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Article mis en ligne le 18 juin 2009

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Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

contact@manuscritdepot.com

Le corporatisme

littéraire québécois
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Au cours des cinq dernières années, j'ai sévèrement critiqué les différentes corporations de la chaîne québécoise du livre au sujet de leurs rapports avec le développement d'un tout nouveau monde du livre sur le web et les nouvelles technologies en général.

 

Définition de «corporatisme»

 

Pourquoi ces critiques ?

 

Il y a une seule raison à la base de mes critiques : l'accueil mitigé du projet d'édition en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys par les corporations littéraires. Lors du lancement du projet en juin 2003, j'ai adressé une lettre personnalisée à chacune des corporations dans le but d'obtenir leur appui. L'Association nationale des éditeurs de livre (ANEL) et l'Association des libraires du Québec (ALQ) n'ont jamais répondu à ma lettre, pas même un simple accusé de réception. L'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) répondra par un appel téléphonique de son avocat. Quand on souhaite entreprendre une communication avec un nouveau venu, il n'y a rien de plus négatif que de confier le premier contact à son avocat. Une lettre de l'Uneq viendra quatre mois plus tard en soutenant qu'elle «s'est toujours gardée de promouvoir quelque éditeur que ce soit». Ainsi, même si notre projet était unique au Québec et qu'il méritait à ce titre quelques encouragements, l'Uneq traite la Fondation littéraire Fleur de Lys comme tout autre éditeur. Le Conseil des arts et des lettres du Québec et la Bibliothèque et archives nationales du Québec répondront chacun par une lettre soulignant l'intérêt du projet mais ces deux institutions gouvernementales refuseront que nous les rendions publique sur notre site web. Pour sa part, la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) a répondu à l'annonce de notre projet en soutenant que «s'il n'y a pas de maison d'édition en ligne au Québec, c'est parce qu'il n'y a pas de demande». Enfin, l'Association des Bibliothèques publiques du Québec (BPQ) nous a répondu en nous référant à notre Chambre de commerce, ce qui m'a laissé et me laisse encore bouche bée.

 

Jamais en plus de 25 ans de carrière en communication un de mes projets se voyait ainsi accueilli par les corporations concernées. Ce fut pour moi un véritable choc culturel vécu comme une cassure voire un deuil de l'esprit d'entrepreneurship québécois du «Québec Inc.» des années 80. À cette époque l'esprit d'entrepreneurship était «populaire», c'est-à-dire qu'on accueillait les projets provenant de tous les Québécois avec une attitude d'ouverture. Tous pouvaient participer au développement du Québec. Mais dix ans plus tard, suivant l'accueil réservé au projet de la Fondation littéraire Fleur de Lys en 2003, je constatais à la dur que l'esprit d'entrepreneurship reconnu était désormais l'affaire des corporations déjà établies. Or, le projet de la Fondation littéraire Fleur de Lys ne provenait d'aucune corporation; il était l'oeuvre d'un nouveau venu, d'un «outsider», comme disent les Américains. Il fut donc accueilli comme un chien dans une salle de quilles ou comme un cheveux dans la soupe par les corporations en place.

 

Je ne me serais pas formaliser d'un tel accueil si j'avais été millionnaire. Mais ce projet d'édition en ligne était lancé avec 200.00$ et il avait besoin de la caution des corporations en place pour prendre son envol. En effet, je comptais sur l'appui moral du milieu à défaut de disposer de argents nécessaires à la promotion du projet. C'est ce que nous, les jeunes dans la vingtaine au cours des années 80, faisions pour lancer un projet. L'appui moral du milieu concerné par notre projet nous donnait la poussée utile au démarrage. J'ai constaté avec stupéfaction que cette solidarité populaire des années 80 venait de s'éteindre à jamais au profit de la solidarité corporative caractérisée par sa politique d'exclusion des nouveaux arrivées provenant de l'extérieur de leur sphère.

 

Dès lors je me suis permis de critiquer sévèrement ces corporations.

 

 

1,000 $ à la poubelle

 

Récemment (printemps 2009), la Fondation littéraire Fleur de Lys a produit, imprimé et posté une pochette d'information aux bibliothécaires de la grande région de Montréal pour annoncer sa conférence «Le nouveau monde du livre». Coût de l'opération : 1,000$. Accusé de réception des bibliothécaires : un seul ! Pourtant, chaque pochette était accompagnée d'une lettre personnalisée au nom de chaque bibliothécaire. La seule et unique réponse obtenue provenait d'une bibliothécaire très enthousiasme, au point où se ferait notre porte-parole auprès d'autres bibliothécaires. Puis, plus rien. Et pas de retour d'appel. Enfin, lors d'un appel téléphonique, je constate que l'enthousiasme de la bibliothécaire a fondu comme neige au soleil. Et à la question «Pouvons-nous communiquer avec les autres bibliothécaires ?», elle me répondra par un «non» catégorique. L'attitude et les propos de cette bibliothécaire me confirment que je suis ni plus ni moins que «Persona non grata» (personne n'étant pas la bienvenue) dans le réseau des bibliothèques municipales de la ville de Montréal. Personne n'a retourné mon appel téléphonique à un membre de la haute direction du réseau.

 

Personnellement, j'ai toujours cru que les bibliothécaires étaient indépendants et libres penseurs. Ce n'est plus le cas, du moins de ceux au service du réseau des bibliothèques de la Ville de Montréal. Ailleurs en province, je ne sais pas mais je n'ai toujours pas eu de réponse à mes courriels.

 

 

«Révolté, rebelle, résistant, combattant,...»

 

Au début du mois de juin 2009, j'ai appris par le biais d'une relation bien placée que le milieu corporatif littéraire me qualifiait péjorativement de «révolté, rebelle, résistant, combattant» et autres noms du même acabit. Il s'agit là de l'expression la plus évidente de la politique d'exclusion du corporatisme littéraire québécois.

 

Malheureusement pour ces corporations et le Québec, un fait demeure : la lumière entre par les failles ou, si vous préférez, la lumière provient toujours de l'extérieur. Or, les corporations ont tendance de colmater chaque faille dès son apparition. Selon moi, ce corporatisme retient le Québec prisonnier dans son giron et le prive des lumières utiles à son développement dans plusieurs domaines. Autant les corporations ont contribué au développement du Québec dans le passé, autant elles le freinent aujourd'hui pour le seul et unique profit de leurs membres. Si vous ne faites par partie d'une corporation ou si aucune corporation ne vous reconnaît, vous êtes confinés dans un coin. Et si jamais vous ripostez, vous devenez vite le grain de sable dans l'engrenage et elles vous étiquettent de révolté comme on marque le bétail au fer rouge.

 

 

Le Québec ne fait pas exception

 

Le Québec ne fait pas exception doit-on conclure à la lumière des suites de la condamnation d'Amazon.fr en décembre 2007 sur une plainte du Syndicat de la librairie française au sujet de la gratuité du port de livres vendus en ligne sur le web. Lorenzo Soccavo, prospectiviste de l'édition, intitulera son billet rapportant l'affaire : «Corporatisme et conflits d’intérêts seraient-ils des freins à l’avenir du livre ?». Le quotidien Le Monde venait alors de publier l'opinion de l'historien Thierry Wolton sous le titre : «Les libraires contre Internet».

 

 

L'avenir entrepreneurial du Québec

 

Il fut un temps où le gouvernement du Québec devait s'impliquer dans la naissance et la reconnaissance des corporations professionnelles. Aujourd'hui, il doit se rendre à l'évidence que plusieurs corporations appliquent ouvertement et en toute impunité une politique d'exclusion, notamment dans le domaine littéraire.

 

L'efficacité d'un gouvernement se fonde sur une offre de services rejoignant le plus grand nombre de citoyens, comme le laissait clairement entendre le Premier ministre québécois Jean Charest en réponse à une dame lui expliquant son cas particulier l'excluant des services de garde subventionnés. Je ne suis pas d'accord avec cette approche du plus grand nombre car elle laisse définitivement à eux-mêmes les cas particuliers.

 

Dans le cas de l'entrepreneuship, il n'est pas question du plus grand nombre mais d'une multitude de cas particuliers. L'entrepreneur ne fait pas partie du plus grand nombre et sa situation est aussi particulière que lui-même. Malheureusement, le corporatisme sévit aussi dans le milieu de l'entrepreneurship québécois. Si votre projet est innovateur et ouvre une nouvelle avenue tout en heurtant bien malgré vous les corporations en place, vous avez très peu de chance d'obtenir une aide gouvernementale et de réussir.

 

Maintenant que le plus grand nombre a droit aux services et à l'aide gouvernementale demandés, le gouvernement doit se pencher sur les cas d'exception et les exclus. Pourquoi ? Parce que si l'innovation demeure avant tout une oeuvre individuelle et d'exception, elle profite le plus souvent à un grand nombre de citoyens. L'avenir de l'innovation ne se joue pas uniquement au sein de nos industries et corporations, mais aussi dans les sous-sols de simples citoyens... d'exception ! Le web en une preuve flagrante et le gouvernement du Québec à l'obligation de s'adapter !

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

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