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Article mis en ligne le 13 avril 2009

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Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

contact@manuscritdepot.com

Clément Laberge, le coordonnateur du projet d'entrepôt numérique de l'Association nationale des éditeurs de livres ne croit pas à la révolution dans le domaine du livre

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Référence à lire avant de prendre connaissance

de l'article ci-dessous

Réponse au billet «Je ne crois pas à la révolution» signé par Clément Laberge le 5 avril 2009 sur son blogue «Du cyberespace à la cité éducative…»

 

Il y a des déclarations qui marquent à jamais notre esprit. Une semaine après la publication de celle de Clément Laberge, «Je ne crois pas à la révolution» (dans le domaine du livre), je suis toujours estomaqué. Pourquoi ? Parce que Clément Laberge, de la firme DeMarque, est nul autre que le coordonnateur du projet d'entrepôt numérique de l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL).

 

Comment peut-on se donner corps et âme à ce projet d'entrepôt numérique pour la littérature francophone canadienne en ne croyant pas à la révolution dans le domaine du livre ? Pour Clément Laberge, la réponse est simple. Il préfère la «transformation» de la chaîne traditionnelle du livre à la révolution en cours qui ouvre le monde du livre à de nouveau joueurs. En fait, monsieur Laberge ne croit pas que l'ère numérique, dans laquelle il est pourtant plongé jusqu'au cou, doit révolutionner la chaîne traditionnelle du livre. Autrement dit, le passage à l'ère numérique de la chaîne traditionnelle du livre ne changera rien, si ce n'est que les éditeurs traditionnels offriront des versions numériques des exemplaires papier à leurs catalogues.

 

Le taux de refus de 90% des manuscrits soumis à l'attention de nos éditeurs par nos auteurs ne changera pas. Il n'y aura pas de démocratisation de l'accès à l'édition et d'amélioration de la diversité éditoriale. Les critères de sélections des manuscrits demeureront les mêmes, c'est-à-dire sous influence commerciale. Nos éditeurs continueront donc à retenir les oeuvres dont le potentiel de vente est le plus élevé, rejetant les plus petits vendeurs, à moins qu'une subvention gouvernementale vienne interférer dans la décision de publication. Dans ce cas, les pertes sont couvertes à l'avance et l'éditeur pourra se donner bonne conscience face à la littérature en retenant quelques oeuvres au potentiel commercial limité.

 

Monsieur Laberge confirme que la révolution dans le domaine du livre au Québec ne s'opèrera pas au sein de la chaîne traditionnelle du livre mais en marge de celle-ci. «D’une certaine façon, écrit monsieur Laberge, c’est même très bien comme ça, parce que c’est l’engagement de gens passionnés dans et hors du système qui nous offrira, collectivement, les meilleures chances de réussite pour inventer le nouveau monde du livre.» Le problème, et il est de taille, c'est que hors du système (lire : hors de la chaîne traditionnelle du livre), il n'y a aucune aide financière possible. Il est difficile voire quasi impossible de faire la révolution sans ressources financières.

 

Et «inventer le nouveau monde du livre» ne saurait se limiter à offrir des versions numériques des oeuvres éditées par la chaîne traditionnelle du livre, à moins d'avoir des oeillères.

 

De plus, si la chaîne du livre demeure ce qu'elle est même en passant à l'ère numérique, «le nouveau monde du livre» tombe alors entre les mains des gens hors du système et comme ces derniers sont exclus des programmes d'aide gouvernementaux, il est fort à parier que le nouveau monde du livre au Québec sera plutôt chétif et réduit à sa plus simple expression, contrairement à ce que l'on observe ailleurs dans le monde, notamment en France et aux États-Unis d'Amérique.

 

De l'extérieur du Québec, on peut percevoir le débat comme de vaines querelles. Or, il n'en est rien car notre chaîne traditionnelle du livre québécois repose sur l'étatisme (déf.: «Doctrine politique préconisant l'extension du rôle, des attributions de l'État à toute la vie économique et sociale. Le Grand Robert de la langue française). Ici, au Québec, il n'y a point de salut pour les auteurs et le livre en dehors du système érigé par l'état. La libre entreprise dans le domaine du livre au Québec n'existe pas, à moins d'accepter d'être en marge du système et de travailler bénévolement, au sens propre et au sens figuré. Ici, au Québec, l'éditeur qui n'est pas agréé par le gouvernement n'a pas accès à l'aide gouvernementale et il peut difficilement s'en sortir face à ses concurrents agréés.

 

Plus encore, ici au Québec, le système a force de loi. Autrement dit, le système doit sa vie et sa survie à la «Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre». Pour qu'un nouveau monde du livre émerge en toute légitimité, il faudrait modifier cette loi. Or, lorsque le principal fournisseur de la seule et unique association d'éditeurs reconnue par le gouvernement du Québec affirme «Je ne crois pas à la révolution», il cautionne du même coup cette loi qui fait des éditeurs en ligne sur Internet des gens en marge du système.

 

Quand on prend la parole au sujet du nouveau monde du livre, il faut tenir compte du contexte national et celui du Québec est particulier, non pas en raison de la petitesse de son marché, mais de sa législation et des attitudes ambiantes qui s'en dégagent.

 

Le fait que le Conseil de l'Europe ait initié le projet «Nouvelle économie du livre» au cours des années 90 en parlant de diversité éditoriale n'est pas lié d'abord et avant tout à la grandeur du marché appréhendé mais plutôt à une attitude culturelle, une attitude d'ouverture. Il en va de même en France lorsque le gouvernement a décidé de tenir une commission sur le livre numérique en 1999. Au Québec, notre gouvernement n'a rien fait de notable pour sensibiliser et informer la population des enjeux liés au nouveau monde du livre. Notre gouvernement n'a pas parlé de démocratisation de l'accès à l'édition et encore moins de diversité éditoriale accrue. Il n'a pas non parlé d'édition en ligne et d'impression à la demande, contrairement aux gouvernements de la Hongrie, de la Suède, des Pays-Bas, de l'Italie, de la France, de la Belgique, etc.

 

Ici, au Québec, monsieur Claude Fournier, directeur général de la conservation, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, a répondu à notre demande d'appui en nous adressant une lettre dans laquelle on peut lire : «Votre projet, qui présente beaucoup d'intérêt, vise à répondre à des besoins réels dans le monde de l'édition». Mais monsieur Fournier a refusé la reproduction de sa lettre sur notre site.

 

Il en va de même avec madame Hélène Bernier, directrice des arts visuels, des arts médiatiques et de la littérature, Conseil des arts et des lettres du Québec, qui répond en ces mots à notre lettre de demande d'appui : «D'entrée de jeu, permettez-moi de vous féliciter pour une telle initiative : le milieu des lettres ne peut que profiter de telles perspectives de promotion et diffusion. Qui plus est, l'accent que vous semblez mettre sur la relève est tout aussi prometteur. (...), je vous réitère toute mon admiration pour votre entreprise et vous souhaite le plus grand succès.» Madame Bernier a refusé la reproduction de sa lettre sur notre site.

 

Pourquoi ces organismes gouvernementaux québécois refusent-ils que leurs appuis deviennent publics ? Parce qu'ils veulent éviter la controverse. Appuyer publiquement l'émergence de l'édition en ligne au Québec a tout pour susciter la controverse... dans le système. Alors, aussi bien éviter le sujet à l'avenir. Et cela perdure depuis plus de cinq ans. Un silence pesant d'où vient de sortir un «Je ne crois pas à la révolution», sans doute à la satisfaction de tous les gens... dans le système.

 

Le malheur, c'est que tant et aussi longtemps que le gouvernement du Québec ne se penchera pas sur l'édition en ligne et l'impression à la demande, le Québec continuera à prendre du retard dans ce domaine.

 

 

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

 

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