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Article mise en ligne le 10 décembre 2007

 

Le futur du livre est ailleurs... qu'au Québec

 

 

Pour prédire le futur du livre,

il faut très bien connaître le présent

 

Les médias québécois ne sont pas suffisamment au fait de ce qui se passe réellement dans le monde du livre, ici et ailleurs dans le monde, pour commenter le futur du livre. C'est du moins la conclusion à tirer de deux articles parus en novembre dernier au Québec: Un peu de futurologie signé par Nicolas Dickner dans l'hebdomadaire culturel Voir et Le fétichisme du... livre-objet signé par Mario Roy dans le quotidien montréalais La Presse. Voici notre analyse de ces deux articles.

 

 

Un peu de futurologie, chronique Hors champ,

Nicolas Dickner, 15 novembre 2007, Voir.

Lire cet article [Si cet article n'est plus disponible sur Internet: Version PDF ]

 

Dans son texte, le chroniqueur Nicolas Dickner se lance dans une tentative de prédiction du futur du livre parce qu'il ne sait pas comment entretenir autrement ses lecteurs au sujet du Salon du livre de Montréal en cours: «Que puis-je écrire sur la trentième édition que vous n'aurez pas déjà lu dans nos pages ou dans celles de la concurrence? Pas grand-chose sans doute, aussi vais-je plutôt vous esquisser un bref panorama de l'automne 2017, alors que le Salon du livre de Montréal fêtera en grande pompe sa quarantième édition.»

 

Évidemment, monsieur Dickner s'arrête en premier lieu au futur du livre dans les médias, égocentrisme oblige. D'entrée de jeu, il écrit: «Côté médias, pas grand-chose. Voilà plusieurs années que les cahiers et émissions littéraires ont disparu pour de bon. Le livre appartient désormais à la section Divertissements, où il doit se frotter aux plus récentes productions hollywoodiennes.»

 

Une prédiction plutôt facile compte tenu qu'il n'y a déjà plus aucune émission littéraire à l'antenne des grandes chaînes de télévision au Québec. En fait, il n'y a qu'une seule émission de télévision littéraire actuellement au Québec, Le Livre Show, diffusée à la télévision communautaire du câblodistributeur national Vidéotron. Il faut savoir que tous les Québécois n'ont pas accès à cette émission littéraire puisqu'elle est réservée aux seuls abonnés de l'entreprise. Les abonnés de la télévision par satellite n'y ont pas accès. Et lorsqu'on sait que «les taux d’abonnement à la télévision par câble ont décliné au cours de la dernière décennie, mais les taux d’abonnement à la télévision par satellite ont connu une hausse marquée» (source), il faut conclure que cette émission de télévision littéraire n'est pas nationale puisqu'elle n'est pas libre d'accès. Pour l'instant, la stratégie de cette télévision communautaire consiste à dire que Le Livre Show est la seule émission littéraire de la télévision québécoise.

 

Pour écrire que les émissions littéraires auront disparu «pour de bon» en 2017, le chroniqueur Nicolas Dickner doit inclure le retrait de l'émission de radio hebdomadaire Vous m'en lirez tant à l'antenne de la Première chaîne de Radio-Canada. L'émission n'est pas un succès de foule et il est tout à fait prévisible qu'elle disparaisse si jamais le milieu littéraire québécois baisse la garde. On a l'impression que l'émission demeure à l'antenne que pour permettre à Radio-Canada de dire qu'elle n'a pas abandonné la production d'une émission dédiée au livre. Ici, la stratégie de la société d'état consiste à soutenir que le livre est déjà partie prenante de plusieurs autres émissions de grille horaire, dont la plus populaire, Tout le monde en parle. Et ça fonctionne puisque tout écrivain préférerait et de loin être l'invité de Tout le monde en parle plutôt que de Vous m'en lirez tant.

 

Quant à la disparition des cahiers littéraires au sein de nos médias imprimés d'ici 2017, le chroniqueur Nicolas Dickner se trompe. Ces cahiers sont là pour rester tant et aussi longtemps que les preneurs pour les espaces publicitaires, éditeurs et libraires, disposent des ressources financières pour ce faire, c'est-à-dire des subventions gouvernementales et rien ne laisse présager que ces dernières disparaîtront au cours de la prochaine décennie.

 

Monsieur Dickner prédit aussi et une fois de plus la disparition des critiques littéraires: «La critique - dont les lecteurs se méfiaient depuis longtemps - a été remplacée par les impressions de lecture de Madame Sicotte. En 2017, le lecteur est parfaitement intégré à la nouvelle chaîne de production du contenu: n'importe qui peut soumettre ses commentaires sur tel bouquin d'Anne Robillard. Il suffit ensuite de sélectionner et publier les meilleures contributions.» On se souviendra que le chroniqueur a formulé une telle prédiction le 9 août dernier dans son texte Les tabacs disproportionnés. Visiblement obnubilé par la disparition de son métier de critique littéraire, Nicolas Dickner semble mépriser la démocratisation de la critique littéraire engendrée par l'Internet. En qualifiant celui ou celle qui se donne la peine de donner ses «impressions de lecture» de «n'importe qui», le chroniqueur du plus important hebdomadaire culturel québécois se tire dans le pied. On ne mord pas la main qui nous nourrit. Il parle de la méfiance des lecteurs face à la critique et leur reproche de préférer «l'opinion de Monsieur et Madame Tout-le-monde». Si des critiques littéraires disparaissent, ce ne sera pas à cause des lecteurs mais par leur propre faute, c'est-à-dire, parce qu'ils n'auront pas su s'adapter aux nouvelles réalités de leur futur. Il faut dire qu'avec un ego aussi gigantesque qu'un mammouth, on peut difficilement participer à l'avenir de sa profession autrement qu'en en prédisant la disparition. Peut-être que Sept ans au Tibet aiderait Nicolas Dickner à contrôler un tant soit peu son ego.

 

Le chroniqueur traite également du futur technologique du livre, toujours à travers son chapeau: «Au chapitre des nouvelles technologies, Sony annonce un livre électronique qui révolutionnera nos vies - juré craché! Rien à voir avec les faux départs de 2015, 2014, 2010, 2009, 2007, 2006, 2004, 2001 et 1999.» Il faut être plus que mal informé pour réduire l'avenir des lecteurs portables électroniques aux péripéties d'un seul manufacturier, aussi important fut-il. Nous trouvons en cela une preuve de plus du repliement sur soi qui caractérise la perception québécoise de l'avenir du livre. On ne sait pas ce qui se passe réellement ailleurs et on tente de prédire l'avenir. Il ne faut pas se demander pourquoi la majorité des Québécois connaissent mal le nouveau monde du livre qui connaît un développement fulgurant partout ailleurs dans le monde. Quand on est mal informé, on ne peut pas bien informer la population.

 

Voici sans doute la prédiction la plus déconnectée faite par Nicolas Dickner: «La diversité littéraire prend un autre visage: on voit apparaître un nombre croissant de livres à compte d'auteur et de chapbooks [1] [2] - ces opuscules artisanaux que l'on se passe de main en main. Les plus récents photocopieurs permettent d'ailleurs de produire des tirages réduits à faible coût.»  Cela n'a rien à voir avec le futur. C'est en 1998 que la compagnie Xerox a mis en marché le premier appareil capable de produire un seul exemplaire à la fois, et ce, en flux continu. Le fichier informatique du livre (pdf ou autres) est envoyé au serveur dont l'appareil est doté et, au bout de la chaîne, sort un livre relié. L'appareil requiert l'intervention d'une seule personne. Il s'agit de la Xerox iGen3 vendu au coût d'un million de dollars. Notre ancien imprimeur en banlieue de Paris disposait déjà de trois de ces appareils d'impression à la demande l'année dernière. L'appareil original a été décliné depuis en plusieurs autres appareils selon les besoins d'impression à la demande.

 

La presse de production numérique iGen3 110 de Xerox - Cliquez sur l'image pour agrandir - Brochure

 

 

Évidemment, le Québec ne compte aucun appareil d'impression à la demande. Mais certains pays du tiers-monde en ont un développé par la compagnie On Demand Books LLC. [1] avec l'aide financière de Alfred P. Sloan Foundation [1] et baptisé The Espresso Book Machine [vidéo] [vidéo] dont le lancement a eu lieu au siège social de la Banque mondiale le 12 avril 2006 [1] [2]. L'appareil a été développé pour aider les pays du tiers-monde à avoir accès à l'impression à la demande. Il coûte 38,000$ au lieu du million de dollars demandé pour celui de Xerox. On sait aussi que la New York Public Library's Science, Industry and Business Library  [1] expérimente cet appareil depuis juin dernier et que la New Orleans Public Library Foundation [1] vient d'obtenir une aide financière pour s'en procurer un dans le cadre de son programme de reconstruction mis en place à la suite de l'ouragan Katrina.

 

The Espresso Book Machine de On Demand Books LLC. - Cliquez sur l'image pour agrandir - Brochure

 

L'impression à la demande d'un exemplaire à la fois n'est pas partie prenante du futur mais de la réalité d'aujourd'hui.

 

Revenons à notre dernière citation: «La diversité littéraire prend un autre visage: on voit apparaître un nombre croissant de livres à compte d'auteur et de chapbooks - ces opuscules artisanaux que l'on se passe de main en main. Les plus récents photocopieurs permettent d'ailleurs de produire des tirages réduits à faible coût.» Monsieur Dickner se trompe dès le départ parce qu'il associe le nouveau visage que prendra la diversité éditoriale dans dix ans au nombre croissant de livres qui seront alors édités à compte d'auteur et de chapbooks.

 

En fait, la diversité éditoriale ne prendra pas un nouveau visage que dans une dizaine d'années. C'est déjà une réalité, et ce, depuis l'avènement de l'édition en ligne sur Internet, bien avant l'an 2000. D'ailleurs, les appareils d'impressions à la demande sont nés des besoins formulés par les éditeurs libraires en ligne sur Internet ne voulant plus se limiter à offrir uniquement des versions numériques des livres de leurs auteurs. C'est aussi pour garantir une plus grande diversité éditoriale que le Conseil de l'Europe se décide à investir massivement dans la nouvelle économie du livre née avec les nouvelles technologies de l'Internet et de l'impression à la demande, et ce, dès les années 90.

 

«Le projet de nouvelle économie du livre, et son successeur la "Nouvelle économie du livre BIS "- la construction de la société de l’information, émanant l’un et l’autre du Conseil de l’Europe, sont financés par l’Initiative ADAPT du Fonds social européen. Le premier projet a débuté en 1995 dans trois pays (Italie, Allemagne, Pays-Bas). Les projets "Nouvelle économie du livre BIS" ont commencé en 1998 dans six pays : Autriche (deux projets) ; Finlande ; France; Allemagne (deux projets) ; Pays-Bas (deux projets) ; et Suède.»

Édition électronique - Nouvelle économie du livre, Conseil de l'Europe, 1998

Source

 

 

«Les livres et l’édition électronique sont un vecteur de la liberté d’expression, du libre accès à l’information, de l’éducation, de la culture, de la démocratie et des droits de l’homme au sein de la société. Ils jouent en outre un rôle essentiel dans la promotion de la diversité culturelle et linguistique, et de l’expression pluraliste.»

Edition électronique - Législation, Conseil de l'Europe, 1998

Source

 

 

En France, le développement de l'édition en ligne sur Internet fut si fulgurant que le ministère de la Culture s'est vu dans l'obligation de tenir une «Commission de réflexion sur Le livre numérique» en... 1998!

 

«L’objectif de la commission est d’identifier les effets du développement d’Internet et de la numérisation sur la politique du livre et de la lecture, de préciser les positions des différents partenaires et de proposer des règles du jeu favorables à une meilleure coopération.»

Source

 

 

Comment le chroniqueur québécois Nicolas Dickner peut-il qualifier cela de «culture souterraine» et de «banal phénomène secondaire»: «Cette culture souterraine, peu représentée dans les grands salons du livre, fait l'objet de foires informelles dans les arénas et les centres commerciaux. Certains spécialistes y voient l'avenir de la littérature, d'autres, un banal phénomène secondaire appelé à s'évaporer dès la prochaine hausse du prix du papier.» Pour affirmer une telle chose et, qui plus est, la présenter comme une prédiction de ce qui nous attend dans dix ans, il faut que le chroniqueur soit complètement coupé du monde réel. Il aurait avantage à se sortir le nez de ses livres où plutôt à lire les bons livres. Je lui recommande: Gutenberg 2.0 - Le futur du livre de Lorenzo Soccavo chez M21 Éditions, paru un peu plus tôt cette année en France. Évidemment, ce livre n'est pas disponible au Québec.

 

Bref, le futur du livre est ailleurs!

 

 

Le fétichisme du... livre-objet

Mario Roy, La Presse, 17 novembre 2007
Lire cet article
 

Dans son article «Le fétichisme du... livre-objet» paru dans l'édition du 17 novembre dernier du quotidien montréalais La Presse, l'éditorialiste Mario Roy dresse d'emblée le constat suivant: «Bref, on croyait imminent et inéluctable le règne de l'impression à distance et sur demande, du livre électronique, de la bibliothèque virtuelle Or, ça ne s'est pas produit, ou si peu.» Et cela serait le fait de l'attachement des lecteurs au bon vieux livre papier. L'éditorialiste s'appuie sur le rapport de Sophie Barluet et commandé par le Centre national du livre en France: «Dans une étude prospective (Livre 2010/Pour que vive la politique du livre) publiée il y a trois mois, en France, l'«attachement historique au livre» en tant qu'objet est identifié comme le premier facteur freinant sa métamorphose matérielle.»

 

Ce rapport se trouve en libre téléchargement dans notre Centre d'Information sur l'édition en ligne. Voici le passage de ce rapport auquel se réfère Mario Roy en parlant de «l'attachement historique au livre», question de replacer ses propos dans leur contexte original.

 

 

En 2000, avec la présentation du « révolutionnaire » e-book Cytale au Salon du livre de Paris et les espoirs du cartable électronique censé modifier la vie quotidienne de l’écolier, on pressentait une montée en puissance du numérique dans l'édition. Or, l’éclatement de la bulle Internet semble avoir écarté le monde éditorial de la révolution du numérique, contrairement à d’autres secteurs culturels comme la musique ou l’audiovisuel. Ce constat doit être nuancé dans la mesure où d’une part les éditeurs ont numérisé toute leur chaîne de production amont et où, d’autre part, le commerce électronique des livres, même s’il est en France moins développé que dans les pays anglo-saxons notamment, occupe maintenant une part de marché réelle de près de 6 %.


Il est vrai cependant que la situation du livre n’a rien à voir avec celle du disque et qu’il existe encore aujourd’hui peu de livres numériques. Cette situation s’explique par l’existence d’un certain nombre de freins, rappelés par Marc Minon lors de la table ronde consacrée aux nouveaux modèles économiques du numérique. Ces freins sont notamment les suivants :

  • l’attachement historique au livre, qui reste en outre, à ce jour, le support le plus agréable de lecture ;

  • la technologie des terminaux de lecture dédiés, encore en évolution, la multiplicité des formats et le doute quant à leur pérennité ;

  • le prix encore élevé des lecteurs ;

  • le coût de production important d’un livre numérique, même et surtout, contrairement aux idées reçues, à partir d’un fichier numérique éditeur 1 ; le manque de compétences, dans les équipes des maisons d’édition, pour élaborer ces produits ;

  • le surcoût de la TVA sur un livre numérique (19,6 %) par rapport à un livre imprimé (5,5 %) ;

  • le problème du droit d’auteur et de la rémunération des ayants-droit, non réglé à ce jour.

 

Malgré ces obstacles, on voit déjà se dessiner des facteurs qui pourraient rapidement favoriser le développement de livres numériques.

  • Les pratiques évoluent, plus particulièrement parmi les générations les plus jeunes, qui ont l’habitude de la lecture sur écran ;

  • Les supports et les réseaux se développent également : technologies nomades (wi-fi, blue-tooth…), développement de terminaux multi-applications (smartphones, blackberries…), amélioration de l’autonomie des batteries, etc. ;

  • Il est aussi intéressant, pour les éditeurs, d’entrer directement en contact avec leurs lecteurs et donc de mieux connaître leur marché ;

  • Enfin, les bibliothèques consacrent une part de plus en plus importante de leur budget à l’achat de contenus numériques. Rien que pour les bibliothèques universitaires, le budget de la documentation électronique est passé de 5,9 millions d’euros en 1999 (soit un peu moins de 10 % du budget global) à 16,7 millions d’euros en 2005 (soit 20 % du budget global) 2.

____________

1 D’après l’étude de Denis Zwirn en vue de l’élaboration d’un modèle économique de participation des éditeurs à la bibliothèque numérique européenne (Europeana), le coût moyen de réalisation d’un livre numérique optimisé est environ de 80 euros à partir de sources PAO et de 60 euros à partir d’un PDF « imprimeur » pour un ouvrage de 250 pages (contre 12 à 15 euros pour la numérisation d’un ouvrage papier de même taille).

2 Source : Sous-direction des bibliothèques et de l’information scientifique.

 

 

 

À la lumière cette étude et de plusieurs autres scrutées à la loupe publiées depuis la fin des années 90, il m'apparaît que seuls les projectivistes de pacotilles ont prédit la disparition du livre papier. Les plus sérieux savent depuis toujours que l'édition électronique ou numérique est tout simplement un maillon de plus à la chaîne traditionnelle du livre papier. Et déjà, l'histoire leur donne raison.

 

En effet, l'édition en ligne sur Internet connaissait un succès plutôt marginal avant l'apparition de l'impression à la demande (impression d'un seul exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur) en 1998 à l'initiative de la multinationale Xerox. Autrement dit, dès que les maisons d'édition en ligne ont pu offrir à leurs lecteurs des exemplaires papier imprimés à la demande, le succès a été instantané. Dès lors, le nombre d'éditeurs-libraires en ligne est monté en flèche en un rien de temps. Un développement si fulgurant qui le ministère français de la culture a dû tenir en 1999 une commission sur le livre numérique dont le rapport fait encore aujourd'hui autorité en la matière.

 

Le développement de l'édition en ligne est et demeure intimement lié au livre papier. Et il est faux de prétendre que l'attachement au bon vieux livre papier nuit au développement de la nouvelle économie du livre. Les faits prouvent le contraire.

 

Quant à la métamorphose matérielle du livre, le livre électronique ne remplacera pas le livre papier à court terme. Si le premier prend le pas sur le deuxième, ce ne sera qu'à long terme. Le passage d'un support de l'écriture à un autre ne s'est jamais fait en mode accéléré et dans l'unanimité: pierre, bois, argile séchée, poterie, cire, papyrus, parchemin, soie, peau tannée, papier. Mais lorsqu'une initiative permet une véritable évolution, elle finit par s'imposer, comme ce fut le cas lors du passage du papyrus au parchemin, du rouleau à la feuille.

 

 

«Dès le début du Moyen Age, si les chrétiens parviennent à imposer l'usage du parchemin c'est que ce dernier est plus résistant que le papyrus et facilite grandement la propagation de leurs écrits. L'usage du rouleau n'est plus nécessaire, car, contrairement au papyrus, on peut dorénavant plier les feuilles sans les casser. On peut maintenant consulter aisément une page précise. Le lecteurs accède au droit à une lecture sélective et silencieuse. Il peut également écrire sur les deux faces. Les mains libérées, il peut consulter plusieurs ouvrages simultanément et les annoter s'il le souhaite. Ce faisant se constituent ainsi naturellement les premiers codices (plusieurs de codex). Certains, parmi les tout premiers sont constitués d'un assemblage de planchettes de bois ou de cire. En latin, codex, signifie ''tablette à écrire''. Les premières couvertures apparaissent. Leur fonction première est utilitaire: rassembler et protéger les feuilles de de parchemin. Il n'y a pas encore de reliure et l'ensemble est maintenu fermé par un système d'agrafes ou de lacets. Si ce monde s'impose c'est qui est d'un maniement plus facile, non seulement pour la lecture, comme nous venons de le voir, mais également pour le rangement et le repérage de textes. Ce passage du rouleau au codex est la première étape importante dans l'histoire du livre. Elle est favorisée par le christianisme, qui est à l'époque un mouvement en pleine expansion et qui a besoin d'un média moderne pour diffuser ses idées. La Bible paraîtra en codex dès le IIe siècle.»

 

Gutenberg 2.0, le futur du livre

Lorenzo Soccavo, M21 Éditions, pp 25-26

À voir : Carnet de l'auteur

 

 

Au Québec, ce n'est pas le fétichisme du livre-objet qui bloque le futur électronique et numérique du livre mais l'ignorance dans laquelle la population est maintenue par les médias peu bavards sur le sujet, la peur maladive de la chaîne du livre face aux changements et enfin le manque de leadership de nos gouvernements.

 

L'éditorialiste Mario Roy aurait eu avantage à souligner les différences entre le futur du livre au Québec et le futur du livre en France. Par exemple, lorsqu'il parle de l'impression à distance et de l'impression à la demande dont le règne se fait attendre malgré les prédictions, il faut souligner que la France compte des dizaines d'imprimeurs à distance et à la demande alors que le Québec n'en compte pas un seul! En fait, la plupart des pays européens ont au moins un imprimeur à la demande, à l'initiative du Conseil de l'Europe. Ici, la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) soutient qu'il y a pas de demande pour l'édition en ligne, alors pour ce qui est de l'impression à la demande, on peut imaginer que la société d'état a la même attitude car l'édition en ligne et l'impression à la demande vont de pair.

 

Autre exemple, lorsque Mario Roy ajoute que, parmi les facteurs freinant la métamorphose matérielle du livre, il faut noter «l'intervention de l'État, qui a pour effet de rendre plus coûteuse pour le consommateur l'édition électronique», il ne faut pas oublier la note en bas de page qui accompagne la déclaration: «D’après l’étude de Denis Zwirn en vue de l’élaboration d’un modèle économique de participation des éditeurs à la bibliothèque numérique européenne (Europeana), le coût moyen de réalisation d’un livre numérique optimisé est environ de 80 euros à partir de sources PAO (Publication assistée par ordinateur) et de 60 euros à partir d’un PDF « imprimeur » pour un ouvrage de 250 pages (contre 12 à 15 euros pour la numérisation d’un ouvrage papier de même taille)». Autrement dit, on parle ici de l'édition électronique des livres papier produits par les éditeurs traditionnels devant alimenter la Bibliothèque numérique européenne. En fait, il s'agit ici d'une deuxième édition de la même oeuvre et cela s'applique uniquement dans le cas où il y a un projet de Bibliothèque numérique en chantier mais ce n'est pas le cas au Québec. Lorsqu'on parle de l'édition électronique, il s'agit donc généralement de la première édition d'une oeuvre, habituellement une oeuvre refusée par les éditeurs traditionnels.

 

Dans le contexte québécois, les coûts d'une première édition qui serait uniquement numérique représentent une économie très appréciable si l'on se réfère à l'aide gouvernementale accordée à l'éditeur québécois accrédité qui s'élève en moyenne à 5,319$ par titre édité sur support papier. Personnellement, je préfère un coût moyen de réalisation de 120.00$ (80 euros) plutôt que les 5,319$ que nous devons investir au Québec en aide gouvernementale. En moyenne, pour lancer un livre de littérature générale, un éditeur québécois devra avancer 12,360 $. Le gouvernement versera une aide de 5,319 $ et couvrira ainsi 43% de ces coûts de production du livre. En fin de compte, l'éditeur déboursera seulement 7,041$ ou 57% de ses coûts totaux. L'édition numérique nous permettrait de réaliser une économie importante dans les budgets d'aide gouvernementale à l'édition. Une telle économie nous permettrait d'investir dans une imprimerie à la demande.

 

Mario Roy conclut son texte en ces mots :«Bref, il est clair que l'amour de l'objet livre - ou, au choix, le fétichisme du «livre-objet» comme on disait jadis la «femme-objet»! - est plus fort que tout.» C'est vrai au Québec mais en France il ne faut tout de même pas passer sous silence le développement fulgurant de la nouvelle économie du livre notamment de l'édition en ligne et de l'impression à la demande grâce à l'implication du Conseil de l'Europe qui reconnaît ainsi contribuer au futur du livre.

 

Au Québec, quand on parle du futur du livre, il faut précisé que ce futur est ailleurs. L'édition en ligne au Québec est l'oeuvre de pionniers qui ouvrent son chemin à l'image de l'explorateur, la machette à la main et la sueur au front, dans une forêt amazonienne. Au Québec, les pionniers de l'édition en ligne lancent des appels sans même recevoir un accusé de réception alors que sur le Vieux Continent les ministres de la culture les invitent à témoigner de leurs expériences au siège même du Conseil de l'Europe. On y parle de démocratisation de l'accès à l'édition, de l'amélioration de la diversité éditoriale, de la protection de la diversité culturelle, de la liberté d'expression des auteurs, du libre choix des lecteurs et même de la formation des nouveaux travailleurs de cette nouvelle économie du livre. Au Québec, tout ce qu'on trouve à faire c'est de dire que le livre papier est plus fort que tout. En France, Le Monde mise sur le « Kindle », le journal Les échos est disponible sur e-paper, pendant que M21 Editions joue les précurseurs en offrant «une bibliothèque interactive comprenant l’appareil de lecture pour livres électroniques, de nombreux livres au format e-book, ainsi que l’accès à la communauté de discussion, cluster21.com, pour échanger sur les thématiques abordées dans ces livres.» Au Québec, la Bibliothèque nationale veut utiliser un «scanner» pour numériser des livres orphelins, épuisés («out of print»). Une telle initiative revient aux éditeurs eux-mêmes, non pas à l'état. Non seulement le futur du livre est ailleurs, mais tout le monde est tout mêlé.

 

 

Serge-André Guay, président

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

 

Suivi de presse

 

http://www.quebec-politique.com/article558.html

 

 

 

10 décembre 2007

 

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