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Le
manque de respect
de la
nétiquette de courrier électronique se
généralise
au
Québec
Le courrier
électronique ne semble pas avoir une
grande valeur au Québec puisque
plusieurs personnes et organisations ne
se donnent pas la peine d'accuser
réception et de répondre aux courriels
qu'ils reçoivent. |
Un auteur français me lance un S.O.S. par
courriel au sujet du suivi des ventes de son livre édité par une maison
d'édition d'Ottawa. Fidèle à la
nétiquette adoptée par la Fondation littéraire Fleur de Lys lors de sa
création en 2003, je lui réponds. Et il m'envoie un second courriel
m'informant que je suis le seul ayant accusé réception et ayant répondu à
son courriel parmi des dizaines d'envois aux maison d'édition québécoises.
La situation n'a rien d'étonnant. Au Québec, le courrier électronique ne
semble pas avoir une grande valeur et dans plusieurs cas on peut même parler
d'une valeur négative; le courrier électronique agace.
Un journaliste montréalais auquel j'adresse mes communiqués de presse par
courriel (deux ou trois par année) cesse soudainement de me répondre. Je lui
téléphone pour m'enquérir de la réception de mon dernier communiqué de
presse, il me répond qu'il l'a reçu mais qu'il n'a pas le temps d'accuser
réception de tous ses courriels parce qu'il en reçoit trop. Est-ce que le
nombre de courriels reçus doit en diminuer la valeur ? Non, du moins selon
la nétiquette proposée lors du lancement de l'Internet commercial.
Un grand magazine québécois répond à mes courriels par un «Non lu» depuis
plus de 5 ans. Ma patience épuisée, je téléphone à ce magazine pour savoir
pourquoi il ne lise pas mes courriels. La réceptionniste, également
responsable de la réception des courriels, me répond qu'elle lit tous les
courriels. En revanche, elle ne sait pas que son logiciel de courrier
électronique renvoie un «Non lu» lorsqu'elle se limite à la lecture d'un
courriel dans la fenêtre d'affichage au lieu de cliquer sur le titre du
message pour l'ouvrir à l'écran. Ici, les courriels n'ont pas suffisamment
de valeur pour s'assurer du message de retour à l'expéditeur, un autre
manque à la nétiquette de courrier. Il en était ainsi depuis cinq ans.
Pendant ce temps, un personnel de la direction de ce grand magazine animait
des conférences sur l'avenir des magazines à l'ère du numérique.
Il y a deux ans, le ministère de la culture, des communications et de la
condition féminine du Québec a retiré de son site Internet l'annuaire de ses
employés. Impossible de rejoindre un fonctionnaire en particulier. Et à la
ville de Montréal, impossible d'obtenir l'adresse de courrier électronique
d'un employé en particulier, pas même celui responsable de son dossier.
Récemment, nous avons édité une oeuvre du domaine public,
Voyage au Canada, pour laquelle nous cherchions des illustrations. Une
association basée dans la ville de Québec affichait sur son site web des
photographies parfaites pour notre livre. Aucune réponse au premier
courriel. Aucune réponse au deuxième courriel. Aucune réponse au troisième
courriel. Un long silence de trois semaines. Je trouve une association
similaire aux États-Unis avec des ressources photographiques qui font aussi
notre affaire. Nous envoyons un courriel et nous obtenons une réponse dans
les 48 heures. L'affaire sera conclue en moins d'une semaine.
Toutes raisons évoquées ici et là pour justifier l'absence d'accusé de
réception et de réponse au courrier électronique contreviennent à la
nétiquette.
Le courrier électronique est une communication au même titre que toutes les
autres types de courriers. Ne pas accuser réception ou ne pas répondre à un
courriel est un manque flagrant de politesse envers l'expéditeur.
Évidemment, on saura me rappeler les «spams», ces courriels publicitaires
non désirés, qui frustrent tout le monde branché mais ce n'est pas encore là
une raison pour déprécier l'ensemble du courrier électronique que l'on
reçoit.
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
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