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«La nouvelle responsabilité des intellectuels»
par le philosophe du cyberespace Pierre Lévy
 

 

21 août 2007

 

LE MONDE DIPLOMATIQUE

 

Chronique INTERNET

 

«La nouvelle responsabilité des intellectuels»

par le philosophe du cyberespace Pierre Lévy

 

Voir aussi : Commentaires de nos auteurs

 

Depuis quelques jours déjà, je voulais vous entretenir au sujet de l'article «La nouvelle responsabilité des intellectuels» signé par Pierre Lévy, philosophe du cyberespace, membre de la Société Royale du Canada et directeur de la Chaire de Recherche du Canada en Intelligence Collective de l'Université d’Ottawa.

 

Le texte est paru dans l'édition d'août 2007 du journal Le Monde Diplomatique. J'ai eu vent de cet article à la lecture du billet du 17 août dernier du carnet en ligne de Pierre Assouline, écrivain et journaliste au quotidien Le Monde.

 

Lire le billet de Pierre Assouline au sujet de l'article

«La nouvelle responsabilité des intellectuels»

 

Comme l'écrit monsieur Assouline, l'article en question n'est pas disponible sur le site Internet du journal Le Monde Diplomatique. On peut y lire uniquement une annonce de l'article.

 

N'ayez crainte, je ne vous en parlerai pas pour autant à travers mon chapeau. Je m'en suis procuré un exemplaire en kiosque. Mais ne comptez pas sur moi pour le reproduire ici illégalement. À vous maintenant de vous procurez votre propre exemplaire. Sinon, il sera peut être disponible sous peu en libre accès sur le site Internet du journal car on y offre plusieurs des articles des deux dernières années de publication (colonne à droite sur la page Web). Il serait suicidaire pour Le Monde Diplomatique d'offrir sur son site en libre accès l'édition courante du journal. Bref, soit vous patientez pour voir si l'article en question sera disponible le mois prochain sur le site Internet du journal, soit vous faites comme moi en vous procurant votre propre exemplaire.

 

L'article a tout d'abord attiré mon attention de par son titre qui rassemble deux mots importants : «responsabilité» et «intellectuels». Je suis d'avis que les intellectuels ont une responsabilité de grande importance au sein de notre société. Malheureusement, j'ai trop souvent constaté leur absence des grands débats. Et c'est généralement le cas des philosophes, ces intellectuels de la «science des profondeurs». Pour moi, la philosophie est effectivement la «science des profondeurs» parce qu'elle permet d'approfondir ce que nous effleurons avec toute la superficialité et la désinvolture individualiste qui caractérisent si bien l'Homme moderne occidental. C'est la philosophie elle-même qui me captive, non pas ce qui en résulte, c'est-à-dire les philosophies, quoique nécessaires. Je crois que les philosophes, ceux qui maîtrisent la science elle-même, ont la responsabilité de nous éveiller aux causes premières des problèmes passés, actuels et à venir. On peut toujours essayer de calmer les vagues de la mer mais il vaudra toujours mieux chercher à comprendre les courants profond de la mer pour en saisir l'agitation en surface.

 

Dans son texte, le philosophe du cyberespace, Pierre Lévy, s'inquiète de la destinée de l'intelligence collective à l'ère de l'Internet. Si vous croyez tout comme moi que la masse d'information accessible sur Internet est extraordinaire, vous serez sans doute surpris d'apprendre que «Google ou Yahoo ! ne brassent qu'entre 10 et 20% de la masse documentaire du Web». Mais en y regardant d'un peu plus près, ce n'est pas aussi étonnant que cela puisse paraître. Il s'agit de se concentrer sur un sujet en particulier pendant une certaine période de temps pour se rendre compte que les mêmes informations reviennent sans cesse pendant que les découvertes se font de plus en plus rares. C'est le cas de notre recherche au sujet de l'édition en ligne menée depuis 2002. Plus les années passent et moins on trouve de nouveaux documents. Est-ce parce que ces nouveaux documents sont plus difficiles à trouver aujourd'hui compte tenu de l'augmentation de la masse de documents à fouiller comparée à celle de 2002 ? C'est sans doute le cas. Mais l'explication n'est pas complète.

 

Pierre Lévy nous met sur une autre piste pour comprendre pourquoi nos moteurs de recherche ont un champ d'action limité entre 10 et 20% de l'ensemble de la documentation sur Internet. Il écrit : «En outre, ces moteurs basent leurs recherches sur des chaînes de caractères, et non sur des concepts. Par exemple, lorsqu'un utilisateur y entre la requête «chien», ce mot est traité comme la suite de caractère «c,h,i,e,n» et non pas comme un concept traductible en plusieurs langues (dog, perro, kelb, cane...), appartenant, par exemple, à la sous-classe des mammifères et des animaux domestiques.» Portez une attention spéciale au mot «concept». Son usage ne relève jamais de la simple esthétique littéraire sous la plume d'un philosophe. Les moteurs de recherche, aussi sophistiqués soient-ils, ne recherchent pas les concepts eux-mêmes mais les chaînes de caractères de leur nom dans une langue donnée.

 

Voici un autre exemple de ce problème avec «les chaînes de caractères» auquel je suis confronté. Dans Google Actualité, nous surveillons tout ce qui concerne «Édition en ligne». Notre requête est donc : «édition en ligne». Mais pour Google Actualité, il s'agit d'une double requête ou, si vous préférez, de deux chaînes de caractères distinctes : «é,d.i.t.i.o.n» et «l,i,g,n,e». Le mot «"en" étant un mot très courant, il a été ignoré lors de cette recherche» précise Google Actualité. La recherche liste donc toutes les références qui se rapportent aux mots «édition» et «ligne»,

indépendamment l'un de l'autre, et non pas les références qui se rapportent à l'édition en ligne proprement dite, au concept lui-même. Pour le mot «ligne», par exemple, Google Actualité relèvera tous les articles avec l'expression «ligne d’arrivée». Notre seule chance est de trouver une référence dans laquelle apparaissent les mots «édition» et «ligne» réunis. Mais même encore là, Google Actualité nous sortira : «Le Tanneur lance une ligne de sac à main en édition limitée.» Cet exemple démontre la difficulté de la recherche avec des chaînes de lettres plutôt que les concepts représentés par ces dernières.

 

À cette difficulté s'ajoute celle de la langue. Pour réellement faire le tour d'un sujet (d'un concept) sur le Web, il faudrait effectuer des milliers de recherches en autant de langues disponibles. Mais ferait-on réellement le tour du sujet ? Non ! Car en toute langue, il y a un langage. Et en tout langage, il y a une culture. Et en toute culture, il y a des concepts uniques... des systèmes symboliques particuliers. Parmi ces systèmes symboliques, il y a bien sûr les langues, mais il y a aussi les écritures, les disciplines de connaissances, les traditions techniques et professionnelles, les conventions esthétiques, les institutions politiques, les normes religieuses et juridiques, etc., souligne Pierre Lévy. Bref, il ne s'agit pas de savoir entrer le mot «chien» en plusieurs langues voire en plusieurs types d'écritures différentes, pour que les moteurs de recherche nous listent toutes les références disponibles sur le Web. Qui nous dit qu'en une autre langue et une autre culture, le mot «chien» que nous connaissons en français a un équivalent ? Ou, pis encore, que le concept même de «chien» existe ? On parle peut-être autrement de cette bête avec une autre sémantique.

 

«En somme, écrit le philosophe, l'information et ses agents de traitement automatique sont en voie d'unification matérielle dans une mémoire virtuelle commune à l'ensemble de l'humanité ; mais, comme les barrières, cloisonnements et incompatibilité sémantiques ne sont que partiellement levés, la croissance de l'intelligence collective, quoique déjà remarquable, reste bien en deçà de qu'elle pourrait être?».

 

Voilà ce qu'il nous faut : des moteurs de recherche capables de chercher des concepts et des sens plutôt que de simples chaînes de caractères. Le défi est immense. Pierre Lévy fait partie des chercheurs qui travaillent à relever ce défi au sein du Laboratoire d’Intelligence Collective et la Chaire de Recherche du Canada en Intelligence Collective. Et ce n'est assurément pas les seuls chercheurs et le seul laboratoire dans le monde décidés à relever ce défi.

 

«Un des objectifs de cette initiative concertée serait de représenter la nature symbolique de l'esprit humain sous la forme d'un cosmos à la diversité qualitative pratiquement infinie, mais mathématiquement organisée, observable, exportable et simulable dans le cyberespace», précise Pierre Lévy dans une invitation à ses confrères de par le monde. Ici, le mot-clé est «mathématiquement». Ce que recherche Pierre Lévy, si je comprends bien, c'est un moyen mathématique de codifier les concepts, et ce, jusque dans leur sens.

 

Il mentionne, à juste titre, le succès des sciences de la nature, ces sciences qui étudient et décrivent l'aspect physique du monde, qui ont trouvé un tel moyen, entre autres, dans un système de coordonnées et d'unités de mesure universelles, appuyés sur les nombres et les fonctions mathématiques devenus un langage universel, au-dessus de toutes les langues naturelles. «En termes de gestions des connaissances, les sciences de la nature ont réussi à rendre une part importante de leurs savoirs explicite, partageable, opératoire et capable d'enrichissement» observe Pierre Lévy.

 

Est-il possible de faire de même dans les autres sciences, celles de l'homme et de la société ? Est-il possible de trouver un système de coordonnées et d'unités (de mesure) universelles à toutes les autres sciences ? Autrement dit, les nombres et les fonctions mathématiques peuvent-ils permettre de codifier les concepts jusque dans leur sens propre ? Si oui, cela voudrait dire que nous pourrions rechercher sur Internet toute l'information relative à un sujet dans un sens précis.

 

Pierre Lévy et son équipe croient avoir trouvé une piste de solution dans leur invention d'un nouveau langage : «Le métalangage de l’économie de l’information (IEML : Information Economy Meta Language)». Je vous laisse le soin de lire la présentation de ce métalangage (au-dessus des langues naturelles - français, anglais, allemand, etc., ce sont les mathématiques) sur le site dédié à l'IEML. Personnellement, il me faudra certainement y consacrer énormément de temps pour être capable de vulgariser un tant soit peu l'IEML. «À long terme, peut-on lire sur le site, l’initiative IEML aura atteint ses objectifs lorsque la majeure partie de la mémoire numérique sera indexée par des adresses sémantiques IEML désignant des concepts.»

 

Pour l'instant, si j'ai bien compris, on passerait des adresses URL de pages Web (celle de notre site se lit comme suit: http://manuscritdepot.com/) à des adresses IMEL, c'est-à-dire, à des adresses de concepts. Cela permettrait donc d'effectuer des recherches par concept. Pour l'édition, traditionnelle et en ligne, il s'agirait d'un grand bond en avant car nous pourrions «marquer» les concepts abordés dans chaque livre par différentes adresses IEML. Un livre traitant de la langue serait alors référé à coup sûr aux internautes effectuant une recherche avec la requête «langue», ce qui est loin d'être assuré aujourd'hui.

 

Pierre Lévy et son équipe prévoient parvenir à leur fin en 2015, comme l'indique le tableau suivant qui témoigne de l'évolution de l'architecture de la mémoire virtuelle depuis 1950 :

 

Source

 

 

Je souhaite à Pierre Lévy et tous les chercheurs impliqués le meilleur succès du monde. Je ne sais pas à quel rythme avancent leurs travaux, mais quand les nombres entrent dans le décor, le temps est toujours mieux compté. Concept abstrait parfaitement défini, unique en son genre, le nombre ne prête pas à interprétation : un «2» demeure un «2», qu'importe ce qu'on en dit. J'aurai beau soutenir qu'il y a trois pommes sur la table, s'il n'y en a que deux, je dois abdiquer... devant la réalité concrète... décrite par ce concept... abstrait... et parfaitement défini. Peut-on espérer que le nombre vienne enfin à la rescousse de la lettre de l'alphabet, outil d'expression de base de nos concepts, de nos idées ? Il semble que oui.

 

 

 

Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

21 août 2007

 

 

 

Lectures complémentaires

 

Ouvrage en ligne :

 

Sur les chemins du virtuel

Pierre Lévy

 

L’intelligence possible du XXI° siècle,

Pierre Lévy (Document PDF)

 

 

Ouvrages en librairies :

 

L'intelligence collective
Pour une anthropologie du cyberespace

Pierre Lévy

 

Présentation

 

La magie des mondes virtuels est désormais à la portée du grand public: le nombre d'utilisateurs des réseaux mondiaux de communication informatisé augmente de 10% par mois. Le réseau Interne et le multimédia interactif annoncent une mutation dans les modes de communication et l'accès au savoir. Il émerge un nouveau milieu de communication, de pensée et de travail pour les sociétés humaines : le cyberespace. Comment notre culture en sera-t-elle affectée ? N'aboutirons-nous qu'à une super-télévision où renouvellerons-nous le lien social dans le sens d'une plus grande fraternité ? Pierre Lévy nous invite dans ce livre à ne plus penser en termes d'impact des techniques sur la société, mais de projet. Les nouveaux moyens de communication permettent aux groupes humains de mettre en commun leurs imaginations et leurs savoirs. Forme sociale inédite, le collectif intelligent peut inventer une « démocratie en temps réel ». L'auteur situe le projet de l'inintelligence collective dans une perspective anthropologique de longue durée. Après avoir été fondés sur le rapport au cosmos, puis sur l'appartenance aux territoires, et finalement sur l'insertion dans le processus économique, l'identité des personnes et le lien social pourraient bientôt s'épanouir dans l'échange des connaissances.

 

 

Pierre Lévy

Sur Internet notamment, non seulement chacun ou presque peut mettre en ligne ce qu’il veut dire, non seulement des forums de discussion se créent, mais de véritables villes, de véritables régions virtuelles naissent, tissant des liens qui échappent aux barrières politiques et géographiques traditionnelles. Cette liberté nouvelle est-elle un danger ou bien une chance ? Pour Pierre Lévy, elle annonce l’avènement prochain de la démocratie généralisée et jette les bases d’une véritable société civile planétaire et peut-être de nouvelles formes d’État. Une synthèse visionnaire des transformations que la montée de l’Internet provoque dans la vie démocratique. Pierre Lévy est philosophe et enseigne à l’Université du Québec, à Trois Rivières. Il est notamment l’auteur de L’Intelligence collective, de Cyberculture et de World Philosophie.

 

 

Pierre Lévy

Le marché, le cyberespace et la conscience

 

"La grande aventure du monde contemporain n’est plus celle de pays, de nations, de religions ou d’ismes quelconques ; c’est celle de l’humanité. Après tant d’efforts, voici enfin venue l’unification de l’humanité : ce n’est pas un empire, une religion conquérante, une idéologie, ce sont des images, des chansons, le commerce, l’argent, la science, la technique, les voyages, les mélanges, Internet, un processus collectif et multiforme qui pousse de partout. J’ai tenté dans ce livre de discerner l’unité du courant qui nous portait et de donner un nom à ce processus : l’expansion de la conscience." Pierre Lévy Philosophe, professeur à l’Université de Québec, Pierre Lévy est notamment l’auteur de Cyberculture, de Qu’est-ce que le virtuel ?, de L’Intelligence collective et de Les Technologies de l’intelligence.

 

 

Pierre Lévy

Rapport au Conseil de l’Europe

 

Qu'est-ce que la cyberculture ? Quel mouvement social et culturel se cache derrière ce phénomène technique ? Peut-on parler d'un nouveau rapport au savoir ? Quelles mutations la cyberculture entraîne-t-elle dans l'éducation et dans la formation ? Quelles sont les nouvelles formes artistiques liées aux ordinateurs et aux réseaux ? Comment le développement du cyberespace affecte-t-il l'urbain et l'organisation du territoire ? Quelles sont, en un mot, les implications culturelles des nouvelles technologies ? De la numérisation à la navigation, en passant par la mémoire, la programmation, les logiciels, la réalité virtuelle, le multimédia, l'interactivité, le courrier électronique, etc., ce livre clair, complet et accessible aux non-spécialistes, se veut une présentation des nouvelles technologies, de leur usage et de leurs enjeux. Philosophe, Pierre Lévy est professeur à l'université de Paris-VIII (département hypermédia). Il a notamment publié L'intelligence collective (1994) et Qu'est-ce que le virtuel ? (1995).

 

 

Autres sources en ligne sur Internet

 

L'intelligence collective, notre plus grande richesse,

Le Monde, édition du 23 juin 2007 (Document PDF)

 

IEML (Information Economy Meta Langage)
Présentation du langage par son créateur, Pierre Lévy

NextModernité / 17.07.2006

 

 

 

Commentaires de nos auteurs au sujet de

 

«La nouvelle responsabilité des intellectuels»

par le philosophe du cyberespace Pierre Lévy

 

 

Le commentaire de l'auteur C.Y.G.Bilodeau

 

Tout d’abord, je n’ai pas lu l’article de Pierre Lévy cependant, j’effectue souvent des recherches par « expression » sur le moteur de Google. On peut formuler une expression en l’entourant de guillemets dans la fenêtre de recherche standard. On peut aussi la spécifier dans une fenêtre spécialement conçue dans la page de « recherche avancée ».


Ainsi, une recherche de l’expression « roi des animaux » donnera un résultat entièrement différent d’une recherche sur « animaux du roi », ce qui, comme vous l’avez indiqué, n’est pas le cas de la fenêtre de recherche normale.
La recherche par expression est très pratique à condition d’avoir un certain talent pour deviner quelles expressions ont été utilisées dans les textes qu’on recherche. Bien sûr, les résultats obtenus ne concernent qu’une seule langue. Mais, tant que les traducteurs automatiques du genre « Traduire cette page » ne seront pas plus évolués, les textes d’une langue qui nous est étrangère demeureront hermétiques, donc de peu d’utilité.


Finalement, s’il est vrai que les concepts peuvent véritablement être traduit en nombres, cela, à mes yeux, ne constitue qu’un nouveau langage, qui s’ajoute à tous ceux qui existent et qui, comme les autres, aura ses partisans et ses détracteurs, ses forces et ses faiblesses. D’ailleurs, comment les gens de l’Office de la langue des Nombres décideront-ils si le concept du chien tel qu’exprimé en chinois doit s’écrire 123456 ou bien 123457? N’est-ce donc là qu’un nouvel Esperanto? Ce qui me fait penser que cet idéal d’une langue universelle qui permet à tous de se rejoindre et d’échanger existe bel et bien. N’est-ce pas l’anglais?


Bonne journée…

 

C.Y.G.Bilodeau

 

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Le commentaire de l'auteur Irénée Boivin

 

Comme je n'ai pas encore en main l'article de Pierre Lévy et que je n'ai que peu de temps devant moi, je ne pourrai qu'apporter des commentaires provisoires et brefs, vous le comprendrez. Les voici.

 

L'expansion de la conscience, pour utiliser une expression de monsieur Lévy,  est une réalité de l'Univers et elle sied bien à l'Humanité de façon particulière. Le philosophe fait partie de cette humanité. Il l'a fait avancer dans son évolution mais jamais seul. Il ne fait que livrer sa réflexion pour déceler les courants qui l'animent. En chacun de nous sommeille un philosophe, même chez l'enfant, qui puise sa force de pensée dans cette humanité qui le porte au gré des sursauts que lui font subir les humains qui la portent à leur tour. Tout philosophe, même celui qui s'ignore, a la responsabilité de faire avancer l'humanité selon les courants de l'Univers qui la définissent depuis toujours. Et de façon particulière, celui qui en professe la science. Tous les moyens sont bons. Mais qui peut dire que l'influence sur cette humanité vient d'une seule source? Que penser de ces mouvements suscités en grande partie par l'expansion du marché et des idées qu'ont connu, entre autres, Athènes et Venise dans le passé, et aujourd'hui, la Californie? Le marchand, lui aussi, continue à façonner notre humanité...

 

Les remarques que vous faites sur la cyberespace me portent à écrire que nous vivons dans un monde d'influence de toute provenance. À chacun de puiser dans la source d'information et de réflexion qu'elle offre, aujourd'hui sous une forme «rudimentaire» par rapport à ce qu'elle sera demain, grâce à ceux qui sauront  la faire évoluer vers plus de concept.

 

Ce sont, pour le moment, mes commentaires, d'ordre assez général vous en conviendrez.

 

Je vous souhaite une bonne journée

 

Irénée Boivin

 

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Le commentaire de l'auteur Jacques Alliaume

 

Bonjour,

 

Bien reçu mais je suis en cours de préparation de mon voyage retour vers Mayotte et je ne peux  répondre  que de manière superficielle. Les textes que je n'ai pu que parcourir sont passionnants et si je résume mon sentiment en deux phrases:

<

Les nombres peuvent-ils codifier les concepts? A mon avis, ce qui est possible pour les machines ne l'est pas pour les hommes. Si celà advenait ce serait , je pense la fin de l'humanité. Pour reprendre l'idée émise dans Parole(s) de cerveau il s'agirait d'un langage exclusivement "hémisphère gauche".Or la spécificité humaine dans l'ordre du vivant est la possession d'un cerveau composé de deux hémisphères cérébraux, le droit gérant de l'affectivité. Je vois mal -peut-être à tort- comment on pourrait codifier les émotions humaines !

 

Malheureusement je suis à court de temps.

 

Cordialement,

 

Jacques Alliaume

 

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Le commentaire de l'auteur Alexandre Leroux


Bonjour Serge-André,

Je n'ai pas lu le texte original du Monde Diplomatique (que je n'aime pas beaucoup dois-je avouer, car trop alarmiste inutilement à mon goût et prompt à "conspiracy theories") mais j'ai lu celui de P.A. et le vôtre.

Intéressant, mais plusieurs éléments m'agaçent.

Il me semble que le centre de la discussion tourne autour du web sémantique (voir http://en.wikipedia.org/wiki/Semantic_Web) sans jamais l'identifier comme tel. Ça me semble comme si certaines personnes (les auteurs des textes) venaient de redécouvrir le web sémantique alors qu'il est sujet de discussion depuis des années.

L'exemple pour la recherche des termes "édition en ligne" est erroné. Les outils de recherche sont très puissants, beaucoup plus puissants que les utilisateurs réguliers le croient. Dans ce cas précis, il suffit d'utiliser les guillemets et tadam, le "problème" est réglé (en partie bien sûr, mais l'exemple donnée est simplement trompeur). Voir également à ce sujet : http://en.wikipedia.org/wiki/Regular_expression qui permettent une meilleure utilisation des engins de recherche.

Est-ce que l'IEML peut réussir ? Nous verrons. C'est le pari du web sémantique. Les obstacles sont nombreux et sérieux.

Quant à la responsabilité des intellectuels : bien sûr, mais quant à moi, cette responsabilité est partagée avec tous les être vivants et n'est pas exclusive aux intellectuels. Chacun a la responsabilité de ses capacités.

Voilà pour les rapides commentaires. Pour discuter de ce genre de concepts, mieux vaut le tête à tête que le courriel ! À noter également que je ne suis pas un professionnel du web sémantique, même si je connais quand même assez bien plusieurs des concepts associés.

Salutations,
 

Alexandre Leroux

 

 

Réponse à l'auteur Alexandre Leroux

 

Monsieur Leroux,

 

Merci pour votre commentaire.

 

Oui, il s'agit bien du web sémantique. L'auteur de l'article en question utilise cette expression : « Au-delà des limites des moteurs de recherche, l'ingénierie logicielle peine à renouveler ses concepts, au moment même où se confirme la croissance et la diversification des usages du cyberespace. Après une phase de grande créativité à la fin du XXe siècle, l'intelligence artificielle semble avoir perdu sa force d'entraînement. Le Web dit «sémantique», dirigé par un consortium de grandes entreprises (Yahoo!, Google, AOL, IBM, Microsoft, etc.) et lancé il y a plus de dix ans, ne suscite pas les progrès attendus, malgré son raffinement technique. L'intelligence artificielle et le Web sémantique souffrent de la même limitation de perspective : ils s'en tiennent à l'automatisation des opérations logiques pour tirer le meilleur parti des ordinateurs. Or cela ne représente que la moitié du travail. L'autre moitié, encore largement inexploré, concerne la mise au point de systèmes de notation du sens, capable exploiter les nouvelles possibilités de traitement automatique au service de l'intelligence collective en ligne.»

 

Quant à la recherche avec des expressions entre guillemets, (ex.: ''édition en ligne''), vous avez raison de souligner cette possibilité que je connaissais déjà et j'ajouterai à mon texte. Mais, comme vous l'écrivez, le problème n'est réglé qu'en partie. Dans le cas donné en exemple (''édition en ligne''), Google nous listera toutes les pages Web avec l'expression en question. Mais cette expression est très limitée dans sa représentation du concept qui y est associé. En fait, il y a plusieurs sous-entendus dans l'expression «édition en ligne». Par exemple, Google ne fera pas la différence entre l'«édition en ligne» d'un quotidien et l'«édition en ligne» de livres. Et même en précisant l'expression (ex.: ''édition de livres en ligne») voire en la modifiant (ex.: ''livres édités en ligne''), les résultats sont très limités. J'insiste ici sur l'énorme différence entre une «expression» et un «concept», à laquelle s'ajoutent les différences toutes aussi énormes entre les langues, qui rendent ainsi la veille sur Web très ardue malgré tous les petits trucs que l'on peut développer.

 

Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

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Le commentaire de l'auteur Chantal Gevrey


Bien que je ne sois pas une virtuose de la navigation dans l'univers virtuel, je trouve extrêmement intéressante cette réflexion.


Intéressante et indispensable.

Qui, en effet, ne se heurte pas à l'irritante mécanique d'association de lettres comme si sa propre intelligence se trouvait piégée face à un interlocuteur borné ? J'ignore dans quelle mesure on peut traduire les concepts en unités mathématiques, mais je crois la chose tout à fait possible, d'un point de vue opérationnel. Reste à voir quelles conséquences pourraient en découler. Tout le monde n'est pas forcément outillé pour participer valablement à ce niveau du débat, mais peut et doit s'informer et réfléchir, à commencer bien sûr par les intellectuels.

N'est-il pas fascinant de retrouver, au-delà de l'intérêt pratique de moteurs efficaces, l'idée antique de la puissance et de l'universalité des nombres, et d'en suivre le cheminement à travers l'histoire depuis la Mésopotamie en passant par la cabale, la Grèce et la formule d'Einstein ? La quête d'une clé de recherche intelligente n'en est que le prolongement. J'y vois le signe que nous sommes nous-mêmes programmés par une telle clé ou un tel ensemble de clés, que nous cheminons depuis la nuit des temps vers l'harmonisation entre notre propre programmation et les outils de plus en plus intelligents que nous créons. Loin d'annoncer une fin de l'humanité, ce serait plutôt un accomplissement. Malheureusement, j'en conviens, nous sommes aussi porteurs de mécanismes de destruction et nous avons tout intérêt à surveiller de près ce qui touche à la gestion des connaissances. Les Anciens, eux, cultivaient aussi la sagesse...
 

Chantal Gevrey

 

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Le commentaire de l'auteur Fernand Couturier


Bonjour,

J'ai lu ton texte. Je m'avoue dépassé par le côté technique de la problématique. J'imagine cependant que si la recherche pouvait se faire par concepts on aurait accès à une information à la fois plus précise et plus exhaustive. Mais il s'agit encore, il me semble, d'information tablant sur une disposition fondamentalement mathématique du langage, de ce qui est arrivé au langage. Cette arrivée-là étant d'un tout autre ordre, celui de la poésie et de la pensée à l'écoute de ce qui demande à être dit.

À la prochaine,
 

Fernand Couturier

 

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Le commentaire de l'auteur Michel Leclerc


Bonjour, monsieur Guay,

Votre texte sur les travaux de Pierre Lévy m'a beaucoup intéressé, même si je dois avouer ma très faible connaissance dans le domaine du métalangage, et surtout lorsqu'ils s'agit de numériser, au sens propre, les notions et les idées...!

J'ai été particulièrement frappé qu'il appelle Noosphère l'étape ultime des travaux, soit celle où ce sera le concept lui-même, et non le nom du concept, qui servira d'unité d'information, donc de point de départ et de point d'arrivée de la recherche. Cette expression a été inventée par Teilhard de Chardin, pour décrire l'avant-dernière étape de l'évolution humaine qui précédera la finale, qu'il nomme la Christosphère. L'humanité devenant en quelque sorte un vaste cerveau, chaque personne étant devenue un neurone.

Monsieur Guay, je ne suis pas à même de vous faire des commentaires éclairés sur cette question.

Étant nul en science, et particulièrement en maths, je ne suis pas capable d'apprécier la difficulté du projet, ni sa faisabilité. Il me semble qu'il faudra constituer un méchant "dictionnaire" pour codifier non pas des mots, mais les idées qu'ils sous-tendent. Ou plutôt: un instrument de "traduction" permettant de passer de l'écriture du concept à son contenu lui-même, à son "code-barre", en quelque sorte...

Puisque que vous parlez de la responsabilité des intellectuels, je me demande comment cette entreprise pourra être mise à la portée de l'intelligence collective, c'est-à-dire de tout le monde ("tout le monde sait quelque chose"), comment chacun pourra y contribuer, aussi bien qu'y puiser.

Je pense à Wikipédia. C'est en langage ordinaire, et chacun est libre d'y ajouter ou retrancher, mais avec les limitations qui y ont été introduites graduellement, et avec le risque de "contamination" par la propagande ou la censure, etc. Avec un éventuel codage universel de tous les concepts, à supposer que cela soit réalisable, ne doit-on pas craindre une mainmise sur l'information déposée sur le web, de la part des entreprises qui opèrent les moteurs de recherche? Par exemple, Google classe les sites trouvés selon le nombre de hits qu'ils ont reçu. Le site le plus visité apparaît en premier, etc.

Vous pouvez me répondre que ce risque existe déjà.

Pour accéder au quelque 80% de l'information qui n'est pas pas accessible directement via ces engins de recherche, ne suffirait-il pas d'élaborer un protocole, une sorte de lexique fournissant des mots-clés additionnels, référant au groupe, sous-groupe, domaine, etc. de l'objet précis de la recherche? Que chaque site, chaque page personnelle, soit obligé de remplir certains champs d'inscription? Je comprends que ça ne ferait pas encore apparaître tous les concepts qui figurent dans un document.

Je me fais l'avocat du diable. En supposant que la nouvelle recherche, celle faite à partir du système proposé par M. Lévy, fournisse 90% de la matière existante sur le web, que pourra-t-on faire de tout ce qui est en russe, en japonais, en arabe, si l'on ne connaît pas ces langues? Ne serait-il pas plus simple, alors, d'avoir un "traducteur" dans le moteur de recherche, qui posterait, dans toutes les langues connues, et la requête et les résultats de la recherche ?

Je crois comprendre que le projet vise beaucoup plus haut: sans doute pour que l'ensemble d'un document, chacun de ses termes, soit "compris", "digéré", analysé, puis codé selon chacune de ses dimensions et ramifications, chacun de ces codes devenant à son tour un "signet" qui serait reconnaissable où qu'il se trouve? Si c'est le cas, ne risque-t-on pas de se retrouver devant une masse titanesque de documentation, parce que les résultats de la recherche vont nous inonder de tous les documents où figure le concept, même s'il n'est que mentionné en passant, sans que le document en traite ?

Vous voyez, je ne suis même pas sûr d'avoir bien saisi la démarche. Ne me considérant pas un interlocuteur valable pour vous sur ce sujet, j'en ai déjà trop dit ! Merci quand même d'avoir porté à ma connaissance votre excellent texte. On voit que vous possédez bien le sujet, qui vous passionne visiblement. Vous êtes vraiment un homme de communication et d'information.

Amicalement,
 

Michel Leclerc

 

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