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Article mis en ligne le 29 octobre 2010

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Savoir lâcher prise devant les colonisateurs des forums Internet, ivrognes de la liberté d'expression
 

 

Mon expérience récente avec CentPapiers, journal citoyen, exposée sur ce site dans un article le 24 octobre dernier, m'avait conduit à demander à l'administrateur du site, Pierre JC Allard, de supprimer mon compte. Ce dernier a refusé et le temps que je conteste j'ai reçu une appel téléphonique de l'un des collaborateurs du site en France. Ce collaborateur m'a convaincu de demeurer sur le site CentPapiers. Je suis alors revenu à la charge pour exprimer mon opinion sur la dérive de CentPapiers dans un article intitulé «Dans mon pays colonisé à libérer», titre extrait des paroles de la chanson de Raôul Duguay, La Bittt à tibi, reproduite dans mon texte avec la présentation suivante : «Un texte, une chanson, inoubliable qui explique pourquoi je me sens… sur CentPapiers À LIBÉRER !» Évidemment, le débat a dégénéré et un commentateur m'a invité à aller voir ailleurs si je n'étais pas content. Je suis donc revenu sur ma décision et redemandé à l'éditeur du site CentPapiers de supprimer mon compte. S'il refuse, comme il l'a fait lors de ma première demande, je vais porter plainte à la commissaire à la vie privée.

 

Ceci dit, CentPapiers n'est pas le seul site d'expression citoyenne où les articles des rédacteurs suscitent des commentaires stupides et des attaques souvent jugées personnelles, bref, où les débats dégénèrent. Le constat m'incite à renouveler ma réflexion au sujet de la liberté d'expression sur Internet. Car c'est au nom de cette liberté d'expression que les uns et les autres revendiquent haut et fort le droit d'exprimer leurs points de vue respectifs sans aucune censure. Personnellement, je suis en faveur de la liberté d'expression et je n'aimerais pas qu'on me prive de ce droit quoique si ce droit est garanti dans la Charte des droits et libertés de la personne, les moyens ne le sont pas. Autrement dit, nous avons tous droit à la liberté d'expression mais nous ne disposons pas tous des moyens pour l'exercer.

 

L'Internet a changé cette situation en nous donnant un moyen peu coûteux d'exercer notre liberté d'expression. C'est bien, très bien même. Les opinions fusent désormais de toutes parts. On se retrouve aujourd'hui devant un nouveau problème : la colonisation de l'Internet par de véritables ivrognes de la liberté d'expression, des gens qui n'ont plus aucun contrôle de leur soif de liberté d'expression, bref, des dépendants qui s'ignorent. Et si par malheur vous abordez la question de l'encadrement de la liberté d'expression, ne serait-ce que par les lois, ces ivrognes tombent immédiatement dans une phase semblable à celle connue des alcooliques en désintoxication, le delirium tremens («Délire alcoolique aigu déclenché par un sevrage brutal chez un alcoolique chronique. Le désordre intellectuel souvent hallucinatoire s’accompagne de tremblements, d’agitation, de fièvre, de sueurs, de déshydratation.» Source). Si le delirium tremens se produit alors que l'alcoolique chronique est en sevrage brutal, chez l'ivrogne de la liberté d'expression, il se produit à l'idée même d'un sevrage. Je ne parle pas ici de sevrage à la liberté d'expression elle-même, mais plutôt à la dépendance maladive à la liberté d'expression.

 

Nous pourrions croire que la liberté d'expression demeure un bonne chose, même dans le cas d'une dépendance maladive. Après tout, des hommes ont combattu, souvent au péril de leur vie, pour défendre la liberté d'expression et l'instaurer comme un droit universel. Ainsi, pour plusieurs, des excès de liberté d'expression vaudront toujours mieux que tous gestes de censure. Or, c'est ignorer un grave problème que de minimiser ces excès car c'est la valeur même du droit à la liberté d'expression qui dégénère. Autrement dit, la banalisation des problèmes de dépendance maladive à la liberté d'expression ne constitue pas un remède.

 

Évidemment, la situation se complique dès le départ parce que les dépendants ne reconnaissent pas leur dépendance, tel qu'on l'observe chez les alcooliques non traités.

 

Les dépendances de l'esprit, dans lesquelles s'inscrit celle à la liberté d'expression, ne sont pas nouvelles chez l'homme. Aujourd'hui, des spécialistes traitent la dépendance affective, la pratique pathologique du jeu, la boulimie et plusieurs autres types de dépendances fatales à la qualité de vie voire à la santé de la personne. Malheureusement, les études sur le droit à la liberté d'expression ne s'attardent généralement pas aux excès de dépendance. Elles se concentrent plutôt sur les manques de respects du droit à la liberté d'expression puisque ce dernier n'est pas encore acquis à tous. Ainsi, les ivrognes de la liberté d'expression sont généralement laissés à eux-mêmes ou, refoulés aux portes d'un site web à l'autre, ils errent et sévissent, seuls ou en bandes, profitant indûment de la bonne volonté des modérateurs, sous l'œil consterné de plusieurs internautes.

 

Les ivrognes de la liberté d'expression peuvent vous détruire la crédibilité d'un site Internet en quelques mois voire en quelques semaines par des commentaires à l'emporte-pièce défiant à la fois le respect de l'autre et les lois. Parfois, ils s'enflamment aussi rapidement que l'essence au contact d'une allumette. Parfois, ils s'infiltrent dans l'air comme le gaz naturel avant d'exploser à la moindre étincelle.

 

Souvent, leurs commentaires demeurent incompréhensibles par manque de cohérence ou de logique élémentaire de communication. Ils ne tiennent généralement pas compte des différences culturelles entre les langues. Ils utilisent des expressions locales, régionales ou nationales dont le sens particuliers échappe aux autres localités, régions ou nations même si elles partagent la même langue. Incapables de comprendre, certains internautes cessent de fréquenter le site et laissent la place à ces ivrognes de la liberté d'expression pour qui la communication n'a pas à se soumettre à aucune règle, même les plus élémentaires. Ainsi, bon nombre d'ivrognes de la liberté d'expression ne communiquent pas, ils s'expriment. Ils n'ont pas conscience de communiquer sous l'emprise de leur dépendance maladive à la liberté d'expression.

 

Je m'insurge généralement contre tous ceux qui tentent de donner mauvaise réputation à l'Internet en soutenant qu'on y trouve de tout et n'importe quoi, le meilleur et le pire, parce que cela décourage plusieurs internautes potentiels ou incite plusieurs à restreindre leur exploration du web. J'ai l'impression que plusieurs se privent du meilleur pour éviter le pire. Mais, aujourd'hui, je dois donner raison aux détracteurs de l'Internet car le pire prend progressivement le dessus sur le meilleur. Et pour défendre le meilleur, il faut savoir lâcher prise devant les colonisateurs des forums Internet, ivrognes de la liberté d'expression.

 

Mon deuil de CentPapiers ne sera pas facile car je tenais à ce qu'il soit parmi les meilleurs, d'autant plus qu'il s'agissait du premier journal citoyen québécois sur l'Internet.

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

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