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Article mis en ligne le 23 décembre 2009

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Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

contact@manuscritdepot.com

 

LIVRE ÉLECTRONIQUE

 

« Trop tôt pour acheter ? »

Reportage, Réseau de l'information,

Radio-Canada, Le téléjournal, 20/12/2009, 21h.00

 

Radio-Canada manque d'objectivité

en jetant à la poubelle le livre électronique

de Sony (PRS-600)

Prix citron de journalisme 2009

 

 

«C'est ce qui fait que l'argument écologique, selon selon lequel le livre électronique nous permet de sauver des arbres, ne tient plus. Ce modèle (PRS-600 de Sony) sera rapidement désuet, notamment parce qu'il ne possède pas de connexion wifi, et sera rapidement transformé en déchet électronique.» Jean-Hugues Roy, journaliste, Radio-Canada

 

 

 

 

Dans un reportage au sujet du livre électronique télédiffusé sous le titre Trop tôt pour acheter ? dans le cadre du Téléjournal à l'antenne du Réseau de l'information de Radio-Canada, édition du 20 décembre 2009, le journaliste Jean-Hugues Roy soutient que le livre électronique PRS-600 de Sony «sera rapidement désuet, notamment parce qu'il ne possède pas de connexion wifi (accès Internet sans fil) et sera rapidement transformé en déchet électronique.» Pour illustrer son propos, le journaliste jette à la poubelle le livre électronique de Sony. Par ce geste, le journaliste Jean-Hugues Roy répond lui-même à la question en titre du reportage, Trop tôt pour acheter ? La question étant posée, il revient uniquement aux téléspectateurs d'y répondre et non pas au journaliste dont la mission est strictement d'informer. Il s'agissait de produire un reportage d'information dans le cadre d'une émission d'information et non pas une chronique, comme on en trouve dans les magazines et où le chroniqueur peut prendre position ouvertement. On se retrouve devant ce qu'il est convenu d'appeler « la confusion des genres », ici entre le reportage et la chronique. Bref, le journaliste Jean-Hugues Roy interprète, prend position et fait preuve d'un manque flagrant d'objectivité dans son reportage.

 

Pour déduire que le PRS-600 de Sony sera rapidement désuet, le journaliste Jean-Hugues Roy s'appuie sur la dernière déclaration de sa source, Johanne Guay, vice-présidente à l'édition, Groupe Librex, à l'effet que «nous ne sommes pas encore arrivés à la technologie maximale.» Jean-Hugues Roy enchaîne en affirmant : «C'est ce qui fait que l'argument écologique, selon selon lequel le livre électronique nous permet de sauver des arbres, ne tient plus. Ce modèle (PRS-600 de Sony) sera rapidement désuet, notamment parce qu'il ne possède pas de connexion wifi, et sera rapidement transformé en déchet électronique.»

 

Qui a dit que les modèles actuels de livres électroniques seront mis à la poubelle demain à l'arrivée de nouveaux modèles ? Seul le journaliste Jean-Hugues Roy l'affirme, sans doute par extrapolation de la comparaison du livre électronique d'aujourd'hui avec les premiers téléphones cellulaires faite par sa source. Certes, les tous premiers téléphones cellulaires ne sont plus en circulation aujourd'hui et ils sont devenus des déchets électroniques. Mais peut-on déduire qu'il s'agit du sort réservé aux modèles actuels de livres électroniques dans l'avenir ? Le journaliste a vite sauté aux conclusions.

 

Le lien entre le lecteur et le livre demeure particulier, qu'il soit lisible sur support papier ou numérique. Il en va de même du lien entre le lecteur et sa bibliothèque, qu'elle soit matérielle ou virtuelle. Le livre, on le sait, n'est pas un produit culturel comme les autres. On ne le jette pas automatiquement parce que son contenu est désuet. Et rares sont ceux qui achètent la nouvelle édition de leur dictionnaire à tous les ans.

 

Dans le cas du livre électronique, il ne s'agit pas uniquement du contenu lui-même, les livres numériques, mais aussi du contenant, l'appareil de lecture lui-même. La technologie évoluant très rapidement de nos jours, je ne crois pas que le lecteur va se procurer un nouvel appareil de lecture à chaque arrivage de nouveaux modèles. Je ne crois pas non plus que l'achat d'un modèle plus récent de livre électronique va automatiquement déboucher sur la mise à la poubelle de l'ancien modèle. Il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas encore de standards internationaux officiels pour le format des fichiers électroniques que l'on peut lire sur un livre électronique (même si le format .epub s'impose de plus en plus). On ne sait pas encore si on ne se retrouvera pas demain avec un standard international impossible à lire sur notre ancien modèle de livre électronique. Il est donc à parier que bon nombre de lecteurs conserveront leurs anciens modèles de livres électroniques, ne serait-ce que pour relire les livres déjà achetés dans un ancien format numérique. Le livre électronique sera alors perçu non seulement comme un appareil de lecture mais aussi comme une bibliothèque, c'est-à-dire autant pour son contenu que son contenant.

 

Cette possibilité oblige tout journaliste à la prudence quant à l'avenir des modèles actuels de livres électroniques.

 

Il doit aussi tenir compte du fait que la connexion wifi (accès de l'appareil à l'Internet sans fil) n'est pas une option essentielle au livre électronique. Autrement dit, le PRS-600 de Sony ne deviendra pas rapidement désuet parce qu'il n'a pas de connexion wifi. Télécharger de partout (où il y a accès à l'Internet sans fil) et en tout temps n'est pas l'attente prioritaire du lecteur. La sélection des livres que l'on veut en réserve dans son livre électronique ne relève pas généralement d'urgences successives obligeant un téléchargement immédiat où que nous soyons. La connexion wifi demeure une option intéressante et deviendra essentielle le jour où la majorité des livres numériques auront des liens hypertextes dirigés vers telle ou telle page Internet en guise de complément d'information, ce qui est loin d'être le cas actuellement et cela prendra plusieurs années au cours desquelles bien des modèles de livres électroniques auront passés. Autrement dit, l'absence de l'option wifi sur le PRS-600 n'est pas une raison valable pour le jeter à la poubelle dès l'arrivée d'un modèle wifi.

 

Le journaliste Jean-Hugues Roy parle aussi du Kindle 2 d'Amazon en soulignant que ce dernier possède une connexion wifi. Mais il oublie de signaler que si «Les utilisateurs pourront aussi télécharger divers magazines et certains journaux américains, européens et canadiens,» en revanche, «Ils ne pourront cependant pas aller sur Internet ou consulter des blogues, car le logiciel de navigation de la version du Kindle est vendu désactivé au Canada.» C'est du moins ce qu'on peut lire sur le site même de Radio-Canada dans un article intitulé Le Kindle disponible au Canada publié le 18 novembre dernier (2009). Le journaliste Jean-Hugues Roy ne pouvait donc pas se contenter de signaler que le Kindle 2 possède une connexion wifi sans préciser si les limites imposées aux Canadiens un mois plus tôt étaient toujours en vigueur.

 

 

* * *

 

 

Dans un autre ordre d'idée, la présentatrice du bulletin de nouvelles et du reportage, Pascale Nadeau, souligne que «pour l'instant, il n'y a qu'un seul modèle (de livre électronique) disponible au Québec». Or, le journaliste Jean-Hugues Roy parle non seulement du PRS-600 de Sony mais aussi, tel que mentionné ci-dessus, du Kindle 2 d'Amazon «vendu depuis la mi-novembre au Canada». Le décompte est facile à faire : il n'y a pas qu'un seul modèle de livre électronique au Canada mais deux. Plus encore, il n'y en a pas deux mais trois puisque les librairies Archambault vendent depuis plus d'un an (11 novembre 2008) le Cybook Gen3, un livre électronique français. Quand on s'aventure dans le monde du livre électronique et des nouvelles technologies en général, le journaliste doit s'assurer d'informer adéquatement et cette mission commence avec une cueillette d'information complète de façon à éviter des préjudices indus en tout temps, y compris lorsqu'il s'agit de traiter de l'avenir d'un marché en développement. Ici, non seulement la cueillette d'information s'avère incomplète mais la vérification des informations a fait défaut également. Bref, il n'y a pas qu'un modèle de livre électronique disponible au Québec, ni deux mais trois. La présentatrice Pascale Nadeau a donc commis une grave erreur en affirmant qu'un seul modèle de livre électronique était disponible au Québec.

 

Enfin, le journaliste Jean-Hugues Roy souligne qu'il n'a trouvé aucun livre numérique en français dans la librairie en ligne d'Amazon dédiée au Kindle. Or, j'ai trouvé des dizaines de titres en français avec les mots-clés «French edition». En fait, le moteur de recherche du Kindle Store nous livre pas moins de 2,907 références avec les mots-clés «french edition». Parmi ces références, des ouvrages en anglais traitant de la langue française mais aussi de nombreux titres en français. Je ne les ai pas tous départagés pour avoir le compte exact mais je peux affirmer avec certitude qu'il y a plusieurs dizaines de titres en français. Le journaliste Jean-Hugues Roy a donc fait une grave erreur en affirmant qu'il n'y avait aucun titre en français dans le Kindle store accessible aux Canadiens.

 

 

* * *

 

 

Si Jean-Hugues Roy, journaliste aux nouvelles de la télévision de Radio-Canada, voulait inciter les téléspectateurs à ne pas acheter le livre électronique de Sony (PRS-600), il n'aurait pas mieux fait. Une chose est certaine, il a largement outrepassé la mission dévolue au journaliste, sans doute par déformation professionnelle, car monsieur Roy fut animateur de Branché, magazine hebdomadaire sur les technologies à l'antenne de Radio-Canada, entre 1996 et 2000. Dans le cadre d'un tel magazine, l'animateur peut se permettre de prendre position en commentant la nouvelle. Ce n'est pas le cas dans le cadre d'un bulletin de nouvelles où le journaliste a le devoir de livrer la nouvelle avec le maximum d'objectivité.

 

Le journaliste Jean-Hugues Roy contrevient donc aux principes journalistiques de Radio-Canada (voir ci-dessous).

 

 

Radio-Canada

 

Normes et pratiques journalistiques

 

III. PRINCIPES

 

2. PRINCIPES JOURNALISTIQUES

 

Les émissions d'information doivent en outre respecter les principes journalistiques reconnus :

 

L'exactitude

 

L'information est fidèle à la réalité, en aucune façon fausse ou trompeuse. Cela exige non seulement une recherche attentive et complète mais une langue châtiée et des techniques de présentation sûres, y compris pour les éléments visuels.

 

L'intégrité

 

L'information est véridique, sans déformation visant à justifier une conclusion particulière. Les professionnels de l'information ne tirent pas profit de leur situation avantageuse pour faire valoir des idées personnelles.

 

L'équité 

 

L'information rapporte les faits pertinents, reflète impartialement les points de vue significatifs et traite avec justice et dignité les personnes, les institutions, les problèmes et les événements.

 

La mise en œuvre de ces principes permettra d'atteindre l'objectivité et l'équilibre auxquels les émissions d'information de Radio-Canada doivent s'identifier.

 

Source

 

Radio-Canada

 

Responsabilité journalistique

 

CBC/Radio-Canada s'engage sans réserve à faire preuve d'exactitude, d'intégrité et d'équité dans toutes ses activités journalistiques. Étant à la fois une institution canadienne et une entreprise de presse, CBC/Radio-Canada a établi des principes qu'elle veille à faire respecter. Le plus important de ces principes est l'application scrupuleuse du code d'éthique formulé dans notre propre guide intitulé Normes et pratiques journalistiques, en vertu duquel nous nous engageons à présenter des reportages exempts de tout parti pris.

 

Source

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Téléphone : 581-988-7146 (Lévis, Québec)

Courriel : contact@manuscritdepot.com



ADRESSE POSTALE
Fondation littéraire Fleur de Lys,
31, rue St-Joseph,
Lévis,
Québec,
Canada.
G6V 1A8

ADRESSE ÉLECTRONIQUE
contact@manuscritdepot.com 

SITE INTERNET
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