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13 septembre 2007

 

Livre : Islamérique - Une perception québécoise

de Michel Leclerc

 

Accommodements raisonnables

 

La publication de l'essai de Michel Leclerc, Islamérique - Une perception québécoise, s'inscrit dans le débat au sujet des accommodements raisonnables qui fait la une depuis déjà plusieurs mois.

 

Le critique littéraire du quotidien Le Soleil, Didié Fessou, en parle comme d'«un essai lucide, honnête et courageux».

 

Louis O'Neill, intellectuel engagé dans le débat politique et social depuis plus de 40 ans, notamment à titre de Ministre des Communications et de la Culture dans le premier gouvernement de René Lévesque en 1976, et de professeur à l'Université Laval, écrit : «La montée de l’Islam au Québec et ailleurs en Occident retient l’attention de l’auteur, spécialiste en sciences juridiques. Mais au lieu de se complaire en impressions vagues et en réactions émotives, Michel Leclerc cherche à aller au fond des choses sans toutefois prétendre rivaliser avec les grands experts de l’Islam. Il s’agit ici d’un essai, de lecture facile et agréable, mais néanmoins riche en substance et où les points de repère retenus aident à répondre à plusieurs interrogations : attraits et champs d’action de l’Islam, faiblesses de l‘Occident face à l’Islam, faiblesses de l’Islam, valeurs de l’Occident, risques et chances d’un dialogue entre l’Occident et l’Islam.» «Les réflexions de Michel Leclerc peuvent aider beaucoup au dialogue social et religieux qui s’amorce présentement au sein de la société québécoise alors qu’on s’interroge sur l’identité collective du peuple d’ici tout en cherchant des réponses à des demandes d’accommodements provenant d’autres courants de pensée.»

 

L'auteur Michel Leclerc, avocat de formation aujourd'hui retraité, n'est pas non plus un nouveau venu. Il a fait carrière au gouvernement du Québec, où il a occupé notamment les fonctions de Directeur de Cabinet du ministre de la Justice, de Greffier adjoint du Conseil exécutif, de Greffier en loi de l’Assemblée nationale, de Directeur de Cabinet du Président de l’Assemblée nationale, et de Directeur du Bureau des règlements au ministère de la Justice.

 

Monsieur Leclerc présente son essai en déclarant que «l’islam n’est pas une autre religion, comme le christianisme ou le judaïsme.» «Il porte en lui un système complet de valeurs, qui régit tous les aspects de la vie, y compris ceux qu’en Occident on considère comme relevant du droit, de la politique, et de la liberté personnelle. Il est donc, à cet égard, totalement différent du christianisme, du judaïsme, de l’hindouisme ou du bouddhisme. Comme religion, il règle chaque instant, chaque geste du fidèle; instauré comme régime politique, il devient la loi du citoyen.»

Plus encore, à ses yeux, «l’islam constitue le plus grand défi du monde moderne», pour différentes raisons exposées dans l'introduction de son livre (reproduction intégrale ci-dessous avec l'aimable autorisation de l'auteur et de l'éditeur).

 

 

Islamérique - Introduction

 

 « Que peuvent opposer des hommes

qui doutent à ceux dont

la croyance occupe tout l’esprit? »

 

Max Gallo, Les fanatiques, Fayard 2006, p.142

 

 

 

L’islam progresse dans le monde à une vitesse qui surprend l’Occident. Si l’on pouvait représenter cette avancée à l’aide d’une carte géographique virtuelle animée, on verrait s’étendre la couleur attribuée au monde musulman à partir des zones existantes vers les autres régions, et faire des sauts pour apparaître à des endroits où elle n’existait pas il y a vingt-cinq ans, et commencer, là aussi, à se répandre. Si l’on pouvait également intensifier la couleur pour refléter l’augmentation du nombre de musulmans dans une zone déjà colorée, la carte prendrait une teinte de plus en plus foncée. L’islam constitue le plus grand défi du monde moderne.

L’islam n’est pas une autre religion, comme le christianisme ou le judaïsme. Il est beaucoup plus que cela, et le propos de ce livre est d’expliquer en quoi. Quelles sont les raisons de son succès, et ce que cela implique pour nous, voilà ce que les pages qui suivent vont tenter de décrire.

 

L’islam a entrepris sa reconquête du monde. Cette fois-ci, le monde ne se définit plus, comme la première fois, en cercles concentriques autour de l’Arabie et de la Méditerranée. Cette fois, le monde c’est Montréal, Dresde, Birmingham, Chicago, Bandah Aceh, le Darfour, le Nigéria, Manille, Groszny. C’est aussi encore Marseille, Bagdhad, Le Caire, Amman et Jérusalem.

 

La pax islamica ne sera pas imposée par la force du sabre à la suite de victoires militaires. Les armes d’aujourd’hui sont le cellulaire, l’ordinateur, l’avion, Internet, l’argent, et le nombre. Et dans certains cas, malheureusement encore assez nombreux, le couteau, la mitraillette ou l’explosif; et peut-être un jour le nucléaire.

L’islam a pour lui de nombreux atouts, dont l’ardeur de sa foi, la simplicité de sa religion, le sens communautaire et celui de l’appartenance qu’il procure à ses croyants; de plus, il sait exploiter le terreau fertile de la frustration de tant de populations musulmanes dominées, exploitées, et victimes de nombreuses et persistantes injustices.

 

L’islam dispose aussi d’un gros atout : les faiblesses de l’Occident.

 

La question musulmane se pose sur plusieurs fronts. Il y a la présence musulmane, de plus en plus nombreuse dans le monde : selon les pays et selon la proportion qu’elle représente, la dynamique de sa rencontre avec les autres prend des formes diverses.

Il y a l’islamisme, qui représente une dimension de plus en plus importante de l’islam; il pose au monde, y compris aux musulmans, la question de l’imposition de cette religion comme loi et mode de gouvernement. Il y a la guerre d’Irak et d’Afghanistan, ainsi que la question palestinienne, qui sont autant de brasiers qui alimentent le désespoir et la fureur de ceux qui en sont les victimes, et qui contribuent à l’aggravation du clivage entre les musulmans et les non-musulmans.

 

Front intérieur, front politique, front idéologique, front militaire, ces terrains sont tous fertiles pour ceux qui souhaitent que l’islam s’étende au monde entier. Sur chacun de ces fronts l’Occident est interpellé, et il lui faut trouver l’action juste.

 

A – Les nuances qui manquent

 

Bien entendu, les mots «Occident» et «islam» présentent déjà une vision réductrice, trop simple. Il n’y a pas un Occident, comme une chose entière et uniforme, pas plus qu’il n’y a un islam homogène. Les contours de l’Occident sont fluides : plusieurs nations, races et religions le composent ; même sa géographie n’est pas claire, comme l’illustrent les discussions sur l’«admission» de la Turquie au sein de la Communauté européenne. À son tour l’islam, du moins selon la découverte progressive qu’on en fait depuis quelques années, présente un visage multiple selon les pays, les tendances religieuses ou les contextes socio-politiques. Si Allah parle l’arabe du VIIe siècle dans le Coran, les musulmans parlent aussi une multitude d’autres langues.

L’islam n’est pas géographique, pas plus que l’Occident n’est à l’ouest. On est toujours à droite ou à gauche, en haut ou en bas de quelqu’un ou de quelque chose, et parfois avec, dans un même lieu et en même temps.

 

Des courants intégristes parcourent l’Occident comme l’islam. La droite religieuse et le courant conservateur se manifestent en Amérique, comme les forces intégristes de l’islam s’activent en divers endroits, notamment au Proche-Orient. Ces courants sont eux-mêmes hétérogènes dans leurs manifestations comme dans leurs motifs. Mais les ambitions cachées sont souvent finalement assez apparentes, et elles ont pour trait commun de chercher à manipuler les opinions que ces courants desservent, ou asservissent, en vue de les amener à des comportements de masse conduisant à l’avènement de leur triomphe, qui se ressemblent mais s’opposent fortement. On ne s’étendra pas sur la lecture que fait George W. Bush de la situation mondiale, pas plus que sur celle qu’en font certains radicaux islamistes. On retrouve chez les deux cette même ardeur à proclamer qu’ils possèdent la vérité, le même zèle à la défendre, et la même hostilité envers ceux qui n’y adhèrent pas.

 

Partout aussi, mais moins visibles ou audibles, il y a ceux qu’on appelle les «modérés», terme large pour désigner les tenants moins radicaux, ceux qui acceptent une version moins rigoriste. Des milliards de personnes. Les Européens et les Nord-Américains se rapprochent de plus en plus, dans leur majorité, de ce centre modéré, en raison notamment de leur distanciation de plus en plus grande vis-à-vis de la pratique de la religion (à ne pas confondre avec l’éloignement de la foi). De son côté, à titre d’exemple, le site Oumma.com donne un éventail de l’échange d’opinions qui circulent au sein de l’islam francophone, et beaucoup de points de vue s’expriment sur l’«équilibre» à trouver entre les vérités fondamentales et le moyen d’y arrimer le présent.

 

Il y a, chez les croyants de toutes les religions, une recherche de solutions qui permettraient de réconcilier la foi avec les nouveaux tenants et aboutissants. Il y a aussi, chez plusieurs, qu’ils soient croyants ou non, le désir d’un ordre social et politique permettant que la vie personnelle puisse s’épanouir en conformité avec le choix fondamental de croire ou de ne pas croire en Dieu, de pratiquer les rites d’une religion ou de ne pas le faire, et de manifester ouvertement et librement ce choix sans être victime de sanction.

 

En sacrifiant les nuances à la simplicité, on comprendra qu’il est ici question de l’Occident comme de l’ensemble des pays, des gens, des cultures, des religions et des valeurs généralement situés en Europe, en Amérique et en Océanie, et partagés par les gens qui y vivent, alors que l'islam parle moins d’un territoire que d’une mouvance, d’une idéologie, encore qu’il soit possible de situer géographiquement les régions où il est prédominant.

 

Tout le monde n’est pas musulman en Palestine ou en Indonésie, mais une forte majorité l’est. Tout le monde n’est pas caucasien en Occident, mais une très grand nombre partage une hérédité indo-européenne et une culture d’origine judéo-chrétienne qui entraîne une certaine manière d’envisager le monde.

 

Déjà, le choix de parler de l’Occident comme pendant à l’islam reflète une mise en relation inadéquate, qui oppose une réalité géographique et historique à un courant religieux et idéologique. À l’Occident on devrait opposer l’Orient, et à l’islam les autres religions. On sent bien que les vrais enjeux transcendent le clivage géographique, même s’ils coïncident parfois, et portent bien davantage sur la progression d’une pensée laïque face à l’avancée d’un courant religieux. Il ne s’agit pas, comme certains le voudraient, d’une opposition entre croyants et incroyants, mais de constater une laïcisation de l’Occident dans l’ordre des matières séculières, dans une pensée qui considère le religieux sous l’angle des valeurs spirituelles, de la conduite qui s’y rattache, et des rites privés ou communautaires qui les manifestent ; alors qu’inversement l’islam apparaît comme un ensemble qui intègre dans le religieux le domaine séculier, au point de les rendre inséparables. Pour l’islam, toutes les coordonnées morales, juridiques et sociales de la conduite personnelle, de l’ordre familial, de la vie publique et de l’organisation de l’État doivent être assujetties à la volonté d’Allah, alors que l’Occident laïcisant veut laisser à la liberté intérieure la mise en application des valeurs morales qui découlent, pour chaque citoyen, de sa foi.

 

La question de la charia en milieu occidental n’est pas bien posée si l’on ignore ces postulats. Poser la question en aval, c’est-à-dire se demander par exemple quels effets son application peut avoir sur les droits des femmes, c’est, malgré l’immense importance de cette question, laisser échapper celle, en amont, qui consiste à se demander si le religieux et le laïc doivent occuper des domaines distincts ou être confondus. Même la question fondamentale de l’unicité du droit et de l’universalité de la loi dans un État séculier devient, à cet égard, subsidiaire.

 

Le monde musulman n’est pas homogène, est-il besoin de le démontrer. Les affrontements parfois meurtriers entre factions musulmanes rivales ont cependant plus à voir avec des guerres d’hégémonie politique, économique ou militaire qui visent le contrôle d’un territoire et de son gouvernement qu’avec des batailles où le dogme est en cause. Les sunnites et les chiites d’Irak ont plus à en découdre autour de «l’héritage» de Saddam Hussein qu’au sujet de leur divergences dans l’interprétation du Coran.

 

Ces divergences existent véritablement au sein de l’islam et il ne faut pas les occulter. Elles donnent lieu, selon les pays, à des normes de conduite dont la rigueur varie grandement.

 

On lira avec plaisir et profit de L’esprit des religions, de Hesna Cailliau (éditions Milan, 2003) ainsi que L’Islam et la Raison, de Malek Chebel (Perrin, 2005), pour avoir un portrait plus nuancé.

 

B – Les connaissances qui manquent

 

L’ignorance est la cause de bien des malheurs, en ce qu’elle n’empêche pas les hommes d’agir alors qu’ils ne savent pas toujours ce qu’ils font ou de quoi ils parlent. En cette matière, il faut non seulement souligner l’ignorance générale, répandue, et même propagée, des uns vis-à-vis des autres, mais reconnaître qu’on ne parle qu’à partir de ce qu’on sait personnellement, ce qui est très insuffisant pour prétendre enseigner. Aussi un Occidental doit-il se limiter à parler à partir des connaissances qu’il a de l’Occident, parce qu’il y vit, et, pour l’islam, à partir de beaucoup moins : de cours, de lectures, de recherches, de voyages, de rencontres.

L’ignorance est réciproque. Un jeune musulman demandait récemment à un Québécois voyageant au Maroc comment Jésus, ce grand prophète, pouvait permettre à ses disciples de manger de la viande de porc. Jésus n’a évidemment jamais parlé de la viande de porc, ni pour en permettre la consommation ni pour l’interdire, sa seule référence aux questions touchant la nourriture ayant consisté à dire que ce n’est pas ce qui entre dans la bouche de l’homme qui le souille, mais ce qui en sort, c’est-à-dire ce qui jaillit de son cœur. On l’avait interrogé sur le fait que ses disciples ne faisaient pas les ablutions juives préparatoires aux repas.

 

Il y a un vide grandissant de dialogue dans la mesure où, d’une part, les croyants de l’islam accentuent l’affirmation de leurs convictions sur la base de l’enseignement du Prophète, pendant que les Occidentaux abandonnent résolument, pour leur part, l’argumentation de type religieux pour établir les leurs. On ne parle plus alors de dialogue interreligieux, mais de dialogue religieux - non religieux, et la rencontre est difficile. Les musulmans y voient plus facilement que nous un clivage entre croyants (eux) et non croyants (nous). La majorité des Occidentaux se disent encore croyants, mais de moins en moins religieux. Cette distinction n’a pas vraiment de sens pour un musulman, et on ne lui fera pas reproche de confondre société laïque et société d’incroyance.

 

On assiste alors à un renforcement mutuel de la perception négative de l’autre.

 

Les échanges sur les valeurs communes, où l’on annonce vouloir faire large place au respect de la différence et à la compréhension, sont hypothéqués dès le départ par cette divergence sur l’identité de l’autre et sur ses valeurs.

 

En terrain occidental, la partie se joue sur un malentendu. Les musulmans qui vivent en Occident demandent, et ils ont le droit de le faire, tous les accommodements raisonnables en faveur de la pratique de leur religion au nom de leur liberté religieuse, qu’ils conçoivent comme leur droit à la différence, tandis que les Occidentaux les leur accordent au nom de cette même liberté, mais comprise comme une facette de leur droit à l’égalité. Il ne s’agit pas de la même chose, bien que les résultats puissent s’équivaloir. Le point de vue égalitaire vise à assurer un traitement égal à toutes les personnes de la collectivité. Il ne comporte pas, en soi, de droit à être traité différemment, sauf dans la mesure où le traitement identique constituerait pour une personne une discrimination. Le droit à la différence n’est un corollaire du droit à l’égalité que si le traitement uniforme place une personne dans une situation inégale, et si cette inégalité n’est pas justifiable à la lumière de nos chartes. Le droit à la liberté de religion peut donc être perçu différemment de part et d’autre.

 

Ce n’est pas par le biais du droit que vont se résoudre les incompréhensions entre musulmans et non-musulmans. Le droit offre une solution juste mais repose sur le rapport gagnant-perdant. Le fait de gagner ou de perdre ne dispose pas à la rencontre, à l’échange, à la recherche de solutions harmonieuses. Il faut informer l’autre, et s’informer de l’autre. Cela demande un effort qui ne garantit même pas que les résultats seront au rendez-vous, mais ce qu’on apprend sur l’autre vaut toujours mieux que de l’ignorer. Et puis la recherche peut parfois faire faire à celui qui l’entreprend des découvertes sur sa propre histoire, sur sa culture, sur sa religion, et sur son mode de pensée.

 

Tout propos sur l’islam est suspect s’il n’émane pas d’un musulman.

 

Les islamistes tendent à caractériser le reste du monde comme «les sionistes» et «les chrétiens», de manière à accréditer chez leurs clientèles la thèse d’un complot religieux, d’une Croisade dirigée contre elles. Confrontées à des politiques, des situations, des actions militaires bien réelles, ces populations ne font pas la distinction entre l’israélien qui fait feu dans leur direction et le «juif ennemi de l’islam» ; on ne saurait le leur reprocher. Pareillement les Bagdhadi qui voient ces jeunes militaires blancs, circulant dans des véhicules blindés et parlant anglais, les assimilent à des «chrétiens», comme la propagande militante les leur présente.

 

Cela paraît étonnant, mais l’ignorance, comme le savoir, peut être propagée. L’ignorance s’enseigne par la répétition, par la transmission d’informations erronées, et par le mensonge. Quand la vérité finit par être connue, il est souvent trop tard et beaucoup de mal a été fait.

 

C – Le parti-pris non doctrinal

 

Ce livre ne porte pas sur la doctrine. Il ne cherche pas à expliquer en long et en large les thèses et les croyances des grandes religions, ni à les discuter, ni à les défendre, et encore moins à les mettre en question. Il les regarde du dehors, autant que faire se peut, et tente de les décrire telles qu’il les perçoit. C’est le regard que porte un citoyen québécois sur l’appel de l’islam. C’est un point de vue subjectif, assumé, et qui permettra d’exprimer, à l’occasion, les sentiments que cette religion inspire, qu’il s’agisse de perplexité, d’admiration ou de crainte. Il ne s’agit pas de chercher à convaincre, pas plus que de se laisser convaincre.

Il semble en effet inutile et risqué d’entreprendre un débat sur des thèmes qui touchent aux valeurs. Le conflit de valeurs est pratiquement impossible à résoudre, à moins d’accepter de renoncer à discuter de tout ce qui y touche, afin de préserver la relation de dialogue, ou encore à moins que celui qui adhère à l’une choisisse d’y renoncer pour avoir la paix avec celui qui croit à l’autre. Paix relative, celle qui découle d’une telle soumission.

 

Comme il ne s’agit ni d’un traité sur les religions ni d’un traité sur la géopolitique actuelle, mais d’un simple regard assorti de commentaires, on voudra bien accepter d’aller chercher ailleurs l’information détaillée, l’exégèse déterminante, comme l’apologétique. De plus, s’agissant de réflexions au sujet la propagation de l’Islam dans le monde, il y a lieu de tenir compte aussi de ce qui se passe au plan individuel entre les êtres humains que nous sommes tous. Nous partageons notre planète de façon de plus en plus concrète, et tout nous rapproche. Les voyages, les moyens de communication, l’immigration. Acceptons aussi que le vocabulaire, notre langage, soient fortement biaisés par leur propre hérédité et par ce que des siècles d’éducation y ont ajouté. L’appel de l’islam s’incarne dans la réception que fait chaque individu du message qui lui est annoncé par une autre personne, tout cela en chair et en os, dans des conditions physiques, matérielles et contextuelles précises, que ce soit dans la famille, la madrasa (école religieuse coranique) ou la conversation persuasive d’un individu à un autre. Le messager a une motivation, le récipiendaire du message également. Personne n’a tort ni raison dans cet état de fait ; on constate ce qui est, point.

 

Il existe trois grandes religions monothéistes, à savoir le judaïsme, le christianisme et l’islam. Il sera sans doute impossible, sans l’intervention de leur Dieu commun, de les réunir. Bien qu’issus d’un même père, les juifs ne reconnaissent pas Jésus comme le Messie, l’envoyé de Dieu qu’ils attendent. Les chrétiens sont divisés entre eux en plusieurs familles. Après avoir vilipendé les juifs pendant plus d’un millénaire, ils n’ont pas oublié les musulmans, qui à leur tour se souviennent des Croisades, et on les comprend. Les musulmans prétendent pour leur part que les chrétiens ont trois dieux, à cause de la théorie de la Trinité. Le malentendu est total entre les trois branches de la famille abrahamique.

 

Il est très difficile de s’entendre si en plus on définit l’autre selon des postulats non vérifiés et si on lui attribue des croyances qu’il n’a pas.

 

D’autres ont exprimé brillamment les idées reçues que les chrétiens, les juifs et les musulmans entretiennent les uns sur les autres. Il est très difficile d’accepter les critiques sur sa religion, la contestation de ses dogmes, l’à-propos de ses prescriptions, et encore plus difficile de se battre contre les perceptions erronées que les autres ont de soi. Cela aboutit généralement au durcissement des positions d’origine et, souvent, à la coupure du dialogue. En décrivant sa perception de l’islam, on participe, si elle est inexacte, au risque de le «définir» aux yeux des autres et d’augmenter le malentendu, tout en heurtant les musulmans. C’est le contraire qui est souhaité.

 

S’il n’est pas possible de s’entendre sur une même doctrine, peut-on au moins espérer qu’on arrive à se tolérer, voire à se rapprocher les uns des autres pour mieux nous connaître? Une coexistence amicale entre fils d’un même Père semble possible, et on doit la souhaiter. Le chemin est parsemé d’embûches, et il ne faut pas faire exprès pour attiser les différences et les désaccords sur des sujets qui atteignent les sensibilités respectives.

 

Voilà pourquoi ce livre ne cherche pas à discuter de doctrine. Tout au plus arrivera-t-il qu’on mentionne un élément de la foi, seulement pour le constater.»

 

Pour en savoir plus, visitez le lien suivant :

 

http://manuscritdepot.com/a.michel-leclerc.1.htm

 

 

Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

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13 septembre 2007

 

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