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Article mis en ligne le 14 juin 2008

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L'édition en ligne avec distribution en librairie

mène à la catastrophe

 

 

En 2006, la Fondation littéraire Fleur de Lys a conseillé monsieur Pierre Fraser de Québec dans son projet de création d'une maison d'édition en ligne, Les Éditions Axone. L'hebdomadaire Québec Hebdo présentait la nouvelle entreprise d'édition en ligne à ses lecteurs dans son édition du 24 novembre 2006 en publiant un article intitulé «Le monde de l'édition réinventé». Malheureusement, cette dernière a été dans l'obligation de fermer ses portes il y a quelques semaines.

 

Et contrairement à ce qu'on peut lire sur certains sites Internet personnels d'auteurs édités par la défunte maison d'édition en ligne à l'effet que cette dernière rouvrirait ses portes à l'automne 2008, cette fermeture est définitive de l'avis même de monsieur Fraser. C'est du moins ce qu'il nous a confirmée un peu plus tôt cette semaine lors d'une conversation téléphonique.

 

Monsieur Fraser nous a confié également que la fermeture de sa maison d'édition en ligne était le fait de l'échec commercial de la distribution de ses livres en libraires. «J'aurai du vous écoutez. Je n'ai pas suivi votre conseil d'éviter la distribution en librairies» nous a déclaré monsieur Fraser. Les Éditions Axones ont accumulé au fil des mois une dette de 50,000$ liée à la distribution en librairies, une dette qui a conduit à sa fermeture.

 

La Fondation littéraire Fleur de Lys a toujours été d'avis que l'édition en ligne sur Internet n'est pas compatible avec la distribution traditionnelle en librairie. En fait, l'un des principaux atouts de l'édition en ligne est de ne pas avoir à supporter tous les coûts liés à une distribution traditionnelle en librairie. Une telle distribution implique des frais d'impression d'un nombre suffisant d'exemplaires pour le nombre de librairies ciblées, des frais d'entreposage, des frais de distribution et des frais de remise aux libraires, un pourcentage qui peut atteindre les 40% du prix de vente de chaque exemplaire.

 

Même si monsieur Fraser se limitait à des micro tirages en ciblant certaines libraires, il n'en demeure pas moins qu'il perdait ainsi l'avantage de l'impression à la demande, c'est-à-dire, l'impression d'un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur. L'impression à la demande est la base du succès de l'éditeur en ligne car chaque exemplaire imprimé est un exemplaire vendu à l'avance. Avec les micro tirage, même limités à 20 exemplaires à la fois, on se retrouve avec un inventaire dont on doit supporter les coûts. Et tout éditeur ne veut pas voir ces exemplaires dans son entrepôt mais sur les tablettes des librairies, ce qui implique alors de retenir les services d'un distributeur. Et encore faut-il que le libraire donne aux livres une bonne visibilité. Or, selon monsieur Fraser, les libraires plaçaient généralement sa production directement en tablette avec pour seule visibilité l'épine du livre plutôt que, par exemple, sur la table des nouveautés.

 

L'édition en ligne avec distribution en librairie mène à la catastrophe. On ne doit pas tenter de faire comme les éditeurs traditionnels lorsqu'on est un éditeur en ligne sur Internet. Il s'agit de deux mondes du livre complètement différents, avec des règles et des procédures différentes, des désavantages et des avantages spécifiques.

 

Évidemment, la plupart des auteurs renoncent difficilement à leur rêve de voir leurs livres en vitrine des librairies. Plus encore, pour plusieurs l'oeuvre sera achevée que le jour où elle se retrouve en librairies. Mais il y a un double hic: moins de 10% des manuscrits soumis à l'attention des éditeurs sont acceptés et, le cas échéant, la durée de vie d'une nouveauté en librairie dépasse rarement trois mois.

 

Au terme de cette période, les exemplaires invendus sont retournés aux éditeurs. Et un bon matin, l'auteur reçoit un appel de son éditeur lui offrant de se porter acquéreur de ces invendus à moindre coût. Le reste des invendus sera pilonné dans des librairies à escompte ou tout simplement envoyé au recyclage. Les éditeurs traditionnels sont habitués à cette procédure. Subventionnée par le gouvernement du Québec et du Canada, la chaîne traditionnelle du livre peut ainsi couvrir aisément ses pertes. En moyenne, un éditeur québécois agréé reçoit 5,000$ par titre qu'il édite. Autrement dit, ses pertes sont couvertes à l'avance par le gouvernement.

 

Ce n'est pas le cas de l'éditeur québécois en ligne qui ne reçoit aucune aide gouvernementale, d'où l'importance de ne pas dépasser les limites fixées par les avantages de son champ d'action, l'Internet. L'aventure de la maison Les Édition Axones fondée par Pierre Fraser en est un exemple éloquent.

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

 

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