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Le magazine en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys – Montréal, Qc.

 

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Dernière modification : 13/01/15 à 13:30

17 avril 2007

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Campagne contre la discrimination

des auteurs par les gouvernements

 

 

Absence de subvention gouvernementale
pour l'édition en ligne au Québec et au Canada

 

 

Les gouvernements du Québec et du Canada réservent toute leur aide financière à l'édition traditionnelle même si cette dernière demeure très peu accessible puisque 90% des manuscrits sont refusés.

 

Le service d'édition en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys était gratuit jusqu'au 10 août 2006. Après trois ans d'efforts pour une édition gratuite (à compte d'éditeur plutôt qu'à compte d'auteur), la direction de la fondation conclut que seule une aide financière gouvernementale peut assurer la gratuité d'un tel service. Or, toutes nos demandes de subventions pour l'édition en ligne furent refusées par les gouvernements du Québec et du Canada. En fait, ni le Québec ni le Canada n'ont mis en place un programme d'aide à l'édition en ligne contrairement à plusieurs pays occidentaux. Les gouvernements du Québec
et du Canada réservent toute leur aide financière à l'édition traditionnelle même si cette dernière demeure très peu accessible puisque 90% des manuscrits sont refusés.

 

De nombreux auteurs de la fondation ont écrit à la ministre depuis juillet 2006. Ils ont reçu une réponse semblable à celle-ci:

 

De : Line.Beauchamp@mcc.gouv.qc.ca
Date : 08/02/2007 19:12:39
A : chantal simon
Sujet : RE Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

Monsieur Alliaume,

Au nom de la ministre de la Culture et des Communications, madame Line Beauchamp, j'accuse réception de votre message électronique.

Je vous remercie de nous avoir transmis cette correspondance qui sera portée à l'attention de la ministre. Soyez assuré qu'elle en prendra connaissance avec intérêt.

Je vous prie d'agréer, monsieur Alliaume, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Sylvie Desrosiers
Attachée politique et
adjointe à l'administration
Téléphone : (418) 380-2310
Télécopieur: (418) 380-2311

 

 

Le plus récent des auteurs de la fondation à écrire à la ministre (avril 2007) a reçu une réponse différente :

 

ATTENTION - Le surligné en jaune et le caractère gras n'étaient pas dans le courriel original. Nous les ajoutons pour attirer votre attention. Le nom de l'auteur et son adresse de courriel sont cachés pour préserver son identité. Les liens hypertextes sont aussi ajoutés par nous.

 

 

Montréal, 10 avril 2007


M. J.R. Michel Cliche
par courriel :  jrmichelcliche@hotmail.com


objet :
édition électronique

Monsieur,

En suivi à votre demande à la ministre de la Culture et des Communications, madame Line Beauchamp. Nous avons le plaisir de vous informer qu’une
étude sur la numérisation a été entreprise par l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et l’Association of Canadian Publishers (ACP) et pourra être utile à l’élaboration d’un nouveau programme d’aide. La fin des travaux est prévue à l’automne 2007. Le Ministère québécois de la Culture et des Communications ainsi que le Ministère du Patrimoine Canadien contribuent au financement de cette étude.

Soulignons que depuis 2002-2003, les ventes des versions électroniques des ouvrages déjà publiés, sont prises en compte lors du calcul de l’aide accordée aux éditeurs agréés dans le cadre du Programme d’aide aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée de la Société de développement des entreprises culturelles.

Nous vous invitons à communiquer avec le soussigné pour toute information complémentaire et vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments les meilleurs.


Louis Dubé
chargé de projet et
adjoint au directeur général

tél. 514-841-2202
sans frais : 1-800-363-0401
 

 

Notez que le «o» du mot «objet» devrait être en majuscule, que la première et la deuxième phrases devrait faire une seule et même phrase, que l'identification du soussigné devrait indiquer le nom de l'organisme où il travaille («Société de développement des entreprises culturelles»), que le «t» de «tél» devrait être en majuscule. La qualité de cette communication en provenance du cabinet du ministère de la culture et des communications du Québec laisse donc passablement à désirez. Et ce cabinet ose, comme nous l'approfondirons plus loin, questionner la qualité des oeuvres qui sont éditées sur internet (voir coupure de presse ci-dessous).

 

© 2007 Le Journal de Montréal (Le Québec traîne de la patte, Le Journal de Montréal, Arts et spectacles, jeudi le 15 mars 2007, David Patry, p. 78. )

 

Notre analyse de la réponse du cabinet du ministère de la culture et des communication à nos auteurs (voir ci-dessus)

 

L'objet du courriel est «édition en ligne». Il est donc conforme à la demande de notre auteur qui répond à notre invitation à écrire à la ministre. Cependant, le type d'étude dont il est question, une étude sur la numérisation, ne correspond pas à l'édition en ligne.

 

La lecture de la réponse de la ministre par le biais de Louis Dubé, nous a incité à communiquer avec l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) pour en savoir plus au sujet de cette «étude sur la numérisation». Dans ce cas précis, le directeur général de l'Association nationale des éditeurs de livres, Monsieur Pierre Le François, parle de la numérisation du fond des éditeurs en vue d'en faire le commerce, c'est-à-dire de numérisation des livres déjà édités par les éditeurs traditionnels.

 

Ce n'est pas du tout ce en quoi consiste l'édition en ligne. Cette dernière consiste à publier de nouvelles oeuvres et, dans certains cas, des oeuvres du domaine public (dont les droits d'auteur son expirés). Numériser le fond d'un éditeur, c'est numériser des livres déjà édités et non pas éditer de nouvelles oeuvres.

 

Un éditeur s'intéresse à la numérisation des livres de son fond qui ne sont plus disponibles sur le marché sur support papier, c'est-à-dire la numérisation des livres épuisés («out of print»). Un livre est dit «épuisé» lorsque l'éditeur ne reçoit pas suffisamment de demandes pour en justifier un nouveau tirage papier. L'éditeur est toujours titulaire des droits d'auteurs de ses livres épuisés et la venue des nouvelles technologies, dont la numérisation, pourra lui servir à relancer la mise en marché de ces livres sous format numérique, par exemple, un fichier PDF. On parle ainsi de «rentabiliser le fond des éditeurs traditionnels à l'aide des nouvelles technologies» et non pas d'édition en ligne. Plusieurs éditeurs traditionnels à travers le monde ont déjà entrepris la relance de leurs fonds sous différents formats numériques. L'un des exemples les plus cités est celui des éditions de l'Université Harvard qui relancent des livres qu'elles ont publiés dans les années 60.

 

Dans la réponse de la ministre soussignée par Louis Dubé, on précise que cette étude sur la numérisation «pourra être utile à l’élaboration d’un nouveau programme d’aide». De toute évidence, il ne s'agira pas d'un programme d'aide à l'édition en ligne de nouvelles oeuvres mais d'un programme réservé aux éditeurs traditionnels qui souhaitent numériser leur fond en vue d'en faire le commerce.

 

Y a-t-il quelqu'un quelque part qui n'a pas compris en quoi consiste l'édition en ligne pour répondre à l'un de nos auteurs qui demande une aide pour un éditeur en ligne, en l'occurrence, notre fondation. Est-ce la personne qui a reçu la demande de notre auteur ou le soussigné auquel elle renvoie cet auteur ?

 

Mais y a-t-il vraiment incompréhension et confusion entre numérisation et édition en ligne?

 

Pour répondre à cette question, il faut se pencher sur la référence du courriel à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) car elle n'est pas banale. Cette société d'état gère le Programme d’aide aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée. Et à qui s'adresse ce programme? Aux «éditeurs agréés» peut-on lire dans le courriel : «l’aide accordée aux éditeurs agréés dans le cadre du Programme d’aide aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée». Dans le document de présentation du programme d'aide, il est écrit :

 

 

 

CONDITIONS GÉNÉRALES D’ADMISSIBILITÉ


Selon les différents volets, les entreprises admissibles sont :

  • éditeurs et libraires « agréés » par le ministère de la Culture et des Communications, selon les normes et conditions définies par la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre et par les Règlements sur l'agrément en annexe à ladite loi;

  • éditeurs spécialisés (affiches et reproductions d'oeuvres d'art, partitions de musique).

Source

 

Dans cette loi, l'éditeur agréé est obligatoirement un éditeur qui distribue ses livres dans les librairies agréées.

 

 

c. D-8.1, r.3

Règlement sur l'agrément des éditeurs au Québec

Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre
(L.R.Q., c. D-8.1, a. 15, 17, 20 et 38)


SECTION II
ADMISSIBILITÉ À L'AGRÉMENT

 

 3. La personne visée dans l'article 2 qui distribue elle-même sa production est tenue de fournir les librairies agréées et ce, selon les dispositions de la Loi et des règlements et les conditions usuelles du commerce.

R.R.Q., 1981, c. D-8.1, r. 3, a. 3.

 

 

Source

 

 

Ce n'est pas le cas de notre fondation parce qu'elle distribue ses livres uniquement sur internet. Et même si la fondation aura bientôt une librairie avec pignon sur rue, cette dernière ne pourra pas être accréditée parce qu'elle devrait d'abord offrir des livres des éditeurs agréés, ce qui n'est pas son objectif.

 

Donc, aux yeux de la loi, la Fondation littéraire Fleur de Lys ne peut pas être reconnue comme un éditeur agréé et, par conséquent, elle n'est pas admissible à l'aide financière accordée par le gouvernement du Québec dans le secteur de l'édition (Programme d’aide aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée).

 

 

 

L.R.Q., chapitre D-8.1

Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre


SECTION I

 

Aide financière.

2. L'aide financière que peut accorder, suivant la loi, le gouvernement, un de ses ministères, organismes ou un mandataire de l'État à une personne faisant commerce dans le domaine de l'édition, de la distribution ou de la librairie ne peut être accordée qu'à des personnes titulaires d'un agrément délivré en vertu de la présente loi ou qui y sont admissibles.

1979, c. 68, a. 2; 1999, c. 40, a. 106.

 

Source

 

 

 

De plus, la Fondation littéraire Fleur de Lys ne peut pas devenir membre de l'Association nationale des éditeurs de livres parce que cette dernière accepte uniquement les éditeurs qui distribuent leurs livres dan les librairies traditionnelles.

 

Bref, au Québec, l'éditeur en ligne n'est pas reconnu comme un éditeur par le gouvernement du Québec, la Société de développement des entreprises culturelles du Québec et par l'Association nationale des éditeurs de livres.

 

Il en va de même au Canada. Le programme d'aide au développement de l'industrie de l'édition du ministère Patrimoine Canada (PADIÉ) ne reconnaît pas l'éditeur en ligne comme un «éditeur.

 

 

 

Programme d'aide au développement de l'industrie de l'édition - Patrimoine Canada.

 

6.1 > Admissibles

Les livres sur support imprimé qui sont :

 

«les propres ouvrages de l'éditeur et qui portent le ISBN attribué à la maison d'édition ou acquis par elle;»

 

«Propre ouvrage

Ouvrage pour lequel le demandeur détient les droits de publication, d'exploitation et de commercialisation pour son propre marché.»

 

«publiés sous la marque de l'éditeur ou sous une marque dont l'éditeur a acquis les droits de publication, de gestion et de commercialisation;»

 

Note : le contrat d'édition de la Fondation littéraire Fleur de Lys n'exige pas de l'auteur la cession de ses droits à l'éditeur alors que ce programme de Patrimoine Canada stipule que seuls les livres dont l'éditeur a exigé de l'auteur la cession de ses droits d'auteur sur son oeuvre sont admissibles pour une aide à l'édition.

Source

 

 

Le programme d'aide à l'édition de livres du Conseil des arts du Canada ne reconnaît pas non plus l'éditeur en ligne comme un «éditeur».

 

 

Conseil des arts du Canada - Aide à l'édition de livres - Subventions aux nouveaux éditeurs

 

«elle doit utiliser des moyens appropriés et efficaces pour mettre en marché et distribuer ses livres et les faire connaître du public»

 

Note : le conseil entend par «moyens appropriés et efficaces» la vente en librairies traditionnelles.

Source

 

 

Ce programme exclu aussi l'impression à la demande (un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur).

 

 

Conseil des arts du Canada - Aide à l'édition de livres - Subventions aux nouveaux éditeurs

 

«avoir un tirage d'au moins 300 exemplaires»

 

Note : un livre imprimé à la demande n'a pas droit à l'aide à l'édition offerte par le conseil. Le tirage de 300 exemplaires exigés vise principalement la distribution en librairies traditionnelles.

Source

 

 

Et même les Prix littéraire du Gouverneur général du Canada ne reconnaissent pas l'éditeur en ligne comme un «éditeur»:

 

 

Conseil des arts du Canada - Prix littéraires du Gouverneur général 2007

 

«Tous les livres doivent porter un numéro ISBN, être distribués au Canada et vendus dans les librairies canadiennes.»

 

Note : le seul mérite de cette notice est d'être claire face à l'exclusion des livres édités et vendus uniquement en ligne sur internet

Source

 

 

 

Dans ce contexte, lorsqu'on lit dans la réponse de la ministre ce la culture et des communications du Québec à notre auteur que l'étude sur la numérisation «pourra être utile à l’élaboration d’un nouveau programme d’aide», ce programme sera uniquement accessible aux éditeurs agréés et non pas à la Fondation littéraire Fleur de Lys.

 

Force est de conclure que le gouvernement du Québec ne considère pas l'édition en ligne comme une part de l'avenir du livre, comme c'est le cas ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis et en Europe. On peut même soutenir que le gouvernement du Québec est dépassé par plusieurs gouvernements de pays du tiers monde dans le domaine de l'édition en ligne.

 

Pour comprendre davantage la situation, nous vous invitons à lire ci-dessous la lettre écrite à l'auteur de l'étude Les chiffres des mots - Portrait économique du livre au Québec, Monsieur Marc Ménard, étude publiée alors qu'il était chercheur à la Société de développement des entreprises culturelles du Québec en 1981.

 

 

 

Lettre à Monsieur Marc Ménard, ex-chercheur et auteur de Les chiffres des mots - Portrait économique du livre au Québec, 2001.

 

Montréal, le 12 Avril 2007


Monsieur Marc Ménard
Professeur
École des médias
Faculté de communication
Université du Québec à Montréal
Case postale 8888, succursale Centre-ville
Montréal (Québec) H3C 3P8
CANADA


Objet : édition en ligne


Bonjour Monsieur Ménard,

J’ajoute ce courriel au message téléphonique que je viens de laisser dans votre boîte vocale à l’université. L’objet est le même : votre étude Les chiffres des mots publiée à la SODEC en 2001.

En juin 2003, j’ai mis sur pied un éditeur libraire en ligne sur internet au Québec et depuis je me bats sans relâche pour obtenir une aide financière des gouvernements mais sans succès. L’édition en ligne n’est pas prise en compte par la SODEC, le ministère de la culture et des communications du Québec et par Patrimoine Canada. Conséquence : le Québec est toujours au dernier rang de l’édition en ligne dans les pays industrialisés occidentaux. Nous sommes même derrière la Hongrie. Il y en a plus d’une trentaine en France et plus d’une soixantaine dans la grande Europe. Même les russes financent l’édition en ligne. Évidemment, aux États-unis, on en compte près de 300. Que font le Canada et le Québec dans le domaine de l’édition en ligne et de l’impression à la demande ? Rien de plus que de signifier des refus à nos demandes de subventions depuis 2003.

Toutes les subventions sont exclusivement réservées aux éditeurs traditionnels. Je suis d’avis que ces derniers s’opposent farouchement à l’entrée de tout nouveaux joueurs dans le domaine de l’édition au Québec qui forceraient d’emblée une révision de la répartition de l’aide aux éditeurs avec un nouveau secteur tel l’édition en ligne. Autrement dit, je pense que le gouvernement du Québec craint voire bloque le développement de l’édition en ligne sous la pression des éditeurs traditionnels, ces derniers exigeant que toute aide gouvernementale à l’édition, qu’importe le secteur, leur revient de droit. Le prétexte est sans doute celui de la fragilité de leur industrie traditionnelle du livre qui ne saurait supporter une compétition de l’édition en ligne, preuve flagrante qu’ils n’ont pas compris la complémentarité des deux secteurs, tel que vous en parliez dans votre étude Des chiffres des mots.

Hier, le cabinet de la ministre Line Beauchamp a commencé à répondre à nos auteurs réclamant une aide pour notre maison d’édition en ligne que l’ANEL a demandé et obtenu une subvention de la SODEC et de Patrimoine Canada sous le thème de l’édition en ligne. Voici la réponse du cabinet reçu par notre auteur, Monsieur Michel Cliche de Montréal :

 

 

Montréal, 10 avril 2007


M. J.R. Michel Cliche


objet : édition électronique


Monsieur,

En suivi à votre demande à la ministre de la Culture et des Communications, madame Line Beauchamp. Nous avons le plaisir de vous informer qu’une étude sur la numérisation a été entreprise par l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et l’Association of Canadian Publishers (ACP) et pourra être utile à l’élaboration d’un nouveau programme d’aide. La fin des travaux est prévue à l’automne 2007. Le Ministère québécois de la Culture et des Communications ainsi que le Ministère du Patrimoine Canadien contribuent au financement de cette étude.

Soulignons que depuis 2002-2003, les ventes des versions électroniques des ouvrages déjà publiés, sont prises en compte lors du calcul de l’aide accordée aux éditeurs agréés dans le cadre du Programme d’aide aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée de la Société de développement des entreprises culturelles.

Nous vous invitons à communiquer avec le soussigné pour toute information complémentaire et vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Louis Dubé
chargé de projet et
adjoint au directeur général

tél. : 514-841-2202
sans frais : 1-800-363-0401

Notez que le «o» du mot «objet» devrait être en majuscule, que la première et la deuxième phrases devrait faire une seule et même phrase, que l'identification du soussigné devrait indiquer le nom de l'organisme où il travaille (Société de développement des entreprises culturelles), que le «t» de «tél» devrait être en majuscule.

 

 

Permettez-moi de vous souligner que le «soussigné» de ce courriel est Monsieur Louis Dubé, que vous devez certainement connaître, celui-là même à qui je demandais en 2002 son avis sur notre projet de maison d’édition en ligne, la première du genre au Québec. Monsieur Dubé m'avait alors répondu:

 

 

«S’il n’y a pas d’éditeur en ligne au Québec, c’est parce qu’il n’y a pas de demande».

 

 

On se confronte ici à la gestion de la culture selon la demande plutôt que l’offre, un débat qui n’a pas véritablement levé au Québec.

 

 

 

Dubois, Vincent, « La vision économique de la culture : Éléments pour une généalogie », BBF, 2001, n° 2, p. 31-34

 

Économie de la culture, Wikipédia

 

Gilles Guénette, «FORMER» LA DEMANDE? «FAVORISER» L'OFFRE?, Le Québécois libre, 9 décembre 2000.

 

 

 

 

Il n’est pas besoin de vous signaler qu'à la lumière de cette affirmation de Monsieur Dubé, notre maison d’édition en ligne n’a pas cru bon demander une subvention à la SODEC.

L’objet de ce courriel est bel et bien l’«édition en ligne» mais on parle d’«étude sur la numérisation». Ou il y a confusion entre les deux thèmes, ou c’est l’annonce que l’aide gouvernementale pour l’édition en ligne se limitera à la numérisation des catalogues des éditeurs traditionnels. Or, l’édition en ligne, c’est bien connu, sert d’abord et avant tout les intérêts des auteurs dont les manuscrits sont refusés par les éditeurs traditionnels. Au Conseil de l’Europe, par exemple, l’édition en ligne est présentée, entre autres, comme un élément de démocratisation de l’industrie du livre en ce qu’elle assure l’accès à l’édition aux auteurs refusés par les éditeurs traditionnels. Si le gouvernement du Québec se limite à subventionner la numérisation des livres des éditeurs traditionnels, cette démocratisation par l’élargissement de l’accès à l’édition n’aura donc pas lieu officiellement chez nous. La révolution de l’édition avec les nouvelles technologies se passera en dessous de la table avec des organismes fondés sur le bénévolat qui tirent le diable par la queue, comme notre fondation.

Par ailleurs, je ne sais pas par quel tour de passe-passe l’ANEL parvient à justifier une étude au sujet de la numérisation alors que la plupart des livres des éditeurs sont déjà sur support numérique, comme vous le soulignez dans votre étude, par exemple, sous la forme de traitement de texte, et dont il ne reste plus qu’à assurer la conversion en format PDF sécurisé pour en faire la vente.

Ici, on oublie de lier l’édition en ligne à l’impression à la demande car l’une ne va pas sans l’autre. Ce n’est que depuis l’arrivée des technologies d’impression à la demande en 1998 que l’édition en ligne a finalement pris son envol en répondant à la sacro-sainte demande des auteurs et des lecteurs : l’exemplaire papier, «le bon vieux livre papier», comme vous écrivez dans votre étude. En trois ans d’activités, notre fondation a vendu seulement 182 exemplaires numériques (PDF) et plus de 5,170 exemplaires papier de ses livres. Ces statistiques parlent d’elles-mêmes : ce n’est pas le numérique qui fait vivre les éditeurs en ligne, mis à part quelques très rares exceptions en raison de spécialisations. Que font donc l’ANEL et la SODEC avec cette étude sur la numérisation? À mon avis, ils sont tout simplement perdus, tout comme les fonctionnaires du ministère de la culture et des communications et sa ministre (actuelle et sans doute à venir). Y a-t-il quelqu’un quelque part en autorité au Québec qui comprend réellement en quoi consiste l’édition en ligne?

Pour l’heure, ce dont la SODEC devrait s’occuper, c’est de doter le Québec d’un service d’impression de livres à la demande car il n’y en a aucun digne de ce nom. Notre fondation assure le service avec l’aide de deux fournisseurs : un imprimeur numérique et un relieur. Personne au Québec n’a la chaîne de production complète ou intégrée, du PDF au livre relié. Il semble même que les pays du tiers monde l’auront avant nous pour un maigre 38,000$ américains en collaboration avec la Banque Mondiale.

 

 

 

 

Pendant ce temps, la SODEC parle de numérisation et la ministre s’amuse avec l’appareil de lecture de Sony en présence même du vice-président de la compagnie. Évidemment, la ministre n’a pas demandé à ce vice-président de s’assurer la disponibilité de contenu québécois en français dans la banque de livres de Sony car il n’est pas question que la multinationale japonaise permette la lecture de livres numériques de toutes origines sur son gadget. Il faudra s’abonner à une banque virtuelle de titres en ligne. Quoiqu’il en soit, ce gadget n’est pas une priorité tant et aussi longtemps que le « bon vieux livre papier » trône sur les préférences des auteurs et des lecteurs. Pourtant, la génération de cette jeune ministre est censée être plus familière avec la technologie que les générations précédentes. Elle devrait aisément comprendre que la « nouvelle économie du livre », expression que j’emprunte aux européens, ne se traduit pas dans un effondrement du livre papier au profit d’un gadget de lecture électronique. La véritable révolution est dans l’édition en ligne avec impression à la demande, non pas dans le support de lecture.

Le directeur général de l’ANEL vient de me confirmer que le programme d’aide espéré à la suite de l’étude sur la numérisation subventionné par la SODEC et Patrimoine Canada est bel et bien pour la numérisation et la commercialisation du fond des éditeurs agréés. C’est officiel, il y a confusion entre le cabinet qui renvoie nos auteurs à la SODEC et ce que fait réellement la SODEC dans le domaine de la numérisation car ni nos auteurs ni notre maison d’édition ne sont visés par le programme d’aide à naître.

Le mot-clé est : agréé. L’éditeur en ligne n’est pas et ne peut pas être agréé dans le cadre des normes actuelles. Pour les autorités gouvernementales, un éditeur en est un que si ses livres sont disponibles en librairies. Or, l’éditeur en ligne offre ses livres soit dans sa propre librairie en ligne, comme vous le mentionnez dans votre étude, soit dans plusieurs librairies en ligne, telles Amazon.com, FNAC,... Il en va de même à l’ANEL pour qui seuls les éditeurs avec distribution en librairies traditionnelles peuvent devenir membres. L’édition en ligne est dans un sentier quelque part dans la brousse.

D’où vient ce traitement aveugle de l’édition en ligne par le gouvernement du Québec et l’industrie traditionnelle du livre ? De toute évidence, nous sommes tout d’abord dans l’obligation de diagnostiquer un manque flagrant de connaissance de la nouvelle économie du livre.

Mais il y a autre chose à relever à la lumière de ce commentaire de l’attachée de presse de la ministre Line Beauchamp lors d’une entrevue accordée au journaliste David Patry du quotidien Le journal de Montréal en mars dernier en pleine campagne électorale: «Quelle place va prendre l’édition en ligne par rapport à l’Édition traditionnelle? Comment s’assurer de la qualité d’une œuvre qui est publiée dans internet? Comment assurer les droits d’auteur?»

Vous avez déjà répondu à la première question dans votre étude Des chiffres des mots : l’édition en ligne est complémentaire à l’édition traditionnelle. Cette complémentarité trouve tout son sens chez nous parce que notre contrat d’édition n’oblige pas l’auteur à nous céder ses droits d’auteur et il lui permet voire l’encourage à poursuivre sa recherche d’un éditeur traditionnel. Ce dernier exigeant la cession des droits de la part de l’auteur, nous avons cru bon de laisser à l’auteur la pleine propriété de ses droits dans l’éventualité où il souhaite les céder à un éditeur traditionnel. Et dans ce cas, il peut rompre son contrat avec nous en tout temps sans aucun préjudice de quelque nature que ce soit. La logique est simple : l’édition en ligne doit demeurer une alternative à l’édition traditionnelle, non pas l’empêcher. Un auteur qui nous aurait cédé ses droits ne saurait pas intéresser un éditeur traditionnel à son œuvre. Notre contrat est ainsi fait qu’il permet à l’auteur de conserver son rêve de voir un jour son livre dans la vitrine des libraires traditionnels sous l’égide d’un éditeur traditionnel. Nous reconnaissons que la distribution en librairies est le lot des éditeurs traditionnels. Nous nous limitons à l’internet. N’est-ce pas là une expression concrète et facile de compréhension de la complémentarité du traditionnel et du virtuel que l’attachée politique aurait dû défendre?

Dans sa deuxième question, la représentante de la ministre demande «Comment s’assurer de la qualité d’une œuvre qui est publiée dans internet?». Le simple fait de poser cette question est déloyal envers l’édition en ligne et nos auteurs dont plusieurs sont récipiendaires de prix littéraires prestigieux et plusieurs autres des professeurs d’universités à la retraite,… Il ne revient pas aux gouvernements de décider qui a le droit d’être lu; il y a des lois pour cela. Nous avons toujours eu pour principe que tout écrit qui respecte la Charte des droits et des libertés de la Personne et les lois inhérentes en vigueur a le droit d’être lu. C’est une question de patrimoine littéraire à conserver autrement qu’au fond d’un tiroir, comme le sont les photographies des générations passées conservées précieusement à la Bibliothèque nationale du Québec. Se questionne-t-on sur la qualité de ces photographies, souvent mal cadrées et tachées par l’acide? Non. Elles sont souvent l’unique témoin d’une époque et de gens que nous ne connaîtrions pas autrement. Est-ce que les catalogues de nos éditeurs traditionnels témoignent suffisamment de l’époque actuelle alors qu’ils refusent plus de 90% des manuscrits soumis à leur attention? Non. Est-ce que le lecteur a une bonne idée de notre époque lorsqu’il visite nos libraires qui, somme toute, n’offrent que 10% des écrits de nos auteurs? Non.

Faut-il croire que la démocratisation de l’éducation au Québec au cours des années 60 n’a pas porté fruit quant à la qualité du français écrit chez nos auteurs? Faut-il croire que seuls les éditeurs traditionnels peuvent être juges de cette qualité chez les auteurs, aspirants et aguerris, lorsque leur principale contrainte demeure commerciale?

J’ai encore à la mémoire cet appel téléphonique de l’avocat de L’UNEQ me suppliant, deux semaines après le lancement de notre maison d’édition en ligne, d’ouvrir nos portes aux auteurs de l’UNEQ et non pas uniquement aux nouveaux auteurs. «Nos auteurs aussi ont de la misère à trouver un éditeur», me disait-il. J’ai acquiescé à sa demande avec plaisir et empressement.

Stanley Péan, le président de l’UNEQ, a déclaré en mars dernier en parlant de notre fondation au journaliste David Patry: «C’est dommage qu’ils ferment. Ils faisaient un travail de fond et un travail de pionnier». Eh, oui. En l’absence d’aide gouvernementale, nous serons bientôt confrontés à la fermeture de notre maison d’édition en ligne après cinq longues années de lutte pour la cause.

Enfin, je suis d’avis que votre étude Les chiffres des mots n’a pas été lue avec suffisamment d’attention par les gens concernés.

C’est dans un dernier espoir de mobilisation que je vous invite à venir conseiller les membres de notre conseil d’administration à la date qu’il vous conviendra.

Dans l’attente de vos nouvelles, veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations les meilleures.



Bien à vous,


Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Lire l'étude de Monsieur Ménard

 

 

 

 

Édition numérique - Le Québec traîne de la patte, Le Journal de Montréal, Arts et spectacles, jeudi le 15 mars 2007, David Patry, p. 78.

 

Cliquez sur cette coupure de presse pour agrandir

© 2007 Le Journal de Montréal

 

Faute de subvention gouvernementale - Le Journal de Montréal, Arts et spectacles, jeudi le 15 mars 2007, David Patry, p. 78.

 

Cliquez sur cette coupure de presse pour agrandir

© 2007 Le Journal de Montréal

 

 

Réponse à Madame Véronik Aubry, attachée de presse de la Ministre de la culture et des communications du Québec, l'Honorable Line Beauchamp, suite à l'article publié dans l'édition du 15 mars 2007 du quotidien Le Journal de Montréal (voir ci-dessus), et plus particulièrement de ce passage :

 

Tiré de l'article ci-dessus

 

© 2007 Le Journal de Montréal

Lettre sans réponse à ce jour


Montréal, 30 Mars 2007

 

 

Madame Véronik Aubry,
Attachée de presse,
L'Honorable Line Beauchamp,
Ministre de la culture et des communications
Gouvernement du Québec
Édifice Guy-Frégault
225, Grande Allée Est
Bloc A
1er étage
Québec (Québec)
G1R 5G5

 

 

Madame,

La ministre de la culture et des communications du Québec, l'Honorable Line Beauchamp, sauvera-t-elle de la fermeture la maison d'édition en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys annoncée dans l’édition de ce jour du quotidien Le Journal de Montréal ?

Il existe un moyen fort simple de nous venir en aide : accepter de subventionner notre projet «Initiation à l’édition» présenté dans le cadre du programme «Aide aux projets / Accueil ».

http://manuscritdepot.com/initiation-edition.htm


Ce projet, créateur de trois emplois à temps plein pour une période de 62 semaines, n’oblige pas la ministre à prendre position en faveur de l’édition en ligne. Il lui permet cependant de venir en aide à notre fondation dans sa mission d’information, tous types d’édition confondus, auprès des nouveaux auteurs, des aspirants éditeurs et des enseignants. Grâce à cette subvention, Madame la Ministre nous permettrait de préserver, par la bande, notre maison d’édition en ligne.

Dans l’article paru aujourd’hui dans Le Journal de Montréal, vous soulignez attendre le rapport d’un comité. Nous aimerions en savoir plus sur ce comité, ses travaux, ses membres,… car nous n’avons pas été consultés par ce dernier quoique nous soyons le pionnier dans le domaine de l’édition en ligne avec impression à la demande au Québec.

À votre question «Quelle place va prendre l’édition en ligne par rapport à l’édition traditionnelle ?», permettez-moi de répondre que l’édition en ligne doit être et demeurer «une alternative» à l’édition traditionnelle, ce qui implique que l’édition en ligne ne doit pas être envisagée comme un compétiteur de l’édition traditionnelle mais un simple complément. J’espère sincèrement que votre comité sur la question abonde en ce sens.

 

Qui plus est, l’édition en ligne doit être proposée comme un tremplin pour l’édition traditionnelle, comme ce fut le cas pour quelques-uns de nos auteurs qui, après avoir publié en ligne ont reçu des offres d’éditeurs traditionnels.

 

Ici, la grande différence entre l’édition en ligne et l’édition traditionnelle est dans la distribution et la vente des livres. L’édition en ligne se limite à l’internet pendant que l’édition traditionnelle profite du réseau des librairies (traditionnelles). À notre avis, l’édition en ligne ne doit pas viser les librairies traditionnelles car elle perdrait ainsi les avantages de l’internet et de l’impression à la demande qui lui permettent, entre autres, de ne pas avoir à conserver d’inventaire comme doivent le faire les éditeurs traditionnels pour remplir leur mandat auprès des librairies traditionnelles. Bref, la complémentarité de l’édition en ligne et de l’édition traditionnelle ne force pas le ministère à revoir ses politiques de soutien à l’édition traditionnelle mais uniquement à ajouter une aide à l’édition en ligne.

Qui plus est, l’aide à l’édition en ligne ne doit pas être récurrente, comme celle accordée à l’édition traditionnelle. Voilà de quoi réjouir la ministre dont le budget est presqu’entièrement récurent d’une année à l’autre. L’édition en ligne a uniquement besoin d’un coup de pouce pour son démarrage et, dans notre cas, pour son développement afin d’atteindre l’autofinancement. Car contrairement aux coûts de l’édition traditionnelle, ceux de l’édition en ligne sont minimes. Par exemple, notre fondation a atteint l’autofinancement de ses activités, y compris celles reliées à l’édition, il y a maintenant deux ans. Tout ce qu’il manque à notre fondation pour assurer son avenir, c’est une permanence de deux employés. Autrement dit, l’édition en ligne est non seulement faisable mais aussi viable actuellement pour autant qu’elle soit entièrement bénévole, comme l'est notre fondation.

Pour générer les profits utiles à la création d’emplois permanents, il faut simplement augmenter la capacité d’édition, de diffusion et de mise en marché des livres, ce que de simples bénévoles ne peuvent pas faire sans l’appui d’une permanence. Ainsi, mis à part l’aide à la conception du site internet de l’éditeur en ligne, le ministère pourrait se limiter à une aide pour la création d’emplois permanents sur une période de 18 à 24 mois, comme le font d’ailleurs les CEDECs (Corporation de développements économique et communautaire) pour les projets d’économie sociale, le critère de base demeurant l’autofinancement à court terme plutôt qu’une aide annuelle récurente (notez que c'est sur ce type de corporation que nous comptons pour notre projet de librairie-café). Il n’y a donc pas de quoi fouetter un chat dans la recherche d’une solution pour permettre au Québec de combler son retard dans le domaine de l’édition en ligne.

La seule et unique raison qui n’a pas permis à ce jour à notre fondation de créer les emplois permanents visés au départ, c’est le manque de support pour la mise en marché, plus spécifiquement la publicité, ou si vous préférez, l’information auprès des auteurs et des lecteurs potentiels. Notre projet «Initiation à l’édition» va en ce sens. Vous n’avez pas idée jusqu’à quel point nous devons «former» nos auteurs et nos lecteurs à l’édition, à tous les types d’édition, pour bien les servir.

Si le Québec se classe au dernier rang de l’édition en ligne en Occident, c’est uniquement parce que les auteurs et les lecteurs, ne la connaissent pas, car la matière première et l’intérêt sont là. Nous constatons cet intérêt à chaque jour. Au cours du présent mois, nous aurons édité plus d’une vingtaine de nouveaux titres. Ce sera le mois le plus productif de la fondation depuis sa création en juin 2003. Pourquoi? Parce que les médias de Montréal parlent de plus en plus de nous (Le Journal de Montréal, les hebdomadaires régionaux, L’Actualité, Tout le monde en parle,…) et diffusent ainsi l’information nécessaire auprès de la population. Intéresser les médias n’est pas une mission facile à remplir de nos jours, d’autant qu’il nous faut aussi former les journalistes à l’édition en ligne afin qu’ils puissent traiter adéquatement du sujet et qu'ils ne l’oublient pas lorsque vient le temps de parler de littérature, comme ce fut le cas dans La Presse en fin de semaine. La journaliste ne connaissait visiblement pas l’édition en ligne et elle n’est pas la seule dans ce cas :

http://manuscritdepot.com/nouveaux.htm#La%20Presse


Or, dans les pays en avance sur le Québec en matière d'édition en ligne, les médias traitent régulièrement du sujet pour informer la population. Pourquoi cette différence ? Parce que l’aide gouvernementale a attiré l’attention des médias en donnant à l’édition en ligne une certaine crédibilité et notoriété. Nous pouvons donner en exemple l'implication du Conseil de l'Europe dans plusieurs projets d'édition en ligne depuis 1998 et la commission sur le livre numérique tenue par le ministère de la culture en France dès l'an 2000. Ici, au Québec, il en sera de même le jour où le ministère supportera notre initiative. Force est de conclure que l’aide que nous espérons aura un double impact : sauver notre maison d’édition en ligne de la fermeture et attirer définitivement l’attention des médias et ainsi informer les auteurs et les lecteurs à qui revient somme toute de décider de notre avenir.

Sachez que ce n’est pas par hasard si nous parlons de «fermeture» alors que nous visons le contraire. Mais nous en sommes rendus là pour attirer l’attention des médias et de Madame la ministre. N’est-ce pas malheureux ? Et dire que nous demandions à la ministre que 5,000$ en 2003. À cette époque, cette petite subvention nous aurait permis d’atteindre l’autofinancement en moins de 6 mois. Mais ce n’est pas ce qui s'est passé : six mois après le dépôt de notre demande, nous apprenions qu’elle avait été perdue par un membre du cabinet et nous avons dû tout reprendre à zéro avec, pour résultat, cette lettre de refus datée de février 2004 publiée sur cette page de notre site:

http://manuscritdepot.com/line-beauchamp.htm


Nous savions fort bien que le ministère n’avait pas de programme d’aide pour l’édition en ligne au moment d’adresser notre demande à Madame la ministre. Nous espérions une aide spéciale, discrétionnaire. Mais jamais notre demande fut présentée comme telle à la ministre.

En fait, ce n’est que l’automne dernier, deux ans et demi plus tard, que la ministre fut informée de notre existence suite à une lettre ouverte adressée à son intention et diffusée auprès de toutes les directions du ministère. En réponse à la question du journaliste David Patry du quotidien Le Journal de Montréal, le soir de la grande première de Kent Nagano, Madame la ministre a répondu qu’elle connaissait notre fondation en prenant soin d’ajouter que nous venions de commencer notre lobbying. Or, notre première démarche auprès de son cabinet remonte en réalité à juin 2003. La direction de notre fondation fut très surprise de cette déclaration de la ministre. D’une part, nous n’avons pas, croyons-nous, à nous investir dans une vaste opération de lobbying pour atteindre la ministre. L’édition en ligne n’est pas une bataille politique. D’autre part, elle aurait dû être informée de notre existence et de notre mission dès notre première démarche en juin 2003.

Aujourd’hui, nous devons, en pleine campagne électorale, annoncer la fermeture de notre maison d’édition en ligne pour attirer l’attention de Madame la ministre en vue d’obtenir rapidement une réponse à notre demande de subvention qui ne concerne même pas l’édition en ligne directement.

Enfin, permettez-moi aussi de répondre à vos deux autres questions.

«Comment assurer la qualité d’une œuvre qui est publiée en ligne ?» Votre question laisse supposer que les œuvres publiées en ligne ne sont pas de qualité. Or, si plusieurs des œuvres que nous publions furent préalablement refusées par des éditeurs traditionnels, il faut savoir qu’une œuvre n'est pas obligatoirement refusée par un éditeur traditionnel parce qu’elle n’est pas de qualité, comme nous l’expliquons en page d'accueil de notre site internet à la lumière de l’examen des nombreuses lettres de refus que nous avons recueillies auprès de nos auteurs :

 

 

«Nos éditeurs refusent plus de 90% des manuscrits. Et dans la majorité des cas, les manuscrits ne sont pas refusés parce qu'ils ne sont pas intéressants. Au contraire, la plupart des lettres de refus reçues par nos auteurs précisent clairement que leurs manuscrits ne manquent pas d'intérêt. Et on y souligne aussi très souvent la qualité littéraire. Bref, la plupart du temps, ce n'est pas le manuscrit de l'auteur qui est en cause.

Nos éditeurs refusent plus de 90% des manuscrits tout simplement parce qu'ils sont débordés de manuscrits, des dizaines voire des centaines par mois. Car de plus en plus de gens écrivent et de mieux en mieux compte tenu de l'accès généralisé à l'éducation. Nos éditeurs, je suis convaincu, font tout en leur pouvoir pour offrir aux lecteurs le maximum de nouveautés à chaque rentrée littéraire. Et le nombre de nouveautés augmente d'une année à l'autre avec, pour conséquence, un marché du livre complètement saturé. L'espace en librairie n'est pas illimité. Les libraires acceptent d'emblée toutes les nouveautés mais encore faut-il qu'elles se vendent. Le libraire doit rentabiliser son espace. Les livres qui ne se vendent pas sont vite retournés aux distributeurs pour faire place à la prochaine vague de nouveautés. Aujourd'hui, la durée de vie d'une nouveauté en librairie n'est plus que de trois mois si elle ne connaît le succès de vente espéré.

Dans ce contexte, les éditeurs tentent de repérer les manuscrits qui peuvent connaître un succès commercial instantané une fois en librairies. Le potentiel commercial d'un manuscrit est devenu l'un des principaux critères de sélection des auteurs qui seront édités. Et on parle ici d'une approche à très court terme car, vous le savez maintenant, au bout de trois mois le livre lui sera retourné s'il ne se vend pas.
»

 

 

De plus, plusieurs auteurs de renom choisissent désormais d’emblée l’édition en ligne et plusieurs ne se donnent même plus la peine de soumettre préalablement leurs œuvres à des éditeurs traditionnels. Il en va ainsi de l’écrivaine professionnelle Monique De Gramont dont une œuvre est publiée par nous et d'autres par Fides en France. Et que dire de Chantal Gevrey, récipiendaire du prix Robert-Cliche, qui publie trois recueils de nouvelles chez nous. Que penser encore de l’auteur Pierre Chatillon, professeur émérite de l’Université du Québec et récipiendaires des Prix Adagio du Salon du livre de Trois-Rivières et du Prix d’excellence en littérature du Conseil de développement culturel du Centre-du-Québec, signataire de plus de 20 essais sur la littérature québécoise, qui vient de se joindre à notre fondation à l’instar de l’auteur Paul-Émile Roy, récipiendaire du prix Richard-Arès et possédant plus d'une dizaine de publications à son actif, de Michel Leclerc qui a occupé notamment les fonctions de Directeur de Cabinet du ministre de la Justice, de Greffier adjoint du Conseil exécutif, de Greffier en loi de l’Assemblée nationale, de Directeur de Cabinet du Président de l’Assemblée nationale, et de Directeur du Bureau des règlements au ministère de la Justice, de Patrick Simon, chercheur à l'Institut de Documentation et Recherches sur la Paix, de Fernand Couturier, professeur de philosophie allemande retraité de l'Université du Québec à Montréal, de Pierre Bonin, agent d’information, rédacteur relationniste et chargé de communication retraité de la fonction publique montréalaise après 30 années de service, d'Alix Boucard, docteur en sociologie diplômé de l'Université de Montréal, de Mouloud Belabdi, universitaire et journaliste, qui a travaillé à la Radio algérienne et à Radio Canada international tout en collaborant à divers journaux et magazines, récipiendaire de la médaille d’argent de l’URTI (Université radiophonique et télévisuelle internationale) et du premier prix de poésie adulte de la ville de Gijon en Espagne, de Caroline Côté, formée en études littéraires à l'Université du Québec à Montréal, et ainsi de suite. Bref, la qualité est déjà au rendez-vous de l’édition en ligne tout comme elle l’est dans l’édition traditionnelle.

«Comment assurer les droits d’auteur?» demandez-vous. Les droits d’auteur sont tout autant assurés dans l’édition en ligne que dans l’édition traditionnelle. C’est mal connaître l’édition en ligne que de penser qu'elle menace ou n’assure pas l’auteur de ses redevances sur ses droits d’auteur et un contrôle adéquat des ventes et des copies illégales. Un livre publié en ligne est même davantage protéger qu'un livre en bibliothèque. Le lecteur peut emprunter et photocopier ou numériser à sa guise tout livre soumis au prêt en bibliothèque. Or, dans le cas de l'exemplaire numérique publié en ligne, on peut empêcher l'ouverture du fichier par un tiers et son impression sur papier pour en contrôler la reproduction et la diffusion illégales. L'idée qu'un livre numérique peut être reproduit indéfiniment et sans contrôle est fausse et désuète. On ne peut pas non plus associer le contrôle des droits d'auteur des exemplaires numériques édités en ligne avec les problèmes de piratage internet de l'industrie de la musique. Enfin, dans le cas de l'exemplaire papier disponible en ligne, la protection est la même que celle de l'exemplaire papier disponible en librairie traditionnelle.

 

Questionner les droits d'auteur c’est aussi mal connaître ce qui distingue notre fondation dans le monde de l’édition en ligne : nos auteurs conservent leurs droits d’auteur. Ils nous accordent seulement une licence d’édition, tel que recommandé par l’UNEQ dans son contrat type d’édition. Autrement dit, nous n’exigeons pas de l’auteur qu’il nous cède ses droits d’auteur pour l’éditer, contrairement aux éditeurs traditionnels avec lesquels l’UNEQ se bat pour faire reconnaître son point sur le sujet. Nous avons accepté la proposition de l'UNEQ dès le départ parce qu'il nous est aisé de comprendre la position des auteurs : nous sommes nous-mêmes un regroupement d'auteurs. La Fondation littéraire Fleur de Lys est le seul éditeur en ligne fondé et géré entièrement par des auteurs. Et son statut d'organisme sans but lucratif est le choix de ses auteurs.

 

Outre la proposition de l'UNEQ, la principale raison pour laquelle nous n’exigeons pas la cession des droits d’auteur est simple : nous voulons que nos auteurs puissent poursuivre leurs démarches auprès des éditeurs traditionnels avec leurs œuvres même si ces dernières sont en ligne sur notre site. Nous devons agir de la sorte car si l’auteur nous cède ses droits sur son œuvre, il ne peut plus espérer intéresser un éditeur traditionnel qui exigera de lui la cession de ses droits d’auteur. Voila un bel exemple de complémentarité de l’édition en ligne et de l’édition traditionnelle qui a déjà profité à quelques-uns de nos auteurs. C'est le cas notamment de Mireille Bisson dont nous avons publié le premier roman avant d'intéresser les Éditions Septentrion avec son deuxième roman alors que nous travaillions à la mise en page de ce dernier. Madame Bisson a donc pu rompre son contrat avec nous pour accepter l'offre de cet éditeur traditionnel :

 

http://manuscritdepot.com/a.mireille-bisson.html

 

http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/auteurs.asp?DevID=582

 

Notre contrat d’édition stipule que l’auteur peut rompre son contrat avec nous en tout temps sans aucun préjudice de quelque nature que ce soit s’il trouve un éditeur traditionnel pour son œuvre.

Le saviez-vous ? Votre comité d'étude sur l'édition en ligne le sait-il ? La ministre en est-elle informée ?

Mais la question la plus importante demeure, pour l’instant : «Madame la ministre acceptera-t-elle d'accorder à notre fondation la subvention demandée pour notre projet «Initiation à l’édition» présenté dans le cadre du programme «Aide aux projets/Accueil» de son ministère?»



Au plaisir,


Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

La Fondation littéraire Fleur de Lys poursuit sa bataille pour obtenir une aide financière du gouvernement du Québec pour l'édition en ligne

 

Quand l'attachée de presse de la ministre de la culture et des communications du Québec affirme «Si on va de l'avant avec ça, il faut savoir ce que ça implique. Et on n'a pas encore de réponse», elle laisse entendre que le ministère est dans l'ignorance dans le domaine de l'édition en ligne. Or, nous savons que ce n'est pas le cas de plusieurs fonctionnaires du ministère avec qui nous avons eu des discussions éclairées sur le sujet. Ces derniers ne sont tout simplement pas écoutés par la direction politique du ministère. La ministre et son entourage donnent la priorité uniquement à l'industrie traditionnelle du livre et discréditent l'édition en ligne.

 

Ils nous promettaient une étude il y a trois ans déjà :

 

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Or, la seule étude en cours aujourd'hui porte sur la numérisation et elle est réalisée par les éditeurs traditionnels dans leurs propres intérêts, et ce, grâce à une subvention des gouvernements du Québec et du Canada. Pas un sou pour la Fondation littéraire Fleur de Lys. Pas un sou pour l'édition en ligne. Et dans le cadre de cette étude, personne ne s'est donnée la peine de consulter la Fondation littéraire Fleur de Lys qui est pourtant le seul éditeur libraire en ligne avec impression à la demande au Québec. Le gouvernement du Québec passe outre le travail de pionnier de notre fondation, un organisme à but non lucratif dans lequel des citoyens et des citoyennes, bénévoles, se sont investis sans retenu depuis bientôt cinq ans pour aider le Québec à combler son retard dans le domaine de l'édition en ligne.

 

 

À la lettre ci-dessous nous n'avons pas encore

obtenu de réponse.
 

 

Lettre du 30 mars 2007 adressée à la ministre québécoise de la culture et des communications et demeurée sans réponse à ce jour

 

 

Montréal, 30 Mars 2007


L'Honorable Line Beauchamp,
Ministre de la culture et des communications
Gouvernement du Québec
Édifice Guy-Frégault
225, Grande Allée Est
Bloc A
1er étage
Québec (Québec)
G1R 5G5



Madame la Ministre,


Il me fait plaisir de vous transmettre mes plus sincères félicitations pour votre réélection à titre de députée de la circonscription de Bourassa-Sauvé dans le cadre de l'élection générale de lundi dernier. Nous espérons que vous conserverez votre poste de ministre de la culture et des communications au sein du nouveau gouvernement Libéral.

Permettez-moi de commenter votre réaction face aux résultats de cette élection qui place votre gouvernement en position minoritaire à l'Assemblée nationale du Québec. Je me réfère ici à l'entrevue que vous avez accordée à la chaîne française d'information continue de la Société Radio-Canada le lendemain de l'élection :

 

 

 

«Ce que je comprends, c'est qu'il n'y a aucun des partis politiques qui peut se présenter en disant: « j'ai le monopole de la vérité. » C'est un appel pour nous les politiciens à écouter davantage la population. Je pense aussi qu'on est habitué à un modèle de confrontation, mais je pense que là, pour les intérêts supérieurs du Québec, c'est un appel à un modèle de coopération.»

 

— Line Beauchamp

Source

 

 

 

 

Le journaliste résumait ainsi votre analyse :

 

 

 

«Elle ajoute que les Québécois ont envoyé un message clair à son parti, de même qu'à l'ensemble de la classe politique. Selon elle, les Québécois veulent être davantage écoutés par les politiciens, et c'est ce que le PLQ devra faire.»

Source

 

 

 

 

Je suis parfaitement d'accord avec votre constat d'autant plus que je fais parti de ces Québécois qui réclament une plus grande écoute des politiciens depuis quelques années.

Selon moi, le problème de fond en est un d'accessibilité des politiciens et, plus spécifiquement, de nos ministres. Quand j'étais de la vingtaine, au cours des années 80, il était facile de sensibiliser un ministre et son entourage à un dossier. Il suffisait d'écrire ou de se présenter en personne au cabinet du ministre pour être entendu par un conseiller voire par le directeur du cabinet. Nous savions dès lors que le ministre serait informé de notre démarche et de nos propositions. Que ces dernières soient acceptées ou non, nous avions tout de même la satisfaction d'avoir été entendus. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Le ministre se retrouve plus souvent qu'autrement isolé de la population, de ses demandes et de ses propositions, par les membres même de son cabinet. Ces derniers se perçoivent de plus en plus comme le rempart du ministre. Ils jugent ainsi ce dont il faut informer ou non le ministre (cette lettre ne vous parviendra peut-être jamais). Certains conseillers et directeurs de cabinet bloquent littéralement l'accès aux ministres qu'ils servent en les laissant dans l'ignorance des démarches de la population.

Mon expérience avec votre cabinet depuis votre élection en 2003 en est un bel exemple. J'ai informé l'un de vos conseillers dès juin 2003 des besoins de notre fondation et vous en avez été informée par la bande seulement en novembre 2006, soit plus de trois ans plus tard. Il faut dire «par la bande» parce que ce dont vous avez été informée, c'est de ma lettre ouverte intitulée «La ministre Line Beauchamp confond le contenant avec le contenu» en réaction à votre participation alors que vous accueilliez, à la Société des arts technologiques à Montréal, vos homologues responsables de la culture et du patrimoine au Canada afin d'entamer les réflexions entourant l'impact des nouvelles technologies sur les politiques culturelles. Je m'offusquais alors du fait qu'il n'y avait au programme de l'événement, qu’une seule intervention et un seul invité concernant l'édition: «[Édition] M. Ronald Hawkins (SONY, États-Unis) - Possibilités que suscite l’arrivée du livre électronique dans le secteur de l’édition et ses retombées possibles dans le domaine de la culture. Présentation du dispositif de Sony.» L'important est de retenir que j'ai dû envoyer cette lettre ouverte à toutes les directions de votre ministère et à tous les membres de votre cabinet pour que vous soyez finalement un peu sensibilisée à notre démarche dans le domaine de l'édition en ligne.

Le 28 novembre dernier, en après-midi, je rencontrais le journaliste David Patry du quotidien Le Journal de Montréal avec un groupe d'auteurs édités en ligne par notre fondation qui a donné lieu à ces textes. Monsieur Patry m'a confié qu'il vous croiserait sûrement en soirée lors de la première de Kent Nagano à l'OSM. Je l’ai invité à vous demander si vous connaissiez notre fondation et il l'a fait pour ensuite m'informer de votre réponse :

 

 

 

«Oui. Ils viennent de commencer leur lobbying».

 

 

 

Vous ne pouvez pas savoir, Madame la ministre, jusqu'à quel point votre réponse m'a profondément déçu. Nous ne venions pas de commencer notre lobbying à ce moment-là en novembre dernier mais trois ans plus tôt. Autrement dit, votre réponse me confirmait officiellement que malgré mes démarches auprès de votre cabinet depuis juin 2003, vous veniez d'en être informée, et ce, 41 mois plus tard. Ce n'est pas normal.

Votre réponse m'a également déçu parce que vous me placiez dans une démarche de lobbying plutôt que de communication. Certains diront que l'un et l'autre sont semblables mais je suis très loin d'être de cet avis. Toute personne qui entreprend une démarche auprès de ses politiciens ne se perçoit pas d'emblée comme un lobbyiste. Votre réponse m’a laissé croire que seuls les lobbyistes expérimentés ou les groupes organisés à cette fin ont accès à vous. Personnellement, c'est à titre de citoyen impliqué dans le développement culturel du Québec que je me suis adressé à vous et à votre cabinet et non pas en tant que lobbyiste professionnel, ni même amateur.

Je vous en prie, confirmez-moi que vous n'êtes pas uniquement informée des dossiers des lobbyistes organisés. Je ne souhaite pas pratiquer cette discipline. En fait, je tiens à demeurer un simple citoyen, certes impliqué, mais un simple citoyen, parlant au nom de simples citoyens, formant une partie de la population.

Quoique je sois impliqué dans le domaine culturel, je pense à la politique avec un esprit scientifique qui exige que tous les faits doivent être entendus et non pas uniquement ceux rapportés par les lobbyistes. Je crois que la politique a le devoir d'être objective et non soumise aux pressions des uns et des autres. Je souhaite une écoute simple et active de tous les citoyens et, surtout, un traitement de valeur égale sans égard à la notoriété.

En science, toute personne peut se lever et faire avancer la connaissance, seule une preuve factuelle suffit. Il devrait en être ainsi en politique. Tout citoyen, même celui sans influence aucune, pur inconnu, devrait pouvoir être entendu pour faire avancer la connaissance.

Personnellement, je ne comprends pas pourquoi un homme qui tente d'aider le Québec à reprendre son retard dans le domaine de l'édition en ligne demeure sans réponse de votre cabinet à ses demandes de rendez-vous avec vous.

Lorsque j'ai rencontré un membre de votre cabinet à la fin de 2003, je savais pertinemment que votre ministère n'avait aucun programme d'aide à l'édition en ligne. Et c'est pourquoi c'est à vous, l'élue en poste, que j'adressais ma demande plutôt qu'aux fonctionnaires. Mais l'employé de votre cabinet a préféré envoyer tout de même ma lettre aux fonctionnaires plutôt que de vous informer. Je savais que vos fonctionnaires n'avaient alors d'autre choix que de refuser ma demande puisqu'aucun programme d'aide à l'édition en ligne existait, pas plus qu'aujourd'hui d'ailleurs. Et c'est pourquoi je persiste à vouloir entrer en communication avec vous. Mais mes demandes de rendez-vous demeurent sans réponse, pas même un non.

Je me dois aussi de vous informer que la lettre que je vous adressais en juin 2003 est aussi demeurée sans réponse. Six mois plus tard, toujours rien. Je vous ai alors interpellé dans une longue lettre ouverte publiée dans le quotidien Le Soleil. L'un des membres de votre cabinet a communiqué avec moi le matin même de la publication pour m'accorder un rendez-vous au cours duquel elle promettait d'aider notre fondation mais elle a commis l'erreur, comme je l'écris ci-dessus, d'envoyer notre demande aux fonctionnaires plutôt que de vous la présenter. Conséquence : vous êtes perçue par les 350 auteurs de la fondation et leurs lecteurs comme étant opposée voire fermée à l'édition en ligne et à notre fondation, initiative d'un simple citoyen en quête d'un emploi.

Et pendant la campagne électorale, pas un mot de votre part et de votre cabinet à la suite de l'article publié dans Le Journal de Montréal annonçant la fermeture prochaine de notre maison d'édition en ligne, la seule au Québec, si vous ne nous venez pas en aide sous peu. «Être davantage à l'écoute de la population» dites-vous. Oui ! Et plus que jamais.

Notez bien Madame la ministre : «de la population» et non pas seulement des lobbyistes de l'OSM, du cinéma,... à qui vous avez accordé des millions de dollars alors que la demande de notre fondation en juin 2003 n'était que de 5,000$. Et faute d'aide de votre part, nous avons été dans l'obligation d'imposer en juillet dernier des frais d'édition aux auteurs, ce qui est très loin de nous plaire compte tenu de notre mission de valorisation du patrimoine littéraire et de promotion de l'écriture et de lecture. Nous avons dû aussi fermer notre bureau en France et ainsi nous limiter uniquement aux auteurs de citoyenneté canadienne alors que nous en avions de tous les coins de la francophonie. Car, en plus de contribuer à reprendre le retard du Québec dans le domaine de l'édition en ligne, notre fondation s'est permis d'innover en la matière, attirant ainsi des dizaines d'auteurs d'Europe, d'Afrique et des États-Unis. Mais on ne peut pas maintenir une telle innovation, entièrement bénévole, sans l'aide de son gouvernement. Faute d'écoute, notre fondation a dû se replier sur elle-même et sur le Québec. Conséquence, comme le déclare également le président de l'UNEQ, le marché de l'édition en ligne nous échappe au profit d'entreprises françaises et américaines.

Enfin, à lire les déclarations de votre attachée de presse rapportées dans cet article paru le 15 mars dernier dans Le Journal de Montréal, je dois conclure que votre cabinet ne vous informe pas adéquatement de la réalité et des véritables enjeux de l'édition en ligne. Vous trouverez donc, en annexe à la présente, copie de ma réponse à votre attachée de presse.

Veuillez agréer, Madame la ministre, mes salutations les plus distinguées.



Au plaisir de vous rencontrer,
 


Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys




Pièce jointe : lettre adressée à Véronik Aubry, attachée de presse

 

 

 

 

17 avril 2007

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