Accueil

Librairie

Édition

Formation

Webzine

Nous

Contact

Recherche

Le magazine en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys – Laval, Québec.

 

Accueil

Actualités

À lire sur Internet

À ne pas manquer

Dossiers

Chaîne YouTube

RSS

 

 

 

Article mis en ligne le 30 décembre 2008

[ Retour à la page d'accueil du magazine ]

 

 

Bilan de l'année 2008

de la Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Partie 1 de 2

Bilan du président, Serge-André Guay

 

 

Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

contact@manuscritdepot.com

'année 2008 m'inspire une seule conclusion: la démocratisation de l'accès à l'édition résultant de l'édition en ligne sur Internet et de l'impression à la demande est avant tout l'affaire du peuple, un auteur à la fois. J'ai longtemps cru que le développement de ce nouveau type d'édition et l'implantation de l'impression à la demande au Québec passaient par une étroite collaboration avec les gouvernements, la chaîne traditionnelle du livre, les milieux universitaires et les médias. Mais je me suis trompé. En fait, j'étais dans l'erreur depuis le lancement officiel de la Fondation littéraire Fleur de Lys en juin 2003.

 

Je pensais alors que le milieu littéraire québécois accueillerait avec enthousiasme l'idée de mettre sur pied le premier éditeur libraire québécois en ligne sur Internet avec impression à la demande. Ce n'est qu'en novembre dernier que j'ai compris que je me trompais sur toute la ligne, et ce, à la lumière de deux débats publics, le premier dans le cadre du Salon du livre de Montréal sous le thème «Livre électronique et édition numérique: entrevoir l'avenir», et le second dans le cadre d'un Bar Littéra-culture organisé par le Consulat général de France à Montréal sous le thème «Un livre numérique est-il toujours un livre?» Aucun des intervenants invités au premier débat n'a abordé la question de la démocratisation de l'accès à l'édition. Il en fut de même lors du deuxième débat à une exception près, moi. Cependant, je dois reconnaître que je n'ai pas eu le succès espéré car le sujet est tombé à l'eau comme une pierre. Il faut dire aussi que je ne suis pas revenu à la charge préférant demeurer muet comme une taupe après mon intervention d'ouverture. Qui plus est, j'étais tellement mal à l'aise que j'ai amputé ma seule et unique intervention des deux tiers. C'est peut-être parce que j'ai anticipé inconsciemment ce malaise que je m'étais donné la peine de mettre sur papier mon intervention, de l'imprimer et de la distribuer à tous les participants.

 

Pourtant, on me reconnaît aisément à mon esprit combatif comme en témoigne l'histoire de la fondation. Que s'est-il donc passé ce soir-là? Je me retrouvais sur un panel d'invités faisant partie de l'élite littéraire et universitaire alors que je suis un gars de la base, un gars du peuple. Nous ne partagions pas les mêmes préoccupations et les mêmes visions. Le débat m'a propulsé six ans en arrière, au moment où je formulais un projet personnel d'édition en ligne pour pallier à ma quête infructueuse d'un éditeur traditionnel. En effet, en 2002, je voulais me lancer sur Internet pour y publier mes oeuvres et je passais alors plusieurs heures par jour à étudier l'édition en ligne et l'impression à la demande. J'ai vite constaté que je n'étais pas le seul dans ma situation puisque les éditeurs traditionnels refusent plus de 90 % des manuscrits soumis à leur attention. J'ai décidé de faire de mon projet personnel un projet collectif, d'autant plus qu'on ne trouvait aucun éditeur libraire en ligne sur Internet au Québec. Autrement dit, c'est par sympathie avec des gens comme moi, loin de prétendre être des auteurs aguerris, mais convaincus de l'utilité de leurs oeuvres, que la Fondation littéraire Fleur de Lys est née. Bref, pour le peuple par le peuple, comme on dit.

 

Au fil des mois et des années, j'ai perdu de vue cette réalité fondatrice de notre maison d'édition en ligne en cherchant la reconnaissance du milieu littéraire, de l'industrie du livre, et des gouvernements. Aujourd'hui, je sais que j'avais la tête dans les nuages. Vouloir qu'une maison d'édition soit reconnue et respectée en haut lieu parce qu'elle publie des gens du peuple est une quête perdue d'avance. On ne mélange pas l'élite et le bon peuple.

 

Et gare à ceux et celles dont les oeuvres sont publiées uniquement en ligne sur Internet car les préjugés pleuvent à leur endroit [ Voir ]. Au Québec, l'Internet est perçu par le monde littéraire comme un refuge bas de gamme pour itinérants (SDF: sans domicile fixe): « (...) et que seul Internet acceptait désormais de publier » écrit l'auteur québécois Pierre Samson dans un livre encensé par la critique. Parce qu'on trouve sur Internet le meilleur et le pire, le milieu littéraire québécois nivelle par le bas. On jette le bébé avec l'eau du bain, une pratique courante au Québec depuis la Révolution tranquille des années 60. Et peu importe que le « bébé » soit le bon peuple, la pratique fait désormais partie de moeurs d'ici.

 

Il y a au Québec toute une armada littéraire qui calcule au compte-gouttes qui aura droit ou non à sa chance. L'idée que tout doit être géré s'est emparée de la chance de chacun. Dans le milieu littéraire, on juge que moins de 10 % des oeuvres méritent une chance d'être lues. Il en est ainsi dans la plupart des pays où le livre est devenu une industrie. Ce qu'il y a de particulier au Québec, c'est que l'édition en ligne et l'impression à la demande furent rejetées d'emblée par les gouvernements et le milieu littéraire comme une alternative raisonnable pour les auteurs rejetés par l'industrie du livre.

 

C'est dans ce contexte que je conclue avoir perdu mon temps et mes énergies en cherchant la reconnaissance de notre initiative en haut lieu. L'année 2008 m'aura donc été profitable parce qu'elle m'a permis de revenir à la réalité à l'origine de la Fondation littéraire Fleur de Lys, un projet pour le peuple par le peuple. Voilà pourquoi j'entends réserver un part de mes énergies en 2009 à l'animation de quelques conférences destinées à la population. L'une de ces conférences se tiendra sous le thème «Découvrir le monde du livre sur Internet» le 23 avril 2009, une initiative de la Bibliothèque municipale de Lévis dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur.

 


Voir aussi : Partie 2 de 2

 


Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

Partager cet article avec vos contacts sur Facebook

 

 Partager sur Facebook

 

 

Commenter cet article

 

contact@manuscritdepot.com

 

 

Article mis en ligne le 30 décembre 2008

[ Retour à la page d'accueil du magazine ]

 

PUBLICITÉ

-

 

-

 

 

Fondation littéraire Fleur de Lys, 31, rue St-Joseph, Lévis, Québec, Canada. G6V 1A8 Tél.: 581-988-7146
 

Le présent site est géré par la Fondation littéraire Fleur de Lys inc.
La Fondation littéraire Fleur de Lys décline toute responsabilité quant au contenu des autres sites auxquels elle pourrait se référer.