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Le poète anonyme, roman et poésie, Thaïs Barbieux, Fondation littéraire Fleur de Lys

[ Autre livre du même auteur ]

 

 
Le poète anonyme

THAÏS BARBIEUX

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Laval, Québec, 2008, 178 pages.

ISBN 978-2-89612-275-2

 

 

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Thaïs Barbieux,

St-Paulin, Québec.

 

 

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Le poète anonyme, roman et poésie, Thaïs Barbieux

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

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PRÉSENTATION

Le poète anonyme, roman et poésie, Thaïs Barbieux,

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

«Le poète anonyme» raconte l'histoire d'un homme improbable vivant dans un monde étrangement semblable au nôtre. Lunatique et timide, Thomas ne laisse parler son coeur en public que lorsqu'il enfile son chic deux pièces noir recousu et son vieux chapeau haut de forme. Poète ambulant, il vend ses poèmes romantiques dans les rues de Trois-Rivières. Porteur d'amour dans sa communauté, il a néanmoins beaucoup de mal à trouver une personne à aimer. À sa vision fantaisiste du monde s'oppose celle, terre-à-terre et aigrie, de son meilleur ami. Artiste marginal, Thomas questionne ses choix de vie et cherche la place de son monde farfelu dans cet univers.

Il apprendra à garder sa naïveté, l'espoir qui l'anime, et qui sait, peut-être à signer sa vie anonyme...
 

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EXTRAIT

Le poète anonyme, roman et poésie, Thaïs Barbieux,
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Introduction


Thomas adorait Trois-Rivières; il y était né, il y avait été déliquescent et finalement, il y avait trouvé la paix. Malgré le fait qu’on ne pouvait y trouver nulle part des falafels à emporter, jamais il n’aurait échangé la paisible ville contre toutes les lumineuses Athènes et les décadentes Babylone de ce monde-ci ou de l’ancien. Cette entité de briques et de bois était, en attendant il ne savait trop qui, son âme sœur. Cette patrie avait été la terre d’accueil d’un amour parental qui était pourtant né au Liban. Mais voilà qu’il avait du mal à s’y fondre; il s’en rendait chaque fois compte lorsqu’aux pharmacies, dépanneurs, clubs vidéo et autres nécessités vitales de ce genre, d’amples gestes des doigts de la part du caissier accompagnaient la diction du montant. C’est que malgré le métis, ou disons-le ainsi, « le bâtard » qu’il était, il avait l’air d’avoir le sang aussi pur qu’un Labrador au palais noir, descendant directement d’une lignée de rois Phéniciens. Seul détail qui trahissait ses origines royales d’un peuple de commerçants, sa maladresse à négocier un article même dans les ventes de garage de plus bas fond. On le traitait comme un étranger, alors qu’il pouvait obtenir sans grimacer, un parfait accent mauricien. Mais sa différence l’avait poussé à se cultiver et à goûter par mots les merveilles de l’Orient. Il était devenu Alexandrie et Bénarès, Égypte et Perse. Sa mère, déesse vivante de son existence, n’avait jamais coupé les ponts de l’Est. Et derrière ses verres en monture, sa démarche invisible et sa posture maigrichonne se cachait l’âme d’un poète. Un poète tel qu’il ne s’en faisait plus en ces jours obscurs. Et voici écrite, par une main innocente, la simple histoire de son œuvre.

 

 

Celles qui meurent
ont parfois trop aimé
et de leurs vies
n’ont que pleuré.

Mais ne meurent pas
celles qui n’aiment pas
et ont pleuré
de ne point vivre.

Car dans leur passage
n’ont pas même souvenirs
de mes mots amoureux de celles
qui pour une nuit devenaient immortelles.

 

 


Premières pages du chapitre 1
 

Même s’il n’avait jamais su dire s’il aimait ou détestait l’hiver, aujourd’hui, en sentant les rafales glacées fouetter ses joues et en constatant que s’il restait encore une minute de plus dehors, son foulard et ses narines formeraient bientôt une nouvelle forme de vie hybride, il en vint à dire, que l’hiver était sensas!


Premièrement, les enfants semblaient tout à coup évoluer d’une même humanité (autant que leur dégénérescence leur permettait) dans un monde qui, enfin, leur était fait sur mesure.


Deuxièmement, les inconnus en général affichaient leur humeur de Viking qu’ils avaient rodée déjà depuis l’automne et qui les rendait beaucoup moins affables, ce qui arrangeait Thomas et son incompétence sociale.


Et troisièmement, c’était la saison de patinage artistique.


Jamais l’hiver ne lui soufflait entre les branches le mot « paresse » avec un ton de reproche si estival. Il ne lui était pas étranger que beaucoup avaient un décalage annuel de 180 avec son emploi du temps. Mais sa conscience s’en accommodait très bien.


L’hiver, il aimait le passer à étudier le silence des mots. Il fallait prendre le temps d’écouter si on voulait entendre. Et cela lui était essentiel pour guérir l’assourdissement de l’été.
Et voilà notre Thomas mutant, montant l’escalier qui menait au perchoir du nid familial situé sur la courte rue Badeau.


En ce moment, il ne peut prendre conscience du fait qu’on le lit, puisqu‘avec une concentration d’horloger, il s’assurait de ne point trébucher sur les marches glacées. Et à vrai dire, il était mieux pour lui de ne pas savoir cela, car l’apprenant, ses cellules héroïques imploseraient et il se trans-formerait en homme sur qui il ne vaut même pas la peine d’écrire une phrase. Donc toute son anatomie, qui était visiblement dans le secret, s’assurait de son inattention permanente face à cette grande vérité trop perturbatrice.


Cet exploit réussi, de plus avec ce combat intérieur non négligeable, il entra chez lui, ou comme les autres lui répétaient sans cesse, chez sa mère.


— Je suis là! dit-il sans grande conviction.


Et sa mère telle une Doni, lui répondit de la salle à manger :


— Le souper est justement prêt Thomas!


Les soupers du mercredi soir étaient les plus déconcertants; plâtré de pâté végétal, sauce spaghetti aux pâtes ou compote de pommes à la cannelle. Mais en fait c’est parce que le mercredi c’était le groupe « enfant ». Tout était grumeleux, visqueux, sec ou détrempé. Mais Jelena était si fière de son groupe qu’il n’osait émettre des commentaires.


Sa mère, par dévotion ou nostalgie, ne jurait que par la cuisine collective des six groupes dont elle assumait la direction chaque semaine. Donc tous les soirs, ils mangeaient les plats préparés du jour et tout frais sortis du four. À part le mercredi, tout goûtait délicieusement bon. On y savourait les rires, l’amour et la fraternité apportés. Et afin de contribuer à ces repas santé, Thomas était chargé par sa mère de l’épicerie, ce qui était la moindre des choses!


Il déposa les sacs en vitesse pour aller se moucher et éjecter ce corps qui devenait de plus en plus étranger. Et c’est seulement lorsqu’il enleva ses lunettes embuées, qu’il aperçut dans les assiettes la torture qui l’attendait.


— Feuilleté aux épinards et champignons, dit Jelena. Tu aurais dû les voir cuisiner, à cet âge aucun enfant n’aime les épinards!


Et ça paraissait même à six pieds de la table!


— Tu as rencontré quelqu’un sur le chemin? demanda Jelena en prenant place à table devant Thomas.
 

 

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Le poète anonyme, roman et poésie, Thaïs Barbieux,
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BIOGRAPHIE

Thaïs Barbieux

 

Thaïs Barbieux est née le 8 janvier 1984 à Montréal. Son père est canadien et sa mère est européenne, d'origine romani (gitane), juive, sicilienne et berbère. Dès son jeune âge, ce métissage lui souffle à l'oreille des valeurs de compassion, d’ouverture et de justice, alimentées par le respect des cultures, de l'environnement et de la spiritualité qui est de mise dans son éducation.


Étant élevée dans une famille d'artistes, elle est amenée, avec son petit frère, à suivre ses parents lorsque ceux-ci se produisent sur scène ou dans les festivals partout au Québec. Sa mère est directrice de la Troupe Caravane, fondée en 1980. (Lauréat du prix de Création en arts de la scène en 2004 et du prix d'Interprétation en arts de la scène en 2008 au Gala Arts Excellence de Culture Mauricie.)


Sa famille voulant se rapprocher de la nature déménage dans un petit village de la Mauricie. L'intégration fut longue, sa marginalité se creuse. La danse devient pour elle un moyen d'expression.


À 13 ans, elle commence à faire le secondaire à la maison, ce qui lui permet de se développer outre les cadres imposés. De nature patiente, solitaire, timide et ordonnée, l'expérience de l'autonomie qu'apporte l'étude à domicile lui est bénéfique. Ce fonctionnement autodidacte marquera la plupart de ses projets par la suite.


Profitant du temps libre que lui donne son choix scolaire, elle s'initie à la musique en jouant des percussions et de la basse électrique. Bien qu'elle ait participé à plusieurs animations qu'offre la Troupe Caravane depuis qu’elle a 8 ans, c'est pendant l'adolescence qu'elle s'y implique totalement. Elle anime des ateliers de créativité auprès des enfants, joue du tambour de basse dans des animations carnavalesques, danse et joue de la basse et des tablas (des percussions originaires de l'Inde) dans un spectacle de musique et danse gitane «Fuego Bohemio».


Depuis 2005, elle porte le personnage de Cybèle pour divers spectacles et animations. Elle s'initie aussi au travail de marionnettiste pour exécuter une danse de quatre bras dans le spectacle «Sinti Familia».


Parallèlement, elle découvre l'univers des Mandalas, un art sacré universel, qui colore son cheminement intérieur. À 17 ans, elle fait ses premières expositions de peinture qui sont ses créations. Elle crée et réalise tous les modèles de ses 3 livres de Mandalas à colorier et propose des ateliers d'initiation aux Mandalas, n'hésitant pas à transmettre sa passion aux enfants.


Son beau-père musicien étant aussi luthier, elle met son habilité à contribution en peignant des motifs décoratifs sur les harpes celtiques depuis 2006 (Sylvain Chiasson, lauréat du prix Métiers d'art au Gala Arts Excellence de Culture Mauricie en 2007).


D'une polyvalence surprenante, elle ajoute une corde à son arc en commençant son cheminement dans le monde de l'écriture en 2002. Elle se passionne pour la mythologie en général, fait des recherches sur la quête du héros. Ayant toujours été une lectrice assidue, elle se penche davantage sur les textes classiques de la littérature. Les langues et les religions la fascinent. Le fantastique l'appelle.


En 2004, elle écrit le conte «La reine-louve» pour le spectacle de légendes et chants tziganes de Caravane «Les Fleurs de Fougères ». En 2005, elle rédige son premier roman “Le poète anonyme”. En 2007, elle termine une pièce de théâtre intitulée “La chute de Thésée” et entretient plusieurs projets d'écriture de romans à caractère mythologique, ce qui l'amène à réaliser un rêve de longue date. De fil en aiguille elle expérimente plusieurs types d'écriture, dont l'écriture en collaboration.


En 2006, elle suit un cours par correspondance, celui de «conseiller en médecine naturelle». Ce qui alimente davantage son intérêt pour les modes de vie alternatifs et de simplicité volontaire. Elle vit toujours à St-Paulin et travaille sur ses prochaines oeuvres.

 

Communiqué

 

Pour la première fois dans l'histoire de l'édition mondiale, paraît une anthologie de poèmes entièrement écrite par des femmes d'origine romani * (tzigane) et éditée par Hedina Tahirovic Sijercic. Intitulé "Like Water/Sar o Paj", le livre vient tout juste d'être publié en Inde par " The International Writers Association (Dev Bhardwaj)" lors de la 5ème édition du "International Writers Festival-India" à Jaipur (Rajasthan) en novembre 2009.

Huit femmes du monde entier ont chacune composé une série de cinq poèmes (en anglais et en romanès) sur le thème de leur vécu, leur vision et inspiration en tant que femme tzigane et nous avons le privilège et la fierté, moi-même (Sarah Barbieux) et ma fille (Thaïs Barbieux) d'être deux d'entre elles !

En automne 2008, nous avons été approchées par l'auteur/journaliste/conférencière  Madame Hedina Tahirovic Sijercic pour faire partie de cet audacieux projet.

Originalement écrit en français, ici même en Mauricie ou sur les routes du Québec, nos textes ont dus être traduits en anglais (grâce à l'aide de Suzan Searle et de Maxime Boileau) et par la suite être re-traduits en romanès par Ron Lee, puis acheminés vers l'Europe pour être finalement publiés en Inde...
 

Le voyage à l'envers de l' histoire de notre peuple d'origine, un retour aux sources !
 


"Like Water/ Sar o Paj/ "

(Comme l'Eau)

Auteurs:

Hedina Tahirovic Sijercic - Bosnie et Herzégovine
Yvonne Slee - Australie
Rasa Lee Sutar - États-Unis
Sarah Barbieux, Thaïs Barbieux , Lynn Hutchinson, Julia Lovell, Gina Csanyi- Robah - Canada

Traducteurs en langue romanès

 

Ronald Lee - Canada et Janardhan Pathania - Inde

Illustration de la couverture

 

Lynn Hutchinson - Canada

Poème couverture arrière

 

Mario Ines Torres (Lolo del Carders) - Mexique

N..B: * romani (tzigane, gitan, bohémien); adjectif de Rom

Source: Sarah Barbieux

 

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COMMUNIQUER AVEC L'AUTEUR
Thaïs Barbieux

 

Thaïs Barbieux se fera un plaisir
de lire et de répondre personnellement à vos courriels.

ADRESSE DE COURRIER ÉLECTRONIQUE :
thaiscaravane@yahoo.fr

 

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