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Dernière modification : 13/01/15 à 13:55

Article mis en ligne le 5 mars 2008

 

Libre opinion

 

«Que Victor Lévy Beaulieu brûle son œuvre et n'oublie rien»

 

Serge-André Guay, président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

Le 29 février dernier dans le quotidien montréalais La Presse, la journaliste Chantal Guy nous apprenait que Victor-Lévy Beaulieu avait brûlé son dernier livre le jour même de son lancement: «Hier à Trois-Pistoles, au lancement de son plus récent titre La grande tribu, c'est la faute à Papineau, l'écrivain Victor-Lévy Beaulieu a exprimé son désarroi quant à l'avenir du Québec et la survie de la langue française en brûlant un exemplaire de son livre. Il estime qu'il n'y a plus de parti indépendantiste et que si le Québec devient un «district bilingue», ce sera la disparition de la nation québécoise francophone.» Lire la suite : Victor-Lévy Beaulieu brûle son livre

 

Le geste incongru a inspiré un billet à Pierre Assouline, journaliste littéraire du quotidien le Monde et animateur du blogue «La république des livres»:

 

 

Grotesquerie québécoise

C’est certainement symbolique mais tout de même, le symbole est un peu difficile à avaler. Victor-Lévy Beaulieu, un écrivain et éditeur à qui rien de ce qui est québécois n’est étranger, nous a certes habitué aux différentes formes que ses colères et indignations peuvent revêtir. Mais l’on ne s’attendait pas à ce qu’il fasse un tel sort à La Grande tribu, c’est la faute à Papineau (875 pages, Éditions Trois-Pistoles), son 70 ème et plus récent livre, en signe de protestation. C’est un projet littéraire aussi fou que son précédent pavé sur James Joyce sauf qu’il s’agit cette fois strictement de “ma vision du Kebek” à travers les pérégrinations du narrateur nommé Habaquq Cauchon; celui-ci s’apercevant que ses ancêtres étaient mi-hommes mi-cochons fera la révolution avec l’aide d’un certain nombre de personnages dont “l’épormyable” poète Claude Gauvreau. Certes, mais pourquoi en brûler un exemplaire à peine sorti des presses dans son poêle à bois ? Pour gueuler son désarroi et prévenir qu’il se retire de la vie publique (deux mois, n’exagérons rien). Si rien n’est fait et rien ne bouge, il brûlera toute son œuvre car cela signifiera que tout ce qu’il a écrit n’a servi à rien. “Sans véritable patrie, sans liberté, sans souveraineté et sans indépendance, l’individu n’est qu’une statistique, et les statistiques ne sont que les débris que laisse derrière elle l’Histoire des autres.» dit-il. Particulièrement pessimiste sur l’avenir de la langue française dans son pays, Victor-Lévy Beaulieu craint qu’à très court terme le Québec ne devienne un district bilingue, ce qui selon lui signerait l’arrêt de mort de la nation québécoise francophone. A propos, La Grande tribu relève du genre “grotesquerie” comme l’indique l’auteur en sous-titre. N’empêche que son cri d’alarme repose sur un constat tout ce qu’il y a de plus sérieux.
 

Pierre Assouline, Le Monde,

blogue «La république des livres».

 

Source

 

 

 

 

Commentaire de Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Le Québec de Victor Lévy Beaulieu me tombe sur les nerfs depuis toujours. Son «Québec» est tout ce qu’il y a de plus terne, bourré de petites vies sombres, hypocrites, maladives, vengeresses et dépressives où la chicane et la trahison s’abreuvent à une nature humaine tordue. Victor Lévy Beaulieu fait partie de ceux et celles qui croient que le reflet dans un miroir culturel aide les gens à se comprendre, à s’accepter et à changer pour le mieux. Mais ce n’est pas en passant des heures devant un miroir (livre, radio, télévision) que l’humain saisit sa destiné. Le miroir, c’est un gadget pour cacher aux autres ses réelles intentions. Comment ne pas penser aux découvreurs de l’Amérique remettant aux indiens des fragments de miroirs à qui ils volèrent ensuite les terres.

«Si rien n’est fait et rien ne bouge, il brûlera toute son œuvre car cela signifiera que tout ce qu’il a écrit n’a servi à rien.» Source Victor Lévy Beaulieu a passé toute sa vie à marchander des miroirs de la société québécoise sous son angle la plus sombre. On ne peut pas parvenir à autre chose qu’une vue sombre. Il fait partie de ceux qui ont tué le rêve québécois en le poussant dans une nuit sans fin. Victor Lévy Beaulieu vient de sombrer dans la noirceur de son œuvre mouvante comme Nelligan dans l’abîme du rêve.

Sa génération, celle des révolutionnaires tranquilles, sera maudite malgré son œuvre. À l’instar de l’église catholique d’avant révolution dominant le Québécois, Victor Lévy Beaulieu fait du chantage en annonçant qu’il brûlera son œuvre. Qu’il la brûle sans rien oublier car il est temps qu’une vraie lumière nous donne un peu d’espoir.

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

Suivi de publication

 

Le Soleil, Québec, 16 mars 2008

 

Le webzine Québec-Politique.com

 

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Article mis en ligne le 5 mars 2008

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