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Page personnelle de l'auteur Luc Lemay

Le fils

Suivi par Le serment, roman, 164 pages.

 

 

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Aux portes de la mort, un homme revit en pensée les événements étranges, qui l’ont mené vers sa destinée. Du coup, les questionnements, les victoires et les défaites qui ont marqué sa vie, refont surface. Mais pendant ce temps, l’insolite, l’incompréhensible lui préparent une ultime surprise, un dernier cadeau, dont il ne sera pas le seul et unique adjudicataire.

 

Histoire intrigante où le passé devient présent, l’imaginaire plus que réel. La quête d’un homme, de tout homme, qui lutte désespérément afin d’obtenir le salut, le pardon, celui-là même qui permet de vivre ou de mourir en paix.
 

 

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CHAPITRE I

 

Je vais mourir. C’est fini, je le sais. Il est de ces certitudes qui nous assomment par leur simplicité implacable. Comme cet instant, cette fraction de seconde qui suit le coup de marteau qui rate sa cible et abouti sur une phalange. Juste avant que les terminaisons nerveuses n’aient accompli leur travail, relayant au cerveau les signaux qui déclencheront la douleur. Cet espace dans le temps, terriblement présent, pendant lequel on sait que l’on va souffrir. Oui. Je sais. Je vais mourir.

Depuis près d’une heure, un jour, une éternité, mon corps a cessé de trembler. Les frissons incontrôlables qui, tout à l’heure encore, ébranlaient tout mon être, se sont éclipsés, comme pour me faire prendre conscience de l’inexorable. Je ne sens plus mes jambes. Mes pieds, qui élançaient horriblement, qui semblaient vouloir se détacher de mes chevilles, ne me font plus souffrir. En fait, je ne ressens rien, tout mon être ne luttant plus contre le froid qui l’envahit, le submerge, le force à capituler.

 

Et je reste là, adossé à ce bouleau, incapable du moindre mouvement, du moindre geste, utilisant mes dernières forces pour rester éveillé, regardant la neige me recouvrir lentement. Sentant venir la mort, je reste là, et je souris. Oui, je souris. Un sourire dérisoire et ironique, en repensant aux jours qui ont précédé cet instant. Ces évènements qui ont tracé le chemin à ce triste destin qu’est le mien. Je souris en pensant que je vais quitter ce monde, en pleine force de l’âge, gelé, comme un vulgaire quartier de bœuf, perdu dans la tourmente, à quelques centaines de mètres de la maison la plus proche.

 

Pourtant, j’avais tout prévu, en finalisant ce rêve un peu fou de passer la Noël, seul, en pleine forêt. Ce qui devait, à l’origine, n’être qu’une équipée sans histoire pour le coureur des bois amateur que j’étais, s’était transformé peu à peu en véritable équipée, stimulant mon imaginaire et fouettant ma nature aventureuse comme aucune de mes précédentes excursions en forêt.

 

Deux ans auparavant, j’avais découvert, au hasard de mes pérégrinations dans la région de l’amiante, ce petit lac, serti dans une vallée, au sommet d’une colline qui culminait à près de deux cents mètres d’altitude, à la végétation aussi luxuriante que variée, entouré de vieilles montagnes aux pentes plus ou moins escarpées. Ces montagnes, dont certaines étaient bordées de falaises rocheuses, et d’autres de doux dénivelés boisés, étaient toutes serrées les unes contre les autres, formant une cuvette au creux de laquelle les sources et les eaux de ruissellement donnaient naissance à un lac. Un tout petit lac de forme oblongue. Son eau légèrement trouble, mais saine, s’écoulait du côté ouest par un ruisseau qui dévalait les pentes, parfois abruptes de la colline sur laquelle il trônait. J’avais été séduit par ce cirque mi-rocheux, mi-sylvestre où le temps lui-même semblait s’être arrêté.

 

Coupé du monde extérieur, pourtant si proche, par les hauteurs environnantes, j’y retrouvais à chacune de mes excursions la paix et le bonheur de vivre. La fraîcheur et l’ombre dispensées par la proximité de l’eau et le feuillage touffu des arbres m’avaient, à plusieurs reprises, redonné la force d’affronter la chaleur torride qui régnait sur la ville en plein mois d’août, de même que les aléas de la vie de travailleur. Les nombreuses nuits passées à fumer et à boire du café près d’un feu de bois, dans un campement de fortune, mais confortable, installé dans une petite éclaircie sur une rive de cette étendue d’eau qui fait penser aux avens que l’on retrouve dans les déserts du Nouveau Mexique, avaient réveillé en moi ce besoin d’introspection dans le silence et la solitude.

 

C’est aussi au cours d’une de ces nuits d’été que me vint l’idée d’une fête de Noël, que je passerais en solitaire dans la blancheur bleutée de la neige vierge, sous les branches d’un sapin baumier. Une expérience quasi mystique, où l’homme, bardé de son expérience et de sa fougue aventureuse, ferait face à la nature dans ce qu’elle a de plus débridé, de plus sauvage et d’inhospitalier. Du moins, voulais-je me le faire croire, sachant fort bien qu’il ne s’agirait, en réalité, que d’une autre excursion, pareille à tant d’autres, mais dans des conditions climatiques différentes, nécessitant une préparation adaptée aux rigueurs de l’hiver. Mais, tout de même, l’idée de confronter la morsure du froid dans un environnement sauvage, mais familier, m’avait séduit au point de me préparer dès l’automne qui suivit, et qui fut l’un des plus longs et, sûrement, le plus chaud que j’eus connu.


 

 

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Au sujet de l'auteur     Biographie     Coordonnée

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Né à Montréal en 1958, Luc Lemay s'établit en Estrie à l'âge de trente ans. Animateur à la radio communautaire, il découvre par le biais de celle-ci le plaisir de l'écriture en rédigeant les textes des émissions qu'il anime. Par la suite, collaborateur pour un mensuel de Sherbrooke, germent en lui les prémices de ce qui deviendra son premier roman : Le Fils.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bonjour,

 

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Bravo!

 

 

Luc Lemay, Sherbrooke, Québec.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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