Maison d'édition et librairie québécoises en ligne sur Internet

avec impression papier et numérique à la demande.

ACTUALITÉ SPÉCIALE - JANVIER 2018

 

 

Un journaliste peut-il écrire
«sauf erreur» ?

 

 

VOTRE ÉDITEUR PREND POSITION

 

 

 

Réponse à l'article

Pour «l’immortalité» du livre

signé par Jean-Christophe Laurence dans LaPresse+ et LaPresse

 

 

 

 

Nous avions souligné le manque de vérification et de contrevérification des sources par les journalistes couvrant l'annonce de la nouvelle offre d'impression à la demande par Marquis Imprimeur dans cet article de ce magazine en ligne :

 

Annonce de l’impression de livres à la demande par Marquis et SoBOOK :
quand des journalistes ne vérifient pas leurs informations

 

 

Aujourd'hui, nous pourrions faire un Copier/Coller de notre article de 2016 en guise d'appréciation du texte ''Pour « l’immortalité » du livre'' de Jean-Christophe Laurence dans l'édition du 7 janvier 2018 de LaPresse+, à une exception près. Le journaliste se dédouane d'une vérification de ses sources au sujet de l'impression à la demande (IAD) au Québec en utilisant l'expression «sauf erreur» (le caractère gras est de nous):

 

«En France, des géants de l’édition et de la distribution, comme Hachette et Interforum-Editis, ont tous deux intégré l’IAD à leur chaîne de production. Au Québec, l’imprimerie Marquis s’est également lancée dans l’aventure il y a deux ans, ce qui en fait, sauf erreur, le seul imprimeur d’ici à avoir amorcé le virage. Parmi ses quelque 2000 clients, une dizaine de maisons d’édition québécoises solliciteraient déjà son service d’impression à la demande, incluant Boréal, Septentrion et Québec-Amérique.»

 

Laurence, Jean-Christophe, Pour « l’immortalité » du livre, LaPresse+, 7 janvier 2018.

 

Un journaliste sérieux ne peut pas rapporter une information en précisant aux lecteurs qu'elle est vraie «sauf erreur» de sa part. Il est de sa responsabilité professionnelle de s'assurer de la véracité de ses informations, d'autant plus que monsieur Jean-Christophe Laurence est membre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.

 

Le Guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec fait de la vérification de l'information une «obligation»:

 

3. Vérité et rigueur

 

3 a) Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations. Ils doivent corriger leurs erreurs avec diligence et de façon appropriée au tort causé.

 

3 b) Les journalistes doivent situer dans leur contexte les faits et opinions dont ils font état de manière à ce qu’ils soient compréhensibles, sans en exagérer ou en diminuer la portée.

 

3 c) Les titres et présentations des articles et reportages ne doivent pas exagérer ni induire en erreur.

 

3 d) Les journalistes doivent départager soigneusement ce qui relève de leur opinion personnelle, de l’analyse et de l’information factuelle afin de ne pas engendrer de confusion dans le public. Les journalistes s’en tiennent avant tout au compte rendu précis des faits. Dans les genres journalistiques comme les éditoriaux, les chroniques et les billets ou dans le journalisme engagé, où l’expression des opinions prend une large place, les journalistes doivent tout autant respecter les faits.

 

3 e) Une rumeur ne peut être publiée sauf si elle émane d’une source crédible, et si elle est significative et utile pour comprendre un événement. Elle doit toujours être identifiée comme une rumeur. Dans le domaine judiciaire, la publication de rumeurs est à proscrire.

 

3 f) Les journalistes doivent respecter fidèlement le sens des propos qu’ils rapportent. Les citations, les rapprochements, les ajouts sonores, etc. ou leur séquence ne doivent pas dénaturer le sens de ces propos.

 

3 g) Photos, graphiques, sons et images diffusés ou publiés doivent représenter le plus fidèlement possible la réalité. Les préoccupations artistiques ne doivent pas conduire à tromper le public. Les photomontages doivent être identifiés comme tels.

 

3 h) Les journalistes ne doivent pas se livrer au plagiat. S’ils reprennent une nouvelle exclusive qui vient d’être publiée ou diffusée par un autre média, ils doivent en identifier la source.

 

Vérité et rigueur, Guide de déontologie, Fédération professionnelle des journalistes du Québec.

 

Télécharger ce guide en PDF

 

 

Point par point

 

 

Qui a conçu «l'Expresso Book Machine» (EBM) ?

 

Dans son article, le journaliste Jean-Christophe Laurence attribue la conception de l'Expresso Book Machine à Xerox. Or, ce n'est pas le cas. Le prototype de l'appareil est l'oeuvre de Jeff Marsh.  Il sera développé et intégré au monde digital par Jason Epstein et son partenaire Dane Neller au sein d'une nouvelle entreprise, On Demand Books (BOD), fondée à cette fin en 2003. Et c'est grâce à un généreux don de l'Alfred P. Sloan Foundation que la première version beta de l'appareil sera développée, testée et construite.

 

 

Source web : http://ondemandbooks.com/history.php  Cliquez sur l'illustration pour agrandir.

 

 

Xerox n'est qu'un partenaire de commercialisation de l'appareil qui viendra plus tard. Aujourd'hui, Xerox n'offre plus l'appareil à l'état neuf.

 

 

 

Cliquez sur l'illustration pour agrandir.

 

 

 

L'idée fausse de la conception de cet appareil par Xerox se retrouve sur la version de langue française de Wikipédia :

 

 

«Créés par la société Xerox et commercialisés à l'international par la firme américaine On Demand Books, une soixantaine de ces systèmes sont en activité dans le monde en 2016. Une machine coûtant environ 68 000 euros, la rentabilité de ce dispositif est limitée aux structures importantes.»

 

Espresso Book Machine, Wikipédia, langue française.

 

 

Dans la version en langue anglaise de Wikipédia, il en va tout autrement. La compagnie Xerox n'apparaît pas dans le texte consacré à l'Espresso Book Machine :

 

 

Jason Epstein gave a series of lectures in 1999 about his experiences in publishing. Epstein mentioned in his speech that a future was possible in which customers would be able to print an out-of-stock title on the spot, if a book-printing machine could be made that would fit in a store. He founded 3BillionBooks with Michael Smolens, a Long Island entrepreneur in Russia, and Thor Sigvaldason, a consultant at Price Waterhouse Coopers. At the time, Jeff Marsh, a St Louis engineer and inventor, had already constructed a prototype book printer that could both photocopy and bind. Marsh was working on this project for Harvey Ross, who held U.S. Patent 5,465,213. Peter Zelchenko, a Chicago-based technologist and a partner of Ross in a related patent effort, worked with Marsh to prove the concept and also helped bring Marsh and other players together with several venture interests.

 

Ultimately Epstein, together with Dane Neller, former President and CEO of Dean and Deluca, licensed Marsh's invention and founded On Demand Books.

 

The first Espresso Book Machine was installed and demonstrated June 21, 2007 at the New York Public Library's Science, Industry and Business Library. For a month, the public was allowed to test the machine by printing free copies of public domain titles provided by the Open Content Alliance (OCA), a non-profit organization with a database of over 200,000 titles.

 

History, Espresso Book Machine (EBM), Wikipédia, version en langue anglaise.

 

Eh ! Oui, la version en français et la version en anglais de Wikipedia ne sont pas les mêmes dans le cas de l'Espresso Book Machine. Et toute personne bien informée sait qu'il en va ainsi dans plusieurs autres articles selon la langue sur de nombreux sujets de l'encyclopédie en ligne.

 

Il ne s'agit pas d'erreur dans la traduction des articles mais plutôt des auteurs et de leurs sources d'information. L'auteur n'est pas toujours le même d'une version à l'autre. Qui plus est, les sources d'information des auteurs ne sont pas les mêmes d'une version à l'autre. À cela il faut sans doute ajouter la langue courante parlée et écrite par l'auteur. Tout journaliste, pour autant qu'il soit professionnel, connaît fort bien ces facteurs de variations influant sur l'information et, de là, il se donnera la peine de vérifier à la source (dans la langue d'origine de l'information).

 

Enfin, aujourd'hui, le consommateur avisé sait que la compagnie dont le nom apparaît sur un appareil n'est est pas obligatoirement celui du concepteur; commercialisation oblige.

 

Toujours est-il que le journaliste Jean-Christophe Laurence n'a pas regardé plus loin que son nez au sujet du concepteur de l'Espresso Book Machine.

 

L'impression à la demande, «un système encore peu répandu» ?

 

Traitant de l'impression à la demande, le journaliste Jean-Christophe Laurence écrit qu'elle est peu répandue. C'est faux, l'impression à la demande a connu le succès dès son apparition à la fin des années 90 autant en Amérique du Nord qu'en Europe. Mentionnons le projet «Nouvel économie du livre» du Conseil de l'Europe incluant l'implantation de l'impression à la demande en plusieurs pays membres.

L'impression à la demande est désormais accessible à l'international. En moins de 20 ans, l'impression à la demande est devenue une véritable industrie dans le secteur du livre en bon nombre de pays, notamment anglo-saxons. Elle occupe aussi une place de choix en Asie.

 

Contrairement à l'affirmation du journaliste Jean-Christophe Laurence, l'impression à la demande est un «système» (ensemble organisé) très répandu.

 

Il a sûrement voulu préciser son «information» en mentionnant, plus loin dans son article :

 

Longtemps confinée au secteur de l’autoédition et au milieu académique, l’IAD commence à faire sa place dans l’édition francophone de type plus industriel.

 

Laurence, Jean-Christophe, Pour « l’immortalité » du livre, LaPresse+, 7 janvier 2018.

 

C'est vrai, l'impression à la demande dans le monde de l'édition francophone «de type plus industriel» demeure peu utilisée. Mais encore faut-il que l'offre soit réellement de l'impression à la demande.

 

Qu'est-ce l'impression à la demande ?

 

Marquis Imprimeur offre l'impression à la demande mais ne dispose pas d'un «système intégré». La production implique plusieurs appareils et plusieurs intervenants. Il s'agit d'impression à la demande artisanale sans les économies originales.

 

En effet, l'impression à la demande consiste à produire les exemplaires commandés avec seul appareil intégrant toutes les fonctions dans un flux de production continu (on peut aussi parler d'une chaîne intégrée d'appareils) et nécessitant l'intervention d'une seule personne pour son opération. L'imprimeur doit recevoir un nombre élevés de commandes pour rentabiliser l'achat et l'entretient de son appareil.

 

 

 

«Années 1990—Xerox introduces the DocuTech 135 Publishing System—the first laser printer capable of rivaling the quality of traditional offset printing of text and images. With the DocuTech, a new set of graphically sophisticated documents, including books, manuals and marketing materials, became eligible for printing on demand, with orders fulfilled from electronic repositories rather than warehouses, saving time and money.» Source web : Smithsonian Institution

 

 

L'appareil DocuTech 135 Publishing System de Xerox lancé dans les années 90 introduit la production de documents à la demande.

 

 

Xerox, iGen3

 

 

Un autre appareil de Xerox, iGen3, sera introduit au début des années 2000 et permet l'impression à la demande de livres sur une échelle industrielle.

 

 

 

PRESSE DE PRODUCTION NUMERIQUE XEROX IGEN3 110
BASÉE SUR LA TECHNOLOGIE SMARTSIZETM -
 

Cliquez sur l'illustration pour agrandir.
 

Cliquez ici pour télécharger la brochure complète (PDF).

 

 

L'appareil iGEN3 se vendait plus de un million de dollars pièce et implique un nouveau modèle d'affaires. Si les commandes comptent un minimum d'exemplaires de chaque titre, il faut un nombre très élevés de titres pour rentabiliser l'achat de tels appareils.

 

Ce modèle d'affaire ne peut pas se limiter au secteur des titres épuisés pour être rentable. Il est adopté par des imprimeurs en lien direct avec les nouveaux services d'auto-édition dont la popularité assure un grand nombre de titres à imprimer à la demande. Il en va de même dans le secteur académique avec , entre autres, l'impression à la demande de micro-tirages de manuels scolaires adaptés aux besoins particuliers de chaque institution. Le journaliste Jean-Christophe Laurence a donc raison sur ce point.

 

 

 

The Espresso Book Machine de On Demand Books LLC. - Cliquez sur l'image pour agrandir -
 

Cliquez ici pour télécharger la brochure (PDF).

 

 

Le premier appareil Espresso Book Machine est installé en 2006 et se vendra à un prix plus que compétitif soit autours de 100,000$ US, contrairement au prix de l'appareil de Xerox dépassant 1,000,000 $.

L'Espresso Book Machine connaît un succès instantané en raison de son prix et de ses dimensions réduites. On parle d'une miniaturisation de l'appareil industriel de Xerox. La version originale de l'Espresso Book Machine mesure un peu plus de 8 pieds de long et 5 pieds de large. La iGEN3 de Xerox mesure plus de 23 pieds de longs et 6 pieds de large.

 

L'impression à la demande au Québec

 

Aucun imprimeur québécois ne dispose d'un tel appareil à système intégré d'impression à la demande (un appareil exécute toute la chaine de production). L'offre d'impression à la demande au Québec demeure artisanale. Par conséquent, le prix de production d'un exemplaire à la demande est trop élevé pour être réellement compatible avec le modèle économique de l'édition traditionnelle industrielle québécoise. Et nous parlons ici du prix de production d'un SEUL exemplaire à la fois.

Car c'est bien ce dont il est question : l'impression d'un SEUL exemplaire à la fois à la demande expresse du lecteur. Dans ce cas, chaque exemplaire imprimé est un exemplaire déjà vendu à un lecteur. C'est ce qui se passe avec l'Espresso Book Machiche à la librairie des Presses universitaires de France à Paris tel que le rapporte le journaliste Jean-Christophe Laurence.

 

Il en va de même des librairies en ligne tout numérique, sans inventaire et sans lieu physique de ventes. Le lecteurs commande et paie son exemplaire du titre qui l'intéresse, le libraire reçoit puis achemine la commande de cet exemplaire à l'imprimeur à la demande, ce dernier l'imprime et le fait parvenir au lecteur. Le même processus s'applique à l'éditeur qui offre lui-même ses titres en ligne sur son site web.

 

Il faut différencier l'impression à la demande (un seul exemplaire à la fois) de l'impression de micro-tirages (quelques exemplaires à la fois).

 

L'impression d'un seul exemplaire à la fois exécutée de façon artisanale, avec plusieurs appareils, n'offre pas d'économie d'échelle au client à moins que l'imprimeur offre un rabais lié au nombre de titres. C'est le cas de Marquis Imprimeur qui fixe un nombre minimum de titres à son client pour accéder à l'impression à la demande.

L'impression de micro-tirage, quelques exemplaires à la fois, est aussi exécuté de façon artisanale. Marquis Imprimeur vise des tirages de 25 à 500 exemplaires.

 

Marquis n'est pas le seul imprimeur à la demande au Québec

 

Il n’y a pas de nouveauté ou d’innovation dans le service offert par l’imprimerie Marquis et son partenaire français SoBook. La firme québécoise RAPIDO LIVRES offre un service similaire («un pont technologique transatlantique» et l'impression de livres à la demande) depuis 2013 et compte déjà plus 150 clients. Le fondateur de RAPIDO LIVRES, Simon Dulac, un ancien de SoBook, écrit sur son site web : «Après trente années d’expérience dans l’imprimerie, j’ai décidé de créer à Montréal en 2013 un service de production de livres à la demande pour les auteurs et les éditeurs.» L'entreprise montréalaise compte déjà 141 éditeurs clients.

 

 

https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=d9MTKvcL1e8

 

 

Le Groupe QuadriScan de Montréal offre aussi l’impression de livres à la demande, et ce, bien avant l’annonce de l’imprimeur Marquis l’automne dernier.

 

Mentionnons aussi le service d’impression à la demande BOUQUINS PLUS (anciennement Bouqinbec) de Montréal.

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=uQAuFIRG_eM

 

 

 

 

L’entreprise LES COPIES DE LA CAPITALE offre aussi l’impression à la demande
(c’est notre principal fournisseur).

 

 

 

   

 

L’Imprimerie Précigraphy, Sprint Média, Copiexpress et plusieurs autres imprimeries québécoises offrent également l’impression de livres à la demande.

 

Pour l'imprimeur numérique, il suffit d'ajouter la reliure allemande pour offrir le service.

 

Bref, il y a déjà de nombreux joueurs dans le domaine de l’impression de livres à la demande au Québec.

 

Ne pas confondre l'impression numérique et l'impression à la demande

 

L'impression à la demande de livre est née d'une amélioration des technologies assurant une meilleure qualité de l'impression numérique, y compris l'impression en couleurs, et, faut-il le rappeler, de la conception de système intégré en flux continu de la chaîne de production du livre par un seul appareil opéré par une seule personne.

L'impression numérique fait appel à deux types d’imprimantes : l’imprimante à jet d'encre et l’imprimante laser à encre en poudre.

 

L'impression numérique a d'abord été connue par le procédé de photocopie. L'impression se fait alors avec de l'encre en poudre. L'impression numérique évolue vers l'impression à jet d'encre (liquide) puis l’imprimante laser ramène l’encre en poudre.

 

 

1. Impression par « jet d’encre »

 

Son principe est simple, l’encre liquide pulsée à travers un orifice capillaire, se sépare en gouttelettes. Chaque microgoutte est déviée, électriquement ou magnétiquement, au cours de sa projection vers le support d’impression, on peut dire que la forme imprimante, c’est la mémoire magnétique, exploitée par l’ordinateur, qui détermine le point d’impact de chaque goutte. L’image imprimée est donc formée d’une infinité de petites taches d’encres juxtaposées.

 

Ce procédé permet d’utiliser des supports d’impression divers, même les plus fragiles (calque, transparents, etc.).

 

2. Impression par xérographie au laser

 

La xérographie utilise comme source lumineuse un rayon laser choisi pour sa finesse et son intensité. Une mémoire magnétique d’ordinateur constitue la forme imprimante. Le fixage de l’impression à une température proche de 200 °C oblige à employer des papiers très résistants.

L’encre se présente sous forme de poudre (ou toner) venant s’appliquer sur le papier par effet électrostatique. Il convient donc ensuite de fondre cette poudre pour l’amalgamer à la surface du papier. Les imprimantes xérographiques à laser peuvent imprimer sur des papiers en continu ou en feuilles.

 

Source : Copyright © 2018 Bande de Com

 

La définition donnée à l'impression numérique par l'Office québécois de la langue française est la suivante :

 

 

Définition

 

Production, directement sur une imprimante, et sous leur version définitive, de documents mis en forme par traitement informatique.

Note

 

L'impression numérique raccourcit les délais d'édition en éliminant plusieurs étapes intermédiaires qui sont souvent à l'origine d'erreurs, entre la conception du document et son impression sur presse offset.

 

Source : Office québécois de la langue française, 2002.

 

L'impression numérique est donc associée à l'informatique qui permet une impression directe sur imprimante, à la rapidité acquise par ce processus.

 

L'impression numérique est aussi associé à de courts tirages qui, autrement, sous presse traditionnelle Offset s'avère très dispendieux en raison du long processus de production.

 

Dans son article, le journaliste rapporte le propos de monsieur Alexandre Gaudefroy, Chargé de mission aux Presses universitaires de France (PUF):

 

«Il y a cinq ans, l'impression à la demande s'intéressait aux livres qui se vendaient entre 0 et 1000 exemplaires, dit-il. Aujourd'hui, avec l'amélioration de la technologie, on est passé de 0 à 3000. Moi, je pense qu'à terme, on pourra faire jusqu'à 10 000 exemplaires en impression à la demande.»

 

Alexandre Gaudefroy, Chargé de mission aux PUF.

 

Laurence, Jean-Christophe, Pour « l’immortalité » du livre, LaPresse+, 7 janvier 2018.

 

Il y a ici confusion entre l'impression à la demande et l'impression numérique. Si cette dernière se perfectionne et permet des tirages de plus de 1,000 exemplaires, on ne parle plus d'impression à la demande qui, sans se version originale, est associée à de courts tirages. Lorsqu monsieur Gaudefroy pense à un volume de 10,000 exemplaires. il ne parle pas d'impression à la demande mais d'impression numérique.

L'impression à la demande est une offre. L'impression numérique est une technologie. Si la première dépend de la seconde, la seconde ne dépend pas de la première. La technologie de l'impression numérique peut se développer jusqu'à concurrencer l'impression Offset et offrir des tirages aussi élevés que 10,000 exemplaires. Mais ce n'est pas le cas de l'offre d'un exemplaire à la fois et de très courts tirages de l'impression à la demande qui, autrement, se dénaturaliserait.

 

La Loi du livre et l'impression à la demande

 

Au Québec, la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre, communément appelée « loi du livre », oblige l'éditeur agréé à mettre en marché ses livres en ayant recours à un distributeur agréé et la librairie agréée à se procurer ses livres auprès des distributeurs agréés. L'agrément est délivré par le ministère de la Culture et des Communications et il est obligatoire pour avoir accès à l'aide de l'État :

 

L’aide financière que peut accorder, suivant la loi, le gouvernement, un de ses ministères, organismes ou un mandataire de l’État à une personne faisant commerce dans le domaine de l’édition, de la distribution ou de la librairie ne peut être accordée qu’à des personnes titulaires d’un agrément délivré en vertu de la présente loi ou qui y sont admissibles.

 

Source : LégisQuébec, Publications Québec, Gouvernement du Québec.

 

Dans ce contexte, l'éditeur québécois agréé ne peut pas vendre lui-même ses livres aux libraires. Ce dernier ne peut pas se procurer ses livres directement auprès de l'éditeur. Ils doivent passer par un distributeur agréé.

 

Règlement sur l’agrément des libraires

 

Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre(chapitre D-8.1, a. 3, 15, 17, 20 et 38)

 

7° s’approvisionner chez un distributeur exclusif, en ce qui concerne les livres qu’il distribue en exclusivité, lorsque celui-ci est titulaire d’un agrément ou a fait la preuve et a certifié qu’il est admissible à l’agrément et à la condition que ce distributeur respecte le mode de calcul du prix de vente prévu par les articles 15 et 16 du Règlement sur l’agrément des distributeurs au Québec et le mode de calcul du prix de vente (chapitre D-8.1, r. 2);

 

Source : LégisQuébec, Publications Québec, Gouvernement du Québec.

 

De plus, le libraire doit :

 

Conditions reliées au stock de livres

 

Pour une librairie générale de langue française :

 

- détenir, durant toute l’année, un stock minimum de 6000 titres différents, soit 2000 livres publiés au Québec et 4000 publiés ailleurs qu’au Québec, et respecter la répartition de ces titres dans les 7 catégories prévues par le Règlement avec leurs minimums respectifs (voir l’annexe B du Règlement sur l'agrément des libraires, chapitre D-8.1, r. 4 pour la répartition);

 

- recevoir les envois d’office d’au moins 25 éditeurs agréés et garder les titres en étalage au moins 4 mois.

 

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, Agrément des libraires.

 

En pratique, les éditeurs demandent aux libraires d'adresser leurs commandes à leurs distributeurs.

 

Libraires

 

Veuillez adresser vos commandes à nos distributeurs.

 

Source : Acheter nos livres, Les éditions du Boréal.

 

 

 

 

Voici trois vidéos au sujet de la structure de l'industrie du livre et de la distribution produites par l'Association des distributeurs exclusifs de la langue française:

 

Cliquez sur les liens :

 

https://youtu.be/OO6vtds2WkE

 

https://youtu.be/J2p55bugiSE

 

https://youtu.be/uumpsJOV-2M

 

 

Voici quelques définitions proposées par l'Association des distributeurs exclusifs de la langue française pour comprendre le «système d'office» :

 

Système d’office

 

Principal mode de commercialisation des nouveautés. Celui-ci permet d’envoyer périodiquement des nouveautés aux libraires sans qu’ils les aient préalablement commandées. Les besoins des clients sont déterminés à partir d’une grille d’office. L’office est assorti de diverses conditions commerciales qui touchent, par exemple, les droits de retour ou les frais de port.

 

Grille d’office

 

Formulaire qui est utilisé par un représentant et un libraire pour déterminer, d’un commun accord, le type et la quantité de livres qui seront envoyés par l’office de façon à répondre aux besoins du libraire. La grille d’office permet un classement des livres à paraître dans des catégories qu’on désigne par le terme cases.

 

Prénoté

 

Modification ponctuelle d’un office dans laquelle les quantités livrées sont différentes de celles prévues dans les cases d’une grille d’office. Un prénoté se fait d’un commun accord entre un client et un diffuseur selon des conditions qui peuvent varier d’un diffuseur à l’autre. Il peut être nécessaire, par exemple, lorsqu’on anticipe des ventes plus élevées que celles généralement prévues pour un type de livres.

 

Complément d’office

 

Commande d’un ou de plusieurs livres récemment mis ou remis à l’office, qu’un client adresse à un diffuseur afin de compléter un office. Un complément d’office se fait d’un commun accord entre un diffuseur et un client selon des conditions qui peuvent varier d’un diffuseur à l’autre. Il est généralement assujetti aux mêmes conditions de vente que l’office. Il ne faut pas confondre les termes complément d’office et prénoté. En effet, un complément d’office modifie un office après son envoi, tandis qu’un prénoté le modifie avant.

 

Source : Association des distributeurs exclusifs de la langue française.

 

Le passage forcé du libraire agréé par un distributeur agréé imposé par la Loi du livre ne permet pas à l'éditeur québécois d'offrir directement aux lecteurs ses livres en impression à la demande, contrairement à l'exemple des Presses universitaires de France (PUF) dans sa propre librairie à Paris tel que rapporté par le journaliste Jean-Christophe Laurence.On trouve aussi ce reportage d'Arte France sur l'expérience d'impression à la demande des PUF :

 

 

Pour l'heure, le seul lien entre l'impression à la demande et les éditeurs agréés québécois concerne la production d'exemplaires de leurs livres en réponse aux commandes des distributeurs agréés.

 

Au Québec, l'impression à la demande sur le lieu de vente (en librairie) n'est pas encore une réalité. Et nous pouvons nous demander si cela le sera compte tenu de la Loi du livre. Plus encore, même lorsque la Loi du livre ne s'applique pas, l'industrie trouve le moyen de répéter le même modèle. On l'observe dans le cas du livre numérique qui échappe à la Loi du livre; les éditeurs se sont contraints à un distributeur intermédiaire (agrégateur - entrepôt du livre numérique) au lieu d'offrir eux-mêmes les versions numériques de leurs livres directement aux lecteurs. Est-ce que l'impression à la demande au lieu de vente au Québec serait, non pas une initiative des éditeurs, mais des distributeurs ? Dans ce cas, le prix de vente de l'exemplaire imprimé à la demande sur le lieu de vente serait plus élevé, question de tenir compte des frais associés aux distributeurs.

 

 

Va-et vient

 

Dans son texte, le journaliste passe de l'impression à la demande sur le lieu de vente à l'impression à la demande pour les éditeurs, puis revient à l'impression à la demande sur le lieu de vente. Dans ce dernier cas, il s'agit de l'impression à la demande d'un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur mais sa conclusion porte sur des tirages de 0 à 1,000, à 3,000 puis à 10,000 exemplaires. Dans ce cas, il est question d'impression à la demande pour l'éditeur. Le risque de confusion demeure élevé avec un tel va-et-vient entre les usages de l'impression à la demande.

 

 

Les options de l'impression à la demande au Québec

 

Le journaliste Jean-Christophe Laurence rapporte les propos de Pascal Assathiany, directeur de la maison d'édition québécoise Boréal :

 

«Ce service oblige à se conformer à des standards qui ne sont pas ceux de l'imprimerie classique, observe Pascal Assathiany, directeur de la maison d'édition québécoise Boréal. Par exemple, tu ne peux pas vraiment choisir ton papier, tu ne peux pas faire de rabat, ni de jaquette, ni de vernis sélectif sur la couverture, ni de titre embossé.»

 

Laurence, Jean-Christophe, Pour « l’immortalité » du livre, LaPresse+, 7 janvier 2018.

 

Cet éditeur est dans l'erreur. Voici la proposition de produits de l'entreprise québécoise d'impression de livres à la demande Rapido Livres :

 

 

Livres en reliure allemande (dos carré collé)

  • Format minimum : 4,25 x 6 pouces (pour des formats plus petits, nous consulter).

  • Format maximum : 9 x 12 en portrait, 11 x 8,5 en paysage.

  • Fonds perdus (bleeds) : ajouter 3 mm ou 1/8 de pouce de matière en plus,
    pour garantir les fonds perdus après la coupe.

  • Format de fichier : pdf imprimeur.

  • Multiple de pages : 2.

  • Minimum de 22 pages.

  • Maximum de 800 pages pour un Enviro Book 110M

  • (épine de 4,7 cm).

  • Reliure : colle PUR.

  • Laminage : brillant ou mat (sans rayure nous consulter).

  • Options : rabats, jaquettes (nous consulter).

 

Livre en reliure caisse

  • Format minimum : 5 x 6 pouces (pour des formats plus petits, nous consulter)

  • Format maximum : 8,5 x 11 en portrait et 11 x 8,5 en paysage.

  • Fonds perdus (bleeds) : ajouter 3 mm ou 1/8 de pouce de matière en plus,
    pour garantir les fonds perdus après la coupe.

  • Template couverture : un template vous sera fourni de façon systématique.

  • Format de fichier : pdf imprimeur.

  • Multiple de pages : 2.

  • Nb minimum de 32 pages.

  • Nb maximum de 600 pages.

  • Pages de garde : noires ou blanches.

  • Options : jaquettes, avec ou sans laminage,brillant ou mat.

  • Possibilité couture sur le côté jusqu’à 80 pages.

 

Source : Tous nos produits, Rapido Livres.

 

 

Et voici l'offre de Bouquinbec, une autre entreprise québécoise d'impression à la demande :

 

 

 

La meilleure qualité d’impression au Québec

 

BouquinBec, c’est le meilleur imprimeur de livres au Québec ! Nous vous garantissons la même qualité d’impression que celle que nous offrons aux grandes maisons d’édition.

 

Notre production est réalisée localement et fièrement, à Montréal. Nous mettons à votre disposition plus de 10 000 combinaisons d’impression possibles pour que votre livre soit le vôtre !

  • Choix multiple de papiers (offset ou couché, mat ou brillant, blanc ou crème…),
    et tous sont recyclés ou issus de forêts gérées durablement

  • Formats sur mesure

  • Rabats

  • Choix diversifié de finitions pour la couverture

  • Insertion de pages couleur

  • Cinq types de reliure

 

Pour vous guider dans vos choix, nous vous apportons toute notre expertise de maîtres imprimeurs.

 

Source : Bouqinsbec, Profitez de notre expertise de maîtres imprimeurs.

 

 

«sauf erreur»

 

Tel que précisé dans les premières lignes de cet article, il s'agit de la deuxième couverture de presse attribuant à Marquis Imprimeur le titre de pionnier de l'impression à la demande au Québec... «sauf erreur», écrit le journaliste Jean-Christophe Laurence de la Presse. N'eussent été ces deux mots, je n'aurais pas écrit cet article auquel j'ai consacré plusieurs jours. Je me désole toujours de constater à quel point les Québécois sont mal informés par les médias au sujet du monde du livre.

 

 

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

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