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Le magazine en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys – Laval, Québec.

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Article mis en ligne le 9 novembre 2008

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Exit le livre électronique, l'édition en ligne,

l'Internet littéraire,...

 

Le 31e Salon du livre de Montréal

sera tout de «papier» et traditionnel, antique !

 

 

Dans son document PDF intitulé «Thème» et destiné aux médias, l'organisation du Salon du livre de Montréal n'annonce aucune activité pour le grand public au sujet du nouveau monde du livre sur Internet. Ce sera donc une fois de plus un salon réservé au livre papier, et ce, malgré le développement fulgurant du livre électronique, de l'édition numérique, de l'Internet littéraire,..., bref de la nouvelle économie du livre. La couverture de presse accordée par les grands médias à l'annonce confirme cette absence du futur du livre à l'édition 2008 du salon du livre de Montréal:

 

L'amour au coeur du livre, Radio-Canada

Le fondement d'une société, Le journal de Montréal

Mireille Deyglun présidera le Salon du livre de Montréal..., Presse Canadienne

Un 31e Salon du livre marqué par l'amour..., La Presse

 

Comment le deuxième plus important salon du livre francophone à travers le monde après celui de Paris peut-il ainsi passer sous silence voire résister au nouveau monde du livre ? Et pourquoi les médias québécois ne dénoncent-ils pas ce fait troublant ? La réponse est fort simple : le Québec est encore au Moyen-Âge de l'ère numérique dans le domaine littéraire.

 

Ailleurs dans le monde, les organisateurs des grands événements littéraires, y compris des salons du livre, et les médias traitent régulièrement du développement du nouveau monde du livre et, par conséquent, y participent activement. Au Québec, les médias sont presque muets. «Presque» parce qu'ici et là et à de rares occasions, nos médias donnent un écho à voix basse aux nouvelles d'ailleurs sur le nouveau monde du livre. Nos médias préfèrent parler de ce qui se passe ailleurs plutôt que de ce qui se déroule sous leurs yeux dans leur propre patelin.

 

Par exemple, le lecteur avisé trouvera quelques articles québécois originaux au sujet du fameux livre électronique de la librairie en ligne Amazon mais sans jamais demander quand cet appareil portatif de lecture sera disponible au Québec ou, pis encore, sans jamais mentionner qu'il n'est pas disponible au Québec. Il en va de même avec un autre livre électronique, celui de Sony, objet de quelques articles québécois originaux. Mais ici encore, on ne dit pas pourquoi le Reader de Sony est disponible partout au Canada sauf au Québec. Aucun journaliste québécois a creusé la question. Nos médias regardent ce qui se passe ailleurs en omettant généralement tout angle de couverture nationale.

 

Les exceptions regorgent souvent de préjugés face à ce nouveau monde du livre. Par exemple, dans son article «Place au papiel !», le journaliste Paul Cauchon du quotidien montréalais Le Devoir, édition du samedi 08 et du dimanche 09 novembre 2008, on peut lire :

 

«Certains experts prévoient que le papier électronique déferlera massivement d'ici 10 ans

On vit une époque paradoxale. Ainsi, même si plusieurs prédisent la mort du papier journal, mercredi dernier on s'arrachait les quotidiens américains au lendemain de la victoire de Barack Obama.

De même, on entend dire que le livre est en perte de vitesse, mais le Salon du livre de Montréal fera encore courir les foules la fin de semaine prochaine, et à Montréal la Grande Bibliothèque est un énorme succès.»

 

Source : Le Devoir

 

 

Par définition, une prédiction concerne l'avenir et non pas le présent. Les ventes d'exemplaires papier des quotidiens américains au lendemain de la victoire de Barach Obama ne peuvent pas servir de comparaison à ce qui se passera dans dix ans avec le papier électronique, pas plus que ce qui se passait il y a dix ans fut une référence fiable pour prédire ce qui se passe aujourd'hui. Ce n'est pas sérieux !

 

Il en va de même avec la fréquentation du salon du livre de Montréal et de la Grande Bibliothèque. Le livre électronique et le livre numérique n'y sont pas présents ! Le paradoxe, c'est de tenter une comparaison de l'avenir de l'un sur l'absence de l'autre.

 

L'année dernière, la salon du livre de Paris consacrait tout un volet au livre à l'ère du numérique sous le thème «Lectures de dem@in», un nouveau secteur occupant «500 m² articulé autour d’un parcours initiatique constitué de 4 pôles, 4 étapes de découvertes numériques» : «- Les E-book et l’encre électronique - Les supports nomades (PSP, PDA, mobiles, blogs..) - Le savoir (les bibliothèques numériques, le projet Gallica, cartable électronique...) - La numérisation». Ce nouveau secteur demeure au programme pour l'édition 2009 du salon du livre de Paris [ Lire ] [ Lire ] [ Lire ] [ Vidéo ].

 

Tant et aussi longtemps que l'univers numérique du livre ne sera pas partie prenante du salon du livre de Montréal, on ne peut pas dire que sa popularité actuelle ne laisse en rien présager l'émergence du papier électronique, du livre électronique,..., à moins de percevoir la société québécoise comme étant si sclérosée que le papier électronique n'a pas d'avenir ici. Et c'est peut-être vrai !

 

Le journaliste du quotidien Le Devoir écrit : «Le journal subira probablement de grandes mutations lorsqu'il découvrira qu'il peut proposer du contenu multimédia sur du «papiel».» Mais c'est déjà fait ! C'est le cas en France avec le quotidien Les Échos et la firme Orange. Pourquoi le journaliste écrit-il au futur («découvrira») alors que c'est déjà une réalité ? Voilà le genre d'information aveugle à laquelle les Québécois ont trop souvent droit lorsqu'il est question du papier électronique voire de l'ensemble de l'univers numérique.

 

Et puis il y a cette maudite prédiction à l'effet que le papier va disparaître au profit du numérique («même si plusieurs prédisent la mort du papier journal») qui revient sans cesse dans la presse québécoise comme si elle en avait été marquée au fer rouge. Cette prédiction n'a plus lieu de nos jours. C'est une vieille prédiction faite alors que le papier électronique n'existait même pas ! On peut la classer avec les prédictions de Nostradamus. Prière de tourner la page, de se tenir à jour. Est-ce si difficile pour nos journalistes québécois ?

 

Les Québécois sont très mal informés par leurs médias au sujet du nouveau monde du livre.

 

Revenons au salon du livre «papier» de Montréal. Si vous naviguez sur le site Internet de l'événement, section «Professionnels du livre», sous-section «Journée des professionnels du livre», vous découvrirez que Bruno Rives, un français spécialiste du papier électronique, animera un atelier de 60 minutes sous le thème «Édition numérique et monde du livre : entrevoir l'avenir», une activité «destinée aux professionnels du monde du livre», autrement dit, à laquelle la population n'est pas invitée. Pourquoi ?

 

Ce sera la troisième conférence de Bruno Rives au Québec. Monsieur Rives est le fondateur de la société française TEBALDO, un observatoire avancé des tendances et usages des nouvelles technologies et spécialiste des nouveaux médias et de l'encre électronique, au Québec, toutes réservées à des professionnels. Sa première en sol québécois fut donnée aux membres de l'Association nationale du livre et la deuxième aux professionnels de la publicité et du marketing dans le cadre d'une Journée Infopresse. J'ai assisté à cette dernière et j'ai parlé à monsieur Rives à la fin de sa conférence. Il m'a personnellement confessé qu'il n'était pas très livres numériques et livres électroniques et que c'était davantage l'affaire de Lorenzo Soccavo, un autre français, celui-là propectiviste de l'édition et auteur de «Gutenberg 2.0 le futur du livre».

 

La différence entre les deux professionnels est très simple : Bruno Rives s'intéresse aux applications de l'encre électronique, ce qui comprend le livre électronique (l'appareil portable de lecture) tandis qui Lorenzo Soccavo se concentre dans «l'accompagnement des maisons d'édition, des directions de publications et des directions de la communication des grandes entreprises et des start-up dans leurs stratégies prospectives de développement... Veille stratégique... Scénarios d'usages... Marketing anticipation...». Les deux hommes sont compétents dans leur domaine respectif. Il va s'en dire que le second est beaucoup plus proche du monde du livre que le premier.

 

Autre activité du salon du livre de Montréal à laquelle n'est pas conviée la population : une table ronde sous le thème «Les revues culturelles à l'heure du numérique». Et il ne faut pas rêver car il ne sera pas question des revues culturelles en ligne sur Internet mais uniquement de la numérisation des revues culturelles papier : «Cette rencontre porte notamment sur les tendances et les enjeux techniques de la numérisation des revues, les modes de diffusion et de commercialisation, les acteurs actuels, ainsi que les aspects juridiques de la diffusion des revues sur Internet». Il s'agit d'une tendance lourde au Québec. On parle tout d'abord et avant tout du passage de l'industrie traditionnelle du livre du papier au numérique en vue d'une diffusion sur le Web. On ne parle pas de ce qui existe uniquement sur Internet, par exemple, de l'édition en ligne.

 

Pourquoi ? Parce qu'on juge que seule l'industrie traditionnelle du livre peut offrir un contenu de qualité ! On croit qu'un livre publié sur Internet n'est pas un livre de qualité s'il n'est pas passé entre les mains d'un éditeur traditionnel. Sur Internet, dit-on en coulisse, n'importe qui publie n'importe quoi. En fait, c'est une tactique de l'industrie traditionnelle du livre pour s'approprier toute aide gouvernementale destinée à la diffusion sur Internet. Les éditeurs traditionnels ne veulent absolument pas partager leur monopole de l'édition subventionnée. Et leur meilleur moyen est de convaincre les gouvernements qu'ils sont les seuls à pouvoir assurer une édition de qualité. Et ils y sont parvenus sans trop de peine et de misère compte tenu de l'ignorance des fonctionnaires québécois dans le domaine de l'édition en ligne sur Internet [ Lire ] et du manque de courage des politiciens [ Lire ].

 

Il en faut du courage pour modifier la «Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre» afin qu'elle reconnaisse les éditeurs en ligne sur Internet comme de vrais éditeurs [ Lire ] face au monopole des éditeurs agréés.

 

Et du courage, il en faut aussi pour écrire lorsqu'on sait qu'on a moins de 10% des chances d'être publié. Le salon du livre «papier» de Montréal nous offre moins de 10% des écrits de nos écrivains professionnels, de nos auteurs et de nous nouveaux auteurs. Moins de 10% qui seront pilonnés d'ici quelques mois à quelques exceptions près. L'édition en ligne sur Internet réduit voire élimine le pilonnage et offre à tous une chance d'être publiés, sous forme numérique et/ou sous forme papier grâce à l'impression à la demande.

 

L'édition en ligne sur Internet, c'est la démocratisation de l'accès à l'édition pour les auteurs et le libre choix pour les lecteurs. Malheureusement, le salon du livre de Montréal demeure tout de papier et traditionnel, antique et vieux jeu, bref, loin de la nouvelle réalité du livre. Il y a quelques années la Fondation littéraire Fleur de Lys a demandé au salon du livre de Montréal d'être accepté comme éditeur exposant mais elle a essuyé un refus parce que la direction du salon ne reconnaissait pas les éditeurs en ligne comme de vrais éditeurs. Ce fut une véritable insulte pour nos auteurs.

 

 

DERNIÈRE HEURE - 16 novembre 2008

 

Grâce à la Librairie Monet et le Consulat général de France à Montréal le 31e Salon du livre de Montréal ne sera pas tout à fait uniquement de «papier»

 


Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

 

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