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Dernière modification : 08/07/08 à 14:59

14 février 2008

 

Le débat au sujet de l'enseignement de la littérature au Québec

 

Danièle Simpson, écrivaine, professeure de littérature au collégial et vice-présidente de l’UNEQ, s'en prend à Pierre Assouline, chroniqueur littéraire du quotidien le Monde

 

 

C'est sous le titre «Putain de merde ! Monsieur Assouline, quelle sorte de journalisme pratiquez-vous?» que Danièle Simpson, écrivaine, professeure de littérature au collégial et vice-présidente de l’UNEQ, réagit au billet de Pierre Assouline, chroniqueur littéraire au quotidien Le Monde, intitulé «Tabarnak ! et la littérature française ?» Voici le commentaire de la vice-présidente de l'UNEQ:

 

 

14 Février 2008

 

PUTAIN DE MERDE ! MONSIEUR ASSOULINE, QUELLE SORTE DE JOURNALISME PRATIQUEZ-VOUS ?

 

Vous vous inquiétez, semble-t-il, de la littérature qu’on enseigne au Québec. Reconnaissons là votre esprit universel. Très bien. Par ailleurs, vous faites circuler des informations sans en vérifier l’exactitude. C’est nettement moins bien. Remettons donc les pendules à l’heure. Gracieusement, je ferai ce travail pour vous (et vos lecteurs).

 

L’UNEQ (l’Union des écrivaines et des écrivains québécois) n’a jamais proposé d’éliminer la littérature française des études collégiales. Pas plus que ce n’est le ministère de l’Éducation qui a mené le sondage dont vous avez parlé. Il s’agit en fait d’une initiative du Comité des enseignants de français au collégial qui a, de toute évidence, mal compris la position de l’UNEQ et qui s’interrogeait sur ce que souhaitait l’ensemble des professeurs qu’il représentait. Monsieur Jacques Folch-Ribas et Madame Lysiane Gagnon, du journal La Presse, sont montés aux barricades sans s’informer auprès de quiconque de l’origine des deux questions qui vous troublent tant. Puis, vous avez suivi. Voilà au moins de quoi vous réjouir : la France et le Québec pratiquent le journalisme de la même manière.

 

Et qu’est-ce que cette histoire de « six mois de cours à peine pour faire passer une histoire qui court sur dix siècles » ? Décidément, vous ne vous embarrassez pas de détails. Vous serez heureux de savoir, peut-être, que le cours collégial, au Québec, comporte quatre cours de littérature de 60 heures, échelonnés sur quatre sessions. En général, les deux premiers portent sur la littérature française, le troisième, sur la littérature québécoise, et le dernier, sur la littérature francophone. Cependant les devis du ministère n’interdisent pas l’insertion d’œuvres québécoises dans l’étude des siècles où elle était présente. J’espère que vous ne nous en voudrez pas…

 

Car voilà, je ne peux m’empêcher de me poser la question suivante : vous ingérez-vous autant dans les programmes de littérature de la Belgique, de la Suisse et de tous les autres pays francophones ? Et si oui, quand vous les gratifiez de votre prose, est-ce que le premier mot du titre de votre article est un de leurs jurons ? Manquez-vous à ce point d’ouverture sur les autres que vous ne vous rendez pas compte du mépris que vous leur témoignez ? Et si tel est le rapport actuel entre la France et le Québec, pourquoi, dites-moi, devrions-nous privilégier la littérature de France ? Y aurait-il là-dessous quelque intérêt commercial ? Vous voyez comme il est facile de se renvoyer la balle.

 

Il aurait été nettement préférable que, avant de vous précipiter pour faire la leçon à tout un chacun, vous vous informiez de la situation auprès de l’UNEQ, de l’ANEL (Association nationale des éditeurs de livres) et du ministère de l’Éducation. C’est le b a ba du journalisme.

 

Danièle Simpson,
Écrivaine et professeure de littérature au collégial
Vice-présidente de l’UNEQ

 

Source

 

 

 

Il est un peu trop facile de dire que l'on a été mal compris... 26 jours après le fait. En pareil cas, la publication d'un communiqué de presse aurait été de mise dès le lendemain de la publication de la lettre ouverte de Jacques Folch-Ribas le 20 janvier dans La Presse. Et si un communiqué de presse est jugé comme donnant trop d'importance à l'événement, la vice-présidente de l'UNEQ aurait pu tout au moins réagir sur le blogue même de son association, le Forum de l'UNEQ où des participants débattent du sujet. En place et lieu, madame Simpson a préféré réagir sur un blogue étranger, celui de Pierre Assouline du quotidien Le Monde, en s'attaquant à ce dernier.

 

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

14 février 2008

 

 

Voir aussi

 

Dossier : Le débat au sujet de l'enseignement de la littérature au Québec

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