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Article mis en ligne le 11 mars 2009

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Service d'éducation populaire de la

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Qu'est-ce que le nouveau monde du livre ?

 

Une planète de plus dans la galaxie du livre
 

 

Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

contact@manuscritdepot.com

es nombreuses innovations technologiques liées à l'informatique et à l'internet entraînent des bouleversements si profonds qu'ils ont donné naissance à un tout nouveau monde du livre.

L'ancien monde du livre, celui-là né de l'invention de l'imprimerie, demeure et poursuit son petit bonhomme de chemin. Il s'agit non seulement de la plus ancienne mais aussi la plus grosse planète de la galaxie du livre. Au fil des ans, son noyau est devenu une industrie à part entière. Son avenir n'est pas menacé par le nouveau monde du livre, même si comme toute autre industrie elle doit s'adapter à son époque pour assurer sa pérennité.

 

Cette métaphore permet d'insister sur le fait que l'ancien et le nouveau monde du livre sont deux planètes distinctes. Chacune suit sa propre orbite avec ses propres caractéristiques et ses propres objectifs. Le nouveau monde du livre n'est pas une copie de l'ancien en version électronique. Il n'est pas non plus une adaptation de l'ancien monde du livre au numérique et à l'internet. Bref, nous sommes aujourd'hui en présence de deux mondes du livre, l'un et l'autre complémentaires.

 

Alors, qu'est-ce que

le nouveau monde du livre?

 

C'est d'abord et avant tout une affaire d'auteurs confrontés à un taux de refus de plus de 90 % de leurs oeuvres par les éditeurs de l'ancien monde du livre. Dans ce contexte, le seul et unique conseil donné à l'auteur en mal d'un éditeur est de persévérer en ne se laissant pas abattre par les premières lettres de refus de son manuscrit. On raconte que le premier livre « Bouillon de poulet pour l'âme » fut refusé 300 fois avant d'être retenu par un éditeur. Une telle persévérance fait figure d'exception car la très grande majorité des auteurs abandonnent rapidement leur recherche d'un éditeur. Quelques lettres de refus suffisent pour décourager l'auteur, d'autant plus que leur similitude laisse croire à une reproduction en chaîne. Ce droit de vie ou de mort sur une oeuvre exercé par l'éditeur dans l'ancien monde du livre a commencé à être sérieusement contesté lorsque des  critères  de

sélections  relevant davantage du potentiel commercial que de la qualité de l'oeuvre ont fait leur apparition. Mais rares sont ceux et celles qui contestaient publiquement le jugement et l'autorité des éditeurs, une seule critique pouvant ruiner toutes vos chances de trouver un jour un éditeur.

 

Quand l'Internet est arrivé dans les foyers, bon nombre d'auteurs mis de côté par l'ancien monde du livre s'y sont engouffrés comme l'eau libérée dans un nouveau canal d'irrigation. Certains ont publié leurs oeuvres sur leurs propres sites Internet. D'autres se sont regroupés pour créer leur maison d'édition en ligne. On a aussi vu des gens abandonner l'ancien monde du livre pour se convertir à ce nouveau monde du livre à titre d'éditeurs, de libraires voire de bibliothécaires d'un nouveau genre en ligne sur Internet. Enfin, des étrangers au monde du livre se sont joints au mouvement avec une foule d'idées fraîches en tête pour renouveler la diversité éditoriale et la littérature. Le tout pour une petite fraction des coûts de l'édition traditionnelle. Bref, l'Internet a démocratisé l'accès à l'édition et ainsi donné naissance à un tout nouveau monde du livre avec ses nouveaux auteurs et ses oeuvres inédites, ses propres éditeurs et libraires, ses propres magazines, etc.

 

Au commencement, ce nouveau monde du livre offrait uniquement l'édition numérique. Le livre se présentait alors sous la forme d'un fichier PDF téléchargeable en ligne ou de pages web à lire à l'écran. À la fin des années 90, l'impression à la demande fait son entrée et permet alors de jumeler l'édition numérique à l'édition papier. L'impression à la demande permet de produire un seul exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur. On imprime un exemplaire que s'il y a vente. Autrement dit, chaque exemplaire imprimé est un exemplaire vendu d'avance. Il n'y a donc aucune perte, aucun entreposage, aucun retour d'invendus, aucun pilonnage, contrairement à l'ancien monde du livre.

 

Plus encore, la durée de vie d'un livre en tablette chez le libraire, qui dépasse rarement les trois mois dans l'ancien monde du livre, s'allonge quasiment à l'infinie dans le nouveau monde du livre. La librairie en ligne n'a pas à retourner les livres qui se vendent moins pour faire de la place aux nouveautés. Elle peut s'agrandir « virtuellement » pour une infime fraction du prix de l'agrandissement d'une librairie de l'ancien monde du livre.

 

Les différences fondamentales entre l'ancien et le nouveau monde du livre ne manquent pas. Ce qu'il faut retenir, c'est que le nouveau monde du livre n'est pas la transformation de l'ancien. Les deux mondes coexistent, indépendamment l'un de l'autre. Rien n'empêche cependant les échanges. Un auteur peut faire le saut de l'un à l'autre. Par exemple, l'édition en ligne peut être un tremplin vers l'édition traditionnelle. En effet, l'ancien monde du livre recrute parfois des auteurs publiés uniquement sur Internet. Ces auteurs peuvent ainsi réaliser leur rêve de voir enfin leurs livres en vitrine des librairies traditionnelles. Malheureusement, ce rêve tourne parfois au cauchemar compte tenu de la durée de vie écourtée des nouveautés dans l'ancien monde du livre. Mais qu'à cela ne tienne, on veut tenter sa chance. À l'opposé, il y a des auteurs qui préfèrent le nouveau à l'ancien monde du livre. Ils ne soumettent plus leurs manuscrits aux éditeurs traditionnels et s'adressent d'emblée à des éditeurs en ligne ou s'autoéditent eux-mêmes sur un site Internet ou un blogue.

 

Il ne faut pas croire que tout ce qui se passe par Internet relève du nouveau monde du livre. L'ancien monde du livre s'adapte au numérique et à l'Internet. Cependant, il évolue généralement sur Internet avec sa rigidité légendaire et le même taux de refus de plus de 90 %. L'ancien monde du livre perçoit souvent l'Internet comme une simple vitrine de plus pour ses publications, en version papier et, depuis peu, en version numérique. L'ancien monde du livre, c'est une grosse planète, une planète industrielle, toute adaptation lui coûte une fortune, d'où le prix élevé des versions numériques de ses publications. Le nouveau monde du livre, c'est une petite planète, une petite vite très économique, démocratique, d'où le libre choix du lecteur qui en découle. Dans l'ancien monde du livre, c'est plutôt le libre choix de l'éditeur qui prime. Mais, dans les deux cas, il n'en demeure pas moins que le dernier mot revient aux lecteurs. Deux planètes, un seul univers, celui des lecteurs, d'où la perception d'une compétition entre l'une et l'autre.

 

En réalité, l'ancien et le nouveau monde du livre se complètent. Ils répondent chacun à des aspirations différentes des auteurs et des lecteurs. On peut même soutenir que les lecteurs de l'ancien monde du livre ne sont pas les mêmes que ceux du nouveau monde du livre. En fait, les lecteurs du nouveau monde du livre sont souvent de nouveaux lecteurs, des gens qui ne liraient pas si ce n'était de l'invitation de l'un de leurs proches publié en ligne sur Internet. Bref, le nouveau monde du livre engendre une augmentation des lecteurs et cette dernière profite aussi à l'ancien monde du livre.

 

Placer l'ancien et le nouveau monde du livre en compétition l'un avec l'autre, dire que le bon vieux livre papier va disparaître, demeure des fabulations excentriques, d'autant plus que le nouveau monde du livre doit une part importante de son succès à l'impression papier à la demande. Le livre papier est là pour rester. Ce qui doit disparaître, c'est le gaspillage que l'on connaît dans l'ancien monde du livre; l'impression d'exemplaires en nombre excédant la demande. L'impression à la demande directement en librairies pourrait résoudre une part importante du problème des invendus. Le lecteur commande un exemplaire au comptoir, le libraire l'imprime et le remet à son client dans les 15 ou 20 minutes suivantes, le temps prendre un café. Ce dernier exemple démontre une fois de plus que l'ancien monde du livre peut tirer parti des pratiques technologiques du nouveau monde du livre. La technologie et l'Internet sont là à la fois pour l'ancien et le nouveau monde du livre. Il n'y a aucune compétition à diagnostiquer entre l'un et l'autre.

 

Dommage que l'ancien monde du livre ait défendu son monopole éditorial en accusant le nouveau monde du livre d'offrir aux lecteurs « de tout et n'importe quoi », y compris le pire. Il a poussé sa défense jusqu'à demander si un livre publié sur Internet était réellement un livre. On a même écrit « (...) et que seul Internet acceptait désormais de publier, (...) », comme si l'édition en ligne était un refuge bas de gamme pour les auteurs rejetés par l'ancien monde du livre. Cette attitude négative de l'ancien monde du livre face au nouveau monde du livre a passablement nui au dialogue entre les deux mondes.

 

Heureusement, le nouveau monde du livre a poursuivi son développement et impose de plus en plus le respect, du moins auprès de ceux et celles qui saisissent les tenants et les aboutissants de la démocratisation de l'accès à l'édition, de la diversité éditoriale et culturelle, de la protection du patrimoine littéraire, de l'écriture au sein des populations, qu'elle soit l'oeuvre d'un amateur ou d'un professionnel.

 

 

Lien : Notre conférence «Le nouve@u monde du livre»

 


Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

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Article mis en ligne le 11 mars 2009

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