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La Fondation littéraire Fleur de Lys / Le monde du livre sur Internet était là pour vous!
Les nouveaux modèles d'affaires Révolution interactive 9 octobre 2007 - Montréal
L'avenir est à la «longue queue»
Si vous êtes un auteur édité sur Internet vous faites partie de la «longue queue». Si vous avez un magazine en ligne sur Internet, vous faites aussi partie de la «longue queue». Si vous êtes un animateur d'une station de radio Internet, vous faites également partie de la «longue queue». Si vous êtes un rédacteur d'un carnet Internet (blogue), vous faites partie de la «longue queue». Et c'est tant mieux car l'avenir est à la «longue queue».
La «longue queue» est un concept développé par Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine Wired (Branché) publié aux États-Unis. Ce concept explique le bouleversement des marchés depuis l'arrivée de l'Internet : le nombre de produits à large distribution diminue tandis que le nombre de produits à distribution restreinte augmente sans cesse.
Chris Anderson en conférence lors de son passage à Montréal le 9 octobre dernier dans le cadre des Journées 360 d'Infopresse
Le graphique se compose de deux axes : la popularité et les produits. Chris Anderson a observé que la diminution du nombre de produits qui jouissent d'une grande popularité (partie en rouge du graphique), c'est-à-dire, les produits à large distribution que l'on retrouve, par exemple, dans les grandes chaînes de magasins. Il s'agit donc des produits des marques les plus connues (les plus populaires) auprès de la population en général. Le graphique indique aussi que la popularité de ces produits n'augmente plus voire diminue (il n'y a pas de flèche vers le haut). Bref, non seulement les produits à large distribution diminuent en nombre mais leur popularité plafonne.
Le succès des produits les plus populaires dépend en grande partie de leur distribution de par le monde. Or, une telle distribution, continentale ou mondiale, exige des investissements élevés que seules les grandes entreprises peuvent se permettre. L'Internet est venu bouleverser ce modèle d'affaires traditionnel en démocratisant l'accès à la distribution. Grâce à l'Internet, il est désormais possible de lancer un produit ou un service sans avoir à supporter les coûts d'une large distribution.
Chris Anderson en conférence lors de son passage à Montréal le 9 octobre dernier dans le cadre des Journées 360 d'Infopresse
La musique sur Internet est l'un des meilleurs exemples de cette nouvelle situation. La contrainte de rentabilité commerciale liée à une large distribution oblige les producteurs de musique à se concentrer sur les musiques les plus populaires ou à fort potentiel de popularité. Mais sur Internet, cette contrainte disparaît et on peut mettre en marché un disque qui ne sera populaire qu'auprès d'un groupe limité de fans. L'expression «produits de niche» prend tout son sens sur Internet: un produit particulier et adapté à un nombre limité de consommateurs. Ainsi, des chanteurs, des compositeurs, des interprètes, des groupes,... ont profité de l'Internet pour lancer leurs disques en évitant les coûts d'une large distribution en magasins. Et puisque les internautes se regroupent par intérêts, il suffisait à ces artistes d'informer les groupes d'internautes potentiellement intéressés par leur musique pour se bâtir une clientèle et la fidéliser pour enfin occuper ce qu'il est convenu d'appeler «niche de marché».
Cette approche peut être exploitée par un seul individu ou petit groupe de personnes et par une entreprise. L'exemple le plus souvent cité est celui de la librairie en ligne Amazon. Cette dernière offre 3,7 millions de titres de livres mais environ un quart ou 25% de ses ventes sont des livres qui ne paraissent pas dans la liste des 100,000 premiers titres les plus populaires (La longue traîne, Chris Anderson, page 25). Autrement dit, les produits les moins populaires représentent environ 25% des ventes de livres sur Amazon. C'est le choix qui fait toute la différence sur Internet, ici le choix parmi les livres les plus populaires et surtout le choix parmi les livres inconnus, ceux que les libraires traditionnels ne gardent pas en tablettes parce qu'ils ne connaissent pas le succès de foule nécessaire à la rentabilité.
La démocratisation de l'accès à la distribution générée par l'Internet a fait explosé le choix offert aux consommateurs, d'où l'expression «On trouve de tout sur Internet», et surtout des produits de niche.
«C'est dans les plus petites ventes qu'il y a le plus d'argent à gagner» soutient Kevin Laws, capital-risqueur et ancien consultant auprès de l'industrie musicale (La longue traîne, Chris Anderson, page 25). «Google, par exemple, réalise la plus grande partie de son chiffre d'affaires non pas avec les annonceurs géants mais avec les petits (la Longue Traîne de la publicité)» (La longue traîne, Chris Anderson, pp 25-26).
«S'agissait-il d'une demande latente de produits de niche qui existait déjà ou d'une nouvelle demande? Nous ne le savons pas. Mais nous savons que chez les entreprises pour lesquelles nous disposons des données les plus complètes - Netfix, Amazon, Thapsody - les ventes de produits non disponibles chez leurs concurrents disposant de magasins en dur (physique ou avec pignon sur rue) représente entre un quart et la moitié du chiffre d'affaires total - et que chez tout ce pourcentage augmente à chaque année. Autrement dit, la partie de leur activité qui progresse le plus vite est la vente de produits totalement absents des magasins traditionnels» (La longue traîne, Chris Anderson, page 27).
À l'origine de la longue traîne, on trouve la démocratisation des outils production. Dans le cas de la musique, on peut désormais produire un CD-ROM et des fichiers MP3 téléchargeables d'excellente qualité avec des équipements de base de moins en moins dispendieux, opérables à partir de son ordinateur personnel. Dans le cas du livre, on profite des innovations technologiques de l'impression à la demande, c'est-à-dire de l'impression d'un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur, et ce, à un coût raisonnable. Dans les deux cas, il n'est plus besoin de produire en masse des exemplaires car un seul suffit. Le CD-ROM ou l'exemplaire papier sera produit uniquement lorsqu'un consommateur en fait la demande. Autrement dit, chaque exemplaire produit est un exemplaire vendu d'avance. Il n'y a donc aucune perte, aucun retour de disque ou de livres invendus.
Voici trois graphiques qui résument très bien la longue traîne.
© 2007 Pearson Education France, Paris
© 2007 Pearson Education France, Paris
© 2007 Pearson Education France, Paris
Cette affirmation de Chris Anderson dans le cadre de sa conférence du 9 octobre dernier à Montréal a suscité l'attention: «Votre marque n'est pas ce que vous en dites mais ce que Google dit qu'elle est» («Tour brand isn't what you sau it is, Its what Google says it is»). On trouve un bel exemple dans l'actualité «Le devoir d'information et les recherchistes».
Conférence de Christian Dussart, professeur titulaire au MBA de HEC Montréal
Le Professeur Dussart a travaillé intensivement sur le Comportement du Consommateur et sur la Stratégie de Marketing. Il a publié plusieurs livres, chapitres et de très nombreux articles dans des revues académiques et professionnelles à travers le monde. Ses centres d’intérêt actuels sont l’évolution des modèles d’affaires autour des technologies digitales (Internet et plus), le CRM (online et offline), le One-To-One, le marketing de base de données, les relations avec les distributeurs, le management de catégorie, le marketing global et le marketing des services. Il a travaillé auprès de grandes compagnies internationales, notamment dans le domaine des cosmétiques, du sélectif, des ordinateurs, des services financiers, de la grande distribution et des équipements industriels, en tant que responsable de formation ou expert consultant. Il a passé plus de six années au MIT/Sloan School of Management où il a été directeur de la Digital Business Strategy track. Il est maintenant professeur titulaire, HEC Montréal. Il a été nommé professeur de l’année au MBA en 2005 et en 2006. Il a été nommé «Distinguished Marketing Professor» à la Society for Marketing Science (SMA) (2007).
Texte de présentation de la conférence
Les nouvelles technologies nous ont fait passer
d’une économie traditionnelle, fermée et cloisonnée, à une «Wikinomie» ouverte,
participative, tournée vers l’intelligence collective et la création
participative. Le développement du numérique couplé à l’irréversible
implantation de la mondialisation des marchés a créé un phénomène économique de
fond : celui de la banalisation des offres, entraînant prématurément les
nouveautés dans des marchés de prix.
Quelques notes sur le vif
Wikinomie : «Alors que les hiérarchies ne disparaissent pas, de profonds changements dans la nature de la technologie, de la démographie et de l'économie globale sont en train de donner lieu à la montée de nouveaux modèles de production basés sur la communauté, la collaboration, et l'auto-organisation plus que sur la hiérarchie et le contrôle.» (Source) [ Voir aussi ]
Dévalorisation prématurée de l'offre - Les consommateurs veulent toujours plus pour moins. Le défi des entreprises est donc de trouver les moyens pour réduire leurs coûts de façon à offrir leurs produits ou leurs services à un prix réduit. Et il se trouve toujours une entreprise pour offrir à meilleur prix. La conséquence est une dévalorisation prématurée de l'offre en raison des nouveaux produits qui offrent plus aux consommateurs, et ce, à moindre prix. Cette quête du «plus bas prix garanti» dévalorise l'offre en la faisant vieillir prématurément, d'où l'obligation de constamment innover.
Satisfaction des consommateurs - Le consommateur est plus satisfait des services Web que des services en magasins, a rapporté le Professeur Dussart. Si l'internaute se demandait jadis s'il y avait quelqu'un derrière les sites Internet, aujourd'hui, non seulement il sait qu'il y a bel et bien des gens derrière les sites Internet, mais il fait de plus en plus l'expérience d'un service ultra personnalisé qui lui procure une meilleure satisfaction. Il faut dire qu'on trouve souvent sur Internet des gens hautement spécialisés dans leur domaine et à qui on peut adresser des questions très pointues, ce qui est rarement le cas des vendeurs dans les magasins.
TABLE RONDE : quels seront les modèles d'affaires gagnants de demain?
(De gauche à droite) Patrick Lauzon, Vice-président exécutif, Canoe.com, Mitch Joël, Président, Twist Image, Thane Calder, Coprésident, CloudRaker, Andrea Doyon, Président, Hue, Yannis Mallat, Président, Ubisoft, et au micro, à titre d'animateur, René Vézina, Chroniqueur, Journal Les Affaires.
Présentations des participants
Dans son édition de
juillet 2006, Official U.S. PlayStation Magazine identifiait Yannis
Mallat comme l’une des 20 personnalités les plus influentes de
l’industrie internationale du jeu vidéo. Le numéro de janvier 2007
du très influent magazine Game Informer (tiré à plus de 2 millions
d’exemplaires dans le monde) a placé Ubisoft Montréal au quatrième
rang des meilleurs studios de développement de jeux vidéo sur la
planète.
Andrea Doyon a été nommé
vice-président aux technologies à 21 ans au sein de l’agence Sid Lee
(anciennement Diesel). Avec plus de 120 projets technologiques en
marketing comptant parmi les plus importants au Québec, dont 15
couronnés par l’industrie (Boomerang, Digital, New York Film
Festival, Cannes), il est reconnu pour sa passion, sa curiosité et
son instinct en affaires.
Thane Calder s’est enfui après ses études secondaires pour enseigner l’anglais dans les collines de thé en Inde pendant un an. Il possède deux diplômes universitaires: un en philosophie et l’autre en biopsychologie évolutive. Après un bref séjour en France à diriger des voyages de vélo pour Butterfield & Robinson, Thane Calder est revenu au Québec afin de travailler en formation et en marketing pour ce qui était une nouvelle entreprise de télécommunications sans fil, Microcell (Fido). Ensuite, il a passé quelques années avec une autre entreprise en démarrage – dans les nouveaux médias –, Jazz Réseau Média, puis avec le Groupe Cossette Communication, avant de convaincre son futur associé, Jean-Sébastien Monty, de créer CloudRaker il y a plus de six ans. Sa force: autre que de poser une multitude de questions pointues concernant les objectifs marketing et communicationnels des clients de CloudRaker, Thane Calder a une véritable passion contagieuse pour les initiatives interactives qui livrent de vrais résultats et de véritables bénéfices pour la cible ultime: l’utilisateur.
Marketing Magazine l’a
surnommé la rock star canadienne du marketing numérique. Il est un
entrepreneur et orateur passionné qui partage ses idées marketing
sur le branding et l’univers du marketing électronique à travers le
monde.
Patrick Lauzon possède plus
de 13 ans d’expérience dans des postes de direction des ventes, du
marketing et des relations stratégiques dans les médias, le
développement d’affaires et Internet.
Introduction à la table ronde
Cinq experts des nouveaux médias et
du monde des affaires débattront des nouveaux modèles émergeants et de ceux qui
permettront aux entreprises d'augmenter leur profitabilité. Qu'est-ce que les nouvelles technologies et les nouvelles réalités d'affaires ont changé dans l'approche de ces gestionnaires? Quels sont les domaines de la nouvelle économie qui seront porteur demain? Et comment créer des produits et adapter ses services en fonction d'un public de plus en plus exigeant, sans cesse en quête de participation?
Quelques notes sur le vif
Intervention de Yannis Mallat, Président, Ubisoft ▬ Selon monsieur Mallat, le succès d'Ubisoft est en partie dévolu à leur conception du jeu vidéo comme étant une expérience qui change les gens, et ce, par le biais des choix que le joueur doit ou peut faire. Bref, des jeux vidéo statiques où le joueur n'avait pas un mot à dire, on est passé à des jeux interactifs où le joueur intervient.
Les participants ont souligné...
Suivi de presse
La métaphore de «la longue traîne»
La vision et les paradoxes de Chris Anderson
Montréal : Chris Anderson explique sa « longue traîne »
Chris Anderson: la découverte d'un nouveau marché
Benoît Johnson
Le triomphe des amateurs
Documents relatifs
Lien vers l'article «La longue traîne» de Chris Anderson.
Lien vers le blog «The long tail» de Chris Anderson
Lien vers l'article de Wikipedia «La longue traîne»
Serge-André Guay, président Fondation littéraire Fleur de Lys
15 octobre 2007
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