Accueil  |  Auteurs  |  Titres  |  Genres  |  Livres gratuits  |  Nouveaux titres  |  Recherche  |  Nous joindre 

 

Pages personnelles de l'auteure Maryvonne Griat  1  2

 

Réminiscences

Nouvelles

108 pages.

 

6 X 9 pouces ou 15 X 23 centimètres

ISBN 2-89612-170-6

-

OBTENIR UN EXEMPLAIRE

Cliquez ici si vous êtes libraires

Papier : 24.95$ Can. ou 19,00 €

Numérique : 7.00$ Can. ou 5,00 €

 

Résumé Extrait Auteur

[ Retour ]

 

Arpentant les rues de Montréal, l'auteur nous laisse entrevoir ses voyages; les Alpes tant aimées se confondant avec le Mont-Royal apportent peu de relief à l'image de ses combats avec l'Ange du passé.

 

Toute son existence est restée en surimpression, en parallèle avec les regards jadis surpris qui hantent l'œil d'une auteure pourtant jamais désabusée, inspirée par une vie d'autant précieuse qu'elle fuit en filigrane de ses nouvelles que l'on souhaiterait, comme elle, retenir.

 

Le lecteur aura le loisir, assis au confort de la paix, de se promener dans ces pays – la nature comme le temps venant tout régénérer – n'ayant que l'apparence de cartes postales. L’auteur les a touchés du bout de l'âme, par un coin d’enfance, avec une tendresse blessée que chaque lecteur voudra rassurer et comprendre.

 

Dans le parcours de cette québécoise d’adoption, peut-être trouverons-nous la lumière pour vivre par-delà les souffrances.

 

L'auteur a tant connu les affres de l'après-guerre que l'exil lui a semblé, comme à certains de ses personnages, un ultime royaume. Les fantomatiques remparts ne firent que camoufler la flamme de cette bûche qui pèse au cœur des habitants de ses nouvelles.

 

Entrons dans son univers et partageons son enfance d’adulte.
 

Résumé Extrait Auteur

[ Retour ]

 

Résumé Extrait Auteur

[ Retour ]

EXTRAIT DE PREMIÈRE NOUVELLE

L’éternel éphémère

La vérité est rarement pure et jamais simple.

Oscar Wilde

Elle n’a plus personne à qui se fier; tout se dérobe, se modifie, finit. Elle avait eu un pays. Elle s’en était éloignée. Il n’existait plus. David, l’ami fidèle, le grand frère, retiré dans un coin de sa mémoire. Un jour, sa mère, qu’elle ne voyait plus depuis des années, était venue la chercher. À seize ans, Diane Greensteen quittait son village pour la première fois. L’ami, le pays, les Alpes qu’elle adorait, abandonnés pour toujours!

À peine arrivée à Montréal, sa mère était repartie la laissant seule à nouveau.

Et voilà que David revenait.

Transféré à Montréal par « hasard », il demandait à Diane de venir le chercher à l’aéroport. Elle ne le reconnaît pas tout de suite. Ce corps démesuré et ces cheveux coupés si court et devenus bruns. Cet homme qui roule des épaules, reluque les filles ne peut être celui qu’elle appelait avec tendresse « mon grand frère ». Est-ce l’armée qui l’a changé à ce point ? Les années ? Une déception amoureuse ? Puis en l’apercevant, il sourit. Ah! le sourire unique, Diane le reconnaîtrait entre tous.

Il avance, dépasse les autres voyageurs, et le cœur de la jeune femme bat plus vite. L’individu bâti en force qui vient vers elle n’est pas David. L’étranger crie son nom. Diane s’affole, elle a peur de ce visage tout à coup proche du sien, de la douceur de ces lèvres sur sa joue, de la puissance de ces bras qui la soulèvent de terre juste au moment où ses genoux flanchent. Elle se ressaisit à temps, lance un « Salut, toi ! » qui la surprend elle-même.

Diane est seule, aucun homme ne l’accompagne. « C’est fini avec l’autre, pense David. Elle est comme moi, elle se lasse vite. » Elle a toujours ses longs cheveux blonds lissés, semblables aux siens autrefois. Vêtue de jeans délavés, d’une blouse de soie verte qui va à ravir avec la couleur de ses yeux, il ne voit plus qu’elle. De nouveau, dans son sillage, elle l’entraîne.

La première fois qu’il l’avait vue, c’était il y a longtemps, le jour de ses neuf ans. Il passait dans une rue étroite et tortueuse où il n’allait jamais. La tête blonde de Diane illuminait le coin sombre d’une fenêtre. Elle habitait chez ses grands-parents, ne parlait à personne, David était souvent revenu dans la ruelle. Elle, derrière ses barreaux, lui, les mains dans les poches, ils ne se quittaient pas des yeux. La vie de Diane Greensteen était un mystère. Un jour, on prétendait qu’elle était orpheline, le lendemain, que ses parents l’avaient abandonnée bébé.

Un dimanche après-midi, sur la place du Marché où David flânait, elle était arrivée. Elle portait une sorte de tablier fermé dans le dos, avec des volants à la place des manches. Elle avait des sandales blanches aux pieds, un ruban dans les cheveux. Ses jambes et ses bras nus allaient librement dans le vent. Elle était si jolie, si légère quand elle n’était plus prisonnière de ces affreux barreaux! En passant à côté de lui, sans le regarder, elle avait murmuré: « Viens. » Il l’avait suivie. C’est ainsi qu’ils étaient devenus inséparables.

Le départ soudain de Diane, David aurait pu l’empêcher, deviner les intentions perfides de sa mère, l’enlever avant elle ! Cette femme aux prises avec ses propres fantômes…

Mais il n’avait rien pressenti.

Aspirée par le pays étranger, Diane ne donnait pas de nouvelles. Elle, disparue, David délaissait ses études, s’abrutissait de travail, allait de beuverie en beuverie. L’absence le ravageait. Avec les copains du service militaire, il se jetait à corps perdu dans la passion des femmes. Une tentative pour oublier l’adolescente mystérieuse.

Diane protégeait ses convictions d’Amour Absolu de la réalité adulte qu’elle accusait d’être une meurtrière de la beauté de la Création. Elle voyait en David, avec une frénésie effrayante parfois, le frère qu’elle n’avait pas et qui lui manquait tant. Elle l’étreignait à l’étouffer, le suppliait de jurer qu’il lui porterait secours, toujours. Brutale soudain, éperdue, elle le clouait au sol, et David promettait.

Ils ne riaient plus. Souverains d’un royaume exemplaire. Au jardin de rêves et d’éternité où nul autre n’existe, ils étaient à l’abri des adultes. Rien ne pouvait les abîmer. Les ombres silencieuses de la nuit ne s’abattaient plus sur elle quand David était là. De la fenêtre grillagée, Diane contemplait les cimes blanches des Alpes pendant des heures, psalmodiait: « Un jour j’irai vers elles. Un jour j’irai vers elles. » L’affirmation en était d’autant plus troublante que l’adolescente y allait aussi souvent qu’elle le souhaitait. Diane pleurait parfois sans raison. Son chagrin paraissait venir de très loin. Puis, sa peine cessait d’un coup. Sa joie revenait. Viens ! criait-elle. David la suivait.

Assis l’un en face de l’autre dans un bistro du centre-ville de Montréal, ils se regardent. David boit de la bière allemande, grille cigarette sur cigarette. « Tiens, il fume maintenant !), de penser Diane. Il s’exprime d’une façon différente avec elle et ne fait aucune allusion aux années qui les ont séparés. Il parle des montagnes sans les nommer. Il n’ose avouer qu’il ne peut lever les yeux vers la cime des Alpes sans évoquer leurs escapades d’autrefois. Ce qui les avait unis un jour n’avait plus de nom. Si au moins il la tenait entre ses bras pour murmurer à son oreille quelque confidence… Au lieu de cela, ils restaient là au milieu d’inconnus.

Diane parle peu, observe David à la dérobée. Quand enfin, il se tait, qu’il prend sa main et lui sourit, elle redécouvre ses traits familiers, son odeur et se sent rassurée, heureuse presque. Leur amitié est intacte !

Un mot… Une attitude. Une œillade, et tout s’écroule encore. Ulcérée, Diane le dévisage sans parvenir à lui trouver une ressemblance avec l’ami de jadis.

Diane entre sans bruit dans l’atelier de peinture converti en chambre d’amis. Le fauteuil où elle aime s’abandonner pour prendre du recul face à une toile a changé de place, une odeur masculine emplit l’air. David dort. Elle s’assoit sur le bord du lit. Le duvet sur le visage de l’ami d’enfance, c’est de la barbe aujourd’hui. Sous la masse des biceps, derrière cette invulnérabilité apparente, il y a, bien cachée, la fragilité de David.

Ce corps, telle une armure… De qui, de quoi a-t-il peur pour se blinder ainsi ? Diane éprouve soudain une immense tristesse. Elle voudrait trouver la faille qui lui permettrait de se frayer une voie jusqu’au véritable David.

Les cheveux et leur indéfinissable couleur tremblent sous ses doigts. Diane les hume, espérant y retrouver le parfum d’autrefois. Elle s’applique à examiner le moindre signe pour débusquer l’intrus, se souvient que David a une envie de café sur le mollet gauche, qui forme un triangle parfait. On va voir si c’est lui ! Elle tire la couverture en retenant son souffle. La tache a disparu ! Non… excessivement agrandie par la peau tendue, elle est bel et bien là, la tache, la preuve qu’il n’est pas un imposteur.

David bafouille en se retournant sur le dos. Elle aperçoit la dune sombre du bas-ventre, le sexe endormi, les cuisses énormes. Diane reste là à contempler chaque détail de sa peau, le creux humide des aisselles, les tendres plis de l’aine, là où elle sait que c’est inoffensif, là où elle le reconnaît. Il repose…Oui, tout à elle livré, nu, désarmé. Ce n’est plus son ami d’enfance qui dort dans ce lit trop étroit pour lui… C’est un homme séduisant qui la chavire. La métamorphose physique, Diane s’y est habituée, mais la nouvelle façon de penser de David, et ce rire… le même que celui des hommes quand ils parlent entre eux des femmes. Cela, le supportera-t-elle...?

Elle sort de la pièce sur la pointe des pieds.

David est partout chez lui. Diane se demande ce qu’ils font ensemble depuis des mois. Des cauchemars entrecoupés d’interminables heures d’insomnie ont pillé sa nuit. Elle avait mal partout comme si on l’avait rouée de coups. Un lointain tyran était revenu la hanter. Ombre géante sur les murs de son enfance. Haine et amour. Douceur et violence.

Incapable de dormir ou de lire, elle s’était surprise à attendre David, il était rentré à quatre heures du matin. Son odeur d’homme lui était parvenue, enivrante. Diane avait éteint la lampe de chevet. La chambre s’était laissé envahir de nuit. Sous la chaleur des couvertures, l’épiderme assoiffé d’étreintes, les lèvres haletantes, le désir s’était violemment imposé à elle. Attentive à la fureur de ses sens, Diane retient son souffle, vogue dans son rêve, s’y jette enfin tout entière. Libéré des interdits, son fantasme s’était assouvi de lui-même.

Résumé Extrait Auteur

[ Retour ]

 
Au sujet de l'auteur Biographie Coordonnée

[ Retour ]

Maryvonne Griat est née en France et vit au Québec depuis 1961. Elle lit et écrit depuis son plus jeune âge. L’écriture devient un exutoire lorsque ses parents la place dans un pensionnat à l’âge de huit ans, et que, souvent, les jeux des autres enfants l’ennuient. Elle cultive sa passion en secret : elle écrit dans sa tête! Des tonnes de romans qui ne verront jamais le jour...

À dix-huit ans, par l’entremise d’un ami d’enfance, elle fait la connaissance d’un chercheur d’or canadien qu’elle épouse moins d’un an plus tard. Elle découvre les grands espaces du Québec, ses lacs qui ressemblent à des mers, les roches qui révèlent des secrets millénaires, la bonhommie et l’hospitalité du peuple québécois : le rêve!

À vingt-sept ans, elle est mère de trois enfants, deux fils et une fille, qu’elle élève pour ainsi dire seule. Son conjoint est absent durant des semaines pour son travail d’exploration. S’occuper de ses enfants constitue pour elle une source de joie et elle s’y consacre avec enthousiasme. Très tôt, elle leur fait la lecture, d’abord des livres pour tout petits bien sûr, mais bientôt elle les initie doucement à la poésie. Les petits déjeuners du dimanche sont des déjeuners-poésie!

Les années passent. Elle étudie l’expression française, l’art d’écrire, prend des cours de scénarisation, bénéficie du programme de parrainage de l’UNEQ (élève). Elle continue d’écrire, de lire, de prendre soin de son petit monde et de réaliser ses rêves. «C’est une des grandes réalisations de ma vie que de m’appliquer à réaliser mes rêves !»

Dès l’âge de trois ans, elle affirme à sa grand-mère maternelle qu’un jour elle aura une ferme et plein d’animaux. C’est à trente et un ans qu’elle réalisera ce rêve en faisant l’acquisition d’une ferme de 120 arpents. Pendant douze ans, elle mène la vie pour laquelle elle sait être faite : simple, saine, vraie, où joies et chagrins donnent à la vie tout son sens, tout son prix. Ses enfants grandissent au grand air, l’espace et même une érablière d’une vingtaine d’arpents leur offrent un «terrain de jeux» idéal. Un livre relatant cette merveilleuse expérience est en cours d’écriture.

La maladie aura raison de cette passionnante aventure, et en signera le dernier chapitre. Amère? Pourquoi, il y a tant à découvrir en ce monde ! Le désir d’écrire longtemps enfoui en elle refait surface avec acuité. Elle publie des textes dans une revue féminine de Laval, des lettres ouvertes dans divers journaux et magazines. Et à cinquante ans, elle publie son premier roman écrit en collaboration avec le père de ses enfants de qui elle vit séparée. Une façon pour eux de divorcer en douceur. Une réussite dont elle est très fière.

Un autre de ses rêves se réalise en 1998 : elle fonde sa propre maison d’édition et publie trois livres l’année suivante, dont le sien, Une mort brève.

Des ennuis de santé et personnels l’obligent à fermer les portes de sa maison d’édition, mais... tout n’est pas fini, l’écriture et les livres existeront toujours!

Au sujet de l'auteur Biographie Coordonnée

[ Retour ]

 

Au sujet de l'auteur Biographie Coordonnée

[ Retour ]

Maryvonne Griat se fera un plaisir de lire
et de répondre personnellement à vos courriels.

Adresse de correspondance électronique :

maryvonneg@videotron.ca

Au sujet de l'auteur Biographie Coordonnée

[ Retour ]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cliquez sur les couvertures

Envoyer une carte virtuelle

avec la couverture de ce livre

 

Autre titre du même auteur

Cliquez sur la couverture

Cliquez sur la couverture

 

TOUS LES ROMANS

Romans

Policier

Suspense

Historique

Épistolaire

Jeunesse

RECHERCHE

Recherche par titre

Recherche par auteur

Recherche par genre

Livres gratuits

RETOURS

Accueil du site

Librairie en ligne

Maison d'édition

 

Cet auteur profite de notre offre Annoncer votre livre

Vous avez autoédité ou éditer votre livre à compte d'auteur,

et vous voulez l'annoncer

sur notre site.

Cliquez ici

 

© 2005 Fondation littéraire Fleur de Lys inc., organisme sans but lucratif.   favicon.ico