Accueil

Librairie

Édition

Actualité

Conférences

Nous

Contact

Recherche

RSS

Plan du site

Le magazine en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys

Menu ci-dessous

Accueil

Actualités

À lire sur Internet

À ne pas manquer

Dossiers

Chaîne YouTube

RSS

 

 

 

Article mis en ligne le 6 novembre 2009

[ Retour à la page d'accueil du magazine ]

 

Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

contact@manuscritdepot.com

Élection 2009 à la présidence
de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec

-

-

Un candidat s'en prend à la «multiplication des blogueurs et autres «journalistes citoyens»

-

Dans son programme électoral, le journaliste et candidat à la présidence de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec ( FPJQ ), Martin Bisaillon écrit :

 

 «Les journalistes qui se présentent avec moi entendent maintenir cette neutralité comme valeur absolue. En revanche, nous ne pouvons pas ignorer la réalité qui nous heurte. Cette réalité est sombre : salles de presse atrophiées, lock-out ou menaces de lock-out, multiplication des blogueurs et autres «journalistes citoyens», banalisation de l’information au point d’en faire un objet de consommation.» (Source)

 

En inscrivant la «multiplication des blogueurs et autres journalistes citoyens» dans la sombre réalité qui heurte les journalistes professionnels en cette crise des médias, Martin Bisaillon n'aide en rien sa cause, surtout lorsqu'il parle de démocratie : «Comme professionnels engagés à promouvoir notre métier, notre devoir est de faire comprendre aux grands groupes de presse, aux pouvoirs politiques et à la population en général notre valeur et notre importance dans la préservation de la démocratie.» Or, les blogueurs et les autres journalistes citoyens font désormais partie de l'exercice démocratique au sein de notre société. Ils exercent leur droit à la liberté d'expression et on ne peut que les encourager à poursuivre leur démarche tout en invitant le plus grand nombre à se joindre à la cohorte. Plus il y aura de citoyens exerçant leur droit à la liberté d'expression, mieux se portera la démocratie. (Source)

 

Le journaliste professionnel doit considérer la multiplication des blogueurs et autres «journalistes citoyens» comme une occasion en or, unique en son genre depuis des décennies. En effet, jamais le journaliste professionnel n’aura eu droit à autant de points de vue du bon peuple aussi facilement. Les blogueurs et autres «journalistes citoyens» ne sont pas des compétiteurs des journalistes professionnels mais des collaborateurs potentiels voire des acteurs incontournables de l'actualité à interviewer le temps venu.

 

Pourquoi le prétendant à la président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec voit-il les blogueurs et autres «journalistes citoyens» comme une tare ? Or, les blogueurs et autres journalistes citoyens ne diminuent en rien la valeur des journalistes professionnels. Au contraire, ils la mettent en perspective, ce qui est impossible en situation de monopole de la liberté d'expression. Le journaliste professionnel doit prendre conscience du privilège dont il jouit dans l'exercice indépendant de sa liberté d'expression «professionnelle». Car au-delà de sa mission première, informer, c'est avant tout un privilège qu'on lui accorde, celui d'être parmi ceux et celles qui jouissent d'une tribune publique médiatique pour informer la population. Rares sont ceux et celles qui bénéficient d'une telle portée au sein de notre société. Dans ce contexte, que des blogueurs et des «journalistes citoyens» se donnent eux aussi une tribune publique, ce n'est pas une tare mais une avancée importante dont nous devons tous nous réjouir.

 

Évidemment, on saura me signaler que ce n'est pas uniquement une affaire de liberté d'expression mais aussi et surtout de qualité de l'information, d'amateurs et de professionnels. À ce que je sache, les blogueurs et les journalistes citoyens ne prétendent pas être des professionnels de l'information. Leur présence permet la comparaison. On ne mesure pas la valeur de quoi que ce soit sans comparaison. Avant l'arrivée des blogueurs et des journalistes citoyens, on s'arrêtait à comparer les journalistes professionnels entre eux, un exercice très difficile pour la population à moins d'être soi-même l'une des sources d'information en cause. Aujourd'hui, nous disposons d'une autre échelle : l'amateur et le professionnel de l'information et/ou de l'opinion (chroniques, éditoriaux).

 

La population a désormais le choix. Et personne ne peut le voir autrement qu'un «libre choix». Le journaliste professionnel doit comprendre qu'il ne peut pas forcer la population à s'informer uniquement auprès de lui et de ses pairs. Il y a des gens qui préfèrent tel ou tel amateur à tel ou tel professionnel de l'information. Le choix est libre et tout à fait personnel. Le monopole de l'information par les journalistes professionnels n'existe plus.

 

Vient la question de l'éducation aux médias au sien de la population en vue de lui permettre d'effectuer ce choix, libre et personnel, de façon éclairée. Mais cette éducation aux médias ne doit pas être biaisée en vue de faire ressortir gagnants les seuls journalistes professionnels. L'éducation aux médias se caractérise par sa neutralité. On enseigne le fonctionnement des médias (traditionnels et citoyens) et la population peut ainsi apprécier l'information, argumenter sa critique, et faire les choix qui s'imposent selon les règles reconnues et... ses valeurs personnelles. On n'en sort pas, le jugement de l'information par la population demeurera toujours fondé en partie sur ses valeurs personnelles. Tout ce que nous pouvons faire, c'est de rendre la population plus consciente des tenants et aboutissants de ses valeurs et des règles reconnues. Mais on ne peut pas espérer que la population se prononce sur l'information comme le fait un professeur en journalisme. Ce n'est pas son rôle.

 

Enfin, Martin Bisaillon croit que «personne n’est mieux placé qu’un journaliste pour faire valoir l’importance de la qualité et de la diversité des sources d’information dans une société démocratique» (Source). Pour justifier son point de vue, il s'en prend aux financiers, aux analystes économiques et aux universitaires qu'il dit moins informés au sujet de cette crise des médias: «Cette crise touche tous les journalistes, qu’ils soient cadres, pigistes ou employés. Nous croyons qu’il nous incombe de défendre notre profession en faisant entendre plusieurs voix. Les financiers, les analystes économiques ou les universitaires ne sont pas mieux informés que nous pour en parler, bien au contraire. Malheureusement ils ont occupé le haut du pavé depuis le début de ce que l’on nomme «la crise des médias». Personne n’est mieux placé qu’un journaliste pour faire valoir l’importance de la qualité et de la diversité des sources d’information dans une société démocratique. Comme professionnels engagés à promouvoir notre métier, notre devoir est de faire comprendre aux grands groupes de presse, aux pouvoirs politiques et à la population en général notre valeur et notre importance dans la préservation de la démocratie.» (Source)

 

Cette attitude à l'effet qu'on voit mieux les choses de l'intérieur que de l'extérieur vient de très loin. On peut même remonter dans le temps jusqu'à 427 ans avant Jésus-Christ, à l'époque où Platon exposait l'allégorie de la caverne dans le Livre VII de La République. En voici le résumé :

 

Dans une demeure souterraine, en forme de caverne, des hommes sont enchaînés. Ne nous ressemblent-ils pas ? Ils n'ont jamais vu directement la lumière du jour, dont ils ne connaissent que le faible rayonnement qui parvient à pénétrer jusqu'à eux. Des choses et d'eux-mêmes, ils ne connaissent que les ombres projetées sur les murs de leur caverne par un feu allumé derrière eux. Des sons, ils ne connaissent que les échos.

 

Que l'un d'entre eux soit libéré de force de ses chaînes et soit accompagné vers la sortie, il sera d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l'on veut lui montrer. Alors, Ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure ? S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir le monde dans sa réalité. Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : ne le tueront-ils pas ?
 

Source

 

 

Le journaliste Matin Bisaillon ne peut pas affirmer «personne n’est mieux placé qu’un journaliste pour faire valoir l’importance de la qualité et de la diversité des sources d’information dans une société démocratique» parce qu'il est dans le feu de l'action jusqu'au cou, lui-même victime de cette crise des médias à titre de journaliste en lock-out du Journal de Montréal depuis un peu plus d'un an et qu'il exerce depuis sa profession dans un journal en ligne sur Internet, RueFrontenac.com. Il n'y a rien de pire que chercher à analyser sa situation lorsqu'on est ainsi dans le feu de l'action. De trop nombreux biais trompent l'analyse et la perception de la réalité.

En fait, la population, y compris les blogueurs, les journalistes citoyens, les financiers, les analystes économiques et les universitaires, se trouve dans une meilleure position pour comprendre parce qu'il ont le privilège de pouvoir observer de loin ce qui se passe dans les médias. En critiquant ainsi les membres les plus actifs dans le domaine de l'information au sein de la population, le journaliste Martin Bisaillon se tire dans le pied. Il ne peut pas réclamer de leur part compréhension et appui, si ce n'est la menace qui pèse sur son emploi et celui de ses pairs. Mais, ça s'arrête là.

 

Monsieur Bisaillon est aveuglé par le corporatisme dont il fait preuve en attribuant aux journalistes professionnels le monopole de «l’importance de la qualité et de la diversité des sources d’information dans une société démocratique». Les attitudes du type «Moi et ma bande» ne sonnent pas comme rassembleuses aux oreilles des blogueurs et des journalistes citoyens, les meilleurs alliés potentiels à sa cause, qu'il vient malheureusement de s'aliéner.

 

 

À LIRE SUR CE SITE :

 

Dossier : Élection 2009 à la présidence

de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec

 

La neutralité du président sortant pointée du doigt par les deux candidats

 

Un candidat s'en prend à la «multiplication des blogueurs et autres «journalistes citoyens»

 

Le radicalisme du journaliste Martin Bisaillon, candidat à la présidence de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, faire craindre le pire pour la crédibilité de l'organisme de défense de la liberté de presse et du droit public à l’information

 

François Bourque, président sortant de la FPJQ donne son appui à François Cardinal et dénonce l'approche syndicaliste de Martin Bisaillon

 

Le journaliste Martin Bisaillon se retire de la course à la présidence de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec

 

Le «clan Bisaillon» remporte la présidence de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec avec Brian Myles

 

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Téléphone : 581-988-7146 (Lévis, Québec)

Courriel : contact@manuscritdepot.com



ADRESSE POSTALE
Fondation littéraire Fleur de Lys,
31, rue St-Joseph,
Lévis,
Québec,
Canada.
G6V 1A8

ADRESSE ÉLECTRONIQUE
contact@manuscritdepot.com 

SITE INTERNET
http://www.manuscritdepot.com

 

Partager ce communiquer de presse avec vos contacts sur Facebook

 

 Partager sur Facebook

 

Commenter ce communiquer de presse

 

contact@manuscritdepot.com

 

 

Référencement

 

 Communiques de presse

 

Article mis en ligne le 6 novembre 2009

[ Retour à la page d'accueil du magazine ]

 

PUBLICITÉ

-

 

-

 

 

© 2009 Fondation littéraire Fleur de Lys, 31, rue St-Joseph, Lévis, Québec, Canada. G6V 1A8 Tél.: 581-988-7146
 

Le présent site est géré par la Fondation littéraire Fleur de Lys inc.
La Fondation littéraire Fleur de Lys décline toute responsabilité quant au contenu des autres sites auxquels elle pourrait se référer.