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Campagne contre la discrimination
des auteurs par les gouvernements
Absence de subvention gouvernementale
pour l'édition en ligne au Québec et au Canada
Les gouvernements du Québec et du Canada réservent toute leur aide
financière à l'édition traditionnelle même si cette dernière demeure très
peu accessible puisque 90% des manuscrits sont refusés.
 |
Le
service d'édition en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys
était gratuit jusqu'au 10 août 2006. Après trois ans d'efforts pour
une édition gratuite (à compte d'éditeur plutôt qu'à compte
d'auteur), la direction de la fondation conclut que seule une aide
financière gouvernementale peut assurer la gratuité d'un tel
service. Or, toutes nos demandes de subventions pour l'édition en
ligne furent refusées par les gouvernements du Québec et du Canada.
En fait, ni le Québec ni le Canada n'ont mis en place un programme
d'aide à l'édition en ligne contrairement à plusieurs pays
occidentaux. Les gouvernements du Québec |
| et du Canada
réservent toute leur aide financière à l'édition traditionnelle même
si cette dernière demeure très peu accessible puisque 90% des
manuscrits sont refusés. |
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De
nombreux auteurs de la fondation ont écrit à la ministre depuis juillet
2006. Ils ont reçu une réponse semblable à celle-ci: |
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De : Line.Beauchamp@mcc.gouv.qc.ca
Date : 08/02/2007 19:12:39
A : chantal simon
Sujet : RE Fondation littéraire Fleur de Lys
Monsieur
Alliaume,
Au nom de la ministre de la Culture et des Communications, madame Line
Beauchamp, j'accuse réception de votre message électronique.
Je vous remercie de nous avoir transmis cette correspondance qui sera
portée à l'attention de la ministre. Soyez assuré qu'elle en prendra
connaissance avec intérêt.
Je vous prie d'agréer, monsieur
Alliaume, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Sylvie Desrosiers
Attachée politique et
adjointe à l'administration
Téléphone : (418) 380-2310
Télécopieur: (418) 380-2311
|
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Le
plus récent des auteurs de la fondation à écrire à la ministre (avril
2007) a reçu une réponse différente : |
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ATTENTION - Le surligné en
jaune et le caractère gras n'étaient pas dans le courriel original. Nous
les ajoutons pour attirer votre attention. Le nom de l'auteur et son
adresse de courriel sont cachés pour préserver son identité. Les liens
hypertextes sont aussi ajoutés par nous. |
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Montréal, 10 avril 2007
M. J.R. Michel Cliche
par courriel : jrmichelcliche@hotmail.com
objet :
édition électronique
Monsieur,
En suivi à votre demande à la ministre de la Culture et des
Communications, madame Line Beauchamp. Nous avons le plaisir de vous
informer qu’une
étude sur la
numérisation a été entreprise par l’Association nationale des
éditeurs de livres (ANEL) et l’Association of Canadian Publishers (ACP)
et pourra être utile à l’élaboration d’un nouveau programme d’aide. La
fin des travaux est prévue à l’automne 2007. Le Ministère québécois de
la Culture et des Communications ainsi que le Ministère du Patrimoine
Canadien contribuent au financement de cette étude.
Soulignons que depuis 2002-2003, les ventes des versions électroniques
des ouvrages déjà publiés, sont prises en compte lors du calcul de
l’aide accordée aux éditeurs agréés dans le cadre du
Programme d’aide
aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée de la
Société
de développement des entreprises culturelles.
Nous vous invitons à communiquer avec le soussigné pour toute
information complémentaire et vous prions d’agréer, Monsieur,
l’expression de nos sentiments les meilleurs.
Louis Dubé
chargé de projet et
adjoint au directeur général
tél. 514-841-2202
sans frais : 1-800-363-0401
|
|
Notez que
le «o» du mot «objet» devrait être en majuscule, que la première et la
deuxième phrases devrait faire une seule et même phrase, que
l'identification du soussigné devrait indiquer le nom de l'organisme où
il travaille («Société de développement des entreprises culturelles»),
que le «t» de «tél» devrait être en majuscule. La qualité de cette
communication en provenance du cabinet du ministère de la culture et des
communications du Québec laisse donc passablement à désirez. Et ce
cabinet ose, comme nous l'approfondirons plus loin, questionner la
qualité des oeuvres qui sont éditées sur internet (voir coupure de
presse ci-dessous).

© 2007 Le Journal de Montréal (Le Québec traîne de la patte, Le
Journal de Montréal, Arts et spectacles, jeudi le 15 mars 2007, David
Patry, p. 78. ) |
|
Notre
analyse de la réponse du cabinet du ministère de la culture et des
communication à nos auteurs (voir ci-dessus) |
|
L'objet du courriel est
«édition en ligne». Il est donc conforme à la demande de notre auteur qui
répond à notre invitation à écrire à la ministre. Cependant, le type
d'étude dont il est question, une étude sur la numérisation, ne
correspond pas à l'édition en ligne.
La lecture de la réponse de
la ministre par le biais de Louis Dubé, nous a incité à communiquer avec
l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) pour en savoir
plus au sujet de cette «étude sur la numérisation». Dans ce cas précis,
le directeur général de l'Association nationale des éditeurs de livres,
Monsieur Pierre Le François, parle de la numérisation du fond des
éditeurs en vue d'en faire le commerce, c'est-à-dire de numérisation des
livres déjà édités par les éditeurs traditionnels.
Ce n'est pas du tout ce en
quoi consiste l'édition en ligne. Cette dernière consiste à publier de
nouvelles oeuvres et, dans certains cas, des oeuvres du domaine public
(dont les droits d'auteur son expirés). Numériser le fond d'un éditeur,
c'est numériser des livres déjà édités et non pas éditer de nouvelles
oeuvres.
Un éditeur s'intéresse à la
numérisation des livres de son fond qui ne sont plus disponibles sur le
marché sur support papier, c'est-à-dire la numérisation des livres
épuisés («out of print»). Un livre est dit «épuisé» lorsque l'éditeur ne
reçoit pas suffisamment de demandes pour en justifier un nouveau tirage
papier. L'éditeur est toujours titulaire des droits d'auteurs de ses
livres épuisés et la venue des nouvelles technologies, dont la
numérisation, pourra lui servir à relancer la mise en marché de ces
livres sous format numérique, par exemple, un fichier PDF. On parle
ainsi de «rentabiliser le fond des éditeurs traditionnels à l'aide des
nouvelles technologies» et non pas d'édition en ligne. Plusieurs
éditeurs traditionnels à travers le monde ont déjà entrepris la relance
de leurs fonds sous différents formats numériques. L'un des exemples les
plus cités est celui des éditions de l'Université Harvard qui relancent
des livres qu'elles ont publiés dans les années 60.
Dans la réponse de la
ministre soussignée par Louis Dubé, on précise que cette étude sur la
numérisation «pourra être utile à l’élaboration d’un nouveau programme
d’aide». De toute évidence, il ne s'agira pas d'un programme d'aide à
l'édition en ligne de nouvelles oeuvres mais d'un programme réservé aux
éditeurs traditionnels qui souhaitent numériser leur fond en vue d'en
faire le commerce.
Y a-t-il quelqu'un quelque
part qui n'a pas compris en quoi consiste l'édition en ligne pour
répondre à l'un de nos auteurs qui demande une aide pour un éditeur en
ligne, en l'occurrence, notre fondation. Est-ce la personne qui a reçu
la demande de notre auteur ou le soussigné auquel elle renvoie cet
auteur ?
Mais y a-t-il vraiment
incompréhension et confusion entre numérisation et édition en ligne?
Pour répondre à cette
question, il faut se pencher sur la référence du courriel à la Société de
développement des entreprises culturelles (SODEC) car elle n'est pas
banale. Cette société d'état gère le Programme d’aide aux entreprises
du livre et de l’édition spécialisée. Et à qui s'adresse ce
programme? Aux «éditeurs agréés» peut-on lire dans le courriel
: «l’aide accordée aux éditeurs agréés dans le cadre du Programme d’aide
aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée». Dans le
document de présentation du programme d'aide, il est écrit :
|
CONDITIONS GÉNÉRALES D’ADMISSIBILITÉ
Selon les différents volets, les entreprises admissibles sont :
-
éditeurs et libraires « agréés » par le ministère de la Culture
et des Communications, selon les normes et conditions définies par
la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le
domaine du livre et par les Règlements sur l'agrément en annexe à
ladite loi;
-
éditeurs spécialisés (affiches et reproductions d'oeuvres d'art,
partitions de musique).
|
Source
Dans
cette loi, l'éditeur
agréé est obligatoirement un éditeur qui distribue ses livres dans les
librairies agréées.
|
c. D-8.1, r.3
Règlement sur l'agrément des éditeurs au Québec
Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le
domaine du livre
(L.R.Q., c. D-8.1, a. 15, 17, 20 et 38)
SECTION II
ADMISSIBILITÉ À L'AGRÉMENT
3. La
personne visée dans l'article 2 qui distribue elle-même sa
production est tenue de fournir les librairies agréées et
ce, selon les dispositions de la Loi et des règlements et
les conditions usuelles du commerce.
R.R.Q., 1981, c. D-8.1, r. 3, a. 3.
|
Source
Ce n'est pas le cas de notre fondation parce qu'elle
distribue ses livres uniquement sur internet. Et même si la fondation
aura bientôt une librairie avec pignon sur rue, cette dernière ne pourra
pas être accréditée parce qu'elle devrait d'abord offrir des livres des
éditeurs agréés, ce qui n'est pas son objectif.
Donc, aux yeux de la loi,
la Fondation littéraire Fleur de Lys ne peut pas être reconnue comme un
éditeur agréé et, par conséquent, elle n'est pas admissible à l'aide
financière accordée par le gouvernement du Québec dans le secteur de
l'édition (Programme d’aide aux entreprises du livre et de l’édition
spécialisée).
|
L.R.Q., chapitre
D-8.1
Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le
domaine du livre
SECTION I
Aide financière.
2. L'aide financière que peut accorder, suivant la loi, le
gouvernement, un de ses ministères, organismes ou un
mandataire de l'État à une personne faisant commerce dans le
domaine de l'édition, de la distribution ou de la librairie
ne peut être accordée qu'à des personnes titulaires d'un
agrément délivré en vertu de la présente loi ou qui y sont
admissibles.
1979, c. 68, a. 2; 1999, c. 40, a. 106.
|
Source
De plus, la Fondation
littéraire Fleur de Lys ne peut pas devenir membre de l'Association
nationale des éditeurs de livres parce que cette dernière accepte
uniquement les éditeurs qui distribuent leurs livres dan les librairies
traditionnelles.
Bref, au Québec, l'éditeur
en ligne n'est pas reconnu comme un éditeur par le gouvernement du
Québec, la Société de développement des entreprises culturelles du
Québec et par l'Association nationale des éditeurs de livres.
Il en va de même au Canada.
Le
programme d'aide au développement de l'industrie de l'édition du
ministère Patrimoine Canada (PADIÉ) ne reconnaît pas l'éditeur en
ligne comme un «éditeur.
|
Programme d'aide
au développement de l'industrie de l'édition - Patrimoine
Canada.
6.1 > Admissibles
Les livres sur support imprimé qui sont :
«les propres
ouvrages de l'éditeur et qui portent le ISBN attribué à la
maison d'édition ou acquis par elle;»
«Propre ouvrage
Ouvrage pour lequel le demandeur détient les droits de
publication, d'exploitation et de commercialisation pour son
propre marché.»
«publiés sous la
marque de l'éditeur ou sous une marque dont l'éditeur a
acquis les droits de publication, de gestion et de
commercialisation;»
|
|
Note : le contrat d'édition de la
Fondation littéraire Fleur de Lys n'exige pas de l'auteur la
cession de ses droits à l'éditeur alors que ce programme de
Patrimoine Canada stipule que seuls les livres dont
l'éditeur a exigé de l'auteur la cession de ses droits
d'auteur sur son oeuvre sont admissibles pour une aide à
l'édition. |
Source
Le
programme d'aide à l'édition de livres du Conseil des arts du Canada
ne reconnaît pas non plus l'éditeur en ligne comme un «éditeur».
|
Conseil des arts
du Canada - Aide à l'édition de livres - Subventions aux
nouveaux éditeurs
«elle doit
utiliser des moyens appropriés et efficaces pour mettre en
marché et distribuer ses livres et les faire connaître du
public»
|
|
Note : le conseil entend par «moyens
appropriés et efficaces» la vente en librairies
traditionnelles. |
Source
Ce programme exclu aussi
l'impression à la demande (un exemplaire à la fois à la demande expresse
de chaque lecteur).
|
Conseil des arts
du Canada - Aide à l'édition de livres - Subventions aux
nouveaux éditeurs
«avoir un tirage
d'au moins 300 exemplaires»
|
|
Note : un livre imprimé à la demande
n'a pas droit à l'aide à l'édition offerte par le conseil.
Le tirage de 300 exemplaires exigés vise principalement la
distribution en librairies traditionnelles. |
Source
Et même les Prix littéraire
du Gouverneur général du Canada ne reconnaissent pas l'éditeur en ligne
comme un «éditeur»:
|
Conseil des arts
du Canada - Prix littéraires du Gouverneur général 2007
«Tous les livres
doivent porter un numéro ISBN, être distribués au Canada et
vendus dans les librairies canadiennes.»
|
|
Note : le seul mérite de cette notice
est d'être claire face à l'exclusion des livres édités et
vendus uniquement en ligne sur internet |
Source
Dans ce contexte, lorsqu'on
lit dans la réponse de la ministre ce la culture et des communications
du Québec à notre auteur que l'étude sur la
numérisation «pourra être utile à l’élaboration d’un nouveau programme
d’aide», ce programme sera uniquement accessible aux éditeurs agréés et
non pas à la Fondation littéraire Fleur de Lys.
Force est de conclure que
le gouvernement du Québec ne considère pas l'édition en ligne comme une
part de l'avenir du livre, comme c'est le cas ailleurs dans
le monde, notamment aux États-Unis et en Europe. On peut même soutenir
que le gouvernement du Québec est dépassé par plusieurs gouvernements de
pays du tiers monde dans le domaine de l'édition en ligne.
Pour comprendre davantage
la situation, nous vous invitons à lire ci-dessous la lettre écrite à l'auteur de
l'étude Les chiffres des mots - Portrait économique du livre au Québec,
Monsieur Marc Ménard, étude publiée alors qu'il était chercheur à la Société
de développement des entreprises culturelles du Québec en 1981.
|
|
Lettre à Monsieur Marc Ménard, ex-chercheur et auteur de
Les chiffres
des mots - Portrait économique du livre au Québec, 2001. |
|
Montréal, le 12 Avril 2007
Monsieur Marc Ménard
Professeur
École des médias
Faculté de communication
Université du Québec à Montréal
Case postale 8888, succursale Centre-ville
Montréal (Québec) H3C 3P8
CANADA
Objet : édition en ligne
Bonjour Monsieur Ménard,
J’ajoute ce courriel au message téléphonique que je viens de laisser
dans votre boîte vocale à l’université. L’objet est le même : votre
étude Les chiffres des mots publiée à la SODEC en 2001.
En juin 2003, j’ai mis sur pied un éditeur libraire en ligne sur
internet au Québec et depuis je me bats sans relâche pour obtenir une
aide financière des gouvernements mais sans succès. L’édition en ligne
n’est pas prise en compte par la SODEC, le ministère de la culture et
des communications du Québec et par Patrimoine Canada. Conséquence : le
Québec est toujours au dernier rang de l’édition en ligne dans les pays
industrialisés occidentaux. Nous sommes même derrière la Hongrie. Il y
en a plus d’une trentaine en France et plus d’une soixantaine dans la
grande Europe. Même les russes financent l’édition en ligne. Évidemment,
aux États-unis, on en compte près de 300. Que font le Canada et le
Québec dans le domaine de l’édition en ligne et de l’impression à la
demande ? Rien de plus que de signifier des refus à nos demandes de
subventions depuis 2003.
Toutes les subventions sont exclusivement réservées aux éditeurs
traditionnels. Je suis d’avis que ces derniers s’opposent farouchement à
l’entrée de tout nouveaux joueurs dans le domaine de l’édition au Québec
qui forceraient d’emblée une révision de la répartition de l’aide aux
éditeurs avec un nouveau secteur tel l’édition en ligne. Autrement dit,
je pense que le gouvernement du Québec craint voire bloque le
développement de l’édition en ligne sous la pression des éditeurs
traditionnels, ces derniers exigeant que toute aide gouvernementale à
l’édition, qu’importe le secteur, leur revient de droit. Le prétexte est
sans doute celui de la fragilité de leur industrie traditionnelle du
livre qui ne saurait supporter une compétition de l’édition en ligne,
preuve flagrante qu’ils n’ont pas compris la complémentarité des deux
secteurs, tel que vous en parliez dans votre étude Des chiffres des
mots.
Hier, le cabinet de la ministre Line Beauchamp a commencé à répondre à
nos auteurs réclamant une aide pour notre maison d’édition en ligne que
l’ANEL a demandé et obtenu une subvention de la SODEC et de Patrimoine
Canada sous le thème de l’édition en ligne. Voici la réponse du cabinet
reçu par notre auteur, Monsieur Michel Cliche de Montréal :
|
Montréal, 10 avril 2007
M. J.R. Michel Cliche
objet : édition électronique
Monsieur,
En suivi à votre demande à la ministre de la Culture et des
Communications, madame Line Beauchamp. Nous avons le plaisir de vous
informer qu’une étude sur la numérisation a été entreprise par
l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et l’Association
of Canadian Publishers (ACP) et pourra être utile à l’élaboration d’un
nouveau programme d’aide. La fin des travaux est prévue à l’automne
2007. Le Ministère québécois de la Culture et des Communications ainsi
que le Ministère du Patrimoine Canadien contribuent au financement de
cette étude.
Soulignons que depuis 2002-2003, les ventes des versions électroniques
des ouvrages déjà publiés, sont prises en compte lors du calcul de
l’aide accordée aux éditeurs agréés dans le cadre du Programme d’aide
aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée de la Société de
développement des entreprises culturelles.
Nous vous invitons à communiquer avec le soussigné pour toute
information complémentaire et vous prions d’agréer, Monsieur,
l’expression de nos sentiments les meilleurs.
Louis Dubé
chargé de projet et
adjoint au directeur général
tél. : 514-841-2202
sans frais : 1-800-363-0401 |
Notez que le «o» du mot «objet» devrait être en
majuscule, que la première et la deuxième phrases devrait faire une
seule et même phrase, que l'identification du soussigné devrait indiquer
le nom de l'organisme où il travaille (Société de développement des
entreprises culturelles), que le «t» de «tél» devrait être en majuscule.
Permettez-moi de vous
souligner que le «soussigné» de ce courriel est Monsieur Louis Dubé, que
vous devez certainement connaître, celui-là même à qui je demandais en
2002 son avis sur notre projet de maison d’édition
en ligne, la première du genre au Québec. Monsieur Dubé m'avait alors
répondu:
|
«S’il n’y a pas d’éditeur en ligne au Québec, c’est parce
qu’il n’y a pas de demande». |
On se confronte ici à la
gestion de la culture selon la demande plutôt que l’offre, un débat qui
n’a pas véritablement levé au Québec.
|
Dubois, Vincent, «
La
vision économique de la culture : Éléments pour une
généalogie », BBF, 2001, n° 2, p. 31-34
Économie de la culture, Wikipédia
Gilles Guénette,
«FORMER» LA DEMANDE? «FAVORISER» L'OFFRE?,
Le Québécois libre, 9 décembre 2000. |
Il n’est pas besoin de
vous signaler qu'à la lumière de cette affirmation de Monsieur Dubé,
notre maison d’édition en ligne n’a pas cru bon demander une subvention
à la SODEC.
L’objet de ce courriel est bel et bien l’«édition en ligne» mais on parle
d’«étude sur la numérisation». Ou il y a confusion entre les deux
thèmes, ou c’est l’annonce que l’aide gouvernementale pour l’édition en
ligne se limitera à la numérisation des catalogues des éditeurs
traditionnels. Or, l’édition en ligne, c’est bien connu, sert d’abord et
avant tout les intérêts des auteurs dont les manuscrits sont refusés par
les éditeurs traditionnels. Au Conseil de l’Europe, par exemple,
l’édition en ligne est présentée, entre autres, comme un élément de
démocratisation de l’industrie du livre en ce qu’elle assure l’accès à
l’édition aux auteurs refusés par les éditeurs traditionnels. Si le
gouvernement du Québec se limite à subventionner la numérisation des
livres des éditeurs traditionnels, cette démocratisation par
l’élargissement de l’accès à l’édition n’aura donc pas lieu
officiellement chez nous. La révolution de l’édition avec les nouvelles
technologies se passera en dessous de la table avec des organismes
fondés sur le bénévolat qui tirent le diable par la queue, comme notre
fondation.
Par ailleurs, je ne sais pas par quel tour de passe-passe l’ANEL
parvient à justifier une étude au sujet de la numérisation alors que la
plupart des livres des éditeurs sont déjà sur support numérique, comme
vous le soulignez dans votre étude, par exemple, sous la forme de
traitement de texte, et dont il ne reste plus qu’à assurer la conversion
en format PDF sécurisé pour en faire la vente.
Ici, on oublie de lier l’édition en ligne à l’impression à la demande
car l’une ne va pas sans l’autre. Ce n’est que depuis l’arrivée des
technologies d’impression à la demande en 1998 que l’édition en ligne a
finalement pris son envol en répondant à la sacro-sainte demande des
auteurs et des lecteurs : l’exemplaire papier, «le bon vieux livre
papier», comme vous écrivez dans votre étude. En trois ans d’activités,
notre fondation a vendu seulement 182 exemplaires numériques (PDF) et
plus de 5,170 exemplaires papier de ses livres. Ces statistiques parlent
d’elles-mêmes : ce n’est pas le numérique qui fait vivre les éditeurs en
ligne, mis à part quelques très rares exceptions en raison de
spécialisations. Que font donc l’ANEL et la SODEC avec cette étude sur
la numérisation? À mon avis, ils sont tout simplement perdus, tout comme
les fonctionnaires du ministère de la culture et des communications et
sa ministre (actuelle et sans doute à venir). Y a-t-il quelqu’un quelque
part en autorité au Québec qui comprend réellement en quoi consiste
l’édition en ligne?
Pour l’heure, ce dont la SODEC devrait s’occuper, c’est de doter le
Québec d’un service d’impression de livres à la demande car il n’y en a
aucun digne de ce nom. Notre fondation assure le service avec l’aide de
deux fournisseurs : un imprimeur numérique et un relieur. Personne au
Québec n’a la chaîne de production complète ou intégrée, du PDF au livre
relié. Il semble même que les pays du tiers monde l’auront avant nous
pour un maigre 38,000$ américains en collaboration avec la Banque
Mondiale.
Pendant ce temps, la SODEC parle de numérisation et la ministre s’amuse
avec l’appareil de lecture de Sony en présence même du vice-président de
la compagnie. Évidemment, la ministre n’a pas demandé à ce
vice-président de s’assurer la disponibilité de contenu québécois en
français dans la banque de livres de Sony car il n’est pas question que
la multinationale japonaise permette la lecture de livres numériques de
toutes origines sur son gadget. Il faudra s’abonner à une banque
virtuelle de titres en ligne. Quoiqu’il en soit, ce gadget n’est pas une
priorité tant et aussi longtemps que le « bon vieux livre papier » trône
sur les préférences des auteurs et des lecteurs. Pourtant, la génération
de cette jeune ministre est censée être plus familière avec la
technologie que les générations précédentes. Elle devrait aisément
comprendre que la « nouvelle économie du livre », expression que
j’emprunte aux européens, ne se traduit pas dans un effondrement du
livre papier au profit d’un gadget de lecture électronique. La véritable
révolution est dans l’édition en ligne avec impression à la demande, non
pas dans le support de lecture.
Le directeur général de l’ANEL vient de me confirmer que le programme
d’aide espéré à la suite de l’étude sur la numérisation subventionné par
la SODEC et Patrimoine Canada est bel et bien pour la numérisation et la
commercialisation du fond des éditeurs agréés. C’est officiel, il y a
confusion entre le cabinet qui renvoie nos auteurs à la SODEC et ce que
fait réellement la SODEC dans le domaine de la numérisation car ni nos
auteurs ni notre maison d’édition ne sont visés par le programme d’aide
à naître.
Le mot-clé est : agréé. L’éditeur en ligne n’est pas et ne peut pas être
agréé dans le cadre des normes actuelles. Pour les autorités
gouvernementales, un éditeur en est un que si ses livres sont
disponibles en librairies. Or, l’éditeur en ligne offre ses livres soit
dans sa propre librairie en ligne, comme vous le mentionnez dans votre
étude, soit dans plusieurs librairies en ligne, telles Amazon.com,
FNAC,... Il en va de même à l’ANEL pour qui seuls les éditeurs avec
distribution en librairies traditionnelles peuvent devenir membres.
L’édition en ligne est dans un sentier quelque part dans la brousse.
D’où vient ce traitement aveugle de l’édition en ligne par le
gouvernement du Québec et l’industrie traditionnelle du livre ? De toute
évidence, nous sommes tout d’abord dans l’obligation de diagnostiquer un
manque flagrant de connaissance de la nouvelle économie du livre.
Mais il y a autre chose à relever à la lumière de ce commentaire de
l’attachée de presse de la ministre Line Beauchamp lors d’une entrevue
accordée au journaliste David Patry du quotidien Le journal de Montréal
en mars dernier en pleine campagne électorale: «Quelle place va prendre
l’édition en ligne par rapport à l’Édition traditionnelle? Comment
s’assurer de la qualité d’une œuvre qui est publiée dans internet?
Comment assurer les droits d’auteur?»
Vous avez déjà répondu à la première question dans votre étude Des
chiffres des mots : l’édition en ligne est complémentaire à l’édition
traditionnelle. Cette complémentarité trouve tout son sens chez nous
parce que notre contrat d’édition n’oblige pas l’auteur à nous céder ses
droits d’auteur et il lui permet voire l’encourage à poursuivre sa
recherche d’un éditeur traditionnel. Ce dernier exigeant la cession des
droits de la part de l’auteur, nous avons cru bon de laisser à l’auteur
la pleine propriété de ses droits dans l’éventualité où il souhaite les
céder à un éditeur traditionnel. Et dans ce cas, il peut rompre son
contrat avec nous en tout temps sans aucun préjudice de quelque nature
que ce soit. La logique est simple : l’édition en ligne doit demeurer
une alternative à l’édition traditionnelle, non pas l’empêcher. Un
auteur qui nous aurait cédé ses droits ne saurait pas intéresser un
éditeur traditionnel à son œuvre. Notre contrat est ainsi fait qu’il
permet à l’auteur de conserver son rêve de voir un jour son livre dans
la vitrine des libraires traditionnels sous l’égide d’un éditeur
traditionnel. Nous reconnaissons que la distribution en librairies est
le lot des éditeurs traditionnels. Nous nous limitons à l’internet.
N’est-ce pas là une expression concrète et facile de compréhension de la
complémentarité du traditionnel et du virtuel que l’attachée politique
aurait dû défendre?
Dans sa deuxième question, la représentante de la ministre demande
«Comment s’assurer de la qualité d’une œuvre qui est publiée dans
internet?». Le simple fait de poser cette question est déloyal envers
l’édition en ligne et nos auteurs dont plusieurs sont récipiendaires de
prix littéraires prestigieux et plusieurs autres des professeurs
d’universités à la retraite,… Il ne revient pas aux gouvernements de
décider qui a le droit d’être lu; il y a des lois pour cela. Nous avons
toujours eu pour principe que tout écrit qui respecte la Charte des
droits et des libertés de la Personne et les lois inhérentes en vigueur
a le droit d’être lu. C’est une question de patrimoine littéraire à
conserver autrement qu’au fond d’un tiroir, comme le sont les
photographies des générations passées conservées précieusement à la
Bibliothèque nationale du Québec. Se questionne-t-on sur la qualité de
ces photographies, souvent mal cadrées et tachées par l’acide? Non.
Elles sont souvent l’unique témoin d’une époque et de gens que nous ne
connaîtrions pas autrement. Est-ce que les catalogues de nos éditeurs
traditionnels témoignent suffisamment de l’époque actuelle alors qu’ils
refusent plus de 90% des manuscrits soumis à leur attention? Non.
Est-ce que le lecteur a une bonne idée de notre époque lorsqu’il visite
nos libraires qui, somme toute, n’offrent que 10% des écrits de nos
auteurs? Non.
Faut-il croire que la démocratisation de l’éducation au Québec au cours
des années 60 n’a pas porté fruit quant à la qualité du français écrit
chez nos auteurs? Faut-il croire que seuls les éditeurs traditionnels
peuvent être juges de cette qualité chez les auteurs, aspirants et
aguerris, lorsque leur principale contrainte demeure commerciale?
J’ai encore à la mémoire cet appel téléphonique de l’avocat de L’UNEQ me
suppliant, deux semaines après le lancement de notre maison d’édition en
ligne, d’ouvrir nos portes aux auteurs de l’UNEQ et non pas uniquement
aux nouveaux auteurs. «Nos auteurs aussi ont de la misère à trouver un
éditeur», me disait-il. J’ai acquiescé à sa demande avec plaisir et
empressement.
Stanley Péan, le président de l’UNEQ, a déclaré en mars dernier en
parlant de notre fondation au journaliste David Patry: «C’est dommage
qu’ils ferment. Ils faisaient un travail de fond et un travail de
pionnier». Eh, oui. En l’absence d’aide gouvernementale, nous serons
bientôt confrontés à la fermeture de notre maison d’édition en ligne
après cinq longues années de lutte pour la cause.
Enfin, je suis d’avis que votre étude Les chiffres des mots n’a pas été
lue avec suffisamment d’attention par les gens concernés.
C’est dans un dernier espoir de mobilisation que je vous invite à venir
conseiller les membres de notre conseil d’administration à la date qu’il
vous conviendra.
Dans l’attente de vos nouvelles, veuillez agréer, Monsieur, l’expression
de nos salutations les meilleures.
Bien à vous,
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
Lire l'étude de Monsieur
Ménard
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Édition numérique - Le Québec traîne
de la patte, Le Journal de Montréal, Arts et spectacles, jeudi le 15
mars 2007, David Patry, p. 78.
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© 2007 Le Journal de Montréal |
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Faute
de subvention gouvernementale -
Le Journal de Montréal, Arts et
spectacles, jeudi le 15 mars 2007, David Patry, p. 78.
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© 2007 Le Journal de Montréal |
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Réponse à Madame Véronik Aubry, attachée de presse de la Ministre de la
culture et des communications du Québec, l'Honorable Line Beauchamp,
suite à l'article publié dans l'édition du 15 mars 2007 du quotidien Le
Journal de Montréal (voir ci-dessus), et plus particulièrement de ce
passage : |
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Tiré de
l'article ci-dessus

© 2007 Le Journal de Montréal |
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Lettre sans
réponse à ce jour |
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Montréal, 30 Mars 2007
Madame Véronik Aubry,
Attachée de presse,
L'Honorable Line Beauchamp,
Ministre de la culture et des communications
Gouvernement du Québec
Édifice Guy-Frégault
225, Grande Allée Est
Bloc A
1er étage
Québec (Québec)
G1R 5G5
Madame,
La ministre de la culture et des communications du Québec, l'Honorable
Line Beauchamp, sauvera-t-elle de la fermeture la maison d'édition en
ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys annoncée dans l’édition de
ce jour du quotidien Le Journal de Montréal ?
Il existe un moyen fort simple de nous venir en aide : accepter de
subventionner notre projet «Initiation à l’édition» présenté dans le
cadre du programme «Aide aux projets / Accueil ».
http://manuscritdepot.com/initiation-edition.htm
Ce projet, créateur de trois emplois à temps plein pour une période de
62 semaines, n’oblige pas la ministre à prendre position en faveur de
l’édition en ligne. Il lui permet cependant de venir en aide à notre
fondation dans sa mission d’information, tous types d’édition confondus,
auprès des nouveaux auteurs, des aspirants éditeurs et des enseignants.
Grâce à cette subvention, Madame la Ministre nous permettrait de
préserver, par la bande, notre maison d’édition en ligne.
Dans l’article paru aujourd’hui dans Le Journal de Montréal, vous
soulignez attendre le rapport d’un comité. Nous aimerions en savoir plus
sur ce comité, ses travaux, ses membres,… car nous n’avons pas été
consultés par ce dernier quoique nous soyons le pionnier dans le domaine
de l’édition en ligne avec impression à la demande au Québec.
À votre question «Quelle place va prendre l’édition en ligne par rapport
à l’édition traditionnelle ?», permettez-moi de répondre que l’édition
en ligne doit être et demeurer «une alternative» à l’édition
traditionnelle, ce qui implique que l’édition en ligne ne doit pas être
envisagée comme un compétiteur de l’édition traditionnelle mais un
simple complément. J’espère sincèrement que votre comité sur la question
abonde en ce sens.
Qui plus est, l’édition en ligne doit être proposée
comme un tremplin pour l’édition traditionnelle, comme ce fut le cas
pour quelques-uns de nos auteurs qui, après avoir publié en ligne ont
reçu des offres d’éditeurs traditionnels.
Ici, la grande différence
entre l’édition en ligne et l’édition traditionnelle est dans la
distribution et la vente des livres. L’édition en ligne se limite à
l’internet pendant que l’édition traditionnelle profite du réseau des
librairies (traditionnelles). À notre avis, l’édition en ligne ne doit
pas viser les librairies traditionnelles car elle perdrait ainsi les
avantages de l’internet et de l’impression à la demande qui lui
permettent, entre autres, de ne pas avoir à conserver d’inventaire comme
doivent le faire les éditeurs traditionnels pour remplir leur mandat
auprès des librairies traditionnelles. Bref, la complémentarité de
l’édition en ligne et de l’édition traditionnelle ne force pas le
ministère à revoir ses politiques de soutien à l’édition traditionnelle
mais uniquement à ajouter une aide à l’édition en ligne.
Qui plus est, l’aide à l’édition en ligne ne doit pas être récurrente,
comme celle accordée à l’édition traditionnelle. Voilà de quoi réjouir
la ministre dont le budget est presqu’entièrement récurent d’une année à
l’autre. L’édition en ligne a uniquement besoin d’un coup de pouce pour
son démarrage et, dans notre cas, pour son développement afin
d’atteindre l’autofinancement. Car contrairement aux coûts de l’édition
traditionnelle, ceux de l’édition en ligne sont minimes. Par exemple,
notre fondation a atteint l’autofinancement de ses activités, y compris
celles reliées à l’édition, il y a maintenant deux ans. Tout ce qu’il
manque à notre fondation pour assurer son avenir, c’est une permanence
de deux employés. Autrement dit, l’édition en ligne est non seulement
faisable mais aussi viable actuellement pour autant qu’elle soit
entièrement bénévole, comme l'est notre fondation.
Pour générer les profits utiles à la création d’emplois permanents, il
faut simplement augmenter la capacité d’édition, de diffusion et de mise
en marché des livres, ce que de simples bénévoles ne peuvent pas faire
sans l’appui d’une permanence. Ainsi, mis à part l’aide à la conception
du site internet de l’éditeur en ligne, le ministère pourrait se limiter
à une aide pour la création d’emplois permanents sur une période de 18 à
24 mois, comme le font d’ailleurs les
CEDECs (Corporation de
développements économique et communautaire) pour les projets d’économie
sociale, le critère de base demeurant l’autofinancement à court terme
plutôt qu’une aide annuelle récurente (notez que c'est sur ce type de
corporation que nous comptons pour
notre projet de
librairie-café). Il n’y a donc pas de quoi
fouetter un chat dans la recherche d’une solution pour permettre au
Québec de combler son retard dans le domaine de l’édition en ligne.
La seule et unique raison qui n’a pas permis à ce jour à notre fondation
de créer les emplois permanents visés au départ, c’est le manque de
support pour la mise en marché, plus spécifiquement la publicité, ou si
vous préférez, l’information auprès des auteurs et des lecteurs
potentiels.
Notre projet «Initiation à l’édition» va en ce sens. Vous
n’avez pas idée jusqu’à quel point nous devons «former» nos auteurs et
nos lecteurs à l’édition, à tous les types d’édition, pour bien les
servir.
Si le Québec se classe au dernier rang de l’édition en ligne en
Occident, c’est uniquement parce que les auteurs et les lecteurs, ne la connaissent pas, car la
matière première et l’intérêt sont là. Nous constatons cet intérêt à
chaque jour. Au cours du présent mois, nous aurons édité plus d’une
vingtaine de nouveaux titres. Ce sera le mois le plus
productif de la fondation depuis sa création en juin 2003. Pourquoi? Parce que les médias de Montréal
parlent de plus en plus de nous (Le Journal de Montréal, les
hebdomadaires régionaux, L’Actualité, Tout le monde en parle,…) et diffusent ainsi l’information
nécessaire auprès de la population. Intéresser les médias n’est pas une
mission facile à remplir de nos jours, d’autant qu’il nous faut aussi former les
journalistes à l’édition en ligne afin qu’ils puissent traiter
adéquatement du sujet et qu'ils ne l’oublient pas lorsque vient le temps
de parler de littérature, comme ce fut le cas dans La Presse en fin de
semaine.
La journaliste ne connaissait visiblement pas l’édition en ligne et elle
n’est pas la seule dans ce cas :
http://manuscritdepot.com/nouveaux.htm#La%20Presse
Or, dans les pays en avance sur le Québec en matière d'édition en ligne, les médias traitent régulièrement du sujet pour
informer la population. Pourquoi cette différence ? Parce que l’aide gouvernementale a
attiré l’attention des médias en donnant à l’édition en ligne une
certaine crédibilité et notoriété. Nous pouvons donner en exemple l'implication
du Conseil de l'Europe dans plusieurs projets d'édition en ligne
depuis 1998 et la
commission sur le livre numérique tenue par le ministère de la culture
en France dès l'an 2000. Ici, au Québec, il en sera de même le jour
où le ministère supportera notre initiative. Force est de conclure que
l’aide que nous espérons aura un double impact : sauver notre maison
d’édition en ligne de la fermeture et attirer définitivement l’attention
des médias et ainsi informer les auteurs et les lecteurs à qui revient
somme toute de décider de notre avenir.
Sachez que ce n’est pas par hasard si nous parlons de «fermeture» alors
que nous visons le contraire. Mais nous en sommes rendus là pour attirer
l’attention des médias et de Madame la ministre. N’est-ce pas malheureux
? Et dire que nous demandions à la ministre que 5,000$ en 2003. À cette
époque, cette petite subvention nous aurait permis d’atteindre
l’autofinancement en moins de 6 mois. Mais ce n’est pas ce qui s'est passé :
six mois après le dépôt de notre demande, nous apprenions qu’elle avait
été perdue par un membre du cabinet et nous avons dû tout reprendre à
zéro avec, pour résultat, cette lettre de refus datée de février 2004 publiée sur cette page de notre
site:
http://manuscritdepot.com/line-beauchamp.htm
Nous savions fort bien que le ministère n’avait pas de programme
d’aide pour l’édition en ligne au moment d’adresser notre demande à
Madame la ministre. Nous espérions une aide spéciale, discrétionnaire.
Mais jamais notre demande fut présentée comme telle à la ministre.
En fait, ce n’est que l’automne dernier, deux ans et demi plus tard, que
la ministre fut informée de notre existence suite à une lettre ouverte
adressée à son intention et diffusée auprès de
toutes les directions du ministère. En réponse à la question du
journaliste David Patry du quotidien Le Journal de Montréal, le soir de
la grande première de Kent Nagano, Madame la ministre a répondu qu’elle
connaissait notre fondation en prenant soin d’ajouter que nous venions
de commencer notre lobbying. Or, notre première démarche auprès de son
cabinet remonte en réalité à juin 2003. La direction de notre fondation
fut très surprise de cette déclaration de la ministre. D’une part, nous
n’avons pas, croyons-nous, à nous investir dans une vaste opération de
lobbying pour atteindre la ministre. L’édition en ligne n’est pas une
bataille politique. D’autre part, elle aurait dû être informée de notre
existence et de notre mission dès notre première démarche en juin 2003.
Aujourd’hui, nous devons, en pleine campagne électorale, annoncer la
fermeture de notre maison d’édition en ligne pour attirer l’attention de
Madame la ministre en vue d’obtenir rapidement une réponse à
notre
demande de subvention qui ne concerne même pas l’édition en ligne
directement.
Enfin, permettez-moi aussi de répondre à vos deux autres questions.
«Comment assurer la qualité d’une œuvre qui est publiée en ligne ?»
Votre question laisse supposer que les œuvres publiées en ligne ne sont
pas de qualité. Or, si plusieurs des œuvres que nous publions furent
préalablement refusées par des éditeurs traditionnels, il faut savoir
qu’une œuvre n'est pas obligatoirement refusée par un
éditeur traditionnel parce qu’elle n’est pas de qualité, comme nous
l’expliquons en page d'accueil de notre site internet à la lumière de l’examen des
nombreuses lettres de refus que nous avons recueillies auprès de nos
auteurs :
|
«Nos éditeurs refusent plus de 90% des manuscrits. Et dans la majorité
des cas, les manuscrits ne sont pas refusés parce qu'ils ne sont pas
intéressants. Au contraire, la plupart des lettres de refus reçues par
nos auteurs précisent clairement que leurs manuscrits ne manquent pas
d'intérêt. Et on y souligne aussi très souvent la qualité littéraire.
Bref, la plupart du temps, ce n'est pas le manuscrit de l'auteur qui est
en cause.
Nos éditeurs refusent plus de 90% des manuscrits tout simplement parce
qu'ils sont débordés de manuscrits, des dizaines voire des centaines par
mois. Car de plus en plus de gens écrivent et de mieux en mieux compte
tenu de l'accès généralisé à l'éducation. Nos éditeurs, je suis
convaincu, font tout en leur pouvoir pour offrir aux lecteurs le maximum
de nouveautés à chaque rentrée littéraire. Et le nombre de nouveautés
augmente d'une année à l'autre avec, pour conséquence, un marché du
livre complètement saturé. L'espace en librairie n'est pas illimité. Les
libraires acceptent d'emblée toutes les nouveautés mais encore faut-il
qu'elles se vendent. Le libraire doit rentabiliser son espace. Les
livres qui ne se vendent pas sont vite retournés aux distributeurs pour
faire place à la prochaine vague de nouveautés. Aujourd'hui, la durée de
vie d'une nouveauté en librairie n'est plus que de trois mois si elle ne
connaît le succès de vente espéré.
Dans ce contexte, les éditeurs tentent de repérer les manuscrits qui
peuvent connaître un succès commercial instantané une fois en
librairies. Le potentiel commercial d'un manuscrit est devenu l'un des
principaux critères de sélection des auteurs qui seront édités. Et on
parle ici d'une approche à très court terme car, vous le savez
maintenant, au bout de trois mois le livre lui sera retourné s'il ne se
vend pas.» |
De plus, plusieurs auteurs de renom choisissent désormais d’emblée l’édition en
ligne et plusieurs ne se donnent même plus la peine de soumettre
préalablement leurs œuvres à des éditeurs traditionnels. Il en va ainsi de l’écrivaine professionnelle
Monique De Gramont
dont une œuvre est publiée par nous et d'autres par Fides en France. Et que dire de
Chantal Gevrey,
récipiendaire du prix
Robert-Cliche, qui publie trois recueils de nouvelles chez nous. Que
penser encore de l’auteur
Pierre Chatillon, professeur émérite de
l’Université du Québec et récipiendaires des Prix Adagio du Salon du
livre de Trois-Rivières et du Prix d’excellence en littérature du
Conseil de développement culturel du Centre-du-Québec, signataire de
plus de 20 essais sur la littérature québécoise, qui vient de se joindre
à notre fondation à l’instar de l’auteur
Paul-Émile Roy,
récipiendaire du
prix Richard-Arès et possédant plus d'une dizaine de publications à son actif,
de Michel Leclerc
qui a occupé notamment les fonctions de Directeur de Cabinet du ministre
de la Justice, de Greffier adjoint du Conseil exécutif, de Greffier en
loi de l’Assemblée nationale, de Directeur de Cabinet du Président de
l’Assemblée nationale, et de Directeur du Bureau des règlements au
ministère de la Justice, de
Patrick Simon,
chercheur à l'Institut
de Documentation et Recherches sur la Paix, de
Fernand Couturier,
professeur de philosophie allemande retraité de l'Université du Québec à
Montréal, de Pierre Bonin,
agent d’information, rédacteur relationniste et chargé de
communication retraité de la fonction publique montréalaise après 30
années de service, d'Alix
Boucard, docteur en sociologie diplômé de l'Université de Montréal,
de Mouloud Belabdi,
universitaire et journaliste, qui a travaillé à la Radio algérienne et à
Radio Canada international tout en collaborant à divers journaux et
magazines, récipiendaire de la médaille d’argent de l’URTI (Université
radiophonique et télévisuelle internationale) et du premier prix de
poésie adulte de la ville de Gijon en Espagne, de
Caroline Côté,
formée en études littéraires à l'Université du Québec à Montréal, et ainsi de suite.
Bref, la qualité est déjà au rendez-vous de l’édition en ligne tout
comme elle l’est dans l’édition traditionnelle.
«Comment assurer les droits d’auteur?» demandez-vous. Les droits
d’auteur sont tout autant assurés dans l’édition en ligne que dans
l’édition traditionnelle. C’est mal connaître l’édition en ligne que de
penser qu'elle menace ou n’assure pas l’auteur de ses
redevances sur ses droits d’auteur et un contrôle adéquat des ventes et
des copies illégales. Un livre publié en ligne est même davantage
protéger qu'un livre en bibliothèque. Le lecteur peut emprunter et
photocopier ou numériser à sa guise tout livre soumis au prêt en
bibliothèque. Or, dans le cas de l'exemplaire numérique publié en ligne,
on peut empêcher l'ouverture du fichier par un tiers et son impression
sur papier pour en contrôler la reproduction et la diffusion illégales.
L'idée qu'un livre numérique peut être reproduit indéfiniment et sans
contrôle est fausse et désuète. On ne peut pas non plus associer le
contrôle des droits d'auteur des exemplaires numériques édités en ligne
avec les problèmes de piratage internet de l'industrie de la musique.
Enfin, dans le cas de l'exemplaire papier disponible en ligne, la
protection est la même que celle de l'exemplaire papier disponible en
librairie traditionnelle.
Questionner les droits d'auteur c’est aussi mal connaître ce
qui distingue notre fondation dans le monde de l’édition en ligne : nos
auteurs conservent leurs droits d’auteur. Ils nous accordent seulement
une licence d’édition, tel que recommandé par l’UNEQ dans son contrat
type d’édition. Autrement dit, nous n’exigeons pas de l’auteur qu’il
nous cède ses droits d’auteur pour l’éditer, contrairement aux éditeurs
traditionnels avec lesquels l’UNEQ se bat pour faire reconnaître son
point sur le sujet. Nous avons accepté la proposition de l'UNEQ dès le départ
parce qu'il nous est aisé de comprendre la position des auteurs : nous
sommes nous-mêmes un regroupement d'auteurs. La Fondation littéraire
Fleur de Lys est le seul éditeur en ligne fondé et géré entièrement par
des auteurs. Et son statut d'organisme sans but lucratif est le choix de
ses auteurs.
Outre la proposition de l'UNEQ, la principale raison pour laquelle nous
n’exigeons pas la cession des droits d’auteur est simple : nous voulons
que nos auteurs puissent poursuivre leurs démarches auprès des éditeurs
traditionnels avec leurs œuvres même si ces dernières sont en ligne sur
notre site. Nous devons agir de la sorte car si l’auteur nous cède ses
droits sur son œuvre, il ne peut plus espérer intéresser un éditeur
traditionnel qui exigera de lui la cession de ses droits d’auteur. Voila
un bel exemple de complémentarité de l’édition en ligne et de l’édition
traditionnelle qui a déjà profité à quelques-uns de nos auteurs. C'est
le cas notamment de Mireille Bisson dont nous avons publié le premier
roman avant d'intéresser les Éditions Septentrion avec son deuxième
roman alors que nous travaillions à la mise en page de ce dernier.
Madame Bisson a donc pu rompre son contrat avec nous pour accepter
l'offre de cet éditeur traditionnel :
http://manuscritdepot.com/a.mireille-bisson.html
http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/auteurs.asp?DevID=582
Notre
contrat d’édition stipule que l’auteur peut rompre son contrat avec nous
en tout temps sans aucun préjudice de quelque nature que ce soit s’il
trouve un éditeur traditionnel pour son œuvre.
Le saviez-vous ? Votre comité d'étude sur l'édition en ligne le sait-il ? La ministre en est-elle
informée ?
Mais la question la plus importante demeure, pour l’instant : «Madame la
ministre acceptera-t-elle d'accorder à notre fondation la subvention demandée pour notre projet
«Initiation à l’édition» présenté dans le cadre du programme «Aide aux
projets/Accueil» de son ministère?»
Au plaisir,
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys |
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La Fondation littéraire Fleur de Lys
poursuit sa bataille pour obtenir une aide financière du gouvernement du
Québec pour l'édition en ligne
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Quand l'attachée de presse de
la ministre de la culture et des communications du Québec affirme «Si on
va de l'avant avec ça, il faut savoir ce que ça implique. Et on n'a pas
encore de réponse», elle laisse entendre que le ministère est dans
l'ignorance dans le domaine de l'édition en ligne. Or, nous savons que
ce n'est pas le cas de plusieurs fonctionnaires du ministère avec qui
nous avons eu des discussions éclairées sur le sujet. Ces derniers ne
sont tout simplement pas écoutés par la direction politique du
ministère. La ministre et son entourage donnent la priorité uniquement à
l'industrie traditionnelle du livre et discréditent l'édition en ligne.
Ils nous promettaient une
étude il y a trois ans déjà :
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Or, la seule étude en
cours aujourd'hui porte sur la numérisation et elle est réalisée par les
éditeurs traditionnels dans leurs propres intérêts, et ce, grâce à une
subvention des gouvernements du Québec et du Canada. Pas un sou pour la
Fondation littéraire Fleur de Lys. Pas un sou pour l'édition en ligne.
Et dans le cadre de cette étude, personne ne s'est donnée la peine de
consulter la Fondation littéraire Fleur de Lys qui est pourtant le seul
éditeur libraire en ligne avec impression à la demande au Québec. Le
gouvernement du Québec passe outre le travail de pionnier de notre
fondation, un organisme à but non lucratif dans lequel des citoyens et
des citoyennes, bénévoles, se sont investis sans retenu depuis bientôt
cinq ans pour aider le Québec à combler son retard dans le domaine de
l'édition en ligne.
À
la lettre ci-dessous nous n'avons pas encore
obtenu de réponse.
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Lettre du 30 mars 2007 adressée à la
ministre québécoise de la culture et des communications et demeurée sans
réponse à ce jour
|
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Montréal, 30 Mars 2007
L'Honorable Line Beauchamp,
Ministre de la culture et des communications
Gouvernement du Québec
Édifice Guy-Frégault
225, Grande Allée Est
Bloc A
1er étage
Québec (Québec)
G1R 5G5
Madame la Ministre,
Il me fait plaisir de vous transmettre mes plus sincères félicitations
pour votre réélection à titre de députée de la circonscription de
Bourassa-Sauvé dans le cadre de l'élection générale de lundi dernier.
Nous espérons que vous conserverez votre poste de ministre de la culture
et des communications au sein du nouveau gouvernement Libéral.
Permettez-moi de commenter votre réaction face aux résultats de cette
élection qui place votre gouvernement en position minoritaire à
l'Assemblée nationale du Québec. Je me réfère ici à l'entrevue que vous
avez accordée à la chaîne française d'information continue de la Société
Radio-Canada le lendemain de l'élection :
|
«Ce que je comprends, c'est qu'il n'y a aucun des partis politiques qui
peut se présenter en disant: « j'ai le monopole de la vérité. » C'est un
appel pour nous les politiciens à écouter davantage la population. Je
pense aussi qu'on est habitué à un modèle de confrontation, mais je
pense que là, pour les intérêts supérieurs du Québec, c'est un appel à
un modèle de coopération.»
— Line Beauchamp
Source
|
Le journaliste résumait ainsi votre analyse :
|
«Elle ajoute que les
Québécois ont envoyé un message clair à son parti, de même qu'à
l'ensemble de la classe politique. Selon elle, les Québécois veulent
être davantage écoutés par les politiciens, et c'est ce que le PLQ devra
faire.»
Source
|
Je suis parfaitement d'accord avec votre constat d'autant plus que je
fais parti de ces Québécois qui réclament une plus grande écoute des
politiciens depuis quelques années.
Selon moi, le problème de fond en est un d'accessibilité des politiciens
et, plus spécifiquement, de nos ministres. Quand j'étais de la
vingtaine, au cours des années 80, il était facile de sensibiliser un
ministre et son entourage à un dossier. Il suffisait d'écrire ou de se
présenter en personne au cabinet du ministre pour être entendu par un
conseiller voire par le directeur du cabinet. Nous savions dès lors que
le ministre serait informé de notre démarche et de nos propositions. Que
ces dernières soient acceptées ou non, nous avions tout de même la
satisfaction d'avoir été entendus. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Le ministre se retrouve plus souvent qu'autrement isolé de la
population, de ses demandes et de ses propositions, par les membres même
de son cabinet. Ces derniers se perçoivent de plus en plus comme le
rempart du ministre. Ils jugent ainsi ce dont il faut informer ou non le
ministre (cette lettre ne vous parviendra peut-être jamais). Certains
conseillers et directeurs de cabinet bloquent littéralement l'accès aux
ministres qu'ils servent en les laissant dans l'ignorance des démarches
de la population.
Mon expérience avec votre cabinet depuis votre élection en 2003 en est
un bel exemple. J'ai informé l'un de vos conseillers dès juin 2003 des
besoins de notre fondation et vous en avez été informée par la bande
seulement en novembre 2006, soit plus de trois ans plus tard. Il faut
dire «par la bande» parce que ce dont vous avez été informée, c'est de
ma lettre ouverte intitulée «La ministre Line Beauchamp confond le
contenant avec le contenu» en réaction à votre participation alors que
vous accueilliez, à la Société des arts technologiques à Montréal, vos
homologues responsables de la culture et du patrimoine au Canada afin
d'entamer les réflexions entourant l'impact des nouvelles technologies
sur les politiques culturelles. Je m'offusquais alors du fait qu'il n'y
avait au programme de l'événement, qu’une seule intervention et un seul
invité concernant l'édition: «[Édition] M. Ronald Hawkins (SONY,
États-Unis) - Possibilités que suscite l’arrivée du livre électronique
dans le secteur de l’édition et ses retombées possibles dans le domaine
de la culture. Présentation du dispositif de Sony.» L'important est de
retenir que j'ai dû envoyer cette lettre ouverte à toutes les directions
de votre ministère et à tous les membres de votre cabinet pour que vous
soyez finalement un peu sensibilisée à notre démarche dans le domaine de
l'édition en ligne.
Le 28 novembre dernier, en après-midi, je rencontrais le journaliste
David Patry du quotidien Le Journal de Montréal avec un groupe d'auteurs
édités en ligne par notre fondation qui a donné lieu à
ces textes. Monsieur Patry m'a confié qu'il vous croiserait
sûrement en soirée lors de la première de Kent Nagano à l'OSM. Je l’ai
invité à vous demander si vous connaissiez notre fondation et il l'a
fait pour ensuite m'informer de votre réponse :
|
«Oui. Ils viennent de
commencer leur lobbying».
|
Vous ne pouvez pas savoir, Madame la ministre, jusqu'à quel point votre
réponse m'a profondément déçu. Nous ne venions pas de commencer notre
lobbying à ce moment-là en novembre dernier mais trois ans plus tôt.
Autrement dit, votre réponse me confirmait officiellement que malgré mes
démarches auprès de votre cabinet depuis juin 2003, vous veniez d'en
être informée, et ce, 41 mois plus tard. Ce n'est pas normal.
Votre réponse m'a également déçu parce que vous me placiez dans une
démarche de lobbying plutôt que de communication. Certains diront que
l'un et l'autre sont semblables mais je suis très loin d'être de cet
avis. Toute personne qui entreprend une démarche auprès de ses
politiciens ne se perçoit pas d'emblée comme un lobbyiste. Votre réponse
m’a laissé croire que seuls les lobbyistes expérimentés ou les groupes
organisés à cette fin ont accès à vous. Personnellement, c'est à titre
de citoyen impliqué dans le développement culturel du Québec que je me
suis adressé à vous et à votre cabinet et non pas en tant que lobbyiste
professionnel, ni même amateur.
Je vous en prie, confirmez-moi que vous n'êtes pas uniquement informée
des dossiers des lobbyistes organisés. Je ne souhaite pas pratiquer
cette discipline. En fait, je tiens à demeurer un simple citoyen, certes
impliqué, mais un simple citoyen, parlant au nom de simples citoyens,
formant une partie de la population.
Quoique je sois impliqué dans le domaine culturel, je pense à la
politique avec un esprit scientifique qui exige que tous les faits
doivent être entendus et non pas uniquement ceux rapportés par les
lobbyistes. Je crois que la politique a le devoir d'être objective et
non soumise aux pressions des uns et des autres. Je souhaite une écoute
simple et active de tous les citoyens et, surtout, un traitement de
valeur égale sans égard à la notoriété.
En science, toute personne peut se lever et faire avancer la
connaissance, seule une preuve factuelle suffit. Il devrait en être
ainsi en politique. Tout citoyen, même celui sans influence aucune, pur
inconnu, devrait pouvoir être entendu pour faire avancer la
connaissance.
Personnellement, je ne comprends pas pourquoi un homme qui tente d'aider
le Québec à reprendre son retard dans le domaine de l'édition en ligne
demeure sans réponse de votre cabinet à ses demandes de rendez-vous avec
vous.
Lorsque j'ai rencontré un membre de votre cabinet à la fin de 2003, je
savais pertinemment que votre ministère n'avait aucun programme d'aide à
l'édition en ligne. Et c'est pourquoi c'est à vous, l'élue en poste, que
j'adressais ma demande plutôt qu'aux fonctionnaires. Mais l'employé de
votre cabinet a préféré envoyer tout de même ma lettre aux
fonctionnaires plutôt que de vous informer. Je savais que vos
fonctionnaires n'avaient alors d'autre choix que de refuser ma demande
puisqu'aucun programme d'aide à l'édition en ligne existait, pas plus
qu'aujourd'hui d'ailleurs. Et c'est pourquoi je persiste à vouloir
entrer en communication avec vous. Mais mes demandes de rendez-vous
demeurent sans réponse, pas même un non.
Je me dois aussi de vous informer que la lettre que je vous adressais en
juin 2003 est aussi demeurée sans réponse. Six mois plus tard, toujours
rien. Je vous ai alors interpellé dans une longue lettre ouverte publiée
dans le quotidien Le Soleil. L'un des membres de votre cabinet a
communiqué avec moi le matin même de la publication pour m'accorder un
rendez-vous au cours duquel elle promettait d'aider notre fondation mais
elle a commis l'erreur, comme je l'écris ci-dessus, d'envoyer notre
demande aux fonctionnaires plutôt que de vous la présenter. Conséquence
: vous êtes perçue par les 350 auteurs de la fondation et leurs lecteurs
comme étant opposée voire fermée à l'édition en ligne et à notre
fondation, initiative d'un simple citoyen en quête d'un emploi.
Et pendant la campagne électorale, pas un mot de votre part et de votre
cabinet à la suite de l'article publié dans Le Journal de Montréal
annonçant la fermeture prochaine de notre maison d'édition en ligne, la
seule au Québec, si vous ne nous venez pas en aide sous peu. «Être
davantage à l'écoute de la population» dites-vous. Oui ! Et plus que
jamais.
Notez bien Madame la ministre : «de la population» et non pas seulement
des lobbyistes de l'OSM, du cinéma,... à qui vous avez accordé des
millions de dollars alors que la demande de notre fondation en juin 2003
n'était que de 5,000$. Et faute d'aide de votre part, nous avons été
dans l'obligation d'imposer en juillet dernier des frais d'édition aux
auteurs, ce qui est très loin de nous plaire compte tenu de notre
mission de valorisation du patrimoine littéraire et de promotion de
l'écriture et de lecture. Nous avons dû aussi fermer notre bureau en
France et ainsi nous limiter uniquement aux auteurs de citoyenneté
canadienne alors que nous en avions de tous les coins de la
francophonie. Car, en plus de contribuer à reprendre le retard du Québec
dans le domaine de l'édition en ligne, notre fondation s'est permis
d'innover en la matière, attirant ainsi des dizaines d'auteurs d'Europe,
d'Afrique et des États-Unis. Mais on ne peut pas maintenir une telle
innovation, entièrement bénévole, sans l'aide de son gouvernement. Faute
d'écoute, notre fondation a dû se replier sur elle-même et sur le
Québec. Conséquence, comme le déclare également le président de l'UNEQ,
le marché de l'édition en ligne nous échappe au profit d'entreprises
françaises et américaines.
Enfin, à lire les déclarations de votre attachée de presse rapportées
dans cet article paru le 15 mars dernier dans Le Journal de Montréal, je
dois conclure que votre cabinet ne vous informe pas adéquatement de la
réalité et des véritables enjeux de l'édition en ligne. Vous trouverez
donc, en annexe à la présente, copie de ma réponse à votre attachée de
presse.
Veuillez agréer, Madame la ministre, mes salutations les plus
distinguées.
Au plaisir de vous rencontrer,
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
Pièce jointe : lettre adressée à Véronik Aubry, attachée de presse
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