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Article mis en ligne le 8 novembre 2009

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Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

contact@manuscritdepot.com

Le modèle économique de la nouvelle chaîne «industrielle» du livre numérique

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Cette semaine (jeudi, 5 novembre 2009), Charles Kermarec, président directeur général de la librairie indépendante française Dialogues, dénonçait dans son billet Contrats d'iboukes publié dans son carnet le contrat proposé par les e-distributeurs au e-libraires. Le webzine littéraire ActuaLitté.com a fait écho à ce billet dans un article intitulé Les libraires, oubliés de l'économie des livres numériques signé par Mario Geles, journaliste responsable des nouvelles «Littérature et édition».

 

Au cours des année 90 se développe un tout nouveau monde du livre, numérique celui-là, et plusieurs experts revisitaient alors la chaîne traditionnelle du livre en annonçant la disparition de quelques maillons. Par exemple, on prévoyait que l'auteur autoédité pourrait désormais offrir ses livres directement aux lecteurs grâce au web. Venait donc de disparaître : l'éditeur, le distributeur et le libraire. D'autre prévoyaient que l'éditeur demeurerait en place mais qu'il vendrait lui-même ses livres sur son site web, reléguant aux oubliettes les distributeurs et les libraires. Bref, dans nouveau monde du livre numérique, on se retrouverait avec chaîne du livre plus courte voire simplifié.

 

Les observateurs commencèrent dès lors à parler d'un «nouveau modèle économique» pour la chaîne du livre étant donné la suppression de quelques maillons. Par exemple, l'éditeur vendant lui-même ses livres à partir de son site Internet, n'aurait plus à partager avec un distributeur et des libraires, ce qui lui permettrait d'augmenter sa part et celle de l'auteur. Plusieurs éditeurs exclusivement numériques apparurent et offrirent aux auteurs une redevance s'élevant jusqu'à 70% du prix de vente. En revanche, le prix de vente de l'exemplaire numérique (PDF) étant très inférieur à un exemplaire papier traditionnel, l'auteur n'enregistrait pas nécessairement une augmentation de ses revenus. L'étude marché réalisée en 2002-2003 pour le projet de la Fondation littéraire Fleur de Lys témoigne de cette époque.

 

Aujourd'hui, la redevance offerte à l'auteur est revenue aux traditionnels 10% chez la très grande majorité des éditeurs, peu importe le support du livre, numérique ou papier, et les coûts de production. En fait, les économies réalisées par l'éditeur avec une chaîne du livre sans distributeur et sans libraires trouvent d'autres usages que la hausse des redevances à l'auteur.

 

Il faut mentionné que l'éditeur en ligne ou cyberéditeur ne reçoit aucune aide financière gouvernementale contrairement à l'éditeur traditionnel, du moins au Canada. Il doit donc assumer la totalité des coûts et les économies d'une chaîne du livre raccourcie viennent compenser en partie cette absence d'aide gouvernementale. Parfois même, ces économies ne sont pas suffisantes, comme c'est le cas avec la Fondation littéraire Fleur de Lys, pionnier québécois de l'édition en ligne avec impression papier et numérique à la demande, qui se voit forcée de demander une contribution financière à l'auteur pour l'édition de son livre et d'imposer aux lecteurs un prix fixe de 24.95$ pour tout exemplaire papier et de 7.00$ pour l'exemplaire numérique. L'impression à la demande, c'est-à-dire d'un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur, n'est pas encore une réalité au Québec. La production à la demande demeure artisanale et requiert souvent plus d'un fournisseur, par exemple un imprimeur et un relieur, ce qui efface toutes possibilités d'économie d'échelle contrairement à la production industrielle.

 

Il n'en demeure pas moins qu'un tout nouveau monde du livre a vu le jour depuis les années 90 et persiste encore aujourd'hui. Son organisation et sa production relèvent davantage du mode artisanale qu'industriel et c'est ce qui lui donne tout son charme.

 

Quant à l'autre monde du livre, le monde traditionnel du livre, il se lance également à la conquête du numérique mais conserve dans la très grande majorité des cas tous les maillons de la chaîne du livre. Rien n'empêche les éditeurs traditionnels les plus audacieux d'ajouter sur leurs sites web la vente directe de livres aux lecteurs. Mais ces éditeurs traditionnels, industriels, se sauraient pas vivre uniquement des ventes sur leurs sites web. Ils dépendent tout de même de la chaîne traditionnelle du livre, notamment des maillons de la distribution et de la vente en librairies.

 

En ajoutant les exemplaires numériques à leurs exemplaires papier, le monde traditionnel du livre se voit confronté à une autre version de leur chaîne du livre, une version virtuelle, c'est-à-dire aux distributeurs et aux libraires virtuels, ici nommés e-distributeurs et e-libraires par association avec e-books. Un éditeur peut toujours faire lui-même le tour des librairies virtuelles pour offrir les livres de son catalogue mais encore faut-il qu'il dispose des ressources humaines et des connaissances pour ce faire. Plusieurs confient alors ce travail web à un e-distributeur, comme ils le font dans le monde traditionnel du livre en retenant les services de distributeurs.

 

Or, Charles Kermarec, président directeur général de la librairie indépendante française Dialogues nous apprend que les contrats proposés par les e-distributeurs aux libraires traditionnels pour la vente d'exemplaires numériques (en librairie et sur leurs sites web) viennent complètement chambouler le rôle du libraire. Par exemple, le e-distributeur exige du librairie une présentation intégrale de son offre sur son site web. Le libraire n'a pas le droit de faire une sélection et n'a pas le droit non plus de faire la promotion d'un titre plus qu'un autre.

 

● Sélection

 

Dans «l’état actuel de la chaîne numérique» le site internet du libraire (libraire ?) «affiche les produits».


Le libraire ne sélectionne rien. Ne fait pas de choix. Il affiche. Intégralement. «La totalité des items numériques». Et «la politique que la Librairie met en application en sa qualité de mandataire pour l’Offre Numérique» du e-distributeur «est intégralement et exclusivement celle communiquée par» le e-distributeur «en particulier en ce qui concerne : la liste des items numériques…». Pour tel autre e-distributeur «le LIBRAIRE présentera l’intégralité de l’offre numérique du DIFFUSEUR». Pour le troisième c’est pareil.


Ainsi il est interdit à www.librairiedialogues.fr de proposer sur son site une offre qui serait différente de celle que pourrait proposer www.ombres-blanches.fr, de celle que pourrait proposer Auchan, Carrefour ou Amazon. Un libraire c’est un écran de 15 ou 17 pouces. Celui du client.

 

● Conseil

 

A défaut d’avoir contractuellement le droit de sélectionner « les produits » ou « les items » le libraire a-t-il au moins celui de conseiller des livres numériques ? Que nenni. Le libraire ne peut en effet « en aucun cas conduire de sa propre initiative des opérations promotionnelles, de quelque nature que ce soit, sur les Œuvres Numériques ».

 

 

Source : Contrats d'iboukes, carnet de Charles Kermarec, président directeur général de la librairie indépendante française Dialogues.

 

 

Au sujet de la ristourne aux libraires, «En ce qui concerne le papier, elles sont généralement de 35 à 37%. Or en matière d'ebooks, elles ne sont plus que de 21 à 25%» résume Mario Geles, journaliste responsable des nouvelles «Littérature et édition» dans son article Les libraires, oubliés de l'économie des livres numériques au sujet du billet de Charles Kermarec.

 

Pour ce service après vente, pour l’encaissement et « la présentation des produits » la rémunération prévue par Numilog c’est 21%, par Eden Livres c’est, pour la première année, 25%, et par Editis c’est 25%.


Reste pour le e-distributeur 30 à 35% de marge. Pour construire une informatique qui n’est pas plus sophistiquée que celle du e-revendeur.

 

 

Source : Contrats d'iboukes, carnet de Charles Kermarec, président directeur général de la librairie indépendante française Dialogues.

 

 

Charles Kermarec ne parle plus d'un «libraire» mais d'un «service après-vente» puisque le e-distributeur impose sa présentation des produits sur le site web du libraire. Autrement dit, le site web du libraire devient ni plus ni moins qu'une extension de la base de données du e-distributeur. Et nous avons exposé en ces pages le risque de perte de contrôle qu'une telle e-distribution peut engendrer avec notre dossier révélant l'Affaire Pierre Puccio.

 

Selon Charles Kermarec, on ne peut pas opérer une librairie à moins de 30% de remise. Il mentionne que dans le monde du livre papier, la ristourne du libraire oscille entre 35 à 37% (au Québec, la remise est au libraire est de 40%).

 

En matière de e-books le e-distributeur prélève à l’éditeur, pour ce que j’en sais, la même somme que le distributeur traditionnel s’agissant de livres Gutenberg (lire: livre papier traditionnel)* : environ 55%.


S’agissant de distribuer des livres « papier » le distributeur conserve par devers lui 18 à 20% qui servent à confectionner des paquets-ficelle, émettre des factures et les recouvrer, payer le diffuseur… Il ristourne donc au libraire (qui ne roule pas sur l’or) 35 à 37% qui servent principalement à payer son travail de sélection (ou celui de ses collaborateurs), de conseil, plus généralement de service, qui servent aussi à payer le transport, la manutention, le stockage, l’encaissement.

 

Je me souviens d’Olivier Pujol, le brillant polytechnicien qui dirigeait Cytale* (entreprise qui produisit le premier livre électronique français et qui a fermé ses portes en 2002 après deux ans d'expérimentation)* vers l’an 2000. Quand je lui expliquais qu’on ne pouvait faire tourner une librairie à moins de 30% de remise il me décortiquait la «chaîne de valeur» : le coût de la carte bancaire c’est tant, le coût de la caissière c’est tant, le coût du transport c’est tant, etc. J’enlève le transport disait-il, j’enlève le loyer, j’enlève la caissière, mais je garde la carte bancaire, calculez, vous voyez bien : 22% ça vous suffit. Je me souviens lui avoir répondu par ce dicton américain des affaires : «you pay peanuts you get monkeys» (seules les personnes stupides travaillera pour vous si vous ne payez pas grand-chose)*.

 

 

Source : Contrats d'iboukes, carnet de Charles Kermarec, président directeur général de la librairie indépendante française Dialogues.

 

* Les notes en rouge et les liens hypertextes sont ajoutés par nous

 

 

Bref, le e-distributeur offre aux libraires une remise pour l'exemplaire numérique bien inférieure à celle offerte par le distributeur du bon vieux livre papier.

 

À mon avis, la situation découle du caractère industriel de la chaîne du livre. Comme dans toute autre industrie, chacun veut tirer le maximum de profit de l'autre en jouant sur sa spécialisation et les lois du marché. L'industrie traditionnelle du livre transpose dans le monde du numérique ce qu'elle vit dans le monde du papier. Au final, elle perd tous les avantages du virtuel, notamment les économies réalisables.

 

Au Québec, Gilles Herman, éditeur et directeur aux éditions du Septentrion, nous parle d'une économie globale de «grosso modo 35%» mais s'empresse d'ajouter que «les frais fixes restent les mêmes».

 

«Au final quels coûts ont été épargnés ? 20 % chez l'imprimeur, 5 % chez le distributeur, 10 % chez le libraire. Grosso modo 35 %. Les frais fixes restent les mêmes. Remplacez mise en pages par programmation pour réaliser les fichiers epub. Connaissez-vous les tarifs des programmeurs ? Si c'est non, vous êtes chanceux !»

 

 

Source : Le livre numérique [2] : Le prix, carnet de Gilles Herman, éditeur et directeur aux éditions du Septentrion

 

 

 

En conclusion

 

Je préfère demeurer un simple artisan.

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

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