardin de toute matière
encombrante et inutile ayant pu s'y loger. Attaque-toi à cette tâche avec
courage car ce moment est crucial pour toi.
Que tu accomplisses ton travail en gardant ou non tes yeux physiques fermés, il
te faut ouvrir bien grands ceux de l'intérieur et regarder la situation bien en
face. Examine bien, une à une, toutes les facettes de ta vie actuelle et
rassemble tes outils pour la nettoyer à fond de tout ce qui t'empêche d'être
heureux. Prends ton temps, rien ne sert de tout chambarder d'un seul coup.
Procède par élimination en faisant preuve de discernement et de méthode.
N'oublie pas que c'est de ta vie dont il est question. Ne vaut-elle pas que tu y
consacres tout ton temps?
LE NETTOYAGE
S'il s'agit de ta première expérience en jardinage mental, ce qui est fort
probable, il va de soi qu'une panoplie d'outils de base te sera nécessaire. Tu
l'ignores peut-être, mais tu en possèdes déjà la majeure partie. Au matériel
dont je te donnerai l'utilisation, tu pourras, selon tes besoins particuliers,
ajouter d'autres accessoires.
Les outils sont les qualités essentielles à la réussite du Jardin du Cœur. Les
outils sont aussi tes propres talents que tu vas apprendre à développer et à
utiliser d'une manière créative.
Encore et toujours avec ton imagination, visualise l'excellent jardinier que tu
es en voie de devenir. Imagine une remise, un cabanon où s'entassent tes outils,
révise-les, fais-en un inventaire et en l'absence de l'un d'entre eux,
tourne-toi avec confiance vers le Grand Maître Jardinier. Donne-lui les traits
d'un sympathique commerçant d'outils, entre dans son magasin, questionne-le.
C'est un expert dont tu apprécieras l'assistance; il te conseillera
judicieusement. N'hésite pas à établir une relation avec lui, écoute-le. Il te
fournira tous les outils dont tu auras besoin; accepte-les et mets-toi à
l'ouvrage.
LES OUTILS
LA PIOCHE-VOLONTÉ

(PIOCHE : OUTIL SERVANT À CREUSER
ET À DÉFONCER LA TERRE)
Avant de faire place nette dans le jardin proprement dit, empoigne fermement ta
volonté et creuse un sillon pour en tracer le contour. La volonté, c'est, bien
sûr, vouloir quelque chose. Mais c'est plus que cela : c'est savoir ce que tu
veux et le vouloir à tout prix. C'est accepter de concentrer tout effort
physique ou mental sur ce que tu veux, c’est adopter l’attitude mentale
correcte.
Ton imagerie mentale doit contenir des scènes où, à l'aide de ta volonté, tu
creuses tout autour de l'emplacement de ton jardin la tranchée qui établira une
borne entre toi et les influences négatives provenant de ton entourage, des
journaux, de la télévision et qui ne tarderont pas à se manifester. Adopte un
rythme souple et régulier pour ménager tes forces. Te précipiter ne sert à rien.
En exerçant ta volonté, c'est-à-dire en creusant ce fossé protecteur, tu
consolideras ton esprit de décision.
Si tu te sais facilement influençable, il vaut mieux, pour un temps, t'abstenir
de confier tes projets à de tierces personnes dont l'incrédulité pourrait te
décourager. Fais comme mon ami, Maxime, qui me raconta un jour qu'il avait tenté
de nombreuses fois, et sans succès, d'arrêter de fumer. Bien qu'animé par son
esprit de décision, il ne résistait pas plus de quelques jours ou même parfois,
quelques heures. « Je suis chaque fois bien décidé, mais lorsque j'observe les
sourires sceptiques de mes amis, je perds peu à peu mon assurance. Je devine ce
que ces sourires signifient et je finis par admettre que mes amis ont raison,
que je n’y arriverai jamais. Alors j'allume une cigarette et je m'avoue vaincu.
»
J'ai alors suggéré à Maxime de creuser ce sillon autour de son jardin. À l'aide
de sa volonté, il a entamé différemment son processus de sevrage; il s'est coupé
des influences de ses amis, en se taisant tout simplement. Pendant quelques
jours, il a visualisé son travail en silence. « Chaque fois que l'entreprise
m'apparaissait trop ardue, je fermais les yeux et je me voyais, ma pioche à la
main. À chaque coup de pioche-volonté, je me répétais : "Je veux m'affranchir de
tout esclavage et ce que je veux, je le veux à tout prix." J'imaginais que ce
sillon m'isolait de toute influence pendant que l'eau de pluie emportait ma
faiblesse et ma dépendance. Je n'ai pas cessé de fumer le jour même, mais c'est
vraiment grâce à ce petit truc de la pioche que je me suis préparé à le faire.
Comme personne ne savait de quelle façon je travaillais, personne n'a été en
mesure de me communiquer aucun doute. Je visualisais intensément cette action,
supervisé par le Grand Maître Jardinier à qui je remettais mon paquet de
cigarettes et qui, en souriant, le lançait au compost pour moi.
Après quelque temps, j'ai renforcé mon affirmation en disant: "Je peux
m'affranchir facilement de tout esclavage." Imperceptiblement, ma consommation
de cigarettes s'est mise à diminuer et lorsque j'ai affirmé: "Je suis affranchi
pour de bon de tout esclavage", cela correspondait exactement avec la fin de mon
creusage (sevrage). Le sillon protecteur faisait le tour du jardin, j'ai regardé
mon oeuvre et j'ai pris une profonde respiration. Ce jour-là, j'ai abandonné mon
habitude de fumer et je n'ai plus jamais recommencé. Ce fut miraculeux, mes amis
n'en revenaient pas. Il m'a fallu exactement quarante-deux jours, mais ça valait
la peine. »
LA CHARRUE-HONNÊTETÉ

(CHARRUE : INSTRUMENT AGRICOLE SERVANT À RETOURNER LA TERRE)
Cet outil, s'il n'est pas le plus important, t'offrira les résultats les plus
visibles jusqu'à maintenant. C'est avec l'honnêteté que tu laboureras la terre
du Jardin du Cœur.
T'installer derrière ta charrue, c'est accepter de réduire en miettes les
vilains défauts et les habitudes néfastes qui t'ont tellement causé d'ennuis;
c'est accepter de voir l'honnêteté arracher, sectionner, déchiqueter, enfouir
tes manies détestables et tes attitudes négatives dont il ne subsistera que des
résidus.
Tu effectueras sans te hâter un premier labour pour anéantir, après les avoir
identifiées, les herbes envahissantes de la jalousie, de l'envie, de l'égoïsme,
du mensonge, puis un second, et un troisième si nécessaire. Car, en observant
bien, tu découvriras peut-être ici et là quelques broussailles que la charrue a
ignorées. En jumelant la détermination à l'honnêteté (tu peux aussi donner un
nom d'outil à la détermination, par exemple, la bêche qui sert également à
retourner la terre), attaque-toi à tout ce qui te déplaît dans ta façon d'être,
à ce qui reste des racines enchevêtrées de la complaisance, de l'hypocrisie et
de la mesquinerie.
L'exemple de Cassandra te sera sans doute utile: Cassandra était une ravissante
jeune fille de vingt-deux ans. Elle possédait tout dans la vie, beauté,
intelligence, aisance financière et nombreux talents. Pourtant sa vie amoureuse
n'était qu'une succession d'échecs. « Je ne comprends pas, me disait-elle, je
fais tout ce qu'il faut pour établir des relations durables, mais je ne
rencontre jamais la bonne personne. » Après avoir conversé avec elle, je
découvris qu'elle avait toujours voulu être actrice mais qu'elle avait dû
renoncer à ce métier pour de multiples raisons. Frustrée dans ses aspirations
profondes, elle ne pouvait s'empêcher de mentir sur son propre compte
lorsqu'elle rencontrait un homme qui lui plaisait. Elle inventait des scénarios
dont elle était l'héroïne et persistait dans ses petits mensonges jusqu'à ce que
se présente une situation où elle était démasquée.
Ces petites entorses à la vérité n'étaient pourtant pas bien graves, mais elles
suffisaient à entacher sa crédibilité auprès des personnes dont elle souhaitait
être aimée. Elle finit par admettre qu'elle mentait pour rehausser sa
personnalité et son estime de soi. Elle croyait devoir user d'artifices pour
devenir intéressante. Sur ma suggestion, elle ajouta l'honnêteté aux outils
qu'elle possédait. « Je visualisais parfaitement ce que je voulais, mais chaque
fois que je me heurtais à cette broussaille du mensonge, je me détournais du
Grand Maître Jardinier qui me désignait la charrue. Le pire, c'était d'admettre
que je me mentais à moi-même. Lorsque j'ai enfin accepté de la réduire en
miettes, cette habitude de maquiller la vérité est disparue. On peut dire que je
l'ai vue disparaître, littéralement. Je me répétais "Je laisse tomber tous mes
masques, je suis beaucoup plus intéressante en étant moi-même, je suis aimée
pour ce que je suis." Finalement, en acceptant l'idée que je pouvais être aimée
pour ce que j'étais, je me suis libérée.»
Il y a quelques mois, j'étais invitée au mariage de Cassandra. Elle avait fini
par comprendre qu'elle gaspillait ses bonnes graines en les semant dans une
terre dure et empoisonnée par le mensonge. Un bon labour et le tour fut joué!
Une fois ton jardin labouré, tu en évalueras mieux la taille et l'étendue. Son
emplacement se découpera parfaitement dans ton imagerie mentale; tu verras la
couleur foncée de la bonne terre et tu en humeras la fraîche odeur. Tu pourras
en prendre une poignée au creux de ta main et te rendre compte que tu manipules
ta propre matière créatrice. Souviens-toi que ce que tu vois se trouve à
l'intérieur de toi et que c'est toi qui subis présentement ces merveilleuses
transformations.
LE PIC-FORCE DE CARACTÈRE

(PIC : OUTIL SERVANT À DÉGAGER
LES GROSSES ROCHES ENFOUIES)
Très utile pour déloger les pierres solidement ancrées que sont la timidité, la
peur du ridicule, l'anxiété, les superstitions, le pic te permettra d'avancer
plus sûrement, de développer ta confiance en toi tout en te gagnant la confiance
des autres.
Tu as peut-être confondu jusqu'ici les soubresauts de ton tempérament avec
l'expression de ta force de caractère. Alors que ton tempérament renferme tous
les élans de ta personnalité, la force de caractère s'apparente davantage à la
volonté; elle en résulte directement. Avec ta force de caractère, tu parviendras
à équilibrer tes énergies entre la réflexion et l'action.
Il ne sert à rien de t'acharner à mains nues sur des éléments aussi coriaces.
Réfléchis, examine, localise l'ennemi et avec quelques bons coups de pic, tu
soulèveras les poisons qui t'intoxiquent le cœur.
Voici l'histoire de Nicolas : Nicolas avait toujours été un garçon timide. À
trente ans, il travaillait à vider des caisses, remplir des tablettes et
étiqueter des boîtes dans l'arrière-boutique d'un magasin de chaussures. Son
père, à qui appartenait le commerce, déplorait le manque d'ambition de Nicolas
qui, s'il avait seulement pu se débarrasser de sa gêne, aurait pu devenir son
collaborateur le plus précieux. Cette promotion que lui offrait son père lui
aurait permis de voyager, de rencontrer des gens intéressants et d'augmenter
considérablement ses revenus.
Lorsque son père me parla de Nicolas, il m'invita à dîner chez lui pour que je
puisse faire sa connaissance. Le pauvre garçon garda les yeux baissés pendant
tout le repas et ne prononça que quelques mots. Revenue chez moi, je mis sur
papier quelques formules et je lui téléphonai. Je lui expliquai que son
Subconscient était un jardin fantastique qu'il pouvait cultiver en silence, sans
qu'il fût nécessaire d'affronter les gens ou les situations. Je lui suggérai
l'utilisation du pic en lui faisant comprendre que sa timidité n'était en fait
qu'une grosse roche qu'un outil adéquat arriverait à soulever sans problème.
Perplexe, il accepta de s'initier à la visualisation et localisa mentalement la
pierre. Tous les jours, il se répéta : « Ma force de caractère déloge ma
timidité. »
Moins d’un an plus tard, alors que je flânais dans un centre commercial, quelle
ne fut pas ma surprise de voir se diriger vers moi un beau jeune homme,
souriant, détendu et très sûr de lui, qui me tendait la main! Tu l'auras deviné,
c'était Nicolas! Il me décrivit ses progrès après m'avoir invitée dans un café.
« Au début, je croyais mon père devenu un peu fou de vous avoir consultée, mais
je n’avais rien à perdre. Ma timidité, cette roche, elle était vraiment de
taille! Je ne croyais pas pouvoir la bouger d'un millimètre... Chaque jour,
pourtant, elle semblait diminuer de volume. Quand enfin, elle a été suffisamment
réduite, je m’y suis attaqué avec le pic. Elle a commencé par s'ébranler puis
j'ai réussi à la pousser hors de ma vue, hors de mon paysage mental. C'est un
véritable miracle! »
J'ai moi-même été étonnée par les images qui s'étaient imposées à lui. Jamais je
ne lui avais parlé de la taille exacte de cette pierre! « Vous m'aviez parlé, me
dit-il, du Grand Maître Jardinier... C'est drôle mais lorsque j'ai fait appel à
lui, il s'est présenté sous les traits de mon père; je lui ai tout de suite fait
confiance. Il m’a expliqué que ce que je prenais pour de la déception à mon
sujet n’était qu’un immense désir de me voir plus heureux. En lui décrivant mon
problème, j'ai réalisé que je le voyais énorme. Il m'a dit (enfin, j'ai cru
comprendre) que je n'avais pas à me tracasser, qu'il m'aiderait à l'éliminer. Je
suis convaincu que c'est lui qui m'a suggéré cette idée de réduire le volume de
la pierre. »
Nicolas, au moment de notre conversation, revenait d'un voyage en Italie où il
avait visité une importante manufacture de souliers et conclu, pour son père,
une affaire en or.
Tu peux jouer avec les images comme l'a fait Nicolas et tu verras peut-être tes
propres roches fondre comme glace au soleil.
LE RÂTEAU-PERSÉVÉRANCE

(RÂTEAU : OUTIL DE JARDINAGE SERVANT À ÉMIETTER LES MOTTES ET À NETTOYER LES
SURFACES)
Tout ce mouvement, ce bouleversement, que tu as fait subir au sol, a très
certainement ramené à la surface plusieurs débris de tes actions passées. À
l'aide du râteau, rassemble tout ce qui recouvre le sol en plusieurs petits tas.
Tiens bon! La persévérance, dont peut-être tu te croyais exempt, t'aidera à
débarrasser la terre de toutes les matières indésirables.
Cet exercice peut te paraître excessif mais il te permettra de passer plus vite
à la semence. Il importe pour toi de ratisser toutes les pointes d'envie, les
rancunes, les instincts de violence, les tendances à la calomnie qui jonchent le
sol, afin de t'éviter de les voir ressurgir au moment où tu t'y attendras le
moins. Il te serait difficile de les éliminer ensuite sans mettre ta récolte en
danger. Tous ces détritus, ne l'oublie pas, peuvent faire de nouvelles racines.
Prends donc encore un peu de temps pour t'en défaire.
Comme tu le sais, il existe une profusion d'outils de jardinage. Je pourrais
continuer à te les énumérer en y accolant les qualités correspondantes mais je
préfère te laisser ce soin et la liberté de choisir ton outillage pour les
besoins spécifiques de « ton » jardin.
Crois-tu avoir besoin d'une brouette? d'une pelle? d'une fourche? Possèdes-tu
déjà les qualités nécessaires à cet incroyable nettoyage de ta vie? Vas-y!
Utilise tout ce que tu as et procure-toi tout ce qu'il te faut. Le magasin
d'outils se trouve là, à l'intérieur de toi.
Je connais une gentille dame qui a identifié le calme à une brouette et la
patience à une pelle. J'ai trouvé son idée excellente. Voici ce qu'elle m'a dit :
« De toutes les puissances humaines, le calme est, sans contredit, la plus
grande. Enfin, c'est ce que je crois. Tout ce qui s’accomplit dans le calme
donne de bien meilleurs résultats. Je me sers donc très souvent de cette
brouette que je pousse près des tas de déchets que j'ai préalablement formés.
J'ai maintes fois constaté son extraordinaire capacité. C'est incroyable tout ce
qu’elle peut contenir! Sans elle, j'aurais posé des gestes aussi insensés
qu’inutiles. J'ai accompli beaucoup plus dans le calme, qui garde les idées
claires, que dans l'énervement, qui les embrouille de façon exténuante.
La première fois que j'ai pu visualiser cette brouette, il m'est venu à l'idée
de me servir d'une pelle pour la remplir. J'ai alors donné à la patience la
forme de cette pelle. Car il faut une bonne dose de patience pour exécuter ce
nettoyage dans le calme. Je me suis beaucoup amusée, finalement, à charger dans
ma brouette tous les éléments qui avaient, jusqu'ici, ruiné ou endommagé mon
jardin. »
Tu disposes déjà de quantité d'outils et il n'en tient qu'à toi d'en acquérir
d'autres. Fais par toi-même d'heureuses associations entre tes instruments de
jardinage et les qualités que tu possèdes déjà ou celles que tu désires
développer.
Courage! Fais comme cette dame, crache-toi dans les mains et pousse calmement ta
brouette vers le compost. N'hésite pas! Jette tout ce qui encombre ton espace
vital.
Tout finira par se recycler : ce petit désir de vengeance envers un membre de ta
famille? Au compost! Cette intolérance à l'endroit d'un enfant, d'un employé? Au
compost! Cette rancœur découlant d'un échec? Au compost! Toutes ces petites
tentations quotidiennes de te laisser aller à la paresse, au mensonge, à la
colère, à la supercherie? Vivement au compost!
Il te faut accepter de poser ce dernier geste de nettoyage et te tourner
dorénavant vers tes plus belles qualités. Chaque jour, tu t'apercevras que
l'abandon des mauvaises habitudes de penser créera un vide que tu rempliras avec
du meilleur et dans quelque temps, tu auras oublié tout ce qui était source de
chagrin, de tristesse ou d'angoisse. Tu pourras envisager ta nouvelle vie.
Considère-toi dès à présent comme un être neuf.
* * *
Chapitre 3
 |
LA QUALITÉ DU SOL
C'est
un fait reconnu : certains sols se prêtent davantage aux différents types de
culture. Il sera nécessaire de fournir au Jardin du cœur les apports et les
amendements indispensables à la réussite de ta vie.
À
cette fin, tu établiras la liste complète de tes priorités. Que souhaites-tu
obtenir, réaliser ou transformer pour être plus heureux? D'après cette liste, tu
enrichiras ton jardin intérieur pour le rendre plus fécond. Quel type de sol
convient le mieux à tel changement, à telle amélioration? Convertis mentalement
la terre de ton jardin en une disposition naturelle à recevoir la semence et à
la faire croître. Prépare-toi à amender la terre, mais aussi à recevoir en
conséquence.
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Quelqu'un qui désire se lancer dans la culture de la carotte verra, avant de
jeter la première graine, à ce que la terre contienne un juste pourcentage
d'argile, de sable, de calcaire et d'humus. Et bien sûr, il ne sèmera que des
carottes.
Nous
allons supposer que ton travail actuel ne te convient pas et que changer
d'occupation prenne une place importante sur ta liste de priorités. Que
feras-tu? Tu n'iras pas frapper à la porte du premier employeur venu. Tu te
demanderas honnêtement ce que tu veux faire et tu te concentreras uniquement sur
le genre d'emploi qui t'intéresse. Quelles sont tes aptitudes naturelles? Quel
domaine t'attire le plus? Quelles sont les activités que tu préfères? Où veux-tu
te retrouver? Au grand air? À l'intérieur? Sur la route? Dans un travail manuel?
Veux-tu créer ta propre entreprise? Quand tu sauras exactement ce que tu
désires, tu sauras immédiatement quel engrais il te faut ajouter à la partie de
ton jardin qui correspond au travail idéal pour toi. Tu ne perdras pas de temps
à poser ta candidature n'importe où, mais tu iras plutôt là où tu croiras
pouvoir dénicher cet emploi sur mesure.
Dans
ton cas particulier, l'engrais idéal sera peut-être les démarches pour étudier
dans le domaine qui t'intéresse ou un appel téléphonique à quelqu'un qui peut te
conseiller sagement ou te mettre en contact avec l'employeur potentiel.
L'engrais, ce n'est pas la récolte mais c'est l'élément majeur qui assure la
fertilité du sol. Renonce, une fois pour toutes, aux « essayages », aux « on
verra bien », aux « en attendant ». Tu n'as plus à attendre pour apporter ta
contribution à la société en accomplissant une tâche parfaitement adaptée à tes
capacités, tu n'as plus à attendre pour en retirer toutes les satisfactions et
tous les bénéfices. Souviens-toi que tu agis ici et maintenant.
LES
ENGRAIS
LA
FOI

C'est
le fertilisant par excellence, celui qui peut tout remplacer. La foi, c'est la
conviction absolue et enthousiaste, c'est la confiance inébranlable en la
réussite. Trouve en toi la meilleure façon de visualiser cet engrais. Peut-être
peux-tu imaginer un grand réservoir de foi qui sera toujours à ta portée,
imaginer que tu en prélèves une généreuse quantité dans un arrosoir et que tu la
déverses abondamment sur la terre; ou bien que tu relies un boyau d'arrosage au
réservoir. Imagine ensuite que la foi détrempe le sol, le nourrit, lui fournit
tous les éléments qui en activent l'énergie. La foi contribue à tout mettre en
mouvement dans la terre.
Le
semeur de carottes, dès qu'il prend la décision de faire pousser des carottes,
voit déjà sa récolte et il la voit en carottes. Il sait que la graine, même si
elle lui ressemble peu, contient déjà la carotte, qu'elle « est » la carotte. Il
ne nourrit aucun doute sur les résultats; il ne s'agenouille pas, les mains
jointes, pour demander à Dieu de faire pousser des carottes. Il fait confiance,
sachant qu'il a préparé le sol en conséquence, qu'il a fait tout ce qu'il
fallait faire.
Tu
n'as donc rien à craindre. Si tu agis correctement en respectant bien les règles
du jardinage, rien de ce que tu entreprends ne peut échouer. La foi te servira à
tout instant à partir de maintenant. C'est pourquoi je te recommande d'en
visualiser un immense et intarissable réservoir.
Je me
rappelle Sylvie, une jeune maman, qui après avoir entrepris de cultiver son
Jardin du Cœur, se retrouva un jour dans une situation misérable. Sans qu'elle
l'eût prévu, son mari la quitta, la laissant sans le sou. Elle avait deux
enfants en bas âge qui lui réclamaient tout son temps et n'avait pas travaillé
depuis son mariage. Sa première réaction fut de se décourager, d'aller demander
de l'aide à gauche et à droite, de se laisser paralyser par la panique. Je la
rencontrai alors qu'elle allait sombrer dans la dépression. Elle me confia qu'il
ne lui restait que dix dollars pour nourrir ses enfants dont l'un, qui venait de
subir une délicate opération chirurgicale, avait besoin de médicaments. «
J'ai tout perdu, on dirait que depuis que je cherche à améliorer ma vie, tous
les malheurs me tombent sur la tête. Tout va de travers, je me sens impuissante,
je ne sais vraiment plus quoi faire. Je suis inquiète pour mes enfants. » Je
discutai avec elle pendant un long moment, lui expliquant que c'était justement
dans ces périodes difficiles qu'il fallait faire confiance au Grand Maître
Jardinier.
Elle
se mit immédiatement au travail et imagina l'engrais qui redonnait vie à la
terre et à ses affirmations. Elle prononça : « Je suis libérée de toute idée
de limitation. J'ai droit, ici et maintenant, à une existence d'abondance. Mon
argent me rend indépendante et libre. Je sais comment multiplier mon bien. J'ai
trouvé la Source éternelle. Je crois fermement à ce que j'affirme. » Le
lendemain matin, elle demanda à une amie de rester avec ses enfants pendant
qu'elle allait à la pharmacie pour faire remplir l'ordonnance que lui avait
donnée le médecin de son petit garçon. Pendant qu'elle écoutait les
instructions du pharmacien sur la posologie du médicament, son attention fut
attirée par la technicienne qui travaillait au comptoir des cosmétiques et dont
le visage lui sembla familier; c'était une ancienne camarade de classe à qui
Sylvie avait rendu un grand service, plusieurs années auparavant.
Elle
apprit que cette personne était en charge du service et qu'elle avait un urgent
besoin d'une vendeuse. De plus, se souvenant du bien que lui avait fait Sylvie,
elle lui offrit de lui prêter tout l'argent qu'il lui faudrait pour tenir le
coup jusqu'à son premier chèque de paie. « Depuis ce jour-là, je ne crois
plus du tout au hasard. J'ai compris que la foi agissait sans le secours de la
raison. Je me voyais réellement en train de répandre mon engrais et, ce
faisant, tout m'est apparu très simple. Après ma visualisation, je savais
exactement ce que j'avais à faire et comment dépenser mes dix dollars. Je ne
doutais pas un instant que cette décision fut la meilleure dans les
circonstances. Mon petit garçon devait passer en premier, son médicament coûtait
9,99 $, il me restait un sou noir quand j'ai reconnu cette amie, derrière son
comptoir. Cela peut paraître idiot, mais je me sentais très riche. Ah! et vous
savez, c'était la première fois que j'allais à cette pharmacie; d'ordinaire, je
choisissais d'aller où ça coûtait moins cher. J’y suis allée parce que c'était
plus près de chez moi. Puis, le plus extraordinaire, c'est que j'avais toujours
secrètement désiré travailler dans le domaine de l'esthétique. Au bout d'un
mois, j'étais gérante du service. »
Chaque fois qu'une situation t'apparaît désespérée, redeviens un tout petit
enfant dont la foi est l'apanage. Quand tu possèdes la foi, tu deviens
tout-puissant!
LA
JOIE

La
foi et la joie vont de pair. En tout temps, donne libre cours à une joie
exubérante. Fais-t'en également une bonne réserve. Ce que tu exécutes dans la
joie, le rire, la fête attire à toi une multitude de bienfaits. La joie ouvre
toujours un canal à l'énergie positive.
De la
même façon que pour la foi, sers-toi de la joie pour irriguer ton terrain.
Utilise ton imagination et n'aie pas peur d'exagérer. Ta visualisation
t'appartient et toutes les fantaisies peuvent y prendre place.
J'ai
connu Charles, il y a quelques années, lorsque j'habitais à la campagne. Charles
était l'expression même de la joie de vivre. Il arborait en permanence un
sourire engageant, affichait un enthousiasme débordant et s'attirait de la sorte
une pléiade d'amis. Je le rencontrais régulièrement dans le cadre d'activités
communautaires pour lesquelles il se dépensait sans compter. Son attitude
m'intéressa et je pris l'habitude de bavarder avec lui. Après quelque temps, il
m'invita à prendre un repas chez lui, le dimanche suivant; il voulait me
présenter son épouse et ses enfants.
D'après ce que je savais de Charles, je m'attendais à me retrouver dans un
milieu plutôt bourgeois, sans problème, où la vie se déroulait dans la facilité.
J'avais commis l'erreur courante de me fier aux apparences. Charles et sa
famille vivaient pauvrement, dans une maison aux dimensions très modestes. Je
fus frappée par l'atmosphère détendue et joviale qui y régnait. Ce fut au cours
d'une promenade en compagnie de Charles et de Céline, durant l'après-midi, que
j'appris que deux de leurs quatre enfants étaient atteints de fibrose kystique.
Charles était sans emploi et menacé de perdre sa maison s'il ne payait pas
bientôt son hypothèque. Pour comble, le couple s'apprêtait à prendre sous son
toit la vieille mère sénile de Céline. Comment réussissaient-ils à tenir le
coup? Ce fut Charles qui m'éclaira : «Vous savez, chez nous, il n’y a pas de
règle très stricte de discipline, les enfants vont et viennent assez librement,
mais il y a une chose absolument obligatoire pour chacun d'entre nous: le
sourire. C'est notre secret... Nous savons que tout finit toujours par rentrer
dans l'ordre et nous nous sommes rendu compte qu'il est inutile de s'apitoyer
sur son sort. Nous essayons de tout prendre en riant et
finalement, ça redresse souvent la situation. Le soir, nous chantons tous
ensemble et ça nous libère du stress, nous oublions nos difficultés quand nous
voyons s'inscrire la joie sur les visages des autres. C'est très communicatif,
c'est magique et stimulant.»
Je ne
pouvais que les féliciter. Je leur parlai alors du Jardin du Cœur; je leur
expliquai qu'à leur façon, ils utilisaient l'un des meilleurs engrais. L'idée du
jardin leur plut au point qu'ils décidèrent de passer à la pratique consciente
du jardinage intérieur. Possédant le sentiment profond de la puissance découlant
de leur union, ils conjuguèrent leurs efforts et, chaque jour, dans une
visualisation commune, Charles et son épouse, main dans la main, à haute voix,
affirmèrent leurs convictions ainsi : « Nous sommes conscients que tout, dans
l'Univers, est source de joie illimitée et que cette joie est elle-même
dispensatrice des plus grands bienfaits dans notre vie. Tous nos problèmes se
résolvent par la force de la joie. » Comme je l'ai mentionné, Charles avait
beaucoup d'amis à qui il ne refusait jamais de rendre service. Au bout de
quelques semaines, Charles m'annonça qu'un important industriel, frère d'un ami,
lui avait offert un contrat d'ébénisterie. L'état de santé de ses enfants
nécessitant une présence constante, il avait obtenu qu'un petit atelier fût
construit sur son terrain et que tout l'outillage lui fût fourni. Quand vint le
moment d'accueillir sa belle-mère, celle-ci préféra se retirer dans une
résidence spécialisée. De plus, une voisine, infirmière à la retraite, offrit de
s'occuper des traitements des deux enfants, quelques jours par semaine, afin de
libérer un peu Céline.
Charles jouit à présent du niveau de vie auquel il aspirait. Ses talents
d'ébéniste sont reconnus et il est largement payé pour son travail. Son épouse
est retournée aux études et ses enfants se portent à merveille. Naturellement,
ils sourient plus que jamais!
Charles est un excellent exemple à suivre. La joie libère des tensions et des
crispations, la joie donne accès à la réceptivité. Prends l'habitude, dans ta
vie de tous les jours, de chantonner, de sourire à tout le monde, d'écouter de
la musique stimulant ton enthousiasme, de faire des lectures amusantes, de
visionner des films légers ou drôles, de prononcer des paroles optimistes en
tout temps. Sature ton quotidien de gaieté et de jovialité. Une goutte de cet
engrais déclenchera une réaction en chaîne dans ta vie. Plus le sol s'en
imbibera, plus la joie rayonnera autour de toi.
C'est
de ton jardin qu'il s'agit, donne-lui toutes les chances.
LA
CONSTANCE

Alors
que la foi est le fertilisant robuste, la joie l'engrais vivifiant, la constance
représente l'apport énergétique doux, c'est la vitamine essentielle de la terre.
Vivais-tu jusqu'à présent par secousses? Tes élans euphoriques retombaient-ils
dans une mer de réalisme dur où plus rien ne te semblait valoir la peine?
Passais-tu sans transition d'un état à un autre? Tout cela peut être dû à une
carence vitaminique à laquelle tu peux facilement remédier.
Grâce
à la constance que tu vas pulvériser sur le Jardin du cœur, tu parviendras à ce
que plusieurs appellent « le juste milieu ». La constance descendra sur ta vie
comme une bruine apaisante, elle dosera ta dépense d'énergie et te permettra une
ascension régulière vers ton plus grand but.
Tu
dois rechercher l'équilibre et viser l'harmonie. Si tu es de ces personnes dont
le moral fait des bonds prodigieux, dont l'enthousiasme joue aux montagnes
russes, qui s'emballent sur une idée ou un projet pour ensuite, et sans raison
apparente, abandonner la partie, donne un bain de constance à ton jardin. Si ton
existence oscille entre l'exaltation et la dépression, si elle est ponctuée de
contradictions extrêmes, procède à un épandage systématique de constance. Prends
l'habitude de bien répartir tes périodes d'activités et de repos, de travail et
de loisir. Affirme que la constance est installée dans ton quotidien. Bientôt,
tu ne craindras plus les brusques changements de température, ni les mauvaises
surprises qui en découlent. Car la constance est fondamentale, c'est grâce à
elle que tu prendras ta place dans le monde des vainqueurs.

Te
voici en possession des trois principaux fertilisants, ceux que, pour ma part,
je considère comme les plus efficaces. Rien ne t'empêche d'en créer d'autres.
Chaque engrais peut avoir son sous-produit que tu utiliseras selon tes besoins.
Une chose est certaine : plus le sol sera riche et fécond, plus la récolte sera
abondante.
* * *
Chapitre 4
 |
LES
SEMENCES
Tu as
véritablement pris le temps de préparer soigneusement le sol du Jardin du Cœur?
De le nettoyer en profondeur? De lui fournir les engrais indispensables? Il ne
fait alors aucun doute que tu constates déjà plusieurs améliorations dans ta
vie. La nature étant essentiellement généreuse, elle ne pouvait interrompre son
activité simplement parce que moi, je te suggérais d'attendre. Si je ne t'ai pas
révélé tout de suite que la visualisation à laquelle tu te prêtais constituait
en elle-même une semence, c'était, tu me pardonneras cette astuce, pour que tu
découvres la réalité immuable et le sens profond du rôle de ton Subconscient. La
démonstration se voulant toujours plus manifeste que les avancés théoriques,
j'ai voulu «démontrer» le principe que j'énonçais. Tu peux considérer
l'Univers lui-même comme un grand jardin dans lequel sont incorporés tous les
jardins, le tien comme le mien. La création ne s'arrête jamais et je tenais à ce
que tu en prennes facilement conscience.
|
Si tu
as bien suivi mes recommandations en te servant de tous ces outils qui portaient
les noms des qualités primordiales à développer, il est normal que tu te sentes
aujourd'hui plus confiant, plus calme, plus joyeux.
Je
t'ai fait travailler à ton insu et comme tu le réalises maintenant, tu as obtenu
des résultats. Tu peux en être fier et ce, malgré le fait qu'ils puissent encore
te paraître minces. Prends seulement conscience du pouvoir que tu peux exercer
sur ta propre vie par le simple fait d'éliminer certains états d'esprit et de
les remplacer par d'autres. Réfléchis aussi sur le fait que, tout comme la
terre, ton Subconscient agit également à son propre insu. Le Subconscient n'est
pas intelligence, le Subconscient est réponse, réaction impersonnelle. C'est
pourquoi tu peux vraiment croire que ni la terre, ni le Subconscient ne
commettent jamais la moindre erreur. Les erreurs n'existent que dans le choix
de la semence.
Il a
été dit que le Subconscient mettait environ vingt et un jours pour s'imprégner
complètement d'une pensée et qu'au premier instant, tout se mettait en branle
pour que cette pensée s'implante et devienne réalité. Si tu as effectivement
travaillé avec méthode et de façon régulière, tu te rends compte à présent que
ce délai de vingt et un jours est assez exact. Toutefois, il faut préciser que
cette valeur mathématique n'est pas absolue. Chaque personne évolue à son rythme
et ce rythme doit être respecté. Rien ne t'oblige à te confiner dans aucune
limite de temps même si cette | | |