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Article mis en ligne le 24 novembre 2010

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Les médias,

chiens de garde

de la démocratie

 

Quand

les chiens

jouent

dans le trafic

 

par Serge-André Guay,

président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

Un nuage noir de scandales plane sur le Québec depuis plusieurs mois nous privant ainsi des bienfaits du soleil. Porte-voix officiels des allégations de corruption, de copinage et de collusion, les médias, saura-t-on nous dire, ne font rien de plus que de jouer leur rôle : rapporter les faits et contribuer ainsi à la sauvegarde de notre démocratie. Il faut savoir que les médias se présentent comme le quatrième pouvoir dans notre société, après le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire. Bref, les médias se perçoivent comme les chiens de garde de la démocratie.

 

Autrefois, plusieurs personnes ridiculisaient la portée du pouvoir des médias en affirmant : « Les chiens jappent pendant que la limousine passe ». Autrement dit, les médias ont beau s’égosiller au passage des limousines de nos dirigeants, ils n’empêchent pas ces derniers de poursuivre allègrement leur route.

 

Aujourd’hui, de toute évidence, les médias ne se contentent plus d’aboyer sur le trottoir au passage des limousines. Ils jouent dans le trafic. Ils sont en pleine rue tentant de faire dévier voire d’immobiliser les limousines dans leurs courses. Les médias québécois perturbent ainsi le trafic depuis des mois. Et heureusement pour eux, les chauffeurs des limousines se sont adaptés à leur présence en plein milieu de la rue puisqu’on ne rapporte aucun mort. En d’autres pays, on le sait, certains chauffeurs ne ralentissent pas plus qu’ils contournent les chiens de garde médiatiques. Ils foncent dessus et tuent au passage. Le Québec offre donc aux médias une liberté d’expression exemplaire afin qu’ils puissent exercer leur pouvoir avec une impunité presque totale.

 

Les médias ne sont pas de simples observateurs, mais des acteurs impliqués jusqu’au cou dans la vie démocratique. Et ce statut implique des responsabilités qui vont bien au-delà d’informer leurs audiences. Ils doivent absolument tenir compte des retombées à moyen et à long terme de leurs informations. Car un tel pouvoir ne saurait s’exercer avec une vision limitée au quotidien et une gestion à la petite semaine. On ne peut pas couvrir le Québec d’un nuage noir menaçant pendant des mois sans se préoccuper des conséquences de la privation des rayons du soleil sur toute la population, y compris nos dirigeants.

 

Quand les médias nous informent, ils choisissent. En effet, informer, c’est choisir. Et ce choix s’effectue parmi des centaines voire des milliers de nouvelles informations disponibles à chaque jour. C’est la représentation du monde au sein de la population qui est en jeu dans le choix des médias. Puisque nous n’avons pas accès directement à ces nouvelles informations, les médias choisissent à notre place la représentation quotidienne que nous aurons de notre monde. Et c’est en cela qu’ils se disent responsables d’une représentation juste et équitable de la réalité et de ce qui devrait ou non retenir notre attention. Force est de conclure que la neutralité des médias n’est qu’apparente compte tenu de leur influence sur nous et notre perception du monde.

 

Le choix perd son objectivité lorsqu’on mobilise et lance une partie de la meute de journalistes sur les mêmes pistes à scandales pendant des mois. D’autres pistes souffrent inévitablement d’une absence de couverture ou d’une couverture beaucoup trop réduite pour refléter la réalité de ce qui s’y passe. Par les temps qui courent, on a l’impression que les médias se disent que « Les gens ne veulent pas savoir ce qui va bien, mais ce qui va mal ».

 

Personnellement, je suis profondément affecté par les bulletins de nouvelles de fin de soirée à l’antenne de nos réseaux de télévision. J’en ai réellement marre de me faire parler de scandales après scandales et d’entendre ces appels répétés à une commission d’enquête publique. Il y a là un dérapage évident de nos médias, car, au-delà des allégations rapportées, il y a une quête malsaine de tout ce qui ne va pas. Ça m’énerve parce qu’il y a toujours eu des choses qui se portent mal et d’autres qui se portent bien. Les médias me donnent l’impression qu’il faut se concentrer sur ce qui ne va pas.

 

Évidemment, il faut reconnaître et résoudre nos problèmes. Je n’approuve pas la tactique de l’autruche, loin de là. Mais il me semble que le gouvernement québécois a répondu à l’appel lancé par les médias (au nom de la population). Il y a plusieurs enquêtes policières en cours actuellement.

 

Mais les médias ne profitent pas de ces enquêtes. Alors, ils donnent écho au moindre appel à une commission d’enquête publique. Ça, ce serait profitable pour les médias, comme le fut celle au sujet du scandale des commandites, télédiffusée en direct. Je suis d’avis que l’on devrait créer un canal de télévision spécialisé dans les scandales et les commissions de toutes sortes. Une fois tous les journalistes dédiés aux scandales rassemblés dans une même salle d’information, ils comprendraient peut-être la portée négative à long terme de leur lubie sur la représentation du monde au sein de la population.

 

Ils devraient même déjà comprendre leur influence négative puisqu’ils participent, par exemple, à la baisse du taux de participation aux élections. Ils ne sont pas des observateurs objectifs de cette situation. Ils font partie des acteurs. Il en va de même du cynisme face aux politiciens au sein de la population dont ils parlent si souvent; ils font partie du problème. On ne peut pas se concentrer sur le négatif et se laver les mains de toute influence indue.

 

J’ai travaillé au sein de plusieurs médias dans ma jeunesse et j’ai toujours cru que mon rôle consistait à bâtir, non pas à détruire. Évidemment, si l’on se réfère à la Science, il faut considérer que tout nouveau savoir se bâtit sur la destruction du déjà su. Mais cette destruction ne se fait pas en premier, ce n’est pas la priorité. Elle se fait sur la démonstration d’une connaissance supérieure à l’ancienne. Il n’y a pas de vide. Le nouveau savoir remplace l’ancien sur le champ. On n’observe rien de tel au sein des médias québécois actuellement, car non seulement l’information qu’ils présentent n’est pas meilleure que l’ancienne, mais elle crée un vide. Et comme la nature, y compris la nature humaine, a horreur du vide, il se remplit vite, dans ce cas-ci, de généralisations à outrance : « Tout le monde est corrompu ! », « On ne peut avoir confiance en personne. », « Tout le monde exploite tout le monde. » et ainsi et suite.

 

Félicitations à tous nos médias pour cette destruction en règle et généralisée de la confiance de la population en ses institutions et ses élus. Ça, c’est un choix objectif, neutre, intelligent et responsable. Et l’excuse « On se limite à rapporter les faits » n’est pas valable, car, je le rappelle, INFORMER, C’EST CHOISIR !

 

S’il y a un scandale actuellement au Québec, il se déroule au sein même des médias, car tout ce qu’ils ‘’observent’’ à l’extérieur de leurs murs a son pendant en leurs propres salles d’informations. Par exemple, il suffit de critiquer un journaliste sur la scène publique pour se retrouver sur sa liste noire voire sur celle de l’ensemble de sa communauté. Une seule critique et la population sera privée d’information. La pratique est très répandue au sein des médias québécois. Je l’ai personnellement observé au sein de RADIO-CANADA, de TVA, des quotidiens LE DEVOIR, LA PRESSE et RUE FRONTENAC à la suite de sévères critiques de ma part. Et ils se disent objectifs. Et ils plaident rapporter simplement les faits. Leur comportement face à la critique prouve le contraire. Dans une société lorsqu’on observe de la corruption, du copinage et de la collusion, elles se limitent très rarement à deux ou trois secteurs donnés ou à un seul des quatre pouvoirs.

 

Une tactique bien connue consiste à détourner l’attention de la population sur les autres pouvoirs pour protéger le sien. Est-ce là la tactique de nos médias ? 

 

 

P.S.: À quand une commission d'enquête publique sur les médias ?

 

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

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