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14 février 2008
Le débat au sujet de l'enseignement de la
littérature au Québec
Danièle Simpson, écrivaine, professeure de littérature
au collégial et vice-présidente de l’UNEQ, s'en prend à Pierre
Assouline, chroniqueur littéraire du quotidien le Monde
C'est sous le
titre «Putain de merde ! Monsieur Assouline, quelle sorte de journalisme
pratiquez-vous?» que Danièle Simpson, écrivaine,
professeure de littérature au collégial et vice-présidente de l’UNEQ,
réagit au billet de Pierre Assouline, chroniqueur littéraire au
quotidien Le Monde, intitulé «Tabarnak ! et la littérature française ?»
Voici le commentaire de la vice-présidente de l'UNEQ:
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14
Février 2008
PUTAIN DE MERDE ! MONSIEUR ASSOULINE, QUELLE SORTE DE
JOURNALISME PRATIQUEZ-VOUS ?
Vous
vous inquiétez, semble-t-il, de la littérature qu’on
enseigne au Québec. Reconnaissons là votre esprit universel.
Très bien. Par ailleurs, vous faites circuler des
informations sans en vérifier l’exactitude. C’est nettement
moins bien. Remettons donc les pendules à l’heure.
Gracieusement, je ferai ce travail pour vous (et vos
lecteurs).
L’UNEQ (l’Union des écrivaines et des écrivains québécois)
n’a jamais proposé d’éliminer la littérature française des
études collégiales. Pas plus que ce n’est le ministère de
l’Éducation qui a mené le sondage dont vous avez parlé. Il
s’agit en fait d’une initiative du Comité des enseignants de
français au collégial qui a, de toute évidence, mal compris
la position de l’UNEQ et qui s’interrogeait sur ce que
souhaitait l’ensemble des professeurs qu’il représentait.
Monsieur Jacques Folch-Ribas et Madame Lysiane Gagnon, du
journal La Presse, sont montés aux barricades sans
s’informer auprès de quiconque de l’origine des deux
questions qui vous troublent tant. Puis, vous avez suivi.
Voilà au moins de quoi vous réjouir : la France et le Québec
pratiquent le journalisme de la même manière.
Et
qu’est-ce que cette histoire de « six mois de cours à peine
pour faire passer une histoire qui court sur dix siècles » ?
Décidément, vous ne vous embarrassez pas de détails. Vous
serez heureux de savoir, peut-être, que le cours collégial,
au Québec, comporte quatre cours de littérature de 60
heures, échelonnés sur quatre sessions. En général, les deux
premiers portent sur la littérature française, le troisième,
sur la littérature québécoise, et le dernier, sur la
littérature francophone. Cependant les devis du ministère
n’interdisent pas l’insertion d’œuvres québécoises dans
l’étude des siècles où elle était présente. J’espère que
vous ne nous en voudrez pas…
Car
voilà, je ne peux m’empêcher de me poser la question
suivante : vous ingérez-vous autant dans les programmes de
littérature de la Belgique, de la Suisse et de tous les
autres pays francophones ? Et si oui, quand vous les
gratifiez de votre prose, est-ce que le premier mot du titre
de votre article est un de leurs jurons ? Manquez-vous à ce
point d’ouverture sur les autres que vous ne vous rendez pas
compte du mépris que vous leur témoignez ? Et si tel est le
rapport actuel entre la France et le Québec, pourquoi,
dites-moi, devrions-nous privilégier la littérature de
France ? Y aurait-il là-dessous quelque intérêt commercial ?
Vous voyez comme il est facile de se renvoyer la balle.
Il
aurait été nettement préférable que, avant de vous
précipiter pour faire la leçon à tout un chacun, vous vous
informiez de la situation auprès de l’UNEQ, de l’ANEL
(Association nationale des éditeurs de livres) et du
ministère de l’Éducation. C’est le b a ba du journalisme.
Danièle Simpson,
Écrivaine et professeure de littérature au collégial
Vice-présidente de l’UNEQ
Source |
Il est un peu trop facile de dire que l'on a été mal compris... 26 jours
après le fait. En pareil cas, la publication d'un communiqué de presse
aurait été de mise dès le lendemain de la publication de la lettre ouverte
de
Jacques Folch-Ribas le 20 janvier dans La Presse. Et si un communiqué de
presse est jugé comme donnant trop d'importance à l'événement, la
vice-présidente de l'UNEQ aurait pu tout au moins réagir sur le blogue même
de son association, le Forum de l'UNEQ où des participants débattent du
sujet. En place et lieu, madame
Simpson
a préféré réagir sur un blogue étranger, celui de Pierre Assouline du
quotidien Le Monde, en s'attaquant à ce dernier.
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
14 février 2008
Voir aussi
Dossier : Le débat au sujet de
l'enseignement de la littérature au Québec
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