Extrait
Chapitre I
Chevry-Cossigny
24 Décembre 2005
La neige tombe à gros flocons. La commune de Seine et
Marne, à trente kilomètres au sud-est de Paris est recouverte d’un
manteau blanc presque parfait. Sur la petite route sinueuse les rares
traces sont celles laissées par les conducteurs téméraires ou les
invités pour les fêtes de Noël.
Chevry-Cossigny n’est pas un bled, un « trou » perdu au
milieu de la campagne. Depuis quelques années les lotissements
fleurissent comme les pensées au printemps et gravitent autour de
l’ancien village. Cependant les immeubles en béton de plus de cinq
étages sont proscrits car la priorité est donnée aux espaces verts.
Les récentes constructions ne détruisent pas le charme
de ce bourg même si les anciens chevriards, enracinés dans leurs
habitudes, ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de ces nouveaux
habitants. Ils craignent une surpopulation avec tous les dangers que
cela comporte. Toutefois, au fil du temps, ils finissent par admettre
que le village est plus vivant et prospère.
La rue principale, nommée rue Charles Pathé en raison de
la naissance de ce dernier dans une maison occupée à présent par une
boulangerie, regroupe quelques commerçants comme pharmacie, bars,
fleuriste, coiffeur et restaurants. La mairie dont la façade a été
rénovée et l’église Notre Dame de l’assomption, édifice en partie
reconstruit au XIXème siècle, se situent au centre du bourg.
A l’entrée du village, la maison cachée derrière un
imposant transformateur électrique est le terminus pour le voyageur
fatigué par un long trajet en voiture.
Collioure-Paris n’est pas une sinécure par ce temps !
Sur l’autoroute, aucun problème mais les petites routes départementales
sont un vrai supplice, impossible de distinguer la route du fossé avec
cette neige épaisse.
Après deux frappes vigoureuses, la porte s’ouvre et Rose
saute au cou de son mari.
– Luc enfin !
Elle est arrivée la veille pour aider sa sœur aux
préparatifs de la soirée de Noël en famille. C’est une tradition, un
rituel crée par les parents et qui se perpétue par l’aînée des enfants,
donc par et chez Katia.
Le traditionnel sapin à dominante rouge et vert arbore à
sa pointe une étoile clignotante dont les reflets constellent d’or et
d’argent les murs et le plafond.
Au centre de la salle à manger, la table recouverte
d’une nappe assortie aux couleurs de l’arbre, accueille un service en
porcelaine blanche à liseré doré et des verres en cristal, brillant sous
la lumière d’un lustre à pampilles où est accrochée une carte souhaitant
la bienvenue à tous.
Chaque assiette possède une serviette lovée dans un
anneau recouvert d’une fleur de noël rouge au nom de chacun des
convives. Rien n’est laissé au hasard. L’harmonie est parfaite.
Avec l’arrivée de Luc, la famille est au complet. Ce
dernier, ragaillardi par un whisky soda, se met au piano et tous
entonnent « Il est né le petit enfant ».
Un à un, les enfants se frottent les yeux et baillent à
qui mieux mieux en descendant l’escalier. Ils découvrent, émerveillés,
les présents amoncelés sous l’arbre.
L’ambiance est chaleureuse et émouvante. Toute la
famille chante le traditionnel « Petit Papa Noël » accompagnée du disque
de Tino Rossi. Puis les enfants sont autorisés à ouvrir leurs cadeaux.
C’est un régal de voir leurs visages illuminés devant la
pile de paquets! Les robots, voiture téléguidée, poupée parlante et jeux
vidéo font un joyeux vacarme tandis que les adultes se rendent dans la
salle à manger pour le souper.
Les plus petits ont dîné avant de se coucher afin de
jouer tout à leur guise au moment de la découverte des cadeaux.
Katia aime cette atmosphère aux senteurs de mandarine et
de pin mélangés, cela lui rappelle tant les fêtes d’antan avec ses
parents ! Une larme coule sur sa joue. Elle poursuit tant bien que mal
la tradition, mais sans eux ce n’est plus pareil et sans…
A quoi bon… Je ne peux plus rien changer…
Après un succulent repas, elle demande à Peter, son
beau-frère, d’ouvrir une bouteille de champagne. Il verse le breuvage
pétillant dans les coupes. Elle lève la sienne, avec une petite
hésitation, puis propose un toast :
– Joyeux Noël à tous ! Que ce moment soit toujours un
bon souvenir quoi qu’il puisse arriver dans la vie !
Rose est inquiète en entendant cette phrase. Que cache
cette tirade mélodramatique ? Ce n’est pas du tout le genre de sa sœur
de telles paroles !
Katia boit une gorgée, puis tout le contenu et… vacille…
s’écroule.
Maxime se précipite et soulève le corps inanimé de sa
femme :
– Non ! Katia non !
Toute l’assemblée est médusée ! Les invités posent leurs
verres. Un vent de panique se répand dans la maison.
– Le champagne est empoisonné !
Peter s’écrie :
– Arrêtez de dramatiser ! Vous voyez bien que je suis
vivant et vous aussi ! Katia a juste un malaise, la fatigue sans doute.
Maxime appelle le médecin de famille. Ce dernier est
absent, le répondeur débite son message habituel en cas d’urgence.
C’est le chaos dans l’esprit de Maxime, ses gestes sont
saccadés, il n’arrive pas à réfléchir.
Rose appelle les pompiers.
Ils tentent de ranimer la jeune femme, en vain. Aucun
signe pathologique visible n’explique ce décès. Ils sont décontenancés.
Ils avisent le mari que la police doit être prévenue dans un tel cas.
C’est la consternation dans la maisonnée. Les enfants
sont conduits au premier étage afin de les préserver du désolant
spectacle.
Seule Mégane reste près de son père totalement effondré.
Elle ne peut pas m’abandonner ainsi ! Ce n’est pas
possible ! Elle est juste inconsciente ! Elle va se réveiller, je suis
sûr qu’elle va se réveiller ! Elle doit se réveiller !
Peter et sa femme, Annie, tentent de le réconforter mais
il se jette désespérément sur le corps de son épouse.
– Viens Maxime, La police ne va pas tarder et les
pompiers devront l’emmener…
– Je ne veux pas qu’elle sorte de la maison ! Je veux
qu’elle reste avec moi !
– Sois raisonnable, pense aux enfants… Ils vont avoir
besoin de toi…
J’ai déjà perdu ma première femme et maintenant Katia…
Pourquoi le sort s’acharne-t-il ainsi sur moi ?
Il se souvient…
Au sujet de
l'auteur
Auteur
membre
de la Fondation littéraire Fleur de Lys
 |
Née le 20 Août 1946 à Montigny-les Metz, Moselle
– Lorraine – France. Mariée, quatre enfants :
deux fils et des jumelles. Sept petits-enfants
dont les trois aînés sont à l’école militaire du
Prytanée à La Flèche. Titulaire d’un
baccalauréat technique : commerce et
comptabilité. A fréquenté le conservatoire de
musique de Metz.
Artiste
peintre amateur depuis l’âge de quatorze ans.
|
Début
comme aide comptable dans une compagnie d’assurance, puis secrétaire
dans une autre société du même genre, secrétaire de direction pour une
compagnie bancaire et enfin fonctionnaire des postes après un arrêt de
dix ans pour élever ses enfants.
A
présent à la retraite ce qui lui permet de se consacrer à l’écriture.
Premier roman : « Les trois dames » publié en juin 2005 par La Fondation
littéraire Fleur de Lys à Montréal.
Blogue de l'auteur
Associations
littéraires :
Fondation littéraire Fleur de Lys
Écrivain Avenir
Rue des auteurs
Autres livres du même auteur :
La tatouée de l'île d'émeraude
C comme quoi

Le libre arbitre d'Alice
Communiquer avec l'auteur
Madame Violette Wawerinitz-Ruer se fera un plaisir de lire
et
de répondre personnellement à vos courriels.
Adresse
de correspondance électronique :
violetteruer@msn.com
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Appréciation de la
Fondation littéraire Fleur de Lys par l'auteur
Bonjour,
De nos jours, éditer un livre par la voie
traditionnelle est trop souvent hors de prix. Selon
ma propre expérience : montants compris entre 1800
et 5200 euros. Les éditeurs profitent de la
situation et c'est simplement scandaleux. D'autres,
ne se donnent même pas la peine de lire le
manuscrit.
J'ai été agréablement surprise par l'accueil de la
Fondation Fleur de Lys. Les réponses aux mails sont
rapides. Les conseils sont judicieux. Le travail
d'édition très sérieux et la rapidité de l'édition
me font recommander chaleureusement cette Fondation.
L'ambiance est amicale.
Je ne peux que me féliciter d'avoir adhéré à la
Fondation littéraire Fleur de Lys.
Cordialement
Violette Wawerinitz-Ruer,
Brie Comte Robert, Seine et Marne, France.