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20
Février 2008
Monsieur Pierre Lavoie,
Directeur général de l’UNEQ
Ce n’est pas moi qui suis à l’origine de l’amalgame entre
l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) et
l’hypothèse proposant l’enseignement exclusif de la
littérature québécoise dans les Collèges d’enseignement
général et professionnel du Québec. C’est le Comité des
enseignantes et des enseignants de français de ces collèges
qui affirme que l’UNEQ a émis cette hypothèse dans la
formulation de la onzième question de son sondage:
«11: Une hypothèse émise l’an dernier par l’ANEL
(Association nationale des éditeurs de livres) et par l’UNEQ
(Union nationale des écrivains québécois) était d’exclure
complètement la littérature française des cours de niveau
collégial en créant trois cours de littérature québécoise.
Que pensez-vous de cette hypothèse?»
Votre vice-présidente, madame Danièle Simpson, nie que
l’UNEQ a émis l’hypothèse d’exclure complètement la
littérature française des cours de niveau collégial. Elle
soutient que le Comité a, de toute évidence, mal compris la
position de l’UNEQ.
Pour les observateurs, une seule question se pose: «Qui
dit vrai?»
Dans son commentaire sur ce blogue, Marie Gagné,
responsable du Comité, ne revient pas sur la véracité de
cette onzième question. Elle la justifie. Autrement dit,
monsieur Lavoie, ce n’est pas à moi qu’il faut vous adresser
mais à la responsable du Comité. C’est elle qui doit revenir
sur ses dires et affirmer que l’UNEQ n’est pas associé à
l’idée de limiter l’enseignement de la littérature aux seuls
livres québécois.
Quant à la réponse de votre vice-présidente, madame
Danièle Simpson, publiée dans le journal « La Presse » du 4
février 2088, elle n’est pas ou plus disponible sur le site
Internet du quotidien. Personnellement, j’aurai aussi publié
cette réponse dans le forum de l’UNEQ où la discussion sur
le sujet suit son cours depuis le 21 janvier dernier sans
aucune intervention de votre part et de votre
vice-présidente. Bref, il n’est pas besoin de me faire
parvenir une copie du texte de madame Simpson publié dans le
quotidien La presse; publiez-le sur votre propre site
Internet! Si votre site Internet était un peu plus actuel,
nous ne serions peut être pas ici sur le blogue d’un
quotidien étranger, quoique concerné.
Enfin, vous écrivez: «Je vous invite, ainsi que tous les
détracteurs de votre trempe (…)». C’est vrai, au fil des
ans, je me suis joint progressivement aux détracteurs de
l’UNEQ. La goutte qui a fait débordé le vase fut votre
absence de réponse au courriel que je vous adressais le 18
septembre dernier et dans lequel je sollicitais un
rendez-vous avec vous, le premier en cinq ans. Je n’admets
pas qu’on ne réponde pas à chacun de ses courriels, d’autant
plus lorsqu’un membre de son personnel se donne la peine
d’envoyer un accusé de réception, tel que l’a fait madame
Ginette Major de votre bureau.
Aujourd’hui, que vous soyez dans l’obligation de répéter
que «L’UNEQ n’a jamais souhaité ou réclamé la cessation de
l’enseignement de la littérature française au collégial» ne
me surprend pas. Quoique vous disiez, cela demeure «la
position» de l’UNEQ, «votre» vérité. Mais qu’importe la
crédibilité que vous souhaitez que nous vous accordions, le
problème n’est pas là. Il revient au Comité de nous dire si
l’UNEQ a ou n’a pas exprimé un tel souhait.
Quoiqu’il en soit, je ne crois pas me tromper en
soutenant que l’UNEQ est un syndicat essentiellement
affairiste.
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/dossier.03.htm
Source :
La république des livres, Pierre Assouline, Le Monde. |