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Article mis en ligne le 22 janvier 2009

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Le magazine Protégez-vous se plante

au sujet du livre électronique

 

 

Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

contact@manuscritdepot.com

e magazine québécois Protégez-vous dédié à la protection des consommateurs publie dans son édition de février 2009 un article signé par Frédéric Perron sous titre «Le livre électronique: c'est pour quand?». Ce texte vient s'ajouter à plusieurs autres démontrant une piètre maîtrise des sujets inhérents au nouveau monde du livre, y compris le livre électronique et l'avenir du livre en général, au sein de la junte journalistique québécoise.

 

Les premiers mots reprennent pour la énième fois la fameuse rengaine au sujet de la mort du papier au profit du papier et du livre électroniques: Depuis plusieurs années, on annonce la mort du papier. Ses présumés remplaçants: le livre et le papier électroniques.».

 

Ainsi, dès le départ, le journaliste Frédéric Perron oppose le bon vieux livre papier traditionnel au livre électronique. Or, ces deux types de livres ne sont pas en compétition l'un avec l'autre; ils se complètent, ne serait-ce qu'en raison de leurs clientèles cibles.

 

Contrairement à ce que laisse entendre monsieur Perron, le succès du papier électronique ne repose pas sur l'augmentation du coût du papier, de l'impression et du transport, mais plutôt sur la demande croissante d'exemplaires numériques et les nouvelles habitudes de lecture en émergence au sien de la population. Pour plusieurs lecteurs, le livre papier est devenu encombrant et trop dispendieux.

 

Il faut aussi noter que l'industrie traditionnelle du livre met en marché plus de titres que jamais, et ce, malgré l'augmentation constante du coût du papier, de l'impression et du transport depuis plusieurs années, d'où la question revenant à chaque rentrée littéraire, «Publie-t-on trop de livres?». D'ailleurs, les pays émergeants suivent le même modèle d'affaire développé par l'industrie du livre occidentale et, par conséquent, ces nouveaux marchés déboucheront, eux aussi, sur la saturation du marché du livre papier. L'arrivée du papier électronique ne viendra pas régler ce problème de saturation du marché du livre papier. Il s'agit d'une nouvelle industrie du livre, d'un nouveau monde du livre, avec ses propres impératifs et son propre marché.

 

La différence entre l'industrie du livre papier et le nouveau monde du livre numérique s'observe avant tout dans le contenu, c'est-à-dire, d'une part, les oeuvres éditées et, d'autre part, les nouvelles options données au livre par l'électronique et l'informatique.

 

L'industrie traditionnelle du livre refuse plus de 90% des oeuvres soumis par les auteurs aux éditeurs. Dans le monde du livre numérique, les éditeurs électroniques ne courent pas le même risque financier que les éditeurs traditionnels; un livre numérique coûte en moyenne 10% du coût de fabrication d'un livre papier. L'éditeur électronique peut donc se permettre d'accepter beaucoup plus d'oeuvres inédites que l'éditeur traditionnel. Et avec l'impression à la demande (un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur), l'éditeur électronique peut répondre à la demande traditionnelle d'exemplaires papier sans être obligé d'investir dans des inventaires des livres à son catalogue. Enfin, la durée de vie d'un nouveau titre en librairie dépasse rarement trois mois, après quoi les exemplaires invendus sont retournés à l'éditeur qui procède alors au pilonnage de ces derniers. La durée de vie d'un livre numérique est à toute fin pratique illimitée, pour autant que le fichier numérique est mis à jour au fil des nouvelles versions des logiciels de production. Qui plus est, la librairie en ligne sur Internet peut se permettre d'accumuler toutes les nouveautés numériques d'une année à l'autre puisqu'elle peut multiplier l'espace requis pour une fraction du prix de l'espace physique d'une librairie avec pignon sur rue. Ces précisions mettent bien en évidence l'existence d'un nouveau monde du livre loin d'être une simple réplique du monde traditionnel du livre.

 

Il faut aborder le livre électronique, le support de lecture des livres numériques, dans un contexte bien distinct de celui du monde traditionnel du livre. Dans ce cas précis, le nouveau monde du livre ne se construit pas sur les ruines de l'ancien, comme c'est le cas des connaissances scientifiques imposant généralement la destruction du déjà su. Nous sommes plutôt en présence de deux mondes du livre, l'ancien et le nouveau, et il est fort à parier qu'ils ne se rencontreront pas, à l'instar des rails d'un chemin de fer. Le livre électronique ne tire pas ses origines du monde traditionnel du livre mais de la démocratisation de l'accès à l'édition engendrée par l'avènement du numérique dont l'essor repose sur l'édition électronique en ligne sur Internet. Si les deux mondes du livre font partie de la même structure en supportant tous les deux le train de l'écriture et la lecture, le nouveau offre un contenu ignoré par l'ancien. Plus encore, de plus en plus d'auteur préfère le nouveau monde du livre à l'ancien. En effet, le nombre d'auteur refusant de soumettre leurs oeuvres aux éditeurs traditionnels au profit des éditeurs en ligne croit sans cesse et nous en sommes témoins.

 

D'ailleurs, ne dit-on pas que ce sont les éditeurs traditionnels qui accusent un retard face au nouveau monde du livre ? Que les éditeurs traditionnels tardent à s'ajuster au mode numérique ? Le nouveau monde du livre numérique et électronique n'a pas attendu les éditeurs papier traditionnels pour se maître et se développer.

 

Pour traiter adéquatement du livre électronique, il ne faut jamais passer sous silence la démocratisation de l'accès à l'édition et le libre choix des lecteurs, comme le fait le magazine Protégez-vous et le journaliste Frédéric Perron.

 

* * *

 

Le texte de Protégez-vous présente deux modèles de livres électroniques sans préciser qu'il s'agit-là d'un échantillon d'une plus vaste sélection de modèles disponibles. Les deux échantillons présentés ne sont pas disponibles au Québec. Il aurait alors été plus approprié de présenter le modèle de livre électronique disponible depuis le 11 novembre dernier auprès des librairies Archambault: le Cybook Gen3 (version de base). J'éprouve beaucoup de difficultés à m'expliquer comment un magazine de défense des consommateurs aussi réputé que Protégez-vous et un journaliste sérieux peuvent ainsi taire les précisions utiles à une compréhension adéquate du sujet traité.

 

Autre manque de précision : le nombre de titres disponibles en français sur les 40,000 titres du catalogue eBook Store de Sony. On présente le livre électronique de Sony en informant le lecteur que l'appareil sera bientôt disponible au Québec puis on donne en référence le catalogue eBook Store de Sony. Il s'agit en fait de la librairie en ligne de Sony aux États-Unis avec une interface uniquement en anglais, tout comme la très grande majorité des livres numériques offerts. Il est impératif d'en informer les consommateurs québécois, majoritairement unilingue et francophone en se donnant la peine de mentionner que lecteur pourra télécharger des livres numériques offerts ailleurs, par des sites Internet de langue française.

 

* * *

 

Le magazine Protégez-vous a raté l'occasion de bien faire son travail, c'est-à-dire donner une information complète et précise pour éviter une fausse perception du livre électronique au sein de la population. Et tout cela pour faire la publicité d'un livre sur le sujet, sans aucun regard critique pour le consommateur. C'est vrai que lorsqu'on connaît peu un sujet, on ne peut pas aider les autres à être critiques.

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

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