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Article mis en ligne le 16 novembre 2008

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Fausse perception de la nouvelle réalité du livre au Québec

 

 

Il est 13h.01. Je viens d'ajouter onze articles traitant du livre électronique dans notre revue de presse. Aucun ne provient du Québec. Et c'est malheureusement la norme. Plus on lit ce qui se passe ailleurs dans le monde au sujet de l'Internet littéraire, plus on se rend compte du sous-développement du Québec. Je l'observais déjà il y a cinq ans et c'est encore le cas aujourd'hui. Car plus le temps passe, plus la situation québécoise se complexifie sous le poids de l'ignorance et de nombreux préjugés face à l'Internet.

 

Le but ultime de l'alliance entre l'Internet et la littérature est de démocratiser l'accès à l'édition, étant donné que les éditeurs traditionnels refusent plus de 90 % des manuscrits soumis à leur attention. On croit à tort que ces refus sont pleinement justifiés, c'est-à-dire que les oeuvres rejetées par les éditeurs ne sont pas suffisamment de qualité et/ou intéressantes pour être publiées. Les éditeurs se laissent percevoir comme étant les seuls capables de juger une oeuvre à savoir si elle doit ou non se retrouver sur les tablettes de nos librairies. On dira même qu'un auteur est réellement un auteur que si son livre se retrouve en librairie. Ce monopole éditorial des éditeurs traditionnels est cautionné par les gouvernements du Québec et du Canada. Seuls les éditeurs traditionnels peuvent recevoir une telle aide. Autrement dit, nos gouvernements sont du même avis que nos éditeurs : moins de 10 % des oeuvres de nos auteurs méritent notre attention. L'auteur se doit d'améliorer son écriture s'il veut un jour voir l'une de ses oeuvres être reconnue par un éditeur et le public, laisse-t-on croire ici et là dans le milieu littéraire. L'oeuvre refusée par un éditeur traditionnel n'est pas nécessairement de mauvaise qualité.

 

Il faut savoir que les critères de sélection des éditeurs traditionnels relèvent souvent d'impératifs commerciaux plutôt que littéraire. L'éditeur cherche l'oeuvre dont le potentiel commercial est le plus élevé dans son domaine.

 

Avant l'arrivée de l'Internet, l'auteur qui ne parvenait pas à intéresser un éditeur à son oeuvre avait le choix entre deux alternatives possibles : 1. l'autoédition où il assume lui-même tous les frais d'édition, d'impression, de distribution et de ventes de son oeuvre ainsi devenue un livre; 2. l'édition à compte d'auteur où il confie l'édition de son oeuvre à un éditeur spécialisé dans le domaine. Dans les deux cas, l'auteur paye de sa poche pour éditer ou faire éditer son livre. Cette pratique viole un sacro-saint principe au sein du milieu littéraire : l'auteur ne doit jamais payer pour l'édition de son livre. Autrement dit, l'auteur édité à compte d'auteur n'a pas le même prestige qu'un auteur publié par un éditeur traditionnel. Souvent même, on lève le nez sur les auteurs édités à compte d'auteur dans le milieu littéraire. On reproche alors à l'auteur de se payer une édition de son livre pour contourner les critères de sélection des éditeurs traditionnels, les seuls à être capables de juger de la qualité d'une oeuvre, comme nous l'avons souligné. Les éditeurs à compte d'auteur ne sont pas admis dans l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) du Québec.

 

Le milieu littéraire (traditionnel) donne généralement mauvaise réputation à l'édition à compte d'auteur. Il faut souligner que le milieu de l'édition à compte d'auteur n'est pas sans tache. Certains exploitent le rêve et la naïveté de l'auteur. Ainsi, les prix d'une édition à compte d'auteur au Québec varient en 1,500 $ et 15,000 $. Contrairement à la France, il n'existe aucune réglementation gouvernementale dans le secteur de l'édition à compte d'auteur. Parfois, l'éditeur à compte d'auteur est en fait un imprimeur déguisé en éditeur. Et à ce titre, l'éditeur fait d'abord et avant tout son argent avec l'impression du livre. Plus le nombre d'exemplaires commandés par l'auteur est élevé, plus l'éditeur à compteur d'auteur (imprimeur) augmente son profit. Malheureusement, on observe trop souvent des commandes démesurées de la part des auteurs qui restent ainsi aux prises avec des boîtes et des boîtes d'exemplaires invendus de son livre. L'auteur a vu trop grand et l'éditeur à compte d'auteur ne l'a pas ramené sur terre ou n'a pas pris les moyens nécessaires pour aider l'auteur à voir juste. L'information en libre circulation au sujet du monde du livre est très rare.

 

L'auteur prêt à payer pour être édité demeure aussi une cible de choix de certains éditeurs traditionnels. On dira à l'auteur d’être prêt à l'éditer s'il s'engage à acheter les 500 voire les 1,000 premiers exemplaires. L'entente demeurera secrète et l'auteur jouira ainsi de la réputation de l'éditeur traditionnel. D'autres éditeurs traditionnels sont prêts à prêter leur nom pour un montant forfaitaire qui peut atteindre 15,000 $. Ces éditeurs traditionnels qui flirtent en cachette avec l'édition à compte d'auteur peuvent recevoir des subventions de l'État pour la publication de ces livres payés en douce par l'auteur alors que l'éditeur à compte d'auteur n'est pas admissible à cette aide gouvernementale. Notez que je dis « peuvent recevoir » parce qu'il y a absence de preuve.

 

L'auteur autoédité a un peu moins mauvaise réputation que l'auteur édité à compte d'auteur. En fait, l'auteur autoédité peut devenir membre de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (Uneq) alors que l'auteur édité à compte d'auteur ne le peut pas. Cette réglementation de l'Uneq me laisse perplexe parce que, personnellement, je ne vois pas en quoi un auteur qui fait appel à des professionnels de l'édition à compte d'auteur est différent de celui qui s'autoédite.

 

Puis arrive l'Internet. Plusieurs nouveaux choix s'offrent alors à l'auteur en mal d'un éditeur. La qualité première des options d'édition sur Internet c'est d'être très économiques. En effet, réaliser un livre sous format numérique ne coûte que 10 % du prix de production d'un livre papier. Au début de l'édition en ligne, les livres n'étaient disponibles que sous le format numérique, généralement un PDF (Portable Document Format).

 

À la fin des années 90, l'impression à la demande, c'est-à-dire, l'impression d'un seul exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur, a propulsé l'édition en ligne à l'avant-plan. L'éditeur en ligne n'était plus confiné au format numérique grâce à l'impression à la demande. Il accédait ainsi au domaine du livre papier, mais toujours à un coût moindre que l'éditeur traditionnel. Avec l'impression d'un seul exemplaire papier à la fois, chaque exemplaire imprimé est un exemplaire vendu d'avance. Autrement dit, l'éditeur en ligne commande un exemplaire papier à son imprimeur qu'après la commande d'un auteur. Il évitait ainsi les frais liés à l'obligation d'effectuer le plus gros tirage possible pour obtenir de meilleurs prix à l'exemplaire et les coûts d'entreposage.

 

Quant à la distribution, l'éditeur en ligne a vite compris qu'il valait mieux se doter d'une librairie virtuelle sur Internet, c'est-à-dire, un site de commerce en ligne, que de se lancer dans la distribution traditionnelle en librairie. En vendant lui-même les livres à son catalogue dans sa propre librairie virtuelle, l'éditeur en ligne n'avait pas à payer la commission de 40 % du prix de vente du livre aux libraires traditionnelles.

 

Avec une distribution limitée à l'Internet, l'éditeur en ligne ne pourra pas réaliser le rêve de l'auteur de voir un jour son livre dans les vitrines des librairies avec pignon sur rue. En revanche, l'éditeur en ligne peut garder en ligne un titre autant de temps qu'il le souhaite selon l'accord signé avec l'auteur. En librairie traditionnelle, la durée de vie d'un livre dépasse rarement trois mois s'il ne connaît pas le succès de vente espéré. Au terme de ces trois mois, les exemplaires invendus sont retournés à l'éditeur qui procède alors au pilonnage de ces derniers. L'éditeur en ligne n'a pas d'invendu grâce à l'impression à la demande. Et même si le coût à l'exemplaire est plus élevé avec ce type d'impression, les économies qu'il réalise avec la distribution et la vente limitées à l'Internet viennent équilibrer son budget.

 

Au Québec, il existe des ententes entre les éditeurs et les libraires traditionnelles afin de prolonger la durée de vie du livre en tablette. Dans certains cas, on parle d'une période de douze mois plutôt que de trois mois. Mais on a beau garder le livre en tablette plus longtemps, si on ne fait pas de publicité, le livre risque de connaître le même sort. Or, très peu d'éditeurs ont réellement les moyens financiers de publiciser leurs livres pour profiter pleinement de la durée de vie de leur production en tablette. La situation diffère grandement dans le secteur de l'édition en ligne parce que l'exposition est quasi illimitée dans le temps et fort peu dispendieuse. Et sur Internet, plus vous durez, plus vous avez de chance de réussir. Sur Internet, le coût de la publicité quasiment nul grâce aux relais hypertextes d'un site à l'autre, d'un blogue à l'autre, d'un média citoyen à l'autre, d'un forum à l'autre... Et plus il y a d'internautes qui parlent de votre livre et publient des liens vers ce dernier, plus vous sortez parmi les premiers résultats des moteurs de recherche, plus vous avez de chance de ventes.

 

Le livre est entré sur Internet comme un torrent d'eau se glisse avec vigueur dans un nouveau canal d'irrigation. En quelques années seulement, le livre est devenu le produit culturel le plus vendu sur Internet. Et aujourd'hui, la librairie qui vend le plus de livres en Canada est une librairie sur Internet, Amazon.

 

En parallèle à ce monde du livre sur l'Internet commercial, une autre approche de la distribution s'est vite développée, celle de la gratuité. En fait, il faut parler d'une « culture de la gratuité », imposée par les internautes eux-mêmes qui, après le paiement des frais de connexion et d'abonnement au réseau, refusent de payer pour accéder aux sites Internet et à leurs contenus.

 

Plusieurs auteurs ont saisi la balle au bond en offrant gratuitement leurs oeuvres sur Internet, sous la forme de fichiers numériques. D'autres auteurs ont décidé de donner libre accès à leurs oeuvres en les publiant sur leurs propres sites Internet personnels. Le succès de cette offre de livres gratuits a dépassé toutes les attentes. Les auteurs intéressés par la libre circulation de leurs oeuvres sur Internet sont principalement motivés par la quête du plus grand nombre de lecteurs possible, ce que le processus de vente habituel ne saurait pas leur assurer avec autant de succès. La reconnaissance de l'auteur par les internautes est quasi instantanée du seul fait qu'il épouse cette culture de la gratuité.

 

Et ne vous y trompez pas, on retrouve dans ce monde du livre numérique gratuit autant des nouveaux auteurs, des auteurs que des écrivains professionnels. Un auteur ne décide pas d'offrir gratuitement son livre en version numérique sur Internet parce qu'il frappe sans succès aux portes de l'édition traditionnelle. En fait, de plus en plus d'auteurs ne sollicitent tout simplement plus les éditeurs traditionnels et passent directement à l'édition en ligne. D'autres auteurs publient sur les deux fronts, l'édition traditionnelle et l'édition en ligne, choisissant l'une ou l'autre selon les caractéristiques de leurs oeuvres.

 

Les porte-voix du constat à l'effet que l'on trouve de tout et n'importe quoi dans le monde du livre sur Internet m'ont toujours laissé perplexe. Toute oeuvre mérite d'être publiée du seul fait que l'auteur l'ait terminée. Même si la qualité de l'écriture sur Internet varie d'excellente à médiocre, ce n'est pas une raison pour dévaloriser l'auteur et son oeuvre. Car la véritable valeur d'une oeuvre repose avant tout sur la valeur même de l'effort demandé par l'exercice de l'écriture. J'en tiens pour preuve le préjugé défavorable face à l'auteur sous-entendu dans le jugement du résultat de ses efforts. Ainsi dévalorisé par le manque de qualité de son oeuvre l'auteur perd le goût d'écrire et se tait. Or, je suis d'avis qu'il faut d'abord encourager l'écriture amateur pour voir surgir l'écriture dite professionnelle. Plus encore, je suis d'avis qu'aujourd'hui l'écriture amateur a une valeur patrimoniale aussi sinon plus importante que l'écriture professionnelle, cette dernière étant devenue officielle, porteuse des critères de sélections commerciaux des éditeurs traditionnels, au même titre que la photographie officielle ne témoigne pas équitablement de la réalité. « De tout et n'importe quoi dans le monde du livre sur Internet », certes, mais vrais, du fond du coeur et uniques, partie prenante de la réalité.

 

Dénoncer celui qui écrit mal m'a toujours paru déplacé, car l'écriture n'a pas l'obligation d'être littérature. Si j'encourage l'écriture sans faute selon mes moyens je ne rejette pas une oeuvre à la première, la deuxième... faute. Les fautes dans un texte me renseignent sur les moyens dont dispose l'auteur et ne m'inspirent aucun préjugé. Le respect de l'exercice de l'écriture s'impose toujours par-dessous tout autre critère. Aujourd'hui, à qui peut-on demander d'écrire sans faute?

 

C'est ici qu'intervient le libre choix des lecteurs issu de l'Internet, par opposition aux choix imposés par les éditeurs dans le monde traditionnel du livre. Et au Québec, tout porte à croire que les éditeurs traditionnels veulent que notre Internet littéraire soit uniquement une vitrine de leurs choix. Pour eux, tout comme pour les gouvernements et les médias, il n'y a point de salut en dehors de l'édition traditionnelle, même sur Internet. Au Québec, on ne parle de l'Internet littéraire, de l'édition en ligne, du livre numérique, du livre électronique, d'impression à la demande, de diversité éditoriale et culturelle, de la nouvelle économie du livre et encore moins de démocratisation d'accès à l'édition si ce n'est que pour rapporter le point de vue de l'industrie traditionnelle du livre.

 

Que pensez-vous du titre de cet article du journaliste Pierre Cayouette qui se fait le porte-parole de directeur général de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), Pierre Le François, et paru dans l'édition du 15 novembre 2008 du quotidien Le Journal de Montréal : «Internet ne tuera pas l’imprimé». L'Internet n'a jamais eu l'intention de tuer l'imprimé ! Que l'imbécile qui a attribué à l'Internet une telle intention se lève et se justifie. Les faits démontrent le contraire. L'édition en ligne a pris réellement son envol avec l'arrivée de l'impression à la demande, c'est-à-dire du PAPIER! En France, certains libraires notent une augmentation de la demande pour les livres papier grâce à l'offre numérique, le lecteur voulant conserver un objet concret de la lecture de la version numérique qu'il a trouvée sur Internet.

 

Parlant du livre électronique, Pierre Bourdon, éditeur aux Éditions de L’Homme affirme que « tant que l’appareil idéal n’est pas sur le marché, le livre n’est pas menacé ». Comment un journaliste peut-il rapporter ces propos sans contrepartie, sans se référer à la vente de milliers de livres électroniques à travers le monde? Où est passé le sens critique de ce journaliste? Une chose est certaine, ce n'est pas très encourageant pour ceux et celles qui attendent la vente du livre électronique de Sony au Québec. Le message de cet éditeur à Sony est un peu plus clair : votre livre électronique n'est pas à la hauteur. Rappelons que le livre électronique de Sony est disponible partout en Canada sauf au Québec. Et ce n'est pas une question de disponibilité de l'interface de l'appareil en français, elle est déjà traduite puisqu'il est disponible en France. Avec une telle attitude d'un des plus importants éditeurs québécois, il ne serait pas surprenant d'apprendre que Sony n'est pas intéressé par le marché québécois. Comment se fait-il que le journaliste n'a pas noté le fait que les Québécois n'ont aucun accès à un livre électronique alors qu'ailleurs on peut se le procurer? Peut-on savoir quel livre électronique a testé Pierre Bourdon, éditeur aux Éditions de L’Homme, pour poser son diagnostic? Je pose des questions, tout simplement, mais je suis en beau maudit! Et au diable si je me ferme une autre porte dans la junte journalistique.

 

Monsieur Cayouette poursuit le compte-rendu de son entrevue avec monsieur Bourdon en ces mots : « Selon ce dernier, la véritable menace qui plane sur le livre n’est pas le numérique ou le eBook. '' C’est plutôt l’appauvrissement culturel, le nivellement par le bas. Je m’inquiète de voir le désintéressement de certaines générations pour la culture en général et le livre en particulier. Beaucoup d’adolescents n’ouvrent jamais un livre. Leurs seules lectures se font sur le Web. Et ils n’ont pas le bagage nécessaire pour jeter un regard critique sur ce qu’ils y trouvent '', s’inquiète-t-il. » C'est tout un chance que je ne sois pas un adolescent branché parce que je protesterais haut et fort : fini les livres des Éditions de L'Homme, fini Canoë, fini Le Journal de Montréal, fini Vidéotron, fini Quebecor! Ce n'est pas en cognant sur la tête des adolescents branchés qu'on s'en fait des amis, pas plus qu'on les intéresse à ses livres. Avec l'Internet, les adolescents d'aujourd'hui lisent sans aucun doute beaucoup plus que ceux des générations passées. On ne peut pas reprocher à l'adolescent de ne pas avoir de sens critique; il commence dans la vie! Et avec la diversité de points de vue qu'on trouve sur Internet, il fort probable que les adolescents sont plus critiques que ne l'étaient les générations passées souvent enfermées dans la pensée unique de la famille voire de l'école! J'espère que monsieur Bourdon sait en quoi consiste un « buzz » marketing car si les ados branchés s'y mettent, il va découvrir tout un sens critique... à son endroit.

 

L'article de Pierre Cayouette s'inscrit dans une série de quatre textes réunis dans un dossier intitulé « L'état du livre au Québec ». Or, le journaliste ne fait état que du monde industriel du livre papier. Malheureusement et à l'instar de la plupart des journalistes québécois, monsieur Cayouette laisse entendre qu'un livre, un vrai livre, est un livre traditionnel, imprimé à grand tirage sous des presses offset, distribué et vendu en librairie. Une personne ne saurait dire qu'elle fait état du livre au Québec en passant sous silence, la diversité éditoriale, l'édition à compte d'auteur, l'autoédition, l'édition en ligne, le pilonnage, l'impression à la demande, la présence du livre et des auteurs québécois sur Internet et de l'Internet littéraire en général. L'Internet fait partie de la réalité du livre au Québec, une réalité à part du monde du livre traditionnel. Donner droit de parole uniquement au monde traditionnel du livre équivaut à de la discrimination. Plus grave encore, c'est contraire à l'éthique journalistique. Le public se trouve ici très mal informé de l'état du livre au Québec.

 

La comédienne Mireille Deyglun, présidente d'honneur du Salon du livre de Montréal, édition 2008, a déclaré au journaliste Pierre Cayouette : « C’est bien beau Internet, Facebook et toutes les nouvelles technologies. Mais rien ne vaut le livre. » (Une vie au milieu des livres, Le Journal de Montréal, 15 novembre 2008). Comme s'il n'y avait pas de livres sur Internet. Aujourd'hui, l'Internet est le meilleur moyen pour rejoindre les jeunes et la stratégie à adopter n'est pas d'opposer l'Internet au livre (papier).

 

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Pierre Bourdon, éditeur aux Éditions de L’Homme, déclare au journaliste Pierre Cayouette : « Mais si, un jour, le eBook devient aussi répandu et simple d’accès que le cellulaire ou le iPod, on devra s’adapter ». Au Japon, les jeunes lisent déjà des romans sur leurs téléphones cellulaires et sur leur iPod [ 1 ] [ 2 ].

 

Aujourd'hui, on trouve des formats de fichier spécialement conçus pour la lecture à l'écran d'un cellulaire et d'un iPod. Plusieurs éditeurs libraires en ligne de toutes langues offrent désormais leurs livres non plus sous le seul format PDF, mais sous la forme de toute une panoplie de formats de fichiers selon l'appareil électronique du lecteur intéressé. Attendre que le livre électronique devienne aussi populaire que le sont les téléphones cellulaires et les iPod pour s'adapter à la nouvelle réalité de la lecture, c'est laisser passer une opportunité. De toute évidence, monsieur Bourdon ne convient pas qu'on puisse lire des livres sur téléphones cellulaires et les iPod. Aucune question n'est venue à l'esprit du journaliste Pierre Cayouette au sujet de cette nouvelle réalité de la lecture du livre sur appareil portable. Dans son « État du livre au Québec », il aurait pu souligner que le retard du Québec dans le domaine du livre numérique incite bon nombre d'auteurs québécois à confier leurs oeuvres à des éditeurs en ligne étrangers de façon à profiter de tous les formats de fichiers possibles. Par exemple, on retrouvera des oeuvres québécoises sur le site de la plus grande librairie française en ligne, Numilog.

 

En résumé, l'industrie québécoise du livre perçoit encore et toujours l'Internet et les nouvelles technologies en général comme une menace qui ne fera pas disparaître le bon vieux livre papier. Cette perception repose sur une attitude tournée vers le passé plutôt que vers l'avenir. L'adaptation à la révolution numérique est faite à reculons. Pis encore, notre industrie du livre, nos médias et nos gouvernements éprouvent une grande difficulté à considérer ce qui se passe aujourd'hui même dans le nouveau monde du livre, ici et ailleurs dans le monde. Et les grands bonzes québécois de type «Boule de cristal» en sont responsables pour une grande part avec leurs prédictions et leurs opinions à la gomme.

 

 

Serge-André Guay, président fondateur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

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