Plan d’affaires pour réaliser
l’indépendance du Québec
tout en conservant notre part du Canada
Fondation littéraire Fleur de Lys
Voici mon testament
politique, un plan d’affaires pour réaliser
l’indépendance du Québec. Après plus d’une
cinquantaine d’années d’implication en
politique, j’en arrive à la conclusion que
faire l’indépendance du Québec, c’est aussi
et surtout faire l’indépendance d’une partie
du Canada. Je conclu également que ce projet
de pays ne saurait se réaliser sans le
leadership de nos régions. J’invite ces
dernières à réclamer à l’Assemblée nationale
le statut d’états régionaux avec tous les
pouvoirs et toutes les ressources
nécessaires à leur développement dans tout
projet d’indépendance du Québec. Je propose
à nos régions de “refonder” le Québec pour
en faire une république indépendante
d’États régionaux fédérés.
Note de l’éditeur
Dans la première version de son « Plan d’affaires
pour réaliser l’indépendance du Québec tout en
conservant notre part du Canada », Me Guy Bertrand,
à l’instar de la très grande majorité des
indépendantistes, concentrait tous ses efforts sur
les différentes options nationales pouvant sortir de
l’impasse le projet de pays. Son plaidoyer met de
l’avant des propositions très intéressantes dont le
sort demeurait exclusivement entre les mains des
partis politiques provinciaux et de l’Assemblée
nationale.
À titre d’éditeur, il me revenait de soulever une
question, une seule : comment le redémarrage du
projet d’indépendance pouvait-il provenir des
instances politiques nationales compte tenu du
manque de crédibilité dont elles souffrent dans
l’opinion publique ? Fonder la relance de
l’indépendance du Québec sur une basse nationale
vertement critiquée par une majorité au sein de la
population ne nous apparut plus aussi logique qu’à
la première lecture.
La recherche d’une base plus solide et plus libre
s’imposait. D’où pouvait bien provenir la relance du
projet d’indépendance ? Qui pouvait bien inciter nos
partis politiques provinciaux et notre Assemblée
nationale à se pencher à nouveau sur le projet ?
La réponse saute aux yeux : les régions ! Lorsque la
politique du haut vers le bas a atteint ses limites,
il faut révolutionner la situation, c’est-à-dire
procéder du bas vers le haut. Quoi de plus logique
que de revenir à la base même du Québec, à ses
régions.
Le plan d’affaires pour réaliser l’indépendance du
Québec proposé dans ce livre par Me Guy Bertrand ne
sera réalisable que si les régions en assument
pleinement le leadership. Ainsi et seulement ainsi
pourront-elles lier à jamais l’indépendance du
Québec au développement régional et obtenir tous les
pouvoirs et les ressources nécessaires pour ce
mandat.
L’appel de Me Bertrand se résume en ces mots : «
Pour les instances nationales, l’heure n’est plus à
parcourir le Québec à la sauvette. Elles doivent
plutôt se préparer à partager la gouvernance du
Québec indépendant avec les régions. Et pour nous
tous, simples citoyens, l’heure est venue de nous
impliquer dans nos régions respectives pour
parachever le pays québécois sur une base stable et
solide capable de supporter toutes nos aspirations
régionales sur laquelle reposera notre destinée
nationale, notre pays. »
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
Plan d’affaires pour réaliser
l’indépendance du Québec
tout en conservant notre part du Canada
Fondation littéraire Fleur de Lys
EN RÉGION
Municipalités régionales de comté (MRC)
« Une MRC regroupe toutes les municipalités d'un même territoire
d'appartenance formant une entité administrative qui est une
municipalité au sens que l'entend la Loi sur l'organisation
territoriale municipale. Elle est constituée par lettres patentes
délivrées par le gouvernement. » « Le conseil de la MRC se compose
du maire de chaque municipalité locale dont le territoire est
compris dans celui de la MRC ainsi que de tout autre représentant de
ces municipalités, selon ce que prévoit le décret constituant la MRC.
Si le préfet est élu au suffrage universel, il doit être ajouté à
cette liste. » On dénombre«87 MRC et 14 villes et agglomérations
ayant des compétences de MRC. »
Gouvernement du Québec.
Conférences régionales des élus (CRÉ)
« Chacune des 21 conférences régionales des élus (CRE) est
l’interlocutrice privilégiée du gouvernement en matière de
développement régional pour le territoire ou la communauté qu'elle
représente. La CRE est une instance composée d’élus municipaux qui
s’adjoignent des représentants des divers secteurs socioéconomiques
et des communautés autochtones pour favoriser la concertation des
principaux intervenants et assumer la planification du développement
régional.»
Gouvernement du Québec.
À
l’attention des
Conférences régionales des élus
Il revient désormais aux élus municipaux et à leurs électeurs réunis
au sein des Municipalités régionales de comté (MRC) et des
Conférences régionales des élus (CRÉ) de prendre la relève du
leadership du projet d’indépendance du Québec afin de l’axer
principalement sur l’autonomie des régions et le développement
régional. Nous devons nous rendre à l’évidence que le succès d’un
Québec indépendant repose avant tout sur des gouvernements régionaux
autonomes, enrichis de tous les pouvoirs et de toutes les ressources
utiles au développement régional.
Comme le gouvernement du Québec reconnaît les Conférences régionales
des élus comme des « interlocuteurs privilégiés » « en matière de
développement régional pour le territoire ou la communauté qu'elle
représente », j’invite chacune des 21 Conférences régionales des
élus à user de leur pouvoir de recommandation en adressant à
l’Assemblée nationale du Québec une résolution en faveur de
l’indépendance du Québec conditionnelle au statut qu’elle souhaite
pour leur gouvernement régional et à l’obtention de tous les
pouvoirs et toutes ressources qu’elles jugent nécessaires au
développement de leur région dans un Québec indépendant.
Ces résolutions régionales fourniront à notre Assemblée nationale
une nouvelle source de motivation pour fonder le projet
d’indépendance du Québec sur une nouvelle base, sur sa base
naturelle, nos régions. Il faut donc espérer que ces résolutions
servent d’étincelle au redémarrage de notre quête de souveraineté.
Si nécessaire, comme je l’écris dans le texte suivant, il faudra
peut-être que nos régions procèdent à un survoltage en règle du
palier de gouvernement provincial.
Me Guy Bertrand
PRÉFACE
L’indépendance du Québec par et pour les régions
Invitation aux régions à prendre la relève du provincial
Il revient désormais aux régions de modeler l’avenir du Québec
puisque le gouvernement provincial (central) a atteint ses limites.
Le temps est venu de mettre fin à l’approche provincialiste des
partis politiques nationaux face aux régions, leurs élus et leurs
populations.
Visitées lors des campagnes électorales provinciales puis
abandonnées aux mains de députés et ministres devant se soumettre à
la ligne de parti provincial, les régions sont confinées ensuite à
un rôle de second plan. Contrôlées par le gouvernement provincial et
trop souvent soumises aux intérêts des partis politiques nationaux,
les régions ne recevront l’aide utile à leur développement que si le
gouvernement central la juge appropriée pour se maintenir au
pouvoir. Cette approche paternaliste empêche les régions de
s’assumer pleinement avec tous les pouvoirs et toutes les ressources
utiles à leur développement. Affirmer qu’un Québec fort dépend de la
force de ses régions ne suffit pas, il faut passer aux actes.
Malheureusement, il ne faut pas attendre du gouvernement central une
approche différente des régions dans un avenir prévisible. Et aucun
parti indépendantiste n’offre aux régions un partage juste et
équitable des pouvoirs et des ressources et encore moins
l’autonomie. Bref, nos régions sont condamnées actuellement à vivre
en éternelles adolescentes alors qu’elles font preuve depuis
longtemps de leurs capacités à s’affranchir comme des adultes
responsables.
Le changement pour ne pas dire la révolution viendra donc des
régions elles-mêmes. Le projet d’indépendance détaillé dans ce livre
reconnaît pleinement la capacité des régions à devenir des états
autonomes et à se fédérer pour fonder les états unis de l’Amérique
française (Certains préféreront la République du Québec, la
République québécoise française, les États fédérés du Québec voir
l’Amérique française ou une autre nom. Dans ce texte, l’expression
états unis de l’Amérique française se réfère aux États-Unis
d’Amérique uniquement pour illustrer la structure républicaine
proposée. Les modèles de l’Autriche et de la Suisse, peuvent aussi
nous inspirer.). L’indépendance du Québec est d’abord et avant tout
une affaire régionale, une démarche d’émancipation des régions. Car
le Québec n’ira jamais plus loin que ses régions veulent aller.
L’affirmation voulant que « l’avenir du Québec repose sur ses
régions » prend ici tout son sens. Il ne s’agit plus d’un simple
slogan, d’une politique d’aide régionale balisée par le gouvernement
du Québec, de subventions arrachées au provincial par les députés de
comtés ou les ministres délégués aux régions... Autrement, le Québec
indépendant ne changera rien pour les régions. Elles demeureront
sous l’emprise d’un gouvernement du Québec encore plus fort dans un
Québec uni, à l’image « d’un Québec fort dans un Canada uni ». Bref,
dans un Québec indépendant, nos régions ne doivent pas vivre ce que
le Québec vit actuellement avec le gouvernement fédéral.
Aussi, le Québec indépendant doit offrir beaucoup plus qu’une simple
décentralisation pour apaiser les aspirations régionales. Pourquoi
ne pas proposer à chaque région l’autonomie d’un état, avec son
propre parlement, son gouverneur et ses représentants élus au
gouvernement central fédéré ? Ce projet d’indépendance implique donc
de définir dans la constitution du pays le partage de tous les
pouvoirs avec les états régionaux, et ce, dans les moindres détails.
Et si le Québec n’accepte pas ce partage, il n’y a pas lieu pour les
régions de faire l’indépendance.
Par exemple, la gestion des ressources naturelles doit revenir aux
états régionaux et inclure une péréquation pour un partage équitable
avec les autres états. Notre expérience au sein du Canada nous a
donné une excellente connaissance du concept de « péréquation », une
formule de partage des richesses entre les plus riches et les plus
pauvres. Dans un Québec indépendant, il s’agira de définir notre
propre politique de péréquation et de l’appliquer entre nous au
profit des régions.
Nous connaissons également très bien le concept de « fédération »,
ses avantages et ses désavantages puisque le Canada nous en procure
aussi l’expérience. Dans un Québec indépendant, la constitution de
notre pays viendra fédérer les états régionaux à l’avantage de tous.
Évidemment, comme dans toute fédération, rien n’est parfait et des
problèmes surgiront, mais cette fois, ce sera entre nous et selon
nos propres aspirations communes que nous les résoudrons. Il n’est
pas question d’admettre une nuit des longs couteaux ou de maintenir
des statu quo dévastateurs. Nous savons fort bien qu’une fédération
se doit d’évoluer.
Dans ce partage des pouvoirs avec les états régionaux, tout doit
être sur la table pour solidifier les assises du Québec, nos
régions. Ainsi, on ne peut pas envisager que les impôts, les taxes
et les juridictions récupérés du Canada par le Québec soient
l’apanage exclusif du gouvernement du Québec. Autrement et une fois
de plus les régions se retrouveront dans la même position que le
gouvernement provincial actuel face au gouvernement fédéral
canadien. C’est en région que l’indépendance doit prioritairement
changer des choses.
Entre nous, au quotidien nous sommes davantage appelés à dire de
quelle région nous venons qu’à nous identifier comme Québécois. Je
suis Gaspésien, Beauceron, un « bleuet »… entendons-nous désormais.
« Rien de plus normal » diront ceux à la mémoire courte, car au
cours des années 60 à 90 l’affirmation nationale (« Je suis
Québécois ») prônait sur l’affirmation régionale. Personne ne peut
s’opposer aux bénéfices de cette affirmation nationale, de ce qui
nous définit et nous rassemble.
Aujourd’hui, l’affirmation régionale prend le pas sur l’affirmation
nationale. Ce changement n’a rien d’anodin. Il témoigne de
l’évolution du peuple québécois en faveur des régions. La quête
d’identité s’avère plus régionale que jamais. Autrement dit, nous
prenons de plus en plus conscience des spécificités de notre région
et, du même coup, de la diversité régionale québécoise. On vit dans
une région. On travaille dans une région. On visite une autre
région. La réalité régionale s’impose à nous comme l’élément de base
le plus distinctif de notre identité nationale. Bref, nous nous
identifions désormais davantage à ce qui nous distingue entre nous,
maintenant que nous sommes déjà bien au fait de ce que nous avons en
commun comme peuple.
Le saut des régions sur la scène internationale en raison de la
mondialisation explique sans doute en partie ce glissement du
national au régional. « Le Québec n’est plus le seul à se distinguer
sur la scène internationale, ma région aussi », pensent plusieurs.
Et ce sont ces régions que le gouvernement du Québec vante à
l’étranger, comme quoi la force de cette affirmation régionale
impose le respect.
Cependant, le travail du gouvernement du Québec sur la scène
nationale, en nos propres frontières, semble plus compromis que
jamais et les régions sont encore et toujours les premières à
souffrir de ses faiblesses. Il m’apparaît que le gouvernement du
Québec ne pourra pas aller plus loin même avec les meilleurs
dirigeants politiques provinciaux actuels et à venir. Car notre
principal problème en est un de structure et d’exercice du pouvoir
du national vers le régional, plutôt que du régional vers le
national ou, si vous préférez, du haut vers le bas plutôt que du bas
vers le haut. Toute structure imposée par le haut est vouée tôt ou
tard à une sérieuse remise en question par sa base. Un exercice
auquel se prêtent déjà plusieurs régions.
Si l’approche nationale ou provincialiste nous a bien servie dans le
passé, nous devons nous rendre à l’évidence que ce n’est plus le cas
aujourd’hui. Pensons à nos systèmes de santé et d’éducation mis à
rude épreuve par des politiques provinciales aux objectifs nationaux
dévastateurs dont les régions furent les premières victimes. Citons
en exemple la quête nationale du déficit zéro qui entraîne, entre
autres, une pénurie persistante de médecins dans nos régions et un
affaiblissement marqué de l’aide aux jeunes écoliers dans toutes les
régions.
Nos plus récents gouvernements, toutes allégeances politiques
confondues, ont commis de très graves erreurs entraînant
d’importants dommages collatéraux aux effets à très long terme en
nos régions. Ainsi, nos gouvernements se butent aux mêmes problèmes
d’un mandat à l’autre, démontrant leur incapacité à arrêter
rapidement l’hémorragie. Et c’est sans compter la création de
nouveaux problèmes à chaque mandat par tous les nouveaux
gouvernements.
Il n’est donc pas étonnant d’entendre de plus en plus d’observateurs
aguerris soutenir que le Québec est sclérosé, c’est-à-dire qu’il «
ne sait plus évoluer ni s'adapter » et qu’il « a perdu toute
souplesse ».
C’est toute une chance que l’économie du Québec se soit développée
suffisamment depuis les années 60 pour résister aujourd’hui en
grande partie par elle-même aux crises voire se développer. Le
Québec indépendant est viable économiquement, soutiennent avec
raison nos grands partis politiques. C’est un fait reconnu.
Mais cette viabilité ne s’explique certainement pas uniquement par
les investissements massifs et soudains des récents gouvernements
provinciaux et fédéraux dans notre économie. La plupart des
investissements de ces gouvernements au cours des dernières années
et des années à venir, notamment dans les infrastructures, visent
principalement à reprendre le retard accumulé en raison du laxisme
et, par le fait même, du manque de vision des gouvernements
précédents.
Nos gouvernements sont en mode rattrapage et, pour ce faire,
l’argent disponible ne suffit plus. Ils nous endettent à long terme.
Répliquer « Ce n’est pas pire qu’ailleurs » ou « Nous nous en
sortons mieux que les autres » insulte notre intelligence et bon
nombre de régions.
Car, une fois de plus, nous constatons que cette approche
provincialiste des régions crée entre elles des disparités
intolérables sur tous les plans. Et force est de constater que même
en concoctant des programmes régionaux, le gouvernement du Québec ne
parvient toujours pas à combler les besoins vitaux de plusieurs
régions. Les jeunes désertent. Les écoles ferment. Les bureaux de
poste disparaissent. Les guichets de services bancaires s’éloignent.
Des entreprises s’évanouissent, faute de main-d’œuvre. Les prix
montent, faute de concurrence. Et ainsi de suite. L’occupation du
territoire s’avère donc très difficile.
Loin de moi l’idée de dresser un portait sombre et pessimiste de la
vie en certaines régions, mais il faut être réaliste. Les énoncés
ci-dessus sont véridiques et vérifiables. Et il ne sert à rien d’y
opposer des données plus encourageantes sur d’autres sujets. Le
médecin ne rassure pas un patient au cœur malade en insistant sur la
santé de ses pieds. C’est pourtant mon impression à l’écoute de bon
nombre de débats à l’Assemblé nationale, notre très honorable
institution « provinciale », à la vue régionale trop courte malgré
des yeux partout en région.
Heureusement, les régions ont une vision très claire de leur
situation. Elles connaissent mieux que quiconque leurs problèmes et
elles savent très bien ce dont leurs populations ont besoin. Et
elles l’expriment haut et fort lors des tournées régionales du
gouvernement provincial. Malheureusement, l’écoute du gouvernement
central est trop souvent biaisée et n’apporte pas les résultats
escomptés en région. Des élus régionaux se voient ainsi forcés de
faire appel aux médias pour mettre de la pression sur le
gouvernement provincial compte tenu de l’urgence d’agir en certaines
situations.
Que l’on pense ici aux inondations historiques dans les villes et
villages du Haut-Richelieu au printemps dernier et à l’absence de
concurrence pour l’asphaltage des routes dans le
Bas-Saint-Laurent-Gaspésie. Il n’est pas normal de voir les élus
régionaux obliger de tirer ainsi l’oreille du gouvernement
provincial dans les médias. Et rien ne laisse entrevoir un
changement d’attitude du gouvernement central à l’égard de régions.
Face à cette situation, je n’ai qu’une seule solution à proposer aux
Québécois : la prise de pouvoir du provincial par les régions, une
nouvelle Révolution tranquille puisqu’aux grands maux ne conviennent
que les grands moyens.
Dans un premier temps, il est proposé aux élus régionaux d’adopter
une résolution appuyant un projet de pays qui leur donnera tous les
pouvoirs et toutes les ressources nécessaires pour remplir leur
mandat, c’est-à-dire assurer tous les aspects de leur développement.
C’est dans le cadre de ce mandat de développement régional déjà
obtenu de leurs populations respectives qu’il est proposé aux élus
régionaux d’agir. En vertu de ce mandat, les régions ont déjà tout
le pouvoir nécessaire pour adopter une telle résolution et ainsi
faire du développement régional l’objectif premier de tout projet
d’indépendance du Québec. Nous l’avons souligné, peu importe le
gouvernement provincial en place, les régions se retrouvent toujours
dans une position de second plan, sans les pouvoirs utiles à leur
développement.
Les politiques régionales du gouvernement central ne donnent pas les
résultats escomptés. Et la décentralisation n’apporte que des
responsabilités additionnelles aux régions, généralement avec des
moyens financiers insuffisants pour prendre adéquatement la relève
du provincial. Les régions peinent alors à améliorer l’offre des
biens et des services balayée sur leur perron par le provincial, par
simple souci d’économie « nationale ». Ce n’est pas une façon de
faire acceptable lorsqu’on respecte les régions, le fondement même
du Québec. Les régions doivent mettre le poing sur la table, une
fois pour toutes, et faire trembler le provincial afin de remettre
les choses en ordre.
C’est pourquoi, dans un deuxième temps, il est proposé aux régions
d’investir l’Assemblée nationale plutôt que d’être investies par
elle. Pour ce faire, dans une première étape, les régions peuvent
demander à chacun des candidats des partis politiques provinciaux de
se prononcer en faveur ou contre la résolution adoptée par la
région. Dans une deuxième étape, les élus régionaux peuvent
s’impliquer directement dans l’élection provinciale afin
d’encourager fortement la population à élire uniquement des députés
en accord avec cette résolution de développement régional.
Il faut placer les députés provinciaux dans une situation où ils
comprendront clairement qu’ils ne sont plus des délégués des partis
politiques provinciaux en région soumis à des lignes de partis
provinciaux, mais l’inverse, c’est-à-dire exclusivement des
représentants des régions à l’Assemblée nationale, soumis à la
volonté populaire de leurs régions respectives. Et si jamais, les
bonzes des partis politiques provinciaux refusent les candidats
appuyant la résolution de développement régional, les populations
régionales conservent la possibilité d’élire un candidat indépendant
résolument en faveur d’états régionaux.
On peut toujours penser à un parti des régions, mais il s’agira une
fois de plus d’un parti politique national tout ce qu’il y a de plus
traditionnel et avec tous les dérapages habituels de l’approche
provinciale des régions. Faut-il le rappeler, il s’agit de repousser
les limites des partis politiques nationaux et des gouvernements
qu’ils forment.
Les partis politiques nationaux demeurent nécessaires. Après tout,
seule l’Assemblée nationale peut déclarer l’indépendance du Québec.
Puisqu’elle tarde à le faire, la pression des régions s’impose pour
débloquer la situation, peu importe le parti politique national au
pouvoir.
Avec le leadership des régions, il n’est pas nécessairement besoin
d’élire un gouvernement provincial indépendantiste. On se souviendra
que c’est le premier ministre libéral et fédéraliste, Robert
Bourassa, qui a fait adopter par l’Assemblée nationale la Loi 150
(Loi sur le processus de détermination de l’avenir politique et
constitutionnel du Québec - 1991) sur l’indépendance à la suite de
l’échec de l’accord du lac Meech. C’est également un premier
ministre libéral et fédéraliste, Jean Charest, qui déclarera que le
Québec est viable économiquement advenant son indépendance. Personne
ne peut présumer de la réaction du Parti libéral du Québec devant
une grande majorité de régions ayant adopté une résolution en faveur
de l’indépendance pour assumer pleinement leur développement
régional. Bref, comme je le dis plus loin dans ce livre, le Parti
libéral du Québec sera peut-être celui qui réalisera l’indépendance
du Québec. Ce plan d’affaires comprend toutes les options possibles
et chacune implique un ou des partis politiques nationaux, après une
mobilisation des régions.
J’insiste, pour assurer pleinement le développement des régions, le
gouvernement québécois doit récupérer tous les pouvoirs du
gouvernement du Canada et cela n’est possible qu’avec une
déclaration d’indépendance adoptée par l’Assemblée nationale du
Québec. Les régions ne peuvent pas déclarer l’indépendance du
Québec, même de façon unanime. La tâche revient à notre Assemblée
nationale. Ce que j’apporte de nouveau au débat, c’est le leadership
des régions, notre tout dernier retranchement, notre seul espoir de
compléter la Révolution tranquille. Il ne s’agit pas de renouveler
le discours ou de proposer de nouvelles politiques régionales, mais
de changer la structure.
Dans un Québec indépendant, la relation entre le gouvernement
central et les régions mutera pour le mieux. Le Québec deviendra une
république fédérée d’états régionaux, avec un président élu au
suffrage universel. Le gouvernement central comptera, à l’instar des
États-Unis d’Amérique, une Chambre des représentants élus par les
régions et un Congrès de sénateurs également élus par les régions.
Certains craindront sans doute un dédoublement des structures entre
les états régionaux et le gouvernement central, à l’image de celui
entre Québec et Ottawa. Nous devons tirer les leçons de notre
expérience du fédéralisme canadien pour éviter un tel dédoublement.
C’est pourquoi la proposition vise un partage des compétences et des
pouvoirs entre le gouvernement central et les états régionaux et non
pas un dédoublement des pouvoirs.
Concrètement, il ne s’agit pas de recréer les différents ministères
nationaux dans chaque région pour se retrouver, par exemple, avec
une multitude de ministères de l’Éducation, un en chaque région et
un autre au national. Ce dont il réellement question, c’est le
partage des pouvoirs et des ressources en matière d’éducation
suivant les compétences reconnues aux états régionaux et au
gouvernement central. S’il faut maintenir un ministère de
l'Éducation nationale pour une formation universelle de base dans
toutes les régions, il faut remettre aux états régionaux tous les
pouvoirs et les ressources utiles pour combler leurs besoins
spécifiques en matière d’éducation. On trouvera peut-être dans cette
réponse aux besoins régionaux une nouvelle mission à confier aux
commissions scolaires. Il en va de même dans tous les champs de
compétences.
Dans un Québec indépendant, le gouvernement central pourra se
concentrer exclusivement sur le national en se retirant complètement
du régional. Pour ce faire, le gouvernement central partage avec les
états régionaux tous les pouvoirs et toutes les ressources, y
compris les pouvoirs d’imposition, de taxation et de perception des
redevances sur l’exploitation des matières premières, afin de leur
permettre d’assumer pleinement leur développement.
Ce partage avec les états régionaux permettra de maintenir la taille
du gouvernement central à un niveau raisonnable. La récupération des
pouvoirs d’Ottawa aura inévitablement pour effet de grossir la
taille du gouvernement du Québec s’il veut assumer adéquatement ses
nouvelles responsabilités. Le partage des pouvoirs et des ressources
avec les états régionaux devrait réduire passablement la taille de
ce nouveau gouvernement central. Par exemple, pendant que le
ministère des Affaires internationales prend de l’expansion, la
taille des ministères de l’Éducation, de la Santé, de la Justice, de
l’Agriculture, de la Forêt, du Transport, et autres est réduite en
faveur des états régionaux.
Cette approche régionale de notre indépendance contribuera plus que
jamais à l’occupation du territoire. Devenues des états, nos régions
seront plus que jamais à même d’assurer l’occupation du territoire
avec tous les pouvoirs et toutes les ressources nécessaires.
L’occupation du territoire implique également les Autochtones,
reconnus dans ces pages non seulement comme Premières nations mais
aussi comme peuples fondateurs d’un Québec indépendant, avec leurs
propres états régionaux à l’instar de toutes les autres régions du
Québec et avec le même partage des pouvoirs et des ressources.
Enfin, les régions sont également notre dernier recours pour
assurer, maintenir et développer le « Vivre en français ». Veiller à
la protection et à l’usage de la langue française dans les lieux
publics ne suffit plus. Les efforts nationaux en cette matière ont
aussi, et malheureusement, atteint leurs limites.
Le recul du français dans la grande région de Montréal d’une année à
l’autre nous en donne une preuve aussi éloquente que malheureuse.
L’affirmation très montréalaise voulant que la langue parlée à la
maison importe peu pourvu que le français demeure la langue parlée
en public réduit notre langue à un simple accessoire de
communication public.
Dans notre nouveau pays, le « Vivre en français » devient la
priorité absolue. Le but premier de notre indépendance vise à
préserver le fait français en Canada. Nous devrons alors
nous définir hors de tout doute par la culture de notre langue
officielle : « Être Québécois, c’est vivre en français », et non pas
seulement parler en français. C’est un fait historique vécu d’une
génération à l’autre et encore observable de nos jours dans la
majorité des régions du Québec.
Évidemment, le respect de la minorité anglophone historique, de ses
acquis et de ses droits s’impose au sein des états unis de
l’Amérique française.
Nous conviendrons aussi aisément que l’intégration des immigrants au
« Vivre en français » est plus difficile dans la grande région de
Montréal (rive-sud et rive-nord comprises) que dans les autres
régions. Le sujet demeure épineux, mais tout projet d’indépendance
se doit de proposer des pistes de solutions. Le partage des pouvoirs
et des ressources entre le gouvernement central et les états
régionaux en matière d’immigration s’impose.
Il est souhaitable de voir l’état régional montréalais prioriser
l’immigration de francophones ou de francophiles compte tenu de sa
situation. Les autres états régionaux pourront alors prendre la
relève de Montréal pour accueillir les immigrants allophones, compte
tenu de leur force d’intégration au « Vivre en français ».
Nous ne devons jamais perdre de vue la langue française dans le
résultat attendu de l’indépendance du Québec : la création des états
unis de l’Amérique française. Il revient donc à ces futurs états,
nos régions, d’assumer le leadership de ce projet de pays.
Me GUY BERTRAND
Préface de l'essai à paraître à la mi-décembre sous le titre PROJET
LIBERTÉ-NATION - Plan d’affaires pour réaliser l’indépendance du
Québec tout en conservant notre part du Canada - à la Fondation
littéraire Fleur de Lys
Me Guy Bertrand a commencé à s’impliquer activement
en politique dès l’âge de dix-sept ans alors qu’il
prononçait des discours aux côtés de l’Honorable
Antoine Rivard, député du comté de Montmagny et
ministre dans le gouvernement de l’Union nationale
et, plus tard, juge à la Cour d’appel du Québec.
Me Bertrand se plait à répéter que l’Honorable
Rivard fut son maître en politique et son mentor en
droit.
Me Bertrand consacra toute sa vie à promouvoir avec
passion et acharnement l’indépendance du Québec. Il
s’est battu sur toutes les tribunes et de toutes les
manières, jour après jour, pour convaincre ses
compatriotes de l’importance de parachever le pays
québécois.
Il regretta amèrement son infidélité à l’égard de la
cause de sa vie, alors qu’il décida de 1996 à 2001,
de présenter publiquement l’envers de la médaille
indépendantiste.
Novembre 2011: L’Assemblée des Patriotes de
l’Amérique française remet à Me Bertrand le Prix
Honoré-Mercier pour « sa remarquable contribution à
la défense et à l’illustration des droits nationaux
du peuple Québécois ». Vidéo ci-dessous :
Décembre 2011 : Me Guy Bertrand livre son
testament politique dans un essai intitulé Projet
Liberté-Nation – Plan d’affaires pour réaliser
l’indépendance du Québec tout en conservant notre
part du Canada. Dans cet essai, il invite les
régions du Québec à assumer le leadership de
l’indépendance du Québec.
Disponible en version numérique gratuite (format PDF).
Me Guy Bertrand a lutté toute sa vie pour
que le Québec devienne autre chose qu’un pays
inachevé. Dans cette foulée, il présente ici son
Guide d’accès à l’indépendance, un essai dans
lequel le lecteur est invité à se pencher sur le
véritable motif justifiant le projet d’indépendance
nationale pour les Québécois, soit le maintien et la
valorisation de la langue française et de la culture
québécoise.
Me Bertrand démontre que le seul moyen
qui s’offre aux gens du Québec pour protéger et
promouvoir le Québec français est de parachever le
pays québécois, qui, affirme-t-il, existe déjà dans
les faits, même s’il n’existe pas encore en droit.
Pour l’auteur, il n’y a plus de temps à perdre, il
faut reprendre notre destinée en main, car le Québec
français est menacé de toutes parts non seulement
par la force gigantesque de la langue anglaise, en
particulier à Montréal, mais également par le
multiculturalisme canadien présenté faussement comme
mode d’intégration des immigrants, ainsi que par
l’utilisation du jargon québécois.
L’auteur rappelle que si Montréal est la deuxième
plus grande ville française du monde, elle est
également la troisième plus grande ville anglaise du
Canada! Or, les faits démontrent que le Montréal
anglais empiète de plus en plus sur le Montréal
français et que d’ici 10 ans les francophones seront
minoritaires sur l’île. Il est donc temps de se
réveiller!
Guide d’accès à l’indépendance est une
invitation à reprendre possession de notre langue et
à retrouver le courage de créer un pays indépendant.
* * *
Avocat, libre-penseur et activiste politique, Me
Guy Bertrand pratique le droit depuis plus de 45
ans. Ardent défenseur de la langue française, il a
représenté en 1976 les Gens de l’Air devant les
tribunaux lorsque le gouvernement canadien a
suspendu l’usage du français. En 1979, il a fait
reconnaître par la Ligue nationale de Hockey le
droit pour les joueurs francophones de signer leurs
contrats en français. Membre fondateur du Parti
québécois en 1968, il s’est porté candidat à la
présidence de ce parti en 1985.
Plan d’affaires pour réaliser
l’indépendance du Québec
tout en conservant notre part du Canada
Fondation littéraire Fleur de Lys
Faites un don à la Fondation littéraire Fleur de Lys
pour obtenir votre exemplaire papier du livre annoncé sur cette page.
NOTRE MISSION - On trouve plusieurs éditeurs
libraires en ligne sur Internet. Leur mission est strictement
commerciale et vise à enrichir leurs actionnaires. Il s'agit
d'entreprises « à but lucratif ». Ce n'est pas notre cas. Notre maison
d'édition en ligne est la première au sein de francophonie qui soit
« à
but non lucratif », c'est-à-dire administrée par des bénévoles
qui
tirent aucun profit financier personnel de leur travail. Autrement
dit,
nous ne sommes pas là pour nous enrichir personnellement. Toutes les
recettes en sus de nos dépenses sont réinvesties dans nos activités.
Et
chacune de nos activités doit s'inscrire dans notre mission purement
humanitaire et socioculturelle.
Lire la suite
Plan d’affaires pour réaliser
l’indépendance du Québec
tout en conservant notre part du Canada
Fondation littéraire Fleur de Lys
►
NOTE TRÈS IMPORTANTE : Il est
strictement interdit d'offrir ce livre en
téléchargement sur un autre site. Prière
d'utiliser un lien vers cette page web.
Pour télécharger votre exemplaire numérique
gratuit,