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LE
DÉLIRE DE L'AUTEUR
FRANÇOIS BON
François Bon, le
livre, le numérique
et le Québec
Voici une remarque faite le 26 janvier dernier par l'auteur français
Francois Bon à la suite de l'ouverture des
inscriptions à LA FABRIQUE DU NUMÉRIQUE, une journée
d'ateliers autour des enjeux du numérique pour
l'édition générale et l'édition scientifique, qui se
tiendra à Québec le 26 février prochain. Notez que l'auteur
François Bon n'est pas toujours facile à suivre. Il
écrit : «ai été surpris retour en force du mot
"livre" dans la présentation, pourtant évincé de la
phrase principale du chapeau - ça dit bien un des
enjeux de la rencontre : c'est comme faire du vélo
sans roulettes, on n'est pas encore habitué à l'idée
d'aller dans ces zones-là débarrassés de l'idée même
du livre qui en a été le support non pas daté, mais
datable - en gros: est-ce qu'on n'a pas déjà dépassé
le stade d'une "métamorphose" du livre pour être
dans l'éclosion d'usages neufs, sur des supports
nouveaux aussi, et où transporter notre
responsabilité de transmission, de création,
d'imaginaire, n'impose pas forcément d'emporter
l'ancien équilibre, et ne peut en aucun cas soulager
ses marques grandissantes d'incapacité ou d'échec ?»
Note : suite à la publication du présent
texte, la remarque de François Bon a été supprimé du
site d'où elle provient, Édition numérique - Québec
→ [
Source ]
Dans sa remarque, François Bon s'indigne du
retour en force du mot "livre" dans la présentation
de l'événement : «La fabrique du numérique sera
constituée d'une série d'ateliers autour de thèmes
liés à l'édition numérique. Rapprochant des
expériences complémentaires de l'édition générale et
de l'édition scientifique, elle vise l'appropriation
de la réflexion sur le livre numérique et
l'établissement de points de repère communs.» [
Source ]
François Bon adresse sa remarque à l'organisateur de
l'événement, René Audet, professeur agrégé,
titulaire de la Chaire de recherche du Canada en
littérature contemporaine à l'Université Laval. Et
voici la réponse de ce dernier à François Bon: «Pas
trop le choix de revenir au paradigme du
livre: c'est là qu'on peut accrocher les gens, leur
faire comprendre qu'on ne fait pas cette rencontre
pour discuter comment programmer des sites web, mais
qu'on s'occupe de contenus
culturels/documentaires... sinon, ça ressemble à un
webcamp ou à un pur truc de geeks!» (personnes
accros de l'informatique). Bref, Renée Audet
s'inquiète de la perception de l'événement par la
population et répond à François Bon qu'il n'a pas le
choix de se référer au livre «pour accrocher les
gens».
Ne trouvez-vous pas cet échange un peu bizarre ? On
se retrouve avec un auteur qui reproche l'usage du
mot ''livre'' et un professeur d'université qui se
justifie par l'aspect marketing («c'est là qu'on
peut accrocher les gens»).
Mais ce n'est pas terminé, François Bon réplique :
«ce que je dis sur le mot "livre" on ne se battra
pas là-dessus, mais il ne faut pas se faire enfermer
sur cette portabilité qui n'est qu'un aspect très
partiel, et désormais peut-être plus industriel que
culturel, de ce qui joue dans le numérique pour nos
enjeux, très précisément, de culture». Déboussolé ? Attendez de lire la
réplique complète:
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RÉPONSE DE FRANÇOIS BON
bon, avant que tu critiques les
bookcamps de notre saint Hubert il
faudrait que tu y vinsses
ce que je dis sur le mot "livre" on ne
se battra pas là-dessus, mais il ne faut
pas se faire enfermer sur cette
portabilité qui n'est qu'un aspect très
partiel, et désormais peut-être plus
industriel que culturel, de ce qui joue
dans le numérique pour nos enjeux, très
précisément, de culture
ta remarque sur les "geeks" il faut la
prendre par le haut: je suis le premier
surpris, effaré même parfois, de ces
cloisonnements qui perdurent – mais sur
la durée, quand je vois en 3/4 ans les
amitiés nouées, les liens directs entre
écriveurs et webeurs, me dis qu'on n'a
pas perdu notre temps et que les
échanges sont allés dans les 2 sens
le mot "créateur" pose bien aussi une
des frontières à déplacer : la notion
d'"auteur" – en Fr en tout cas – n'est
plus que l'alibi des lobyyings des
éditeurs – ce qui secoue et innove dans
l'écriture, justement là où elle a prise
sur le monde et naît depuis le
bousculement des usages, c'est désormais
chez nous, dans le Net – je ne le dis
pas "exclusivement" bien sûr, mais
"aussi" me suffirait - on commence à le
constater, en particulier de mon côté de
la façon dont les auteurs publie.net
sont en pointe ateliers, résidences, et
la façon dont un lectorat actif,
lui-même écrivant, s'installe de blog à
blog en mêlant organiquement les 2
fonctions
et c'est ça mon pays désormais - l'enjeu
pour moi, y compris dans cette journée,
c'est comment dans cet ancrage je peux
retrouver les pointes extrêmes
d'engagement, côté transmission ce qu'on
fait dans nos salles, et côté densité
des formes (numériquement) publiées pour
atteindre à ce "mystère même" (Mallarmé)
que tous ceux de notre génération on a
appris dans le livre, exclusivement le
livre, en sa vieille splendeur de plus
en plus perçue en bout de course
je passe désormais des journées
entières, voire des semaines sans livre,
et pourtant n'ai jamais autant densément
lu, ni rien abandonné de mes essentiels
Note : suite à la publication du
présent texte, la remarque de François
Bon a été supprimé du site d'où elle
provient, Édition numérique - Québec
→
[
Source ] |
Mais qu'est-ce qui se passe avec François Bon et le
''livre'' ? Je ne sais pas réellement. L'auteur est
difficile à lire, à écouter et à comprendre. Je l'ai
entendu à deux reprises et à chaque fois j'ai
éprouvé d'énormes difficultés à le suivre. Il en va
de même de ma lecture de ses billets sur son blogue.
J'ai l'impression qu'il est perdu dans les vapeurs
du numérique. Mais si François Bon a les idées
claires, il ne les exprime pas clairement. Le moins
que l'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas à la
portée de tous.
Le problème, c'est que François Bon est à la mode au
Québec et qu'il risque ainsi de brouiller toutes les
pistes du développement du nouveau monde du livre au
sein de la population. En fait, certains
intervenants québécois dans le domaine du livre ont
fait de François Bon une véritable vedette de
l'édition numérique au Québec. Du 1er
septembre au 27 novembre, il fut écrivain en
résidence à L'Institut canadien de Québec, dans le
cadre des activités de la
Maison de la littérature. Et il est présentement
professeur invité (automne 2009 et hiver 2010) à
l'université Laval dans le cadre du programme de
création littéraire du Département des littératures.
Il faut dire que François Bon a à son actif la
création d'une coopérative d'édition numérique en
FRANCE et un blogue sur lequel il déblatère avec
succès, comme dans les commentaires ci-dessus.
J'ai honte que de tels propos rencontrent un tel
succès au Québec. L'université Laval soutient que François est une
«figure importante de la littérature française
actuelle». Désolé mais François Bon n'a rien d'un
grand écrivain et ses oeuvres ne feront pas histoire
dans la littérature française. Il est tout
simplement «l'auteur numérique» de service, en
France et, malheureusement, au Québec. Les
initiatives des auteurs québécois dans le domaine du
numérique se trouvent ainsi balayées sous le tapis
au profit du délire d'un auteur français qui n'a
rien du génie mais qui a tout pour rebuter l'intérêt
de la population, du commun des mortels.
Pour tout vous dire, François
Bon m'indispose profondément. Même la rédaction de
ce texte à son sujet m'indispose. Toute personne qui
reproche l'usage du mot ''livre'' m'indispose,
qu'importe le contexte et les enjeux. «(...)
débarrassés de l'idée même du livre (...)» écrit
François Bon.
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
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Courriel :
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