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L'écriture permet de restituer longtemps après des souvenirs enfouis qui furent douloureux.
C'est l’occasion de réfléchir et de s'expliquer.
Par la magie des mots reviennent alors le pourquoi de certains départs.
Émerge aussitôt comme une évidence un besoin de vérité, à travers des repères tout aussi douloureux qui permettent de mieux voir les ombres d'un passé disparu.
Partir loin, c'est aussi une envie de rencontre, de nouvelles envies d'aimer ou de partager des moments d'exception.
C'est aussi un besoin de paix, parfois de fête.
Cela peut être aussi le retour vers un Dieu pressenti et invisible.
Ces départs portent en eux de nouveaux adieux, avec leur envie de pleurer, puis d'oublier la souffrance qu'ils causent.
A l'arrivée, un intense besoin de penser à son propre parcours et de se souvenir de ce qui fût essentiel devient le ressort de la plume sur la page blanche.
Il reste à ordonner tous ces temps vécus et laisser parler la mémoire de ses
envies d'autrefois dans une longue promenade dans Beyrouth.
Avant-propos
L’écriture permet de restituer longtemps après des souvenirs enfouis qui furent douloureux.
C’est l’occasion de réfléchir et de s’expliquer.
Par la magie des mots, reviennent alors le pourquoi de certains départs.
Émerge aussitôt comme une évidence un besoin de vérité, à travers des repères qui permettent de mieux voir les ombres d’un passé disparu.
Partir loin, c’est aussi une envie de rencontre, de nouvelles envies d’aimer ou de partager des moments d’exception.
C’est aussi un besoin de paix, parfois de fête.
Cela peut être aussi le retour vers un Dieu pressenti et invisible.
Ces départs portent en eux de nouveaux adieux, avec leur envie de pleurer, puis d‘oublier la souffrance q’ils causent.
A l’arrivée, un intense besoin de penser à son propre parcours et se souvenir de ce qui fut essentiel devient le ressort de la plume sur la page blanche.
Il reste à ordonner tous ces temps vécus et laisser parler la mémoire de ces envies d’autrefois, dans une longue promenade dans Beyrouth. * * *
CHAPITRE 1 Envie d’écrire
La pudeur voudrait qu’on ne dise pas pourquoi on se décide un jour à écrire.
Il m’aura fallu attendre longtemps pour m’affranchir de cette pudeur.
J’ai aimé pendant dix ans un jeune homme devenu homme. Nous avons tout, tant partagé : des peines, des joies, des silences, des bonheurs, des coups de gueule.
Une tranche de vie comme celle qui fut la notre, je la souhaite à chacun, pareille, aussi forte et singulière. Rien n’est à retrancher, ni rajouter.
Et puis un jour, sans qu’on sache pourquoi, ni comment l’on découvre les premières absences, les premiers irrespects, les premiers mots qui blessent, les premiers regards lointains. Alors, soit il faut fuir l’histoire, soit la raccommoder du mieux qu’on le peut.
La fuite est principalement une peur, celle de ne plus avoir le bonheur. Tenter de raccommoder les passions ou les tendresses en naufrage risque d’éteindre à tout jamais ces feux qui embrassaient le cœur et le corps de chacun.
J’ai choisi la fuite.
Cette histoire d’amour inoubliable m’a longtemps fait penser dans ses derniers mois, dans ses derniers soubresauts, au sort du Liban.
Un trop plein de bonheur, un amour qui devient obscur, fou, et qui va mettre le feu mauvais à la vie qui continue.
Parce que mon amour je l’ai vécu ardemment, que lors de nos premiers émois, la radio que nous écoutions en permanence parlait de l’horreur libanaise en 1983, au moment de fuir cette grande passion, dix ans plus tard, je me suis persuadé que ce qu’il resterait de mon cœur vide, de mon âme désenchantée, ressemblerait à ce Liban trahi, bafoué, abandonné auquel j’ai si souvent pensé lors de temps heureux.
Pour cette raison, aux derniers feux de mon grand amour, j’ai voulu partir ce Noël 1992 à Beyrouth, tout seul.
Personne n’en a jamais rien su. De manière prémonitoire j’ai voulu une destination conforme à ma détresse d’alors : C’était Beyrouth et seulement Beyrouth. Sans le savoir j’allai mélanger les futures ruines de ma vie à celles d’une ville elle aussi meurtrie sans vraie raison, abîmée, lâchée, trompée.
Pour étrange que soit ce parallèle j’ai intimement et charnellement vécu l’espace de quelques jours ce naufrage individuel qui ne concernait personne d’autre que moi et ce naufrage collectif qui ne concernait au bout du compte que les Libanais.
Après tout ce temps, je sais que si je n’avais pas rattaché mon histoire à un moment d’histoire qui se déroulait alors, ces pages n’auraient pu être écrites
Les passions se sont apaisées, les déchirements ne sont plus que de profondes cicatrices, la paix, même douloureuse s’est imposée, en moi-même, et là-bas.
Ces deux lieux inégaux, vont s’épauler l’un l’autre même s’il est certain qu’à l’échelle d’une simple vie, la déchirure vécue, subie, équivaut à un conflit, une guerre pour une société.
Les ressorts humains en sont identiques : l’amour, la haine, l’indifférence, la croyance, et la souffrance en sont les principaux ressorts.
* * * Il est un point dont je suis certain, tous les pays, comme tous les êtres naissent de circonstances qui leurs sont inconnues, extérieures, étrangères.
Pour les pays, la mémoire de leur naissance s’est parfois perdue au fil du temps, et il ne reste en souvenir que les guerres, les invasions, les haines intérieures, les circonstances historiques.
Pour les êtres, le mystère de la naissance est aussi fort et ce ne sont que les hasards, les amours ou les rancœurs, les circonstances personnelles qui donnent sens à la vie.
Sur une échelle de temps qui leur est propre, tant les pays que les êtres, vont souvent vivrent pour des vies sans à coup, se fondant sur un don originel n’appelant aucune interrogation. Cette situation n’est qu’un état provisoire.
D’une certaine manière pays et individus ont des repères stables. Les doutes, les inquiétudes, les remises en cause qui peuvent être les leurs, ne dépassent pas cette harmonie originelle dans laquelle ils baignent. Ils n’ont pas fondé leur existence, mais la vive sans question essentielle, sans besoin d’approcher les fondements même du doute, de l’inquiétude, de la peur.
Puis, un jour, s’en s’y attendre, arrivent les accidents de l’histoire ou des vies. Ces accidents viennent alors mettre en cause les stabilités connues, et poser le bien fondé de ces absences de questions.
Alors, ces pays ou ces êtres frappés au cœur par des événements lourds et bouleversants vont prendre conscience que le don de la vie reçue est fragile, que le vent tourbillonnant de la mort possible, si proche dans les moments de crise, oblige à prendre à son compte l’instinct de survie, et à s’approprier la vie comme un territoire neuf.
Pour toujours, la différence entre pays, ou entre les êtres, viendra de là.
Certains savent plus que d’autres le prix de la vie.
Divorcé, père
de trois enfants, et grand père de quatre petits enfants, Marc Philippe TIETZ
est né à Nice (France) en 1952. Juriste de formation, il est diplômé de
l'Université de Droit, de Sciences sociales et économiques de Paris.
Marc Philippe Tietz est décédé quelques jours après l'édition de son livre. L'éditeur se fera un plaisir de lire et de répondre personnellement à vos courriels.
Adresse de correspondance électronique :
Bonjour,
Les valeurs éthiques de la Fondation littéraire Fleur de Lys privilégiant la liberté de tout auteur, dans le respect du lecteur qui fera sienne l'authenticité des émotions, des situations évoquées, conduisent à confier des écritures restées parfois longtemps secrètes.
L'absence d'enjeux essentiellement marchands est d'une telle rareté que la Fondation littéraire Fleur de Lys permet de dissocier écriture et argent et supprimer ainsi tout prix à des restitutions d'expériences, de vie, de bonheur ou de malheur.
La défense de la langue française est à ce point exemplaire au Québec, que seule cette province francophone du Canada pouvait se doter d'une Fondation littéraire telle Fleur de Lys.
Marc Philippe Tietz, Nice,
France.
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