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Article mis en ligne le 12 janvier 2009

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Échec prévisible de « L'entrepôt numérique »

des éditeurs traditionnels québécois

 

 

Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

contact@manuscritdepot.com

L'Association nationale des éditeurs de livres [ANEL] lancera sous peu un site Internet dédié à la promotion et la vente d'exemplaires numériques de livres tirés des catalogues d'éditeurs québécois, jusque-là confinés au seul support papier. Le projet est baptisé « L'entrepôt numérique », d'où le nom de domaine retenu :

 

entrepotnumerique.com

 

Ce nom de domaine a été retenu le 8 septembre dernier et expirera le 8 septembre 2009. Habituellement, on réserve son nom de domaine pour une période de cinq ans, tout au moins pour deux ans.

 

Une réservation d'une seule année peut signifier que les promoteurs de l'Entrepôt numérique s'inquiètent du succès de leur projet où qu'ils ne sont pas conseillés adéquatement. Voici les détails de la location du nom de domaine « entrepotnumerique.com » auprès de la firme américaine GoDaddy.com :

 


Source

 

 

Ces données nous indiquent que la location du nom de domaine entrepotnumerique.com a été confiée à Sebastien Rosa, un développeur indépendant offrant des services de programmation web et de conception graphique, situé dans la ville de Québec, qui opère sous nom Alchimik.

 

Les entreprises sérieuses paient aussi la location de leur nom de domaine sous différentes extensions en plus de celle retenue (entrepotnumerique.com). L'objectif est d'empêcher toute personne de se doter d'un nom de domaine semblable associé à des erreurs de frappes de l'internaute lors de l'inscription du nom de domaine dans son navigateur de recherche. Dans ce cas précis, les promoteurs de l'Entrepôt numérique n'ont pas cru bon louer les autres extensions de leur nom de domaine, ces dernières sont donc toujours disponibles :

 

entrepotnumerique.net
entrepotnumerique.org
entrepotnumerique.info
entrepotnumerique.biz
entrepotnumerique.ca

 

Certains internautes ont la mauvaise habitude d'ajouter des traits d'union entre les mots d'un nom de domaine. Or, les promoteurs n'ont pas cru bon enregistrer « entrepot-numerique », avec un trait d'union. Les noms de domaine suivant sont donc également disponibles :

 

entrepot-numerique.com
entrepot-numerique.net
entrepot-numerique.org
entrepot-numerique.ca

 

 

La promotion de l'entrepôt numérique met en partie l'accent sur le fait qu'il s'agit d'éditeur et d'auteurs du Québec. Or, aucun nom de domaine avec le mot « quebec » n’a été enregistré. Les deux noms de domaine suivants sont donc disponibles :

 

entrepotnumeriquequebec.com

entrepotnumeriqueduquebec.com

 

 

Le coût de la location d'un nom de domaine se chiffre en général entre 5,00 $ et 10.00 $. Il est nécessaire de louer plusieurs des noms de domaines semblables à l'original pour ne pas ouvrir la porte à d'autres sites Internet similaires qui profiteraient de la publicité du site original et des erreurs de frappe des internautes. C'est donc à la fois une question de sécurité et de marketing. Ce défaut de location des noms de domaines des autres extensions et des noms de domaines similaires soulève un premier doute sur le succès de l'entrepôt numérique des éditeurs québécois.

 

Une fois le nom de domaine loué, on a l'adresse Internet ou l'URL du site. Dans le cas de l'Entrepôt numérique, l'adresse sera la suivante :

 

http://www.entrepotnumerique.com/

 

Pour l'instant, cette adresse nous dirige sur une page « Ouvrir une session » sans aucune identification à l'Entrepôt numérique.

 

On trouve aussi une page similaire sous le nom « Librairie virtuelle » avec l'identification de l'Association nationale des éditeurs de livres : http://librairevirtuel.com/admin/login. Le nom de domaine «librairevirtuel.com» a été loué pour une seule année par Prosemedia auprès de GoDaddy.com.

 

Le site http://www.entrepotnumerique.com/ comprend sa propre interface de lecture des livres numériques proposée par l'entreprise Prosemedia, imitant une publication papier. Voici un exemple :

 

http://www.entrepotnumerique.com/p/1337?mid=2&l=fr

 

 

Contrairement au fichier PDF, le logiciel de lecture Prosemedia n'offre pas aux lecteurs la possibilité de rechercher des mots-clés dans le texte, de surligner des passages et d'annoter le texte. En fait, c'est là tout le problème de ces logiciels de lecture cherchant avant tout à imiter le papier plutôt qu'à exploiter les avantages de la publication purement numérique. Ces logiciels de lecture nous retiennent dans le passé plutôt que de nous plonger dans l'avenir. L'absence des options les plus connues et les utilisées habituellement par les internautes dans les livres numériques lève un second doute sur le succès de l'Entrepôt numérique.

 

Aussi, il s'agit d'un lecteur Flash, une technologie d'animation dont le contenu (texte) demeure difficile à indexer par les moteurs de recherche (Google, Yahoo,..). Le problème ne provient pas du fichier Flash lui-même, mais plutôt de son contenu textuel : « Il faut également rappeler que le Flash ne pose pas, depuis un certain temps, de problèmes d'indexation (au sens strict) insolubles aux moteurs de recherche. Essayez des requêtes sur Google avec la syntaxe "filetype:swf" (exemple : internet filetype:swf) et vous verrez que ce type de fichier est, depuis de nombreux mois, indexé par ce moteur. La réelle problématique avec le Flash est plus dans son optimisation pour le voir apparaître en bonne position dans les pages de résultats. Comment Google va-t’il faire pour "comprendre" le contenu, adapter ses critères de "ranking" et juger de la pertinence d'un tel fichier, sachant que la structure d'une animation Flash n'a pas grand-chose à voir avec celle d'une page HTML ou d'un document PDF... Comment comparer la pertinence respective de ces différents contenus? Voici une problématique intéressante et sur laquelle on n'a encore aujourd'hui que très peu d'infos... » (Source : Abondance, le blog..., 7 juillet 2008).

 

Les éditeurs québécois rencontrent déjà beaucoup de problèmes avec l'indexation de leurs titres et de leurs auteurs. La vente de livres numériques en format d'animation Flash n'améliorera certainement pas la situation. Il faudra que la page Internet de présentation de chaque livre, en format HTML ou XML, soit très bien référencée pour être indexée correctement par les moteurs de recherche. Actuellement, ce n'est pas le cas sur la plupart des sites Internet des éditeurs (voir notre étude : L'Internet littéraire québécois, une vraie honte!). Et peut-on douter qu'il en sera autrement si la conception du site de l'Entrepôt numérique est confiée à Prosemedia ou Alchimik car on ne trouve sur la page d'accueil de leur site respectif aucun mot-clé. Il n'y a pas non plus de mots-clés sur les pages du site Internet dédiées à la vente de livres numériques chez Les éditions du Septentrion. L'une des conséquences de cette absence de mot-clé s'illustre par le fait que la page du site Internet Les éditions du Septentrion dédiée à leur auteur Lorraine Guay se retrouve aujourd'hui en cinquantième place dans les résultats de recherche de Google. Nous voilà avec un troisième doute concernant le succès de l'Entrepôt numérique.

 

Un autre doute nous vient du prix de vente des exemplaires numériques. Habituellement, il doit y avoir un grand écart de prix entre l'exemplaire papier et l'exemplaire numérique. Or, si l'Entrepôt numérique des éditeurs québécois suit l'exemple de la maison Les éditions du Septentrion, on peut parier que le lecteur québécois trouvera le prix des exemplaires numériques trop élevé. Voici quelques exemples :

 

À la découverte des îles du Saint-Laurent
De Cataracoui à Anticosti
Exemplaire papier : 39,95 $
Exemplaire numérique : 29,96 $

 

L'Allemande
Exemplaire papier : 19,95 $
Exemplaire numérique : 14,96 $

 

Journal d'un Fils de la Liberté 1838-1855

Exemplaire numérique (seulement) : 37.46 $

 

Le Collecteur

Exemplaire papier : 24,95 $
Exemplaire numérique : 18,71 $

 

 

Ces prix sont beaucoup trop élevés pour des exemplaires numériques d'autant plus qu'il s'agit ici de simples fichiers PDF. Je doute fort qu'ils rejoignent les attentes des lecteurs.

 

La journaliste Julie Remy du quotidien Le Devoir rapportait en ces mots une déclaration de Pierre Le François, directeur général de l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), dans l'édition du 22 et 23 novembre 2008 : « Si certains éditeurs québécois ont accepté de travailler avec Google, M. Le François se montre plus méfiant : ''On cherche à avoir notre propre entrepôt numérique ici pour garder le contrôle sur les fichiers et sur les droits d'auteur '', dit-il. » Cette méfiance fait partie du problème et non pas de la solution. Au Québec, on a souvent la mauvaise habitude de tout reprendre à zéro sous prétexte que ce qui se fait ailleurs ne s'applique pas chez nous. Dans ce contexte, l'expérience acquise dans un domaine sur la scène internationale nous échappe souvent. M. Le François affirme que le projet d'Entrepôt numérique est motivé par la volonté de « garder le contrôle sur les fichiers et sur les droits d'auteur ». C'est bien. Mais sa méfiance laisse entrevoir un repli sur soi du monde de l'édition, un certain isolement, peu rassurant pour le succès de l'Entrepôt numérique. Dans le nouveau monde du livre, le succès repose sur une expérience ouverte, collective, internationale. Il ne suffit pas d'être sur Internet pour rencontrer le succès espéré. Il faut être indexé et référencé habillement et le milieu québécois de l'édition a prouvé depuis longtemps qu'il ne connaissait presque rien à ce travail de base, cette lutte pour être dans les premiers résultats des moteurs de recherche. Et qui sait si ce refus de travailler avec Google n'ajoute pas une difficulté de plus.

 

Dans cet article du quotidien Le Devoir, on peut lire aussi : « Pierre Le François, directeur général de l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), indique qu'une première vague de livres électroniques québécois devrait être prête au début de l'année prochaine (2009) pour les lecteurs francophones qui sont prêts à faire le grand saut. «Tant qu'on n'offre pas de contenu numérique, on ne peut pas évaluer l'offre et la demande», dit-il. Il faut donc faire le premier pas. » Pourtant, l'année dernière, l'Association nationale des éditeurs de livres a reçu une aide financière des gouvernements provincial et fédéral pour réaliser «une étude d’envergure sur l’édition numérique». Et Pierre Le François, directeur général de l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), affirmait en septembre 2007 : «Cet automne, nous serons prêts à accompagner nos membres dans leur démarche numérique».

 

Comment peut-il soutenir, d'une part, avec une étude d’envergure sur l’édition numérique en main et « être prêt à accompagner les éditeurs » et, d'autre part « tant qu'on n'offre pas de contenu numérique, on ne peut pas évaluer l'offre et la demande »? À quoi a servi cette étude si elle n'a pas permis de cerner l'offre et la demande? Faut-il envisager que le projet de cet Entrepôt numérique ne repose pas sur une solide étude de marché, bref, qu'il s'agit d'un coup de dés? Un autre doute sur le succès de l'Entrepôt numérique s'ajoute.

 

Il faut dire qu'il n’y a jamais rien de très clair pour la population dans les affaires de l'Association nationale des éditeurs de livres, et ce, même si des deniers publics y sont investis chaque année. La seule information que l'on trouve sur ce projet d'Entrepôt numérique sur le site de l'Association nationale des éditeurs de livres est dans la reproduction d'articles publiés dans les médias, rien d'original.

 

Ces doutes soulevés, je prédis l'échec de ce projet d'Entrepôt numérique de l'Association nationale des éditeurs de livres. Il faut souligner aussi que le milieu traditionnel du livre au Québec est si prévisible en matière d'Internet que cette prédiction est plutôt facile. Tant mieux si je me trompe, mais rien ne laisse présager un succès. Un échec brûlerait le marché du livre numérique québécois.

 

 

Autres textes à lire :

L'Internet littéraire québécois, une vraie honte!

L'Union des écrivaines et des écrivains québécois appauvrit l'Internet littéraire québécois dans la refonte de son site Internet

 

La Fondation littéraire Fleur de Lys demande Conseil des arts du Canada d'adopter des normes techniques pour ses subventions aux sites Internet - La réponse du Conseil des arts du Canada

De grâce ne laissez pas le portail Internet de la littérature québécoise entre les mains de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

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