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Article mis en ligne le 6 avril 2009

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Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

contact@manuscritdepot.com

Réponse au billet

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«Je ne crois pas à la révolution»

-

Clément Laberge, 5 avril 2009,

blogue «Du cyberespace à la cité éducative…»

 

Voici la réponse finale de monsieur Laberge

à mon dernier commentaire.

 

Lire mon commentaire

 

Reproduction intégrale du billet

 

Je ne crois pas à la révolution

Blogue «Du cyberespace à la cité éducative…»

5 avril 2009, Clément Laberge

 

«Serge-André Guay m’interpelle à nouveau, en réponse à sa réponse à ma réponse. Je vais cette fois m’abstenir de répondre directement à son message. Non pas parce que je ne suis pas « un homme, un vrai » — comme il le dit — mais parce que je pense que cela n’apporterait rien de plus que ce qui n’a été déjà dit.

 

Je lui reconnais complètement le droit à ses opinions. Je lui reconnais aussi complètement le mérite de ses réalisations et je suis désolé si je l’ai involontairement piqué au vif, ne connaissant pas tout l’historique de ses difficiles relations avec le monde du livre. J’aurai même plaisir à discuter avec lui si j’ai l’occasion de le rencontrer. Mais je crois qu’il serait stérile de poursuivre notre dialogue publiquement.  Nos points de vue sont trop différents. Lui a une approche révolutionnaire, moi une approche transformatrice. Il l’exprime d’ailleurs très bien:

« Il n’est pas question de faire évoluer la vieille chaîne du livre, mais plutôt d’en inventer une nouvelle, une chaîne du livre révolutionnaire fondée sur la démocratisation de l’accès à l’édition et aux livres, sur le libre choix des lecteurs.  Cessez donc de croire que votre travail s’inscrit dans l’avenir du livre lorsque tout ce que vous faites est de rénover des ruines… »

Je ne crois pas dans la révolution, lui ne croit pas dans la transformation. Je n’arriverai pas à le convaincre, lui n’arrivera pas à me convaincre. Nous sommes devant un conflit paradigmatique.

 

J’assume complètement mon choix de travailler auprès des acteurs de la chaîne du livre telle qu’elle se présente aujourd’hui et je présume que monsieur Guay assume aussi bien son choix de travailler en marge de celle-ci. D’une certaine façon, c’est même très bien comme ça, parce que c’est l’engagement de gens passionnés dans et hors du système qui nous offrira, collectivement, les meilleures chances de réussite pour inventer le nouveau monde du livre.

 

Bonne chance dans vos projets monsieur Guay. Et ne vous méprenez pas, ce ne sera pas par mépris ou par ignorance si je ne réagis plus à vos textes (que je continuerai de lire avec intérêt), ce sera par choix — parce que je pense nous avons tous les deux mieux à faire que de nous relancer continuellement alors que nos points de vue sont probablement irréconciliables dans le contexte actuel.»

 

Source

 

 

Je savais fort bien que mon dernier commentaire adressé à monsieur Laberge l'inciterait à poser un geste, en l'occurrence, ne plus réagir à mes textes. Je me compte chanceux qu'il se soit donné la peine de me l'écrire et de faire le point (final).

 

Mais j'étais très loin de m'attendre à ce que monsieur Laberge titre sa dernière réponse de l'affirmation «Je ne crois pas à la révolution». Dans son billet, il précise : «Je ne crois pas dans la révolution, lui ne croit pas dans la transformation. Je n’arriverai pas à le convaincre, lui n’arrivera pas à me convaincre. Nous sommes devant un conflit paradigmatique.»

 

Monsieur Laberge se méprend car je crois dans la transformation de la chaîne industrielle du livre. Cette transformation doit être faite même si je compare cruellement l'exercice à la rénovation de ruines anciennes. Il faut que l'ancien monde du livre s'adapte à l'ère numérique pour survivre.

 

Depuis quelques semaines, j'ai écris des textes pour bien faire comprendre à nos lecteurs qu'il y a l'ancien et le nouveau monde du livre. Le nouveau ne fera pas disparaître l'ancien et l'ancien ne pourra pas tuer le nouveau. Le 11 mars derniers, j'ai signé cet article : Qu'est-ce que le nouveau monde du livre ? Une planète de plus dans la galaxie du livre. L'introduction se lit comme suit :

 

 

es nombreuses innovations technologiques liées à l'informatique et à l'internet entraînent des bouleversements si profonds qu'ils ont donné naissance à un tout nouveau monde du livre.

L'ancien monde du livre, celui-là né de l'invention de l'imprimerie, demeure et poursuit son petit bonhomme de chemin. Il s'agit non seulement de la plus ancienne mais aussi la plus grosse planète de la galaxie du livre. Au fil des ans, son noyau est devenu une industrie à part entière. Son avenir n'est pas menacé par le nouveau monde du livre, même si comme toute autre industrie elle doit s'adapter à son époque pour assurer sa pérennité.

 

Source : Qu'est-ce que le nouveau monde du livre ? Une planète de plus dans la galaxie du livre, Serge-André Guay, Le monde du livre sur Internet, Fondation littéraire Fleur de Lys, 11 mars 2007

 

 

Dans ce billet, je souhaite contribuer à une vision plus nette de ce qui se passe réellement et, en premier, lieu la naissance d'un nouveau monde du livre qui ne vient pas remettre en cause l'ancien monde du livre. Je crois même à la complémentarité de ces deux mondes, l'un ne pouvant pas offrir ce que l'autre offre.

 

J'ai aussi écrit un article intitulé : Vous ne verrez pas le bon vieux livre papier disparaître de votre vivant. Dans ce texte publié le 24 mars 2009, 13 jours après Qu'est-ce que le nouveau monde du livre ? Une planète de plus dans la galaxie du livre, j'insiste pour rassurer les gens au sujet de l'avenir du livre papier. Voici l'introduction :

 

 

On ne compte plus les alarmistes s'inquiétant de l'avenir du bon vieux livre papier. Leur nombre augmente quasi proportionnellement avec l'importance du numérique dans le monde du livre. Cette peur frénétique de la dématérialisation du livre comme un mauvais tour de magie au détriment du papier et de l'encre n'a rien de raisonnable.

 

Vous ne verrez pas le bon vieux livre papier disparaître de votre vivant, pas plus que l'an 2000 nous a réservé les automobiles volantes et la téléportation dont nous rêvions dans notre adolescence. Le livre papier ne tombera pas non plus comme le mur de Berlin fut abattu en novembre 1989. Le papier résulte d'une longue évolution du support de l'écriture. Son impression et son assemblage en livre demeurent une technologie inégalée du point de vue de la très grande majorité des lecteurs. En fait, le livre papier fait partie de ces rares inventions avec lesquelles l'homme a développé une relation très intime sur le plan intellectuel, émotionnel, spirituel et même physique. Faut-il le préciser, une relation à long terme puisque l'on conserve ses livres le plus longtemps possible, un comportement tout à fait à contre-courant de l'esprit du prêt à jeter de notre société de consommation.

 

Source : Vous ne verrez pas le bon vieux livre papier disparaître de votre vivant, Serge-André Guay, Le monde du livre sur Internet, Fondation littéraire Fleur de Lys, 24 mars 2009

 

 

Si la transformation ou l'évolution de la chaîne traditionnelle du livre est plus que souhaitable, on ne peut pas espérer qu'elle solutionne les problèmes rencontrés par les auteurs, notamment, l'accès limité à l'édition avec un taux de refus de plus 90% des oeuvres soumis par nos auteurs à nos éditeurs. Le seule et unique réponse à ce problème, c'est une révolution : la démocratisation de l'accès à l'édition, pierre d'assise du nouveau monde du livre. Qu'importe jusqu'à quel point l'ancien monde du livre se transformera, il ne devient pas le nouveau monde du livre dont nous parlons en nous référant à la démocratisation de l'accès à l'édition.

 

Bref, nous ne sommes pas «devant un conflit paradigmatique» mais vis-à-vis une complémentarité de deux mondes du livre, l'ancien en évolution et le nouveau en révolution. Le nouveau monde du livre ne travaille pas en marge de l'ancien, mais en complémentarité, même s'il s'agit de deux planète différentes dans l'univers du livre.

 

Personnellement, je ne veux pas que l'ancien offre ce que le nouveau monde du livre offre et vice versa. Je souhaite une complémentarité. Mais pour ce faire, il faut que l'ancien tende la main au nouveau monde du livre. Autrement, et c'est ce qui passe actuellement, on risque une fracture littéraire numérique au sein même de la population.

 

 

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

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