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Camerounaises, Camerounais, Chers
compatriotes,
Voici venu le moment, après des années
de réflexion et de travail, entouré par
les femmes et les hommes de ce pays, de
me présenter à vous comme candidat aux
prochaines élections présidentielles.
Durant les trois dernières années j’ai
sillonné le Cameroun du Nord au Sud de
l’Est à l’Ouest de manière particulière,
j’ai observé et écouté, oui beaucoup
écouté – j’ai aussi pris des notes lors
de nos rencontres. Ce que vous m’avez
dit, ce que vous m’avez apporté me
permet aujourd’hui de proposer à
l’ensemble du pays un programme
politique cohérent, ambitieux et
réaliste. J’ai sondé le Cameroun des
campagnes et des villes, le Cameroun des
paysans, agriculteurs et éleveurs. Le
Cameroun des villes, celui des chômeurs,
ceux-là même que la société a laissé au
bord du chemin sans aucune autre
alternative que de se regarder ronger
par la pauvreté et un horizon sans rêve.
Le Cameroun des fonctionnaires, ceux
dont le salaire est aujourd’hui non pas
un mérite mais une faveur que l’Etat
leur accorde. Le Cameroun des petits
vendeurs, des « bayamselam ». Le
Cameroun des femmes et hommes d’affaires
qui voient un jour leur chiffre
d’affaire péricliter à cause d’ un Etat
aux institutions chaque jour en
déliquescence, porté par une classe
dirigeante égoïste et en panne d’idées.
J’ai aussi rencontré un autre Cameroun,
celui des femmes et des hommes qui
s’interrogent au quotidien sur le
devenir de leur progéniture, ce Cameroun
qui pense plus que jamais que voici le
moment de nous tourner résolument vers
la prise en main de notre destin et du
Cameroun tout entier. L’élection
présidentielle est, pour chaque peuple
et dans tous les pays du monde,
l’occasion de refonder le pacte
républicain, de sceller une alliance
entre le monde politique et l’ensemble
de la population.
J’annonce avec plusieurs mois d’avance
ma candidature :
Premièrement parce que le calendrier
électoral n’existe pas dans notre pays.
Deuxièmement, et c’est la raison
principale, il y a tout à refaire dans
notre pays ; c’est pourquoi j’ai besoin
que chaque Camerounais puisse avoir mon
programme, que vous puissiez juger s’il
est fidèle à nos échanges et à nos
aspirations communes. L’avenir de
plusieurs générations de Camerounais
dépend en grande partie de ce qui va
sortir des urnes.
J’ai entendu vos appels et votre
souhait, j’ai compris que ce dont les
Camerounais ont besoin ce n’est pas d’un
candidat à la présidence dont la
candidature est portée par les ancêtres,
nous savons où nous a déjà conduit un
tel Président. L’élection présidentielle
au Cameroun, vu l’ampleur de la tâche
qui attend celui qui sera élu, est une
affaire des vivants et non des morts.
Cette élection doit opposer des femmes
et des hommes qui ont des programmes à
proposer au peuple camerounais, qui ont
la capacité de mettre sur pied une
politique réaliste et ambitieuse avec
pour seul et unique souci le bien être
des Camerounais. L’élection
présidentielle c’est la rencontre d’un
homme avec son peuple. Le peuple
camerounais dans la reconquête de sa
liberté n’a plus besoin de ces hommes
politiques dont la seule force de
proposition jusque là n’a été que les
villes mortes. Le peuple camerounais ne
veut plus des tripatouillages électoraux
qui au final mettent tout le peuple en
situation de dépendance – Personne ne
veut plus d’un pays où la réussite des
uns tire tout son succès de l’échec de
la multitude.
Je connais les détresses de mon peuple
non pas seulement parce qu’elles sont
les miennes aussi mais surtout parce que
je suis venu jusqu’à vous et que vous
les avez exprimées. Voici venu le moment
de libérer tous nos talents et toutes
nos énergies avec un seul et même but.
Donnez enfin au peuple du Cameroun
travailleur et ingénieux la vie qu’il
mérite.
Voici le moment pour moi de vous dire à
nouveau que j’ai besoin de vous car
comme le disait le Dr Martin Luther
King, « ce qui fait peur ce n’est pas
l’oppression des méchants, mais
l’indifférence des bons ». Oui c’est à
vous, c’est à nous tous de nous
mobiliser comme. Chacun à son niveau et
à avec ses moyens aussi modestes
soient-ils, contre l’imposture, contre
la dictature contre toutes les formes de
déshumanisation dans lesquelles nous
sommes passés ces 50 dernières années.
Libérons-nous, libérons nous et avançons
comme pour la construction de notre
pays. J’ai besoin de vos intelligences,
j’ai besoin de votre générosité, j’ai
besoin de votre courage et de votre
fierté retrouvée.
C’est le moment, chers compatriotes,
Camerounaises et Camerounais des villes
et des villages, des cités et des
campagnes de prendre la parole pour un
Cameroun qui rassemble au-delà de tout –
au-delà des religions, au-delà des
appartenances ethniques. Ensemble disons
NON à celles et ceux qui pendant près de
30 ans se sont efforcés de nous prouver
que les Camerounais se détestent entre
eux.
Notre campagne est basée sur le thème de
la restauration des institutions car
sans institutions le Cameroun n’existe
pas. Voila le message que nous a lancé
le Président Américain Barack Obama lors
de sa première visite en terre africaine
le 11 juillet 2009. “L’Afrique n’a pas
besoin d’hommes forts, mais de fortes
institutions.” Sans institution c’est la
corruption, c’est la gabegie, ce sont
tous les maux qui minent notre pays
aujourd’hui.
Notre campagne est basée sur un contrat
d’honneur avec chacune et chacun de
vous, avec l’ensemble des filles et fils
de ce triangle national qui porte sur sa
tête le lac Tchad. Qui est fier de
chacune de ses tribus, de chacune de ses
religions. Un Cameroun qui répond aux
besoins de tous, les plus forts comme
les plus faibles d’entre-nous.
Anglophones comme Francophones, Tikar
comme Toubouri, Moundang de Kaélé comme
Okak de Ma’an, le Cameroun c’est ces 256
ethnies et c’est avec toutes que nous
devons relever les défis qui se posent à
nous aujourd’hui. C’est le moment de
nous tourner résolument vers la
construction d’un pays fier de ses
hommes et de ses femmes.
Ceux qui nous ont gouvernés hier ont
fait tant de mal à notre pays, mais
depuis le temps colonial
jusqu’aujourd’hui, le Cameroun a
toujours su trouver en lui-même des
ressources nécessaires pour se relever
des humiliations subies. Martin Paul
Samba, Douala Manga Bell, les chefs de
l’Ouest Cameroun, ne sont pas allés à la
mort en chantant des sérénades ! Ils y
sont allés poussés par l’ennemi – ils
ont marché d’un pas ferme parce qu’ils
croyaient au peuple Camerounais, ils ont
cru en chacun de nous. Voici le moment
de porter haut la figure de ce Cameroun
résistant fier et convaincu de son bon
droit.
Chers compatriotes, Camerounaises
Camerounais, ma candidature se veut
celle de la fierté et de la dignité
retrouvées du peuple Camerounais des
villes comme des villages, des cités
comme des campagnes, elle est la juste
et noble alternative à la détresse
silencieuse de notre pays. Ma
candidature se veut celle de la
restauration des nombreuses vies de
camerounaises et de Camerounais brisées,
celles des familles humiliées et
confinées dans la misère dans un hymne
d’injustice.
Pour relever ces défis, j’ai besoin de
l’ensemble du peuple camerounais, voila
pourquoi je soumets à votre appréciation
un projet de société né de nos
rencontres menées jours et nuits très
souvent dans le plus grand secret à
cause d’un système répressif qui
n’hésite pas à utiliser les moyens
ombrageux pour confirmer le peuple dans
la peur. Nous allons proposer une
nouvelle façon de faire la politique,
une nouvelle façon d’être au Cameroun.
La dette publique de notre pays s’élève
à 1377 milliards de nos francs, elle est
insoutenable. Nous avons un (1) médecin
pour 12500 camerounais et chaque
Camerounais est endetté pour environ 18
millions de nos francs. La production
industrielle dans notre pays stagne
quand elle n’est pas inexistante. Ce
léger tour d’horizon n’est pas lié à la
conjoncture mondiale mais plutôt aux
choix économiques qui ont été faits par
nos dirigeants ces 30 dernières années.
C’est le moment, pour vous, pour moi
pour l’ensemble des Camerounaises et
Camerounais, avec nos efforts et notre
sens du patriotisme, de poser les jalons
d’un patriotisme économique à la
camerounaise. Je suis persuadé que nous
allons nous en sortir si nous changeons
avec professionnalisme la façon dont
jusqu’ici nous avons conçu la création
de valeurs et de richesses. La façon
dont nous avons conçu l’éducation et
l’insertion professionnelle. Au plus
profond de moi, voici, plus que jamais,
venu le moment de projeter le
développement durable de notre pays sur
les piliers essentiels que sont
l’économie, le social et
l’environnemental ; ils sont un tout,
comme notre drapeau national, repartis
de façon équitable et portés par un
homme et une volonté d’un peuple uni,
débout et fier.
Nous sommes en Afrique centrale le phare
qui éclaire les peuples du Nord et du
Sud au cœur de l’Océan Atlantique. Nous
sommes une puissance sous régionale dans
plusieurs domaines, nous devons ce rang
aux génies des peuples qui composent
notre pays. Nous sommes le grenier de
l’Afrique Centrale et nous devons
consolider cette place notamment en
prenant des risques économiques fiables,
en soutenant les fleurons de notre
agriculture, de nos banques aux capitaux
nationaux. Pour y arriver voici le
moment de mobiliser nos compétences,
fruits de nos grandes écoles et de nos
universités. Voici le moment de
permettre à nos salariés d’être de
véritable partenaire de l’Etat et du
développement. Ceci doit se faire dans
le dialogue social avec de réels
syndicats autonomes et hors de toutes
influences politiques. Voici le moment.
Si nous reconnaissons et valorisons nos
compétences et notre salariat, si nous
encourageons et soutenons la création de
l’emploi par l’initiative privée, nous
nous inscrirons résolument sur le chemin
du développement durable comme l’ont
fait les peuples de même taille que
nous.
Il y a tant à faire, il y a tout à
faire, voila pourquoi je prends date
avec le peuple Camerounais dans son
ensemble. Au fond de moi j’y crois, pas
une goutte de sueur ne tombera pour rien
dans ce pays – j’ai promis et je le
ferai – OUI, j’installerai au cœur de
l’administration camerounaise un cercle
vertueux véritable bouclier protecteur
et catalyseur de développement. Croyez
(avec) moi, nous avons les moyens
humains de relancer cette machine
économique restée très longtemps à quai
à cause d’un système d’exploitation
vétuste, sans machiniste ; sans pilote.
Voici le moment de mettre les
Camerounaises et les Camerounais au cœur
de l’entreprise afin de sortir notre
pays de la zone Très endettée et Très
pauvre dans laquelle l’ont introduit
ceux et celles dont la seule
contribution au développement de ce pays
a été de vandaliser et de priver le
peuple de toutes ressources et de tout
accès à la dignité à laquelle aspire
tout humain. Voici le moment, l’unique,
d’inscrire le Cameroun durablement sur
le chemin des progrès sociaux qui nous
ont tant fait défaut.
Camerounaises, Camerounais, chers
compatriotes, je m’engage tout au long
de cette campagne à vous montrer les
voies et moyens par lesquels nous allons
nous en sortir. Ils sont nés de nos
rencontres, ils ont été analysés par les
meilleurs d’entre nous – je le dis ici,
je suis reconnaissant à ces femmes et à
ces hommes qui nous ont permis chaque
jour de découvrir combien de fois dans
ce pays, tout ce qu’il nous faut ce sont
des institutions afin de permettre à nos
porteurs de projets à nos entrepreneurs
de prendre des risques créateurs
d’emplois.
Je ne le dirais jamais assez, l’école et
l’emploi doivent cheminer ensemble, je
veux mettre l’école au cœur de
l’entreprise, je veux mettre
l’entreprise au centre de l’enseignement
secondaire – je veux d’une université
qui réponde aux besoins du Cameroun et
du peuple Camerounais. C’est avec vous
que je le veux c’est pourquoi pour nous
tous, c’est le moment d’engager cette
longue marche, mais ô combien de fois
exaltante. OUI, nous le voulons tous
parce que l’avenir de nos enfants et
petits enfants en dépend.
La machine administrative camerounaise
est lourde parce qu’elle est inexistante
voila pourquoi cette campagne est placée
sous le signe de la construction et de
la restauration de nos institutions. L’Etat
central hérité de la colonisation
française s’est rouillé au cours des 50
dernières années – il a été alourdi tout
au long de ces années par le manque
d’initiative et de volonté politique de
1% de notre population. Ce 1% qui
bénéficie de 90% des richesses de notre
pays. J’ai compris que le peuple
camerounais des villes comme des
villages veut de réelles reformes, veut
un réel nettoyage et une construction
sur du neuf. Nous avons des ministères
dont personne ne peut dire à quoi ils
servent y compris ceux et celles qui
sont à leur tête ! Nous avons des
ministères qui, ces 5 dernières années,
ont changé à plusieurs reprises de
dénomination, c’est le cas d’un
ministère des finances tout comme celui
de l’éducation ; deux secteurs clés dans
tout pays qui se respecte et qui veut se
projeter vers l’avenir. Je veux alléger
le portefeuille gouvernemental afin que
les ministères deviennent plus efficaces
et nous limiterons ainsi des
gaspillages. Déclarons ensemble la mort
de cette structure lourde de
l’administration, celle qui n’a enfanté
que des textes inutiles aux populations,
celles qui a dispersé sur le territoire
national des hommes et des femmes qui,
chaque jour, alors même qu’ils ne
souhaitent que travailler, se demandent
à quoi ils servent.
Peuple Camerounais fier et débout,
donnons un coup de balai à cette
administration éléphantesque, moteur
diesel de la corruption, de tous les
chantages possibles et de toutes les
compromissions. C’est le moment de
mettre l’Etat au service de la nation et
du peuple camerounais. Personne dans ce
pays à la fin d’une journée dans un
ministère pour faire viser un document
ne devra plus se demander mais à quoi
sert donc tel ou tel ministère.
Le salaire minimum dans notre pays qui
date du mois de juillet 2008 est de
28.214 FCFA. Il est insupportable quand
nos pays voisins sont à 80 000Fcfa pour
le Gabon et à 150 000F CFA pour la
Guinée Equatoriale ! Il est normal qu’un
cri de colère monte du Cameroun qui
travaille et du Cameroun qui aimerait
travailler mais qui n’a aucune
perspective d’emploi. OUI, j’entends la
colère des jeunes diplômés, près de 68%
des diplômés de nos universités et de
nos grandes écoles sont sans emploi. Que
les villes se peuplent de ceux dont
l’âge du premier emploi n’est pas à
l’horizon et ne rentre pas dans les
priorités de ceux qui nous ont gouvernés
jusque-là. J’entends monter cette colère
que je sais lire dans le visage des
opprimés, ceux et celles qui sont privés
de la parole, ceux et celles qui ne
peuvent pas se payer un loyer, ceux et
celles qui ne peuvent pas envoyer leurs
enfants à l’école – j’entends cette
colère de ces 14 millions de camerounais
qui vivent avec moins de 2 dollars par
jour. J’entends cette colère, celles de
ces enfants qui dorment à la belle
étoile, qui n’ont pas de famille et pas
d’horizon, ces enfants fils et filles
d’hommes condamnés à la misère.
Gens du Cameroun, peuple mien, moi
Vincent Sosthène FOUDA, je prends date
avec vous, de revaloriser les minimas
sociaux afin que d’ici 2 ans le smic
dans notre pays soit de 100 000F CFA. Je
refuse que le peuple camerounais vive
dans la misère et soit condamné à voler
pour survivre. Je refuse que les hommes
et les femmes de ce beau pays qu’est le
Cameroun survivent de la mendicité. Ce
sont ceux et celles qui nous gouvernent
qui ont créé la misère pour financer les
sectes hors de nos frontières et
s’acheter des îles paradisiaques hors
d’ici. Ceux et celles dont les enfants
ne sont jamais allés dans nos écoles,
ceux et celles qui n’ont jamais passé
leurs vacances dans nos villages, ceux
et celles dont l’espérance de vie est le
double de l’espérance de vie nationale.
C’est le moment chers compatriotes,
Camerounaises Camerounais, d’associer
mon cri au vôtre, dans la Paix, maitre
mot de notre devise, dans la volonté
sans cesse croissante du Travail dans
cette Patrie nôtre à jamais.
Quand je serai porté à la tête de notre
pays, la main sur le cœur je m’engage à
satisfaire votre juste colère. A me
projeter avec vous vers un avenir
toujours radieux parce que commun.
C’est le moment pour le Cameroun de se
construire et de se développer avec les
moyens modernes ; voila pourquoi le plan
de développement que je vous propose
tient compte de l’environnement – je
l’ai dit et je le ferai – je vais
renationaliser la SNEC et AES SONEL ; ce
sont deux entreprises qui ont pour
vocation de soutenir l’Etat dans ses
fonctions régaliennes. Après le Congo
Kinshasa, le Cameroun est la deuxième
réserve hydraulique d’Afrique noire et
cette richesse n’est exploitée
aujourd’hui qu’à 3% ! Toute habitation,
toute rue et ruelle de notre pays doit
être électrifiée à la fin de mon mandat.
Nous allons développer dans la foulée
les énergies renouvelables, car il est
normal que nous puissions laisser à nos
enfants une planète où il fait bon
vivre.
J’ai réuni autour de moi des
environnementalistes patriotes
compétents (et) qui m’ont remis un plan
d’action précis et durable.
L’environnement est le grand défi de
notre siècle. Ce défi, nous devons le
relever, riches comme pauvres,
populations des villages comme celles
des villes. C’est ainsi que demain, nous
pourrons léguer à nos enfants un espace
sain où il fait bon vivre.
Le Cameroun est le grenier de l’Afrique
centrale et doit le demeurer. C’est
pourquoi, comme cela se passe partout
dans le monde, nous allons subventionner
notre agriculture et ne pas subir les
règles de l’OMC mais y participer de
façon compétitive. Il faut une
agriculture qui ne laisse pas au bord du
chemin les agriculteurs, qui ne les tue
pas à la tâche. En développant des
nouvelles techniques agricoles, en
développant la météo, nécessaire pour
déterminer les saisons, le cycle des
pluies, nous allons mieux répondre aux
besoins du monde agricole. Tout
camerounais est agriculteur ou éleveur,
les aides iront donc directement à ce
monde et non aux grosses entreprises
agricoles. Nous ne pouvons pas laisser
le monde paysan et nous n’accepterons
plus qu’il soit la dernière roue du
carrosse.
Nous avons connu les émeutes de la faim
en février 2008 avec plus d’une centaine
de morts, essentiellement des jeunes. L’Etat
camerounais s’est trompé de route, il a
privilégié les cultures d’exportation au
détriment de la souveraineté alimentaire
nationale. Depuis notre entrée dans l’OMC
en 1995, la dépendance alimentaire de
notre pays vis-à-vis de l’extérieur est
aujourd’hui absolue. Les chiffres de la
FAO sont là pour le confirmer – 500 000
tonnes de riz et 361 000 tonnes de blé
pour 2008, soit l’essentiel de notre
consommation nationale. Autrement dit,
nous ne sommes plus capables de produire
ce que nous mangeons.
L’agriculture est le carburant de cette
voiture qu’est le Cameroun et non le
contraire – nous ne devons donc pas
faire comme si c’était normal de voir
nos populations sombrer dans la
pauvreté, incapables de vivre du fruit
de leur labeur. Il est normal que ce
monde soit organisé d’où la nécessité de
replacer au cœur du monde agricole les
offices de régulation des produits,
sorte de caisse de stabilité des revenus
de nos paysans. Il faut que le mot
paysan cesse d’être péjoratif mais qu’il
rentre dans le vocabulaire noble de
notre pays. C’est le moment d’encourager
et de soutenir la naissance des
syndicats afin que les droits de cette
catégorie à part de notre société soient
défendus, protégés. Nous allons créer un
régime d’assurance maladie pour le monde
agricole car être agriculteur c’est
exercer une profession avec tout ce que
cela engage. Je voudrais conduire le
Cameroun vers la modernité en mettant
l’agriculteur au cœur d’une
administration dont l’objectif premier
est de servir. C’est le moment. Nos
ingénieurs agricoles devront dorénavant
être sur le terrain, pour innover,
proposer des nouvelles techniques,
promouvoir des nouvelles façons de faire
– ils ont un rôle primordial à jouer
dans la réussite de notre politique
agricole. Voila la politique ambitieuse
que je voudrais conduire pour le
développement durable de notre pays.
En faisant tomber les barrières
douanières, l’Etat a contraint nos
agriculteurs à abandonner l’agriculture
vivrière parce que ne pouvant pas
rivaliser avec les produits importés qui
inondent les marchés nationaux et
locaux. L’Etat prébendier, affamé de
spéculation juteuse, accorde plus
d’importance aujourd’hui à
l’exploitation du sous-sol qui permet à
cette minorité de s’exiler que d’être au
service du peuple Camerounais, voila
pourquoi seulement 1,7% du budget
national alloué au ministère de
l’Agriculture et du Développement rural
est allé au monde agricole.
Le peuple Camerounais est un peuple fier
et non résigné ; c’est pourquoi debout
les uns aux côtés des autres, voici le
moment de prendre enfin la parole sans
peur, simplement animés par le désir de
liberté, une liberté mise entre
parenthèse par les ennemis du progrès et
du développement. Le Cameroun a vocation
à s’exprimer en Afrique partout où ceci
est nécessaire. Si nous voulons
cependant que notre parole apporte
quelque chose à l’ensemble du continent,
construisons une fois pour toute la
maison Cameroun afin qu’elle soit cet
arbre à palabre qui accueille, ce baobab
sur lequel de nombreux oiseaux viennent
construire leur nid.
Chers compatriotes, camerounaises,
camerounais, tout est à bâtir dans notre
pays, voila pourquoi avec des mois
d’avance, je vous présente ma
candidature, je voudrais qu’elle soit
portée par chacune et chacun d’entre
vous. Je parle de vous et de moi comme
dans un contrat. La construction de
notre pays, la mise en œuvre de notre
action gouvernementale doit être
l’affaire de tous et de chacun. Ceci
passe par un véritable changement de
mentalité à tous les niveaux. C’est
ensemble que nous devons restaurer le
goût de l’effort, c’est ensemble que
nous devons dire NON à tous les
raccourcis frauduleux qui nous font plus
reculer qu’avancer. Oui ce que je
propose n’est pas exempt de sacrifices,
voici le moment de les faires.
La présidentielle, si elle est la
rencontre d’un homme avec son destin,
elle demeure surtout la rencontre d’un
homme avec son peuple – Vous êtes ce
peuple, vous êtes ma société civile,
vous êtes ma voix dans les coins les
plus reculés de nos villages. Allons
ensemble vers ce grand chemin qui est
celui de la construction de notre pays.
Vive la Paix,
Vive le Travail
Vive la Patrie
Vivre le Cameroun debout plus que jamais
et fier pour toujours.
Vincent-Sosthène FOUDA ESSOMBA |