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Salon du livre du
Montréal - 2008
Débat décevant au
sujet du livre
électronique
et de l'édition numérique
Hier, la Librairie Monet
en collaboration avec le Consulat général de France
à Montréal présentait au Salon du livre de Montréal
un débat sous le thème «Livre électronique et édition numérique: entrevoir l'avenir». D'entrée de jeu, il faut souligner que cette
initiative était une grande première au Salon du
livre de Montréal, organisée non pas par la
direction du salon mais par un exposant, la
Librairie Monet, à qui revient nos plus sincères
remerciements et nos félicitations les plus
distinguées. Malheureusement, les invités n'ont
pas rendu ce débat intéressant en raison de leurs
interventions trop peu pédagogique, tantôt trop
superficielles, tantôt trop intellectuelles.
L'animateur, Benoît Melançon,
professeur au Département d’études françaises de
l’Université de Montréal et directeur scientifique
des Presses de l'Université de Montréal, plutôt que
de lancer le débat vers son objectif, entrevoir
l'avenir, a demandé tout d'abord à ses invités de
lui dire «C'est quand l'avenir ?», une question
appropriée dans un débat universitaire mais déplacée
dans un contexte grand public comme celui du salon
du livre. Il n'en fallait pas plus pour que, dans
cette atmosphère universitaire, ce débat sur
l'avenir nous ramène au lointain passé du livre,
jusqu'au codex en passant par l'industrie de la
plume et les débats antérieurs
sur l'avenir du livre, pour finalement conclure que
l'avenir est imprévisible. Une seule précision fut
donnée, parfois l'avenir vient rapidement, parfois
il vient lentement. Bref, le sort de l'objectif
premier de ce débat, entrevoir l'avenir, fut scellé
dès le départ.
Les invités ont confondu «entrevoir l'avenir» avec «prédire
l'avenir» et de là, voulant éviter toute prédiction,
ils se sont lancés dans l'énumération d'une série
d'observations décousues au sujet du nouveau monde
du livre mentionnant au passage la lecture de livre
sur téléphone cellulaire ou sur le iPhone d'Apple.
Un petit désaccord a eu
lieu au sujet de la littérature scientifique et les
autres genres littéraires, plus particulièrement, le
roman. Jean-Claude Guédon, professeur titulaire au
département de littérature comparée de l'UdeM, a
souligné que la littérature scientifique profiterait
pleinement de l'édition numérique en raison des
mises à jour fréquentes dont elle doit faire
l'objet, contrairement, par exemple, au roman qui,
une fois publié, devient une oeuvre sur laquelle on
ne revient pas, une oeuvre fermée. La réplique est
venue de François Bon qui a souligné que l'on
pouvait profiter d'une mise à jour de son oeuvre à
chaque nouvelle édition, traditionnelle ou numérique
et, dans le cas de cette dernière, le lecteur
recevrait la mise à jour de l'oeuvre. Finalement, le
professeur Guédon a affirmé que l'on devrait plutôt
parler de l'avenir «des livres» plutôt que de
l'avenir «du livre», voire de l'avenir des genres
littéraires.
Au terme des cinquante
minutes du débat, l'animateur a invité le public à
poser des questions. Une seule personne a eu la
chance de poser la sienne. Elle questionnait les
invités au sujet du livre papier en comparaison avec
le livre électronique à savoir que tant et aussi
longtemps que ce dernier ne fournirait pas un
confort de lecture équivalent au livre papier... Un
invité lui a répondu et visiblement insatisfait de
la réponse, la personne a voulu ajouter... Le débat
fut fermé de façon cavalière, sans que l'autre
personne désireuse de poser sa question soit prise
en compte. L'animateur aurait du réserver au moins
le tiers du temps au public, question de lui
permettre d'intervenir dans le débat au lieu de
simplement être à l'écoute des invités, comme s'il
se trouvait devant son téléviseur.
P.S.: L'un des invités de marque, monsieur Hervé
Fisher ne s'est pas présenté au débat. Voir notre «Le lettre
ouverte à Hervé Fisher - Influence négative sur
l'avenir du livre au Québec».
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
Voir :
Présentation du débat et des invités
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