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Article mis en ligne le 6 février 2010

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Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

contact@manuscritdepot.com

MÉDIAS - INTERNET - INFLUENCE

 

Une relance de l'éducation aux médias est nécessaire pour développer une vision critique de l'Internet au sein de la population

 

L'arrivée de chaque nouveau médium de communication de masse suscite toujours des débats au sein de la société. Mais sommes réellement éclairés par ces débats d'un médium à l'autre ? Est-ce que nous avons mieux débattu de l'impact de l'arrivée de la radio après les débats au sujet des journaux ? Est-ce que nous avons discuté plus sagement de l'influence de la télévision après nos débats au sujet de radio ? Enfin, est-ce que nous discutons avec encore plus de précaution du pouvoir de l'Internet compte tenu de nos débats passés au sujet de la télévision, de la radio et des journaux ? Ma réponse à cette dernière question est « Non ». J'en ai pour preuve le manque de recul généralisé dans les débats au sujet de l'Internet. La plupart des analyses au sujet de l'influence de l'Internet sont faites têtes baissées, chacun avançant son opinion sans l'ombre de la moindre méthodologie.

 

Ainsi, près de vingt ans après l'arrivée de l'Internet dans nos foyers, les experts en sont encore à identifier les questions à répondre. Autrement dit, plus le débat au sujet de l'Internet avance, plus il y a de questions sur le tapis, comme si la démonstration de l'expertise se limitait à la quête des bonnes questions à poser.

 

Et n'allez pas me dire que c'est le propre de la science de déboucher toujours sur davantage de questions. Car dans le cas de la science, les questions viennent après des réponses. Dans le cas des experts de l'Internet, tout ce qu'on a, ce sont des questions. On regarde ce qui se passe, on tente une description et on soulève des questions.

 

Et n'allez pas me dire non plus que le propre de la science, c'est de tâtonner. La science s'impose à la fois une méthodologie de pensée et de nombreuses méthodologies de travail. On ne devient pas scientifique du jour au lendemain, pas plus qu'une recherche a le propre d'être scientifique sans les méthodologies requises. Or, dans le domaine de l'Internet, on compte de nombreux experts improvisés qui se soucient davantage de leurs opinions que des faits qu'ils questionnent.

 

De plus, il ne suffit pas d'être bien informé pour comprendre. Aujourd'hui, être bien informé est devenu pour plusieurs une fin en soi, surtout dans le domaine de l'Internet. Être bien informé est devenu la preuve ultime de la démonstration du bien fondé d'une opinion. Il suffit de lire les textes publiés par les « experts » sur le web pour se rendre compte de la méprise. Plus un texte contient de liens hypertextes vers d'autres sources, plus l'auteur est perçu comme un expert car il sait où trouver l'information pour fonder son opinion. Or, comprendre, ce n'est pas démontrer les assises de son opinion.

 

 

* * *

 

 

Je suis âgé de 52 ans; je suis donc un enfant de la télévision ou, si vous préféré, je suis né alors que la télévision existait déjà au Québec et j'ai grandi avec elle. À ma naissance en 1957, Radio-Canada avait déjà 5 ans d'existence et quand TéléMétropole arrive en 1961, j'ai 5 ans. La télévision sera mon seul médium de communication de masse jusqu'à mon adolescence où s'ajoute la radio suivie des journaux étudiants et locaux. Mais je ne me contente pas très longtemps d'être un simple téléspectateur, auditeur et lecteur. Je veux participer aux médias, en devenir acteur. J'anime mes premières chroniques à la radio locale et je publie mes premiers articles dans le quotidien régional avant la fin de mes études secondaires. Ma carrière en communication est lancée.

 

En 1980, j'ai 23 ans et je commence sérieusement à m'interroger sur l'influence des médias à la suite de la lecture d'articles de journaux. Je découvre alors « l'éducation aux médias » et je ferai un stage dans le domaine en France l'année suivante. À cette époque, un nombre impressionnant d'intervenants en France travaillaient très fort pour développer des « Jeunes Téléspectateurs Actifs » au sein du réseau scolaire et communautaire. De plus, l'Unesco venait de publié son cahier consacré à l'éducation aux médias. Quelques semaines avant mon arrivée à Paris, 19 pays et participants à un symposium international et réuni à Grünwald, en République Fédérale d’Allemagne du 18 au 22 janvier 1982, à l’invitation de l’UNESCO, venaient d'adopter la « Déclaration Grünwald sur l'éducation aux médias ».


 

DÉCLARATION DE GRUNWALD SUR L’ÉDUCATION AUX MEDIA


Conscients de l’importance que présente l’amélioration des relations entre éducation et communication dans notre société, des éducateurs, des communicateurs et des chercheurs venant de 19 pays et participants à un symposium international réuni à Grünwald, en République Fédérale d’Allemagne du 18 au 22 janvier 1982, à l’invitation de l’UNESCO, ont adopté la déclaration suivante :
 

Nous vivons dans un monde où les média sont omniprésents : un nombre croissant d’individus consacrent une grande part de leur temps à regarder la télévision, à lire des journaux et des revues, à écouter des enregistrements sonores ou la radio. Dans certains pays par exemple, les enfants passent déjà plus de temps devant un écran de télévision qu’à l’école.
 

Plutôt que de condamner ou d’approuver l’incontestable pouvoir des média, force est
d’accepter comme un fait établi l’impact significatif qui est le leur et leur propagation à travers le monde et de reconnaître en même temps qu’ils constituent un élément important de la culture dans le monde contemporain. Il ne faut pas sous-estimer ni le rôle de la communication et de ses média dans le processus de développement ni la fonction instrumentale qu’exercent les média pour favoriser la participation active des citoyens dans la société. Les systèmes politiques et éducatifs doivent assumer les obligations qui leur reviennent pour promouvoir chez les citoyens une compréhension critique des phénomènes de communication.

 

Malheureusement, la plupart des systèmes formels et non formels d’éducation ne se mobilisent que faiblement pour développer l’éducation aux média ou l’éducation à la communication. Trop souvent, un large écart sépare fâcheusement les expériences éducatives que proposent ces systèmes et le monde réel où vivent les hommes. Pourtant, si les raisons qui militent en faveur d’une éducation aux média conçue comme une préparation des citoyens à l’exercice de leurs responsabilités sont dès maintenant impérieuses, elles deviendront irrésistibles dans l’avenir proche avec les développements de la technologie de la communication comme les satellites de radiodiffusion, les systèmes de câble bi-directionnels, la combinaison de l’ordinateur et de la télévision, les vidéo-cassettes et les vidéo-disques qui auront pour conséquence d’accroître les choix des utilisateurs de média.
 

Les éducateurs responsables n’ignorent ces développements et s’efforcent au contraire d’aider leurs étudiants à les comprendre et à percevoir la signification des conséquences qui en découlent, notamment la croissance rapide d’une communication réciproque favorisant l’accès à une information plus individualisée.
 

Cela ne signifie pas qu’il faille sous-estimer l’influence qu’exerce sur l’identité culturelle la circulation de l’information et des idées entre les cultures par les média de masse.
 

L’école et la famille partagent la responsabilité de préparer les jeunes à vivre dans un monde dominé par les images, les mots et les sons. Enfants et adultes doivent être capables de déchiffrer la totalité de ces trois systèmes symboliques, ce qui entraîne un réajustement des priorités éducatives, lequel peut favoriser à son tour une approche intégrée de l’enseignement du langage et de la communication.
 

L’éducation aux média sera plus efficace si les parents, les maîtres, le personnel des média et les responsables des décisions reconnaissent qu’ils ont tous un rôle à jouer pour favoriser l’émergence d’une conscience critique plus aiguë des auditeurs, des spectateurs et des lecteurs. Renforcer l’intégration des systèmes d’éducation et de communication constitue sans nul doute une mesure importante pour rendre l’éducation plus efficace.
 

C’est pourquoi nous lançons aux autorités compétentes un appel en vue de :
 

(1) organiser et soutenir des programmes intégrés d’éducation aux média s’étendant du niveau pré-scolaire à l’université et à l’éducation des adultes et visant à développer les connaissances, les techniques et les attitudes propres à favoriser le développement d’une conscience critique et par conséquent d’une compétence plus grande parmi les utilisateurs des média électroniques et imprimés. Idéalement ces programmes devraient aller de l’analyse du contenu des média jusqu’à l’emploi des instruments d’expression créatrice, en passant par l’utilisation des canaux de communication disponibles fondée sur une participation active ;
 

(2) développer les cours de formation destiné aux éducateurs et différents types d’animateurs et de médiateurs visant à la fois à améliorer leur connaissance et leur compréhension des média et à les familiariser avec des méthodes d’enseignement appropriés en tenant compte de la connaissance des média souvent considérables mais encore fragmentaire que possèdent déjà la plupart des étudiants ;
 

(3) stimuler les activités de recherche et de développement intéressant l’éducation aux média dans des disciplines comme la psychologie, la sociologie et les sciences de la communication ;
 

(4) soutenir et renforcer les actions entreprises ou envisagées par l’UNESCO qui visent à encourager la coopération internationale dans le domaine de l’éducation aux média.
 

Grünwald, 22 janvier 1982

 

 

Télécharger cette déclaration (PDF)

 

Section du site de l'UNESCO consacré à l'éducation aux médias

 

25ème anniversaire de la Déclaration de Grünwald

 

 

 

L'étude de l'influence des médias a pris son envol au cours des années 60, peu de temps après l'arrivée de la télévision dont la marque sur la société apparaissait alors beaucoup plus importante que ses prédécesseurs, les journaux et la radio. La prise de conscience du pouvoir des médias au sein de la population a suivi la même courbe du développement des médias. Le début des années 80 voit donc naître un intérêt mondial, non pas pour l'influence des médias, mais pour l'éducation aux médias. Autrement dit, 20 ans après les premières études sur l'influence des médias, on passe finalement à l'action sur la scène mondiale, de façon concertée et organisée. Pourquoi en est-il pas ainsi dans le cas de l'Internet, vingt ans après son arrivée dans nos foyers ?

 

Il faut dire que l'éducation aux médias a fait un bout de chemin en ce qui concerne l'Internet, désormais ajouté à la liste des médias du programme de l'UNESCO. Par exemple, l'organisme a annoncé en 2007 par voie de communiqué la publication d'un Kit d'éducation aux médias comprenant un Manuel de maîtrise de l'Internet. Le but est de former et de développer le sens critique des Internautes, comme on le fait pour les téléspectateurs et les lecteurs.

 

Aujourd'hui, l'éducation aux médias profite de plusieurs structures pour atteindre ses objectifs dont le Réseau Éducation-Médias (Canada) et le Centre de ressources en éducation aux médias (Québec). Il y a même une Semaine nationale de l'éducation aux médias au Canada depuis 2006.

 

L'essentiel à retenir de la brève histoire de l'éducation aux médias, c'est la convergence et la coordination des efforts dans un «processus qui permet à des individus d'acquérir une vision critique des médias et de comprendre la nature, les techniques de production et l'influence de leurs produits et messages.» (Source) C'est une telle convergence et une telle coordination qui nous manque dans le cas de l'Internet. Les critiques jaillissent de toutes parts, les faits ne sont pas toujours respectés et, par conséquent, la population ne possède pas une vision critique éclairée, pas plus que nos gouvernements et les médias eux-mêmes.

 

À mon avis, une relance active de l'éducation aux médias est nécessaire pour développer une vision critique de l'Internet au sein de la population. Il ne s'agit plus uniquement d'initier la population aux nouvelles technologies mais aussi et surtout de l'instruire d'un sens critique aigu. Autrement, les opinions des uns et des autres, souvent empreintes de préjugés, continueront à régner en roi et maître et nous passerons tous à côté de l'essentiel. L'Internet nous possédera et son pouvoir nous manipulera... encore davantage.

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

Téléphone : 581-988-7146 (Lévis, Québec)

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Lévis,
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