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Le retard du Québec dans le domaine de l'édition en ligne

enfin expliqué par sa cause première

 

 

Par Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

«Voilà, désormais, je vais dormir l'âme et la conscience en paix car tout s'explique enfin, et ce, même si je n'ai pas d'autre solution que la persévérance dans le travail de pionnier de la Fondation littéraire Fleur de Lys dans le domaine de l'édition en ligne au Québec.»

 

 

Le projet d'édition en ligne «Manuscrit dépôt» à l'origine de la Fondation littéraire Fleur de Lys fête ses cinq ans d'existence cet été. En effet, c'est en juin 2002 que débute officiellement l'étude de marché en vue de la création d'une maison d'édition en ligne québécoise. Cette étude nous révèlera l'immense retard du Québec en matière d'édition en ligne. Le constat nous a stupéfait d'autant plus que rien sur le plan technologique ne peut justifier notre retard et que seule la bonne volonté du milieu littéraire québécois nous semble responsable. Puis viendra la colère face à l'attitude de réserve des intervenants de la chaîne du livre vis-à-vis notre projet dont l'objectif est de pallier en partie au retard du Québec dans le domaine de l'édition en ligne. On reconnaît le besoin mais on appuie notre projet que du bout des lèvres et on attend de voir avant de s'impliquer. Cette attitude perdure encore aujourd'hui. Et au fil des ans, nous avons émis plusieurs hypothèses pour expliquer cette réserve du milieu littéraire québécois face à l'édition en ligne. Mais aucune de nos explications n'a réellement eu le pouvoir d'apaiser nos frustrations en nous livrant une réponse claire. À titre de président fondateur de notre organisation, j'ai investi des centaines voire des milliers d'heures pour comprendre cette réserve du milieu littéraire québécois, y compris celles des gouvernements impliqués. À mon avis, une telle compréhension du milieu dans lequel nous évoluons est essentielle au développement de notre fondation. Or, voilà que ce matin, j'ai trouvé à mon grand bonheur la source d'une explication qui me satisfait pleinement à la lecture du premier paragraphe d'un article intitulé Le phénomène des blogs, la France est une grande pourvoyeuse publié sur le site Internet de Radio France International (RFI) :

 

«Tradition littéraire oblige, la France est l’un des pays où l’on aime le mieux s’épancher sur Internet. Y fleurissent les blogs, ces journaux personnels où l’on expose ses atermoiements sentimentaux, ses coups de cœur cinématographiques, ou ses coups de gueule politiques. On estime le nombre de blogs français entre 15 et 20 millions, dont près de la moitié sont conçus par des 13-24 ans sur Skyblog, la plateforme de la radio jeune Skyrock. La France est au quatrième rang mondial après les États-unis, et de ce fait au premier rang européen.» Source

 

 

Tout est dans les trois premiers mots de ce texte : «Tradition littéraire oblige». Voici mon explication. Le retard du Québec dans le domaine de l'édition en ligne est avant tout le fait de notre tradition littéraire et, plus spécifiquement de ses faiblesses. Autrement dit, la tradition littéraire québécoise ne parvient pas à évoluer pour s'adapter aux changements initiés par l'Internet qui bouleverse profondément le monde du livre. À mon avis, notre tradition littéraire est si faible, si fragile, qu'elle n'a plus la force de s'adapter aux changements, voire de les envisager. Notre tradition littéraire lutte au quotidien pour sa propre survie, comme le malade alité.

 

Attention, ici il ne faut pas confondre «tradition littéraire» et «industrie du livre», cette dernière se porte plutôt bien même si elle aura sans doute toujours besoin des subsides gouvernementaux pour assurer la pérennité de sa rentabilité.

 

Ce dont il est question ici, c'est de notre tradition littéraire, un concept plutôt difficile à définir. Je dirai qu'une tradition littéraire, c'est la propension historique d'une nation à écrire et à lire. Je dis «historique» parce que toute tradition implique une transmission d'une génération à l'autre.

 

Aussi, à mon humble avis, la définition doit dépasser l'unique rapport aux belles lettres et inclure tout ce qui se rapporte à la littérature dans son sens le plus large, d'où l'allusion directe à l'écriture et à la lecture en général. Ainsi, la nation entière est concernée plutôt qu'un groupe restreint d'individus. Car qui que nous soyons, nous entretenons tous un rapport de base à l'écriture et la lecture, ne serait-ce que pour être fonctionnel dans notre société d'information. Évidemment, on souhaite que ce premier rapport donne lieu à un second rapport, celui-là privilégié, à l'écriture et à la lecture d'œuvres dites littéraires. Mais je propose de ne pas limiter la tradition littéraire dans un lien unique et exclusif avec les seules œuvres comportant une telle dimension esthétique, contrairement aux définitions courantes. En fait, dans le contexte historique lié à toute tradition, la valeur patrimoniale ne peut pas se limiter à cette dimension esthétique. Par exemple, on n'admettrait pas que seules les photographies anciennes ayant une dimension esthétiques soient conservées et que toutes les autres, mal cadrées, tachées d'acides,..., soient détruites d'emblée et à tout jamais. L'histoire elle-même de la photographie et celle des sujets s'en trouveraient faussées. Bref, dans le domaine littéraire, la tradition implique toute écriture et toute lecture, ce qui lui confère un aspect culturel plus global, et par conséquent, plus conforme à son aspect historique.

 

Cette définition élargie de la tradition littéraire nous aide à comprendre en quoi elle peut limiter notre adaptation aux changements récents dans le monde du livre désormais étendu à l'Internet. Ainsi, la phrase suivante nous apparaît tout à fait logique parce qu'on reconnaît aisément à la France une tradition littéraire forte: «Tradition littéraire oblige, la France est l’un des pays où l’on aime le mieux s’épancher sur Internet.» Le penchant des Français pour l'écriture et la lecture au sens large est un fait historique reconnu. Lorsque la technologie de l'Internet fait son apparition en France, cette tendance gagne tout simplement un nouveau territoire, comme l'eau d'une rivière gagnerait les champs en suivant un nouveau canal d'irrigation. En comparaison, au Québec, la rivière s'assèche et seules quelques sources d'eau vives et pures abreuvent désormais notre tradition littéraire. De nouveaux canaux auront beau être disponibles, l'Internet par exemple, le niveau d'eau est trop bas pour en profiter voire pour en reconnaître la nécessité.

 

Le barrage érigé de peine et de misère par l'industrie du livre depuis les années 60 nous apparaît à la fois amplement suffisant et fragile compte tenu de la rareté historique des eaux littéraires québécoises et des grandes marées de plus en plus hautes des marchés étrangers sur nos rives. Ne vous y trompez pas. Ces métaphores ne sont pas que poétiques. Elles illustrent fort bien notre tradition littéraire. Car il n'y a que 300 Québécois sur plus de 7 millions qui vivent de leur plume. Et pour soutenir une telle statistique, il faut considérer la diversification des sources de revenus du groupe, par exemple, celles tirés des textes vendus à la pige aux médias écrits. Autrement, il nous faudrait réduire le nombre de gens vivant de leurs écrits à seulement quelques dizaines d'écrivains. Il est encore heureux que plusieurs autres centaines de Québécois s'adonnent tout de même à l'écriture sachant à l'avance qu'il y a peu de chances d'en tirer un revenu suffisant. Et c'est sans compter les chances tout aussi minimes d'être publiés et lus puisque 90% des manuscrits soumis à l'attention des éditeurs sont refusés. Bref, il faut beaucoup de courage pour écrire et envisager l'avenir de son œuvre. C'est sans aucun doute de ces faits que notre tradition littéraire tire toute sa noblesse et mérite notre respect le plus profond. Et que dire des lecteurs qui se refusent à abandonner le livre malgré la diversification des loisirs au cours des cinquante dernières années. Notre tradition littéraire leur doit tout car sans lecteurs...

 

Il ne demeure pas moins que le travail titanesque réalisé par l'industrie du livre appuyée par nos gouvernements est d'abord et avant tout l'un des fruits de la démocratisation de l'éducation enclenchée dans les années 60. Car encore faut-il savoir lire et écrire pour s'inscrire dans une tradition littéraire. En amont, notre tradition littéraire était le fait d'une élite. Maintenant, elle est le fait du peuple. L'exploit n'est pas banal, d'autant plus qu'il nous aura fallu seulement quelques décennies pour le réaliser.

 

Nous pourrions croire que notre tradition littéraire est suffisamment forte pour s'adapter aux changements dans le monde du livre puisqu'elle implique désormais toute la nation québécoise, héritière des élites pionnières, et une industrie du livre, fruit de la Révolution tranquille. Mais ce n'est qu'une illusion. La Fondation littéraire Fleur de Lys l'a démontré largement depuis les cinq dernières années. Nous avons creusé un nouveau canal d'irrigation et seul un mince filet d'eau s'y est glissé contrairement aux résultats du même exercice réalisé en d'autres pays occidentaux industrialisés. Au Québec, nous ne pouvons pas affirmer, comme en France, «Tradition littéraire oblige», pour comprendre notre réaction face au nouveau monde du livre qui naît sur Internet... à moins de regarder par l'autre bout de la lorgnette.

 

Et c'est très précisément ce que m'inspire cet article de Radio France Internationale. Si la France peut expliquer le succès de l'Internet auprès de ses auteurs et de leurs lecteurs de par la force de sa tradition littéraire, nous pouvons expliquer notre retard en la matière par la faiblesse de notre tradition littéraire. C'est donc la tradition littéraire d'une nation qui explique son succès ou son retard lorsqu'un nouveau canal de création et de diffusion se présente comme l'édition en ligne. C'est là une évidence qui m'a échappé au cours des cinq dernières années.

 

En France, la tradition littéraire est un fleuve aux grandes eaux. Au Québec, la tradition littéraire demeure un ruisseau, certes d'eaux vives et pures, mais il s'agit tout de même d'un simple ruisseau. Et si nous y avons osé ériger un barrage sur ce ruisseau pour donner lieu à une industrie du livre plus que respectable, il ne faut pas oublier sa fragilité qui force nos gouvernements à l'alimenter de subsides publics années après années.

 

Lorsque j'ai préparé le projet d'édition en ligne qui allait donner naissance à la Fondation littéraire Fleur de Lys, je me suis grandement inspiré de la France. J'espérais et j'espère encore ici un pareil succès à notre échelle. Plongé dans l'écriture depuis mon adolescence où j'ai préféré les lettres aux sciences, il ne m'est pas venu à l'esprit d'interroger notre tradition littéraire. Le simple fait de savoir que plus de 90% des manuscrits sont refusés par l'industrie du livre me suffisait pour justifier le besoin d'une maison d'édition en ligne au Québec. Je souhaitais même l'appui de cette industrie qui n'aurait plus ainsi à dire «non» aux auteurs dont les manuscrits ne correspondent pas aux critères commerciaux. Il va sans dire que j'espérais aussi jouir du soutien de nos gouvernements, à l'instar de l'industrie du livre. Mais ce fut peine perdue. De nombreuses lettres sont demeurées sans réponse et toutes nos demandes de subventions furent refusées. Aujourd'hui, je comprends enfin pourquoi : notre tradition littéraire est trop faible pour sortir de son lit et irriguer de nouveaux champs.

 

Nos gouvernements approchent notre tradition littéraire uniquement sous l'angle économique. Pour eux, point de salut en dehors de l'industrie du livre. On comprendra ainsi pourquoi des responsables du ministère de la Culture et des Communications du Québec ont offert à la Fondation littéraire Fleur de Lys de devenir une maison d'édition traditionnelle à deux reprises, question de lui permettre de se glisser dans les programmes d'aide financière actuels; l'élaboration d'un nouveau programme pour l'édition en ligne n'étant pas envisageable voire souhaitable à court terme, comme si l'industrie du livre était trop fragile pour ouvrir un nouveau front. Quoiqu'il en soit, retenons que l'approche gouvernementale de notre tradition littéraire se limite à son aspect économique, tout le reste est une dépense inutile.

 

Nous en avons aussi pour preuve l'attitude du ministère de l'Éducation du Québec qui ne cesse de faire perdre du terrain à la littérature à tous les niveaux d'enseignement. C'est en ces mots que le président de l'Académie des lettres du Québec s'adresse aux membres de la Commission des États généraux sur la situation et l'avenir de la langue française au Québec le 18 mars 2001 :

 

«Au ministère de l'Éducation, depuis plus de vingt ans, on a mis de côté l'enseignement de la langue par la littérature, à laquelle on a préféré ce qu'on a appelé la langue de la communication. Nos fonctionnaires et nos pédagogues, en ignorant la littérature, ont prôné l'enseignement de la langue sur la base de communiqués de presse, de slogans publicitaires ou de chansons populaires. Mais la langue comme véhicule de communication de masse vise le plus bas dénominateur commun. Ce n'est pas avec l'analyse d'un communiqué de presse qu'on va inculquer à des adolescents une langue personnelle, une structure et une culture générale qui les rendent sensibles aux autres cultures.» Source

 

 

La situation s'explique aisément puisqu'il est beaucoup plus rentable sur le plan économique d'enseigner la langue de communication que la langue par la littérature, cette dernière étant perçue comme un détour voire un luxe. En se désengageant ainsi, notre ministère de l'Éducation laisse désormais notre tradition littéraire à elle-même et sans recours. En conséquence, la relève héritière de notre tradition littéraire s'amenuise à vue d'œil. Finalement, tous les efforts déployés pour la démocratisation de l'éducation au cours des années 60 n'auront servi qu'à une ou deux générations.

 

Lorsque notre fondation fut enfin prête à ouvrir sa maison d'édition en ligne, nous nous attendions à accueillir principalement des jeunes; ces derniers étant plus familiers avec les nouvelles technologies de l'information. Mais ce fut l'inverse. Notre projet intéresse davantage les plus vieux, peu ou pas familiers avec l'Internet. La moyenne d'âge de nos auteurs dépasse les 50 ans. La statistique confirme que notre tradition littéraire, au lieu de se renforcir d'une génération à l'autre, se perd peu à peu. La situation ne s'explique pas parce que les jeunes sont moins intéressés par l'édition en ligne que leurs aînés mais plutôt parce qu'ils écrivent et lisent moins assidûment.

 

Aussi, je pense que le développement spectaculaire de la littérature jeunesse au Québec au cours des dernières années ne permettra pas nécessairement d'assurer le développement de notre tradition littéraire car rien dans le système scolaire actuel ne vient soutenir cet engouement au-delà de la pré-adolescence. La littérature est peu présente au secondaire et quasiment absente des CEGEPS. Difficile de demeurer dans le coup dans un pareil environnement. Bref, si le créneau de la littérature jeunesse se porte bien, notre tradition littéraire ne suit pas nécessairement la même courbe de développement. Le simple commerce des livres n'est pas un indice sûr pour évaluer la taille, la force et la vigueur voire l'avenir d'une tradition littéraire.

 

Le meilleur indice des qualités d'une tradition littéraire demeure sans contredit sa capacité d'adaptation aux changements, de profiter de chaque nouvelle opportunité, soit lorsque l’eau se glisse tout naturellement dans chaque nouveau canal d'irrigation sur son cours. Je l'ai souligné ci-dessus, la Fondation littéraire Fleur de Lys a creusé un tel canal au cours des cinq dernières années et seul un mince filet d'eau s'y est amené. J'en déduis que notre tradition littéraire n'est plus assez forte pour profiter des nouvelles opportunités qui s'offrent à elle, à l'inverse de celle de la France. Et la situation est pire qu'on ne le pense car s'il nous apparaît normal que le Québec soit derrière la France, comment expliquer que nous soyons aussi en fin de liste de l'ensemble des pays occidentaux industrialisés dans le domaine de l’édition en ligne.

 

Par exemple, même la Hongrie devance le Québec dans le domaine de l'édition en ligne. Pourtant, contrairement au Québec, ce pays ne jouit pas d'un marché d'exportation internationale pour sa littérature en raison de sa langue, le hongrois. La tradition littéraire de la Hongrie est confinée tout naturellement en ses propres frontières, mis à part quelques succès internationaux grâce à la traduction. Son industrie du livre est aussi limitée aux frontières du pays. Faut-il croire que sa tradition littéraire est moins vigoureuse pour autant ? Non, car la capacité d'adaptation aux change-ments de la tradition littéraire hongroise est supérieure à la nôtre si on se réfère au développement de l'édition en ligne en ce pays. La Hongrie fut même retenu par le Conseil de l’Europe pour un projet pilote d’édition en ligne. Est-ce un cas d'exception ? Non, car la tradition littéraire de la Suède, de la Finlande, de l'Autriche, de l'Allemagne et de l'Italie est aussi confinée en leurs frontières nationales, toujours en raison de la langue. Pourtant, les gouvernements de tous ces pays ont développé avec succès des projets d'édition en ligne. Ils jouissent donc d'une tradition littéraire assez forte pour profiter des nouvelles occasions, y compris, de l'édition en ligne. Le Québec fait bande à part.

 

Et très bientôt, nous serons même dépassés par les pays du Tiers-monde dans ce domaine, si ce n’est déjà fait. En effet, si l’agenda est respecté, c’est d’ici la fin de l’été 2007 que seront livrées aux pays du Tiers-monde les premières presses miniatures d’impression à la demande (un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur) qui font le succès de l’édition en ligne en offrant aux lecteurs la possibilité de commander des exemplaires papier plutôt que d’être limités aux seuls exemplaires numériques, comme quoi la préférence pour le livre papier prône partout dans le monde. La presse baptisée «Expresso Book Machine» a été développée par la compagnie new-yorkaise On Demand Books LLC grâce au soutien financier de la Fondation Alfred P. Sloan dans le cadre d’un projet de la Banque mondiale ciblant les pays pauvres (vidéo). Évidemment, le Québec n’est pas sur la liste de la banque mondiale. Car nous avons les moyens financiers d’acheter les mêmes équipements d’impression à la demande dont se sont dotés les autres pays occidentaux industrialisés et deux autres provinces canadiennes. Mais à quoi servirait cette presse au Québec puisque la principale source de commandes, l’édition en ligne, accuse chez nous un grave retard.

 

J'en arrive donc à la conclusion que le retard du Québec dans le domaine de l'édition en ligne n'est pas le fait d'une quelconque résistance de notre industrie du livre et de nos gouvernements mais plutôt le résultat de la faiblesse de notre tradition littéraire qui ne sait plus s'adapter aux changements comme elle l’avait fait dans les années 60 et 70 en permettant à l’industrie naissante du livre de l’harnacher. Curieusement, lorsque je parle de la faiblesse de notre tradition littéraire, je fais aussi allusion à la faiblesse de sa présence dans cette même industrie du livre aujourd’hui. Et que dire de sa présence au sein de nos gouvernements puisqu’ils ne voient plus dans notre culture que son aspect économique.

Nous avons souligné que notre tradition littéraire ne suit pas la même courbe de développement que l’industrie du livre. Il faut ajouter qu’il y a aussi très souvent confusion entre notre tradition littéraire et l’industrie du livre. Il y a des pays où l’industrie du livre est moins développée qu’ici mais où la tradition littéraire est plus forte que la nôtre.

 

Voilà, désormais, je vais dormir l'âme et la conscience en paix car tout s'explique enfin, et ce, même si je n'ai pas d'autre solution que la persévérance dans le travail de pionnier de la Fondation littéraire Fleur de Lys dans le domaine de l'édition en ligne au Québec. Nous ne changerons pas le monde finalement. Nous ne révolutionnerons pas non plus l'industrie du livre au Québec. Et nous n'influerons pas plus sur notre tradition littéraire. Un travail trop colossal pour nous seul, les autres étant occupés à l'économie du livre. Dommage. Mais le retard du Québec me tracassait depuis de trop nombreuses années sans que je m'acharne à le comprendre une fois pour toute. Me voici donc apaisé par cette analyse. La faiblesse et la rigidité de notre tradition littéraire auraient dû me sauter aux yeux dès le départ. J'avais pris sur mes épaules le retard du Québec dans le domaine de l'édition en ligne. C'est trop lourd pour moi et mon équipe.

 

À l'avenir, je me contenterai donc de notre mission première, un pas à la fois et à la hauteur de nos moyens : valoriser notre patrimoine littéraire ignoré par les éditeurs, compte tenu que ces derniers refusent 90% des manuscrits soumis à leur attention. C'est déjà beaucoup.

 

Et ma seule espérance sera de trouver des philanthropes pour réaliser les projets inscrits à notre charte, notamment promouvoir l'écriture et la lecture par une campagne d'information au sujet de l'édition en ligne et offrir aux nouveaux auteurs, auteurs, écrivains, lecteurs et autres intéressés un lieu de rencontre physique en concrétisant notre projet de librairie-café.

 

 

 

Par Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

31 août 2007

 

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