Chaque année depuis le lancement de la Fondation littéraire Fleur de Lys
en 2003, je dénonce le retard du Québec dans le domaine de l'édition de
livres en ligne sur Internet. Cette année, je voulais faire exception et
oublier notre sous-développement... chronique.
Je me justifiais par le fait que ça devient déprimant de prêcher dans le
désert année après année. Choquant aussi. Comme nous l'annoncions dans notre
bilan de fin d'année,
nous venons d'abandonner toute communication avec le gouvernement du Québec
«parce qu'il nous décourage au lieu de nous encourager en plus de nous
manquer de respect (voir
l'historique de nos relations gouvernementales)». Il faut préciser que
partout ailleurs où ce nouveau monde du livre s'est développé, les
gouvernements se sont impliqués. Celui du Québec fait bande à part.
Toujours est-il que je ne peux pas tenir ma promesse de me taire à la
lecture des blogues
Nouvolivactu et
La feuille, pour ne nommer que ces deux sources. On y trouve à chaque
jour des actualités qui nous démontrent à quel point le retard du Québec se
creuse de plus en plus face à l'Europe, aux États-Unis et au Canada Anglais.
Le retard du Québec est si grand que je n'arrive plus à imaginer qu'il
puisse un jour le combler par ses propres initiatives. D'ailleurs, cette
nouvelle économie du livre nous échappe déjà, et ce, en partie, avec la
bénédiction de l'Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois (UNEQ) qui,
dans son bulletin d'information,
édition de septembre 2007 (voir page 4 ou ci-dessous), donnait la parole
à trois écrivains québécois qui vantaient leur expérience avec la firme
américaine d'autoédition en ligne Lulu.com.
Voici cet article qui est ni plus ni moins qu'une publicité :

Source / © 2007 Union des Écrivaines et des Écrivains
Québécois / Cliquez pour agrandir ▲
Et dire que la direction de l'UNEQ s'est toujours refusée à parler de notre
maison d'édition en ligne, entièrement québécoise, sous prétexte qu'elle ne
saurait privilégier un éditeur plus qu'un autre, même si ce dernier est le
premier du genre au Québec en introduisant l'impression à la demande. Alors
pourquoi faire la publicité de l'américaine Lulu.com et non pas de la
québécoise manuscritdepot.com (Fondation littéraire Fleur de Lys) ?
La question se pose d'autant plus que le président de l'Union des Écrivaines
et des Écrivains Québécois, monsieur Stanley Péan lui-même, déplorait le retard du Québec dans le domaine de l'édition électronique
en ces mots: «L'argent de l'achat irait ailleurs que dans l'industrie québécoise.
Il faut sincèrement que le milieu commence à y réfléchir parce que le
mouvement est amorcé et il est irréversible» (Le Journal de Montréal,
édition du 15 Mars 2007).

Le Journal de Montréal, édition du 15 Mars 2007
Lire l'article
Vous pouvez imaginer à quel point j'ai été surpris de lire un article
vantant les mérites d'une firme étrangère dans le bulletin même de l'UNEQ.
Et vive les ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE! Ce qui expliquerait ce «publi-reportage»
en faveur d'une firme américaine, c'est que l'UNEQ dit une chose, mais en
fait une autre. En fait, dans ce même article du quotidien Le Journal de
Montréal, le président de l'UNEQ déclarait
que la Fondation littéraire Fleur de Lys fait un «travail de fond et un
travail de pionnier».
Et dire qu'à peine deux semaines après notre lancement en juin 2003, l'avocat
conseil de l'UNEQ, Me François Coderre, nous téléphonait pour commenter
notre projet de maison d'édition en ligne en nous invitant à ouvrir nos
portes aux membres de l'UNEQ qui, «eux aussi, éprouvent des difficultés à
trouver un éditeur». Notre plan de départ était de servir les nouveaux
auteurs seulement, ceux et celles n'ayant pas encore de publication à
leur actif. Bref, c'est à la recommandation même de l'UNEQ que nous avons
ouvert nos portes à leurs membres. Et que fait l'UNEQ pour nous en retour,
elle nous passe sous silence au profit de l'américaine Lulu.com.
En retard le Québec dans le domaine de l'édition électronique, dites-vous
monsieur le président de l'UNEQ ? Je dirais même plus, attardé, oui,
nettement attardé, et vous, et l'UNEQ, y êtes
désormais pour quelque chose, quoique vous puissiez dire !
Serge-André Guay, président et éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
Lire aussi :
Édition électronique
- Le quotidien montréalais LE DEVOIR préfère une firme américaine aux
initiatives québécoises malgré sa politique d'information
Suivi sur le Web :
Débateria
Centre des
médias alternatifs du Québec
Les Cowboys Fringants : Le Forum du Peuple : Politique et société
QuébecFrançais.com
ForumQuébec.com
Forum-Québec.com
Le Québécois
WebzineQuébecPolitique.com
Voir.ca